Une entrevue sur la Folie Douce

Yvan Bujold anime depuis 19 ans une émission radio traitant de tous les sujets reliés à la santé mentale, intelligemment intitulée Folie Douce, sur les ondes de radio Centre-ville au FM CINQ 102,3. En février 2008, il diffusait sa 500e émission, ce qui n’est pas peu dire…

Il y a quelques semaines Yvan m’a contacté pour me proposer une entrevue qui traiterait du cheminement de notre fille Gabrielle, souffrant d’autisme, et aussi de l’organisme que nous avons mis sur pied pour offrir du répit aux familles confrontées à ce syndrome (Les Répits de Gaby) et de notre campagne de financement en 2009 de Pagayer pour l’autisme, pendant la descente de la rivière aux feuilles au Nunavik.

L’émission “Folie Douce” est diffusée chaque semaine, le jeudi matin de 10h00 à 11h00.  Yvan est aussi à l’origine de l’organisme Antenne Communications qui agit comme ressource communautaire en santé mentale.  Vous pouvez aussi joindre le groupe Folie Douce sur Facebook.

Bien humblement, voici cette entrevue en mp3 de 14:55, diffusée le 25 février dernier.  Bonne écoute.

Autisme

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Comment utiliser l’internet pour obtenir justice contre sa compagnie d’assurance

Le 5 juin 2009, dans la chronique Le courage d’un combattant, dans nos bagages, je vous avais raconté la mésaventure de mon fidèle ami Raymond Malo, habile canoteur et surtout grand amateur de montagnes, qui lors d’une montée dans l’Himalaya en 2006 a été terrassé par un ACV.  Rapatrié d’urgence de Katmandou à Montréal au coût de plus de 130 000$, sa compagnie d’assurance, Sun Life, a par la suite refusé de rembourser les frais de transports.  Depuis 4 ans Raymond, partiellement paralysé et incapable de retravailler, et sa conjointe France, se battent bec et ongles pour obtenir justice.

Dans les derniers jours,  leur histoire à fait le tour du Canada et du monde, dans une série d’articles publiées à l’origine par The Canadian Press le 18 février et traduit en français 2 jours plus tard. Voici un survol de 35 couvertures de presse (et il en manque!). Prenez quelques minutes pour lire l’article de La Presse.

18 février

20 février

21 février

22 février

SVP faites circuler cette nouvelle dans vos réseaux sociaux pour sensibiliser les gens à ce type d’injustice. Et si vous tombez gravement malade en voyage, rappelez vous que vous n’êtes pas à l’abri de ce genre de décision arbitraire de votre compagnie d’assurance. Votre assureur peut décider de vous faire végéter, seul dans une chambre d’hôpital à l’autre bout du monde, sans aucune autre ressource.

Le 5 juin 2009 je vous avais raconté la mésaventure de mon fidèle ami Raymond Malo, habile canoteur et surtout grand amateur de montagnes, qui lors du montée dans l’Himalaya en 2006 a été terrassé par un ACV. Rapatrié d’urgence à Montréal au coût de plus de 120 000$, sa compagnie d’assurance, Sun Life, a par la suite refusé de payer. Depuis 4 ans Raymond, partiellement paralysé et incapable de retravailler, et sa conjointe France se battent bec et ongle pour obtenir justice.

Dans les derniers jours leur histoire à fait le tour du Canada (et du monde) dans une série d’articles publié à l’origine par la Presse Canadienne. Voici un survol de la couverture de presse

Canadian Press

Presse canadienne

Cyberpresse

Toronto Star

SVP faites circuler cette nouvelle dans vos réseaux sociaux pour sensibiliser les gens à cette injustice et au fait que finalement si vous tombiez malade en voyage, votre compagnie d’assurance vous laissera tomber, pour vous faire végéter dans un hôpital à l’autre bout du monde, sans aucune ressource.

Internet et Web

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Un ange passe

La fébrilité des derniers jours m’a passablement épuisé. Le téléphone a beaucoup sonné, entremêlé aux courriels d’encouragement et les mots remplis de gentillesse sur les réseaux sociaux. J’ai reçu une cinquantaine de courriels de collègues, amis et membres de ma famille. Il me sera impossible de tous leur répondre personnellement, c’est pourquoi j’écris ce petit (!) mot.

Le syndrome du déserteur

Au quatrième jour de mes vacances  imprévues, je suis serein.  Après quelques nuits d’insomnie créatrice, je dors maintenant du sommeil du juste.  Je me sens libéré d’un grand poids. J’ai par contre, en arrière-goût, ce sentiment viscéral d’avoir abandonné mon équipe web submergé de projets, d’échéances serrées et de nombreux livrables. Comme si pendant le combat, on m’avait extirpé de la tranchée par hélicoptère pour me rapatrier définitivement dans mon pays.  Le combat sera rude pour eux, d’autant plus que plusieurs autres collègues quitteront sans doute le navire dans les prochains jours.

Décollage du gros porteur

Dès l’annonce de ma cessation d’emploi, j’ai contacté mon conseiller financier.  Le soir même, sur le web,  j’achetais l’ordinateur portatif de mes rêves (avec lequel j’écris ce texte), reçu le lendemain par UPS. J’ai pris soin de valider mon choix avec mon frère aîné et mes 2 geeks de fils (en Suède et en Espagne) qui m’ont donné leur aval.  Je me gâterai, dans les prochains jours, avec un nouveau cellulaire qui fait la vaisselle, passe l’aspirateur et fait des sons quand tu le brasse…

Cette semaine je rencontre mon comptable et fiscaliste, en plus de la firme recommandée de services-conseils en transition de carrière. Je dois aussi valider mon choix de plan de pension, renégocier mon assurance vie, mon assurance santé, finir le site web de ma nouvelle compagnie… J’ai estimé que les préparatifs de défrichage prendront un minimum 2 à 3 semaines.

J’avais déjà lu dans un livre spécialisé sur le travail autonome, que les cadres longtemps salariés qui décident de démarrer leur propre entreprise, peuvent se comparer au décollage d’un Boeing 747 sur une petite piste de terre.  Il faut que la piste soit très longue et bien préparée pour s’assurer que votre poids lourd décollera, sans s’écraser en bout de piste.

Mon ange éternel

Un peu comme ces créatures folkloriques de Transylvanie qui ne vieillissent jamais, malgré ses 19 ans, ma fille cadette a cessé de vieillir il y a longtemps.  Elle n’a que 3 ans d’âge de développement.

Au fil des années, nous notons quand même de lents mais notables progrès sensori-moteurs et psychologiques mais elle ne deviendra jamais autonome. Bien qu’elle fréquente à temps plein une école spécialisée, elle cessera de bénéficier des services de scolarisation dans moins de 2 ans, à 21 ans.

Au cours des prochains mois, je me concentrerai sur le financement, la planification et la construction d’une résidence pour adultes autistes qui accueillera de 5 à 6 jeunes adultes, dont ma fille.  Dès 2012, elle y habitera à plein temps.  Cette maison offrira des activités structurées et proposera des programmes précis de maintiens d’habilités. On a déjà les plans en tête. Ce sera un milieu de vie gratifiant et enrichissant pour elle, tout en nous permettant de souffler un peu.

Compléter le casse-tête

Je rêve aussi d’apprendre à lire à mon petit “rayon de soleil”.  À son école, à l’âge de 19 ans, l’emphase va vers l’acquisition de règle de socialisation (comportement en groupe, respect des autres), d’hygiènes (se laver les mains, ne pas mettre ses mains dans son pantalon ou son nez) ou d’habilités domestiques (remplir et vider le lave-vaisselle, placer et enlever les couverts). Vu son âge avancé, la lecture, l’écriture ou le calcul n’est plus une priorité.  Elle connaît des centaines de mots mais ne peux pas les relier ensemble. Comme un casse-tête dans une boîte, qu’il faut monter. Mon entêtement légendaire et ma disponibilité soudaine pourra peut-être servir.

Mes autres priorités

J’ai l’intention d’offrir mon corps à la science et faire de la consultation dans mon champ d’expertise, la stratégie web.  Je planifie œuvrer principalement dans mon coin de pays pour éviter de passer 15 heures par semaine dans ma bagnole, comme je le faisais depuis 25 ans. J’ai aussi eu quelques offres pour enseigner et donner des ateliers et conférences sur les bonnes pratiques du marketing électronique.

Les conseils de Mick

Dans mon véhicule, j’écoute de vieux succès des années 60, sur un canal spécialisé de radio par satellite. Ce matin Mick Jagger m’a offert ce judicieux conseil, sur la pièce Ruby Tuesday :

There’s no time to lose, I heard her say
Cast your dreams before they slip away
Tired all the time
Lose your dreams and you will lose your mind
Ain’t life unkind

Autisme
Moi Me Je ?

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La symphonie inachevée

Nous rêvons souvent. En fait la majorité d’entre nous passons notre vie à se construire des châteaux en Espagne.  On s’imagine sur une île déserte, dans une lagune, avec des dauphins, nageant avec la page couverture du Sports Illustrated.  J’en connais qui rêvent de jouer au golf tous les jours, de voyager, d’écrire, de retourner aux études, de bâtir une maison, de conquérir une montagne.

D’autres se peinturent dans un chalet, dans les bois, avec une ligne à la main. Souvent on se dit qu’à la retraite on aura tout le temps d’assouvir ses fantaisies, que l’on n’aura que l’embarras du temps.

Depuis ce matin, je fais l’inventaire de mes rêves.  Je m’y mets à plein temps.  On m’a offert une généreuse prime de départ pour quitter un emploi que j’adore, pour me rendre tranquillement jusqu’à la retraite. Ce n’était pas une grande surprise puisque j’avais avisé mes supérieurs que si l’occasion se présentait, je serais volontaire pour quitter.

Tisser sa toile

Pas que je n’aimais plus ce que je faisais, loin de là.  Mais comme deux êtres qui se sont aimés pendant 30 ans, je sentais que plus rien ne serait comme avant. Pendant les 9 dernières années, mon poste dans le web était excitant.  J’ai connu des années de croissance effrénée, des projets grisants où rien n’existait et tout restait à faire.

Mais le Klondike est terminé.  Le web connaît une lente mais pénible remontée depuis que la crise lui a mis du plomb dans l’aile. Les réseaux sociaux ont changé la donne.  Disparition de la pub par courriel ou en ligne, c’est la communauté qui dorénavant décidera, peu importe ce que les annonceurs feront ou diront. Même si la publicité est partout, elle se meure. Il faut la réinventer intelligemment. Et traiter le consommateur avec respect.  L’écouter. En fait la clef du succès, c’est le web intuitif. Si tu me fais chercher, je vais ailleurs. Séduis moi et je reste.

Les centaines de personnes que je côtoyais depuis 30 ans vont me manquer.  Depuis ma première entrevue, le lundi 28 avril 1980, dont je me rappelle en détails.  Du haut de mes frêles 23 ans, pendant que j’attendais dans la salle, le journal titrait que le Canadien, après 4 coupes de suite, venait de se faire éliminer en quart de finale par les tristes «No» Stars du Minnesota.  De plus, nous sentions la fébrilité du premier référendum du 20 mai 80.

Ceux qui me connaissent savent que ma planche à dessin est remplie de croquis; que je « percole » de projets. Mais en fait je vois cette journée charnière comme étant aussi déterminante que le jour où j’ai reçu mon diplôme universitaire, mon mariage ou la naissance de mes 4 enfants.  C’est un nouveau départ pour finalement tenter de terminer toutes les symphonies inachevées qui jouent dans ma tête.

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Moi Me Je ?

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Des préparatifs intenses, au bout du long fleuve tranquille

Désolé de mon absence de plusieurs semaines et mon manque d’assiduité rédactionnelle.  C’est que nous sommes à moins d’un semaine de notre examen de fin de session.  Le marathon des derniers préparatifs de notre soirée conférence de Pagayer pour l’autisme est en cours.  Montage du film, rédaction des textes, édition des photos, permis d’alcool, commandite de nourriture, de boisson, de prix.  La recherche de bénévoles pour les tables de la billetterie, du bar, des tirages, de la vente des livrets de texte, de photos et du film.  La préparation des démonstrations d’équipement de rivière, de camping et du matériel électronique.  L’obtention de l’équipement spécialisé audio-visuel et des permissions nécessaires.  Et j’en passe…

Il s’agit aussi de motiver les troupes à la vente des billets, à la recherche de commandites, à la pratique de leur texte et à s’impliquer au montage de la salle.  Pas facile. L’énergie manque.  Le portage est long et le canot est lourd.

Les appuis viennent de toute part et nous en sommes très honorés.  À date nous avons plus de 200 billets vendus.  Nous projetons une assistance d’environ 300 personnes. La salle peut accueillir jusqu’à 450 personnes.

Pour plus de détails sur la projection du documentaire sur la descente de l’unique rivière aux feuilles, qui se tiendra le samedi soir 23 janvier 2010, à l’amphithéâtre de l’école Jean-Baptiste Meilleur de Repentigny, je vous invite à consulter le site web de Pagayer pour l’autisme.

Une soirée qui vous fera revivre nos petits et grands moments d’émotions et de folie.  Et tout ça au bénéfice de nos petits amours des Répits de Gaby, qui bientôt seront grands et auront besoin d’une maison quand leurs parents auront terminé la descente de la rivière  de la vie.

Rivière aux feuilles 2009

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Deux économistes qui ont su faire l’apologie de notre richesse

En 1976, je quittais ma savane pour me transplanter dans « la grande ville » et apprendre à devenir un homme.  On m’avait conseillé de tisser mon nid au sein d’une grande école universitaire. Une belle école toute neuve, en béton, sans fenêtre, équipée d’amphithéâtres aussi gigantesques qu’inhumains.  Par chance, le café Campus, mon hâvre de paix, n’était qu’à un jet de bière.

Jacques Parizeau

Un des professeurs aux HEC était l’imposant Jacques Parizeau.  Malgré mes 19 ans, stimulé par mon père, politicien d’estrade, j’ai toujours suivi les débats de l’assemblée nationale comme d’autres suivaient le hockey.  À la bibliothèque du collège, je lisais en cachette le journal “Le jour” publication séparatiste à l’index.   Mon paternel, fervent activiste libéral, détestait avec passion ce journal de “Piquiou” et ses artisans : René Lévesque, Yves Michaud et Jacques Parizeau.  Quand ce journal a finalement fermé ses portes deux ans plus tard, papa souriant me lançait:

« Lévesque et Parizeau ne peuvent même pas gérer un journal et ils veulent gérer un pays ! ».

Écoutez une entrevue radio de Simon Durivage avec Yves Michaud, éditeur du journal qui discute du lancement du nouveau journal en janvier 1974.

Ce que je connaissais de Jacques Parizeau était son parcours en zigzag, un profil atypique de brillant économiste, qui avait mal tourné.  Issu de la petite bourgeoisie francophone, gradué à Paris en droit, PhD de la London School of Economics, il allait finir ses jours dans un parti de gauche, de barbus, de socialistes. Il parlait l’anglais comme un « British », portait le complet noir trois pièces, avec les doigts placés stratégiquement dans sa veste, qui détonait avec le « complet Safari » ringard de René Lévesque.

Election L'Assomption Jacques Parizeau 1976Les élections du Parti Québécois en 1976

Mon nouveau professeur vedette nous annonce dès le début de la session d’automne 1976 qu’il sera candidat à l’élection du 15 novembre.  Mais d’ajouter de ne pas s’en faire puisqu’il avait déjà été battu deux fois aux élections de 1970 et 1973 et qu’il finira sans aucun doute la session avec nous. Promesse qu’il n’a pu tenir, suite à son élection avec plus de 14 500 votes de majorité dans le comté de l’Assomption, voisin de mon comté de Joliette.

Robert Bourassa et un petit membre de la commission jeunesse

Lors de mes premiers mois à l’université, par ami interposé, je me suis joint aux jeunes libéraux.  Quelques mois plus tard j’étais élu (!) au poste de trésorier de la commission jeunesse.  Je devins alors membre du conseil général du parti Libéral puisque les membres de la commission jeunesse participent aux conseils généraux du Parti Libéral.  J’ai eu l’opportunité de discuter avec Robert Bourassa à plusieurs reprises de septembre à novembre 1976 (avant sa grande débâcle).  C’était un homme que j’admirais intensément, de par son calme, sa détermination et sa très grande connaissance des défis du Québec.

Le référendum de 1980

J’ai recroisé Jacques Parizeau et Robert Bourassa, 4 ans plus tard, au printemps 1980 alors que j’étudiais au département de sciences économiques de l’Université de Montréal. Garnotte legionnaireDans le cadre des événements préparatoires du premier référendum sur l’indépendance du Québec en avril 1980, l’association étudiante du département d’économie avait alors organisé un débat contradictoire «toutes étoiles» entre deux grands économistes de l’époque,  Jacques Parizeau et Robert Bourassa.

Après l’amère défaite de novembre 76, Robert Bourassa s’était exilé en Belgique où il enseignait à la réputé université de Louvain.  À l’occasion, il réapparaissait dans l’actualité le temps d’un commentaire ou d’une entrevue.  Parce qu’il était lui-même économiste, il avait accepté notre invitation et s’était déplacé pour participer à cette activité de notre association.

Changement de cap

Lors de ce débat Jacques Parizeau nous avait raconté qu’en octobre 67, alors fervent fédéraliste, en route vers l’Ouest canadien à bord d’un train pour une conférence ministérielle, il avait profondément changé d’opinion sur la place du Québec au sein du Canada.  Il était monté dans le train fédéraliste à Montréal et descendu à Banff, 3 jours plus tard comme indépendantiste convaincu.  Visionnez ce document d’archive du 19 septembre 1969 à Format 60 où il explique son cheminement politique (cliquez sur l’onglet “Le saviez-vous”)

bourassa parizeau gymLe combat de boxe

Malgré ma grande admiration pour Robert Bourassa, lors de ce débat de 1980, Parizeau a été le meilleur tribun.  Convaincu et obséquieux, il mitraillait l’audience de statistiques, de concepts économiques à la mode et impressionnait les jeunes blancs becs que nous étions. Il parlait fort, se tenait droit et ne lisait jamais son texte.  Robert Bourassa, effacé, avec le dos un peu vouté, parlait doucement et portait d’affreuses lunettes de nerd.  L’argumentation était tout aussi solide.  Mais au final, l’ours impétueux avait gagné sur le trotteur, tranquille et infatigable.  Bourassa a gagné le référendum et est redevenu premier ministre en décembre 1985.  Jacques Parizeau a de nouveau croisé le fer avec Robert Bourassa entre mars 1988, lorsqu’il est devenu chef du parti Québécois, et 1994, quand il a remplacé ce dernier comme premier ministre du Québec.  Robert Bourassa mourait en octobre 1996, à 63 ans, d’un fulgurant cancer de la peau.

Et aujourd’hui

Bourassa-Parizeau, Radio-CanadaIl y a quelques semaines, j’ai regardé avec attention l’entrevue qu’a donné Jacques Parizeau à « Tout le monde en parle ». À l’aube de ses 80 ans, et 33 ans après ma première rencontre avec lui, je suis encore sous le charme.  Malgré sa voix tremblotante et son regard vitreux, il n’a rien perdu de sa verve et de son bagout.  Un grand politicien, comme il n’en reste plus.  Aujourd’hui les leaders de qualité préfèrent rester en retrait pour compter leur fortune plutôt que d’affronter les projecteurs des objecteurs de conscience.  Lisez cette entrevue avec Nathalie Petrowsky de La Presse du 21 novembre 2009. J’aurais aussi aimé revoir Robert Bourassa, un autre grand politicien qui a su prouver que nous étions finalement un grand peuple, riche et capable de se prendre en main.

* Les 2 caricatures sont tirées du site web du Musée McCord.

Opinion

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Réponse d’un biologiste concernant le “Ruisseau de feu”

Voici une réponse fort révélatrice d’un biologiste qui travaille depuis une douzaine d’années à la restauration du ruisseau de feu, situé à la limite des municipalités de Lachenaie, Charlemagne et Repentigny.  Suite à la parution du texte publié le 13 octobre 2009 Comment éteindre sournoisement le “ruisseau de feu”, M Réjean Dumas a remis les pendules à l’heure.  Je vous invite à lire sa réponse, qui montre l’autre côté de la médaille, le côté que l’humble citoyen ne voit pas toujours.  En plus, il a fourni 5 nouvelles photos.

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BonjourRuisseau de de Feu - 1998

J’ai bien lu l’article … publié sur votre site. On pourrait en dire beaucoup sur les pertes de cours d’eau dans la plaine du St-Laurent en milieu agricole et urbain. Cependant, le ruisseau de Feu est plutôt l’exemple du contraire.

Quand on a commencé en 1998 (voir photos), on est parti d’un véritable fossé en milieu agricole (champs de grandes cultures). L’attention que l’on a porté au ruisseau de Feu porte d’avantage sur son potentiel de restauration que sa valeur faunique. Il ne faut pas perdre de vue que le ruisseau de Feu, tout comme le lac des Sœurs, a été creusé par l’homme. À l’origine, ça devait être comme le ruisseau du Marais Noir: un immense marécage drainé pour l’agriculture. D’ailleurs, le vrai nom du ruisseau de Feu est le Fossé de Feu.

champs ruisseau de Feu - 1998

Depuis, les partenaires du projet ont:

En bas de l’autoroute 40:

- reçu 130 ha valant (9 millions de $) en dons de terrains pour la restauration;

- planté 25 000 des 40 000 arbres prévus pour rétablir une forêt de 30 hectares;
- créé un marais de 45 ha;
- construit une des 4 passes migratoires;
- pour un total de 1,5 M$ en restauration d’ici la fin des travaux en 2012.

En haut de l’autoroute 40:

le ruisseau de Feu a été détourné et reconstruit en beaucoup mieux: on est passé d’un fossé rectiligne aux pentes abruptes sans bandes riveraines  (je me souviens de nos pêches sur le bord de l’autoroute – photo ci-dessous) à un cours d’eau de 35 mètres et plus de largeur (donné par les promoteurs à la ville) sur presque 2 km avec une station de pompage pour ramener l’eau pluviale dans le cours d’eau.

Photo du ruisseau de Feu en amont de l’autoroute 40, avant le détournement (le centre d’achat est maintenant construit sur cette section)

r de Feu - amont ponceau aut 40

Photo du ruisseau de Feu en amont de l’autoroute 40, après le détournement, dans son nouveau tracé (prise du même endroit que la précédente)

ruisseau de feu - nouveau nord 40

Vue ‘Google Map’ d’une section ‘détournée’ du ruisseau de Feu en amont de l’autoroute 40: à cet endroit, le cours d’eau et ses bandes riveraines ont plus ou moins 100 mètres de largeur.

r de Feu - amont 40 - google map

Vue ‘au sol’ de la même section que la photo précédente : l’emprise riveraine du cours d’eau est de  100 mètres dans la partie la plus large

Google Map - section détourné autoroute 40

Certainement que si nous étions assez nombreux et en moyen pour faire partout, ce qu’on a fait au ruisseau de Feu, la faune se porterait mieux dans la plaine du St-Laurent. En tous cas, nous sommes tous très fiers de ce qu’on fait là. Bien sûr que si on avait eu 1 milliards de dollar pour acheter les terrains et trouver un autre endroit pour construire l’hôpital et tout le développement autour, on aurait pu tout restaurer le bassin versant mais avoir eu 1 milliard de dollars, on l’aurait sûrement plutôt investi pour acheter des milieux naturels intacts au lieu de restaurer des champs agricoles.

Aussi l’article parle d’un ami biologiste sur le Comité du ruisseau de Feu: or, il y a cinq organismes qui siègent sur le Comité dont trois sont représentés par des biologistes: je doute qu’il s’agisse d’un de nous 3.

Le plus gros de projet de restauration d’habitats aquatiques au Québec

Bref, le ruisseau de Feu est probablement le plus gros de projet de restauration d’habitats aquatiques au Québec.  Si on veut critiquer le développement, ce n’est pas vraiment un bon exemple. Regardons plutôt ce qui se passe avec le ruisseau Pinière et le développement résidentiel, la rivière aux Chiens ou les barrages dans la rivière St-Jean, les enrochements de rives qui continuent dans le Richelieu et le St-Laurent, la plupart des cours d’eau agricole qui sont des soupes de phosphores…

Bref, on a du pain sur la planche et très peu de moyens pour y arriver. Nous allons investir 30 milliards de dollars pour les infrastructures routières au Québec, pour les améliorer bien sûr mais aussi pour contribuer à l’économie. Si nous avions, ne serait-ce que 1% de ce montant réinvesti dans la restauration des milieux naturels, nous ferions travailler des gens, souvent les mêmes entrepreneurs que ceux sur les routes, pour la faune et pour que les citoyens profitent de ces milieux naturels.

À bientôt

Réjean Dumas

PS. Si ça vous intéresse de lire notre approche sur les écosystèmes, j’ai publié un article dans la revue Urbanité du mois septembre (voir pages 24-26) attention fichier assez lourd PDF – 56 pages – 13 Mb.  Vous pouvez lire l’extrait de 3 pages, plus bas, intitulé Le maintien des écosystèmes dans le Québec habité – Un héritage pour les générations futures de Réjean Dumas

Le maintien des écosystèmes - page1

Le maintien des écosystèmes - page2

Le maintien des écosystèmes - page3

Environnement

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L’internet par satellite sur votre île déserte

Comme la grande majorité des canadiens, vous rêvez de vous procurer un pied à terre en bordure d’un lac ou d’un petit havre forestier dans les montagnes, loin des rumeurs de la ville.  Mais vous hésitez devant l’absence de lien internet ou l’indisponibilité de la haute vitesse.  Vous êtes encore plus réfractaire à l’acquisition de ce chalet quand vous apprenez qu’aucun téléphone cellulaire ne fonctionne dans votre coin reculé.  Qu’à cela ne tienne, j’ai une solution pour vous.

Surfer par satellite: promesses non-tenues

Offert depuis quelques années au Québec et dans le reste des coins reculés du Canada (et sans doute de plusieurs autres pays nordiques) la connexion par satellite est selon moi un des grands succès de la révolution internet des dernières années.  J’utilise ce service depuis bientôt 2 ans (mars 2008) et je suis assez satisfait de mon acquisition.  Mais l’expérience ne s’est pas fait sans heurts et sans investissements.connexion Internet

J’ai pour la première fois entendu parler de cette technologie lors d’un salon spécialisé pour les maisons de villégiature Le salon du chalet, se tenant chaque année à Montréal. À première vue, je n’y croyais pas beaucoup.  Une antenne satellite d’un mètre (39 pouces), un modem, un router sans fil et on me garantissait la lune.  On me fredonnait qu’avec un coût de 50$ par mois, j’arriverais à surfer à une vitesse moyenne. On me promettait 512 kbps en aval (download) et 128kps en amont (upload).  En réalité, j’obtenais la vitesse “moyenne” d’une tortue, soit au peu près la vitesse d’un accès commutée (dialup) autour de 50 kbps en aval.  Impossible d’obtenir une conversation par téléphone IP ou de visionner une vidéo en ligne.

Pour obtenir une vitesse acceptable, j’ai essayé le forfait à 60$, à 1 Mbps en amont / 128 kbps en aval, qui en réalité produisait l’équivalent d’une connexion ISDN (128 Kbps).  Pour obtenir un peu de performance, j’ai dû me rabattre sur le forfait à 80$ par mois (1,2 Mbps/200 kbps).  Pour diminuer ma frustration et augmenter ma performance, on m’a déménagé d’un réseau KA à un réseau KU;  Pour y arriver, on m’a envoyé le dépositaire dévoué d’Xplornet, Normand Albert,  dans mon bout du monde à au moins 2 reprises.

En passant ce matin, le ciel est clair et il vente un peu.  Ma performance est autour de 592 kbps/74 kbps, soit moins de la moitié de la vitesse promise.

Calgary, USA

HughesNet coupoleCe service satellite est offert par HughesNet, une compagnie américaine, et distribué au Canada par Xplornet, une compagnie basée à Calgary.  Deux autres compagnies offrent aussi le service HughesNet au Canada i.e. C-Comsat et Galaxy Broadband.  Malgré l’éloignement de 3 000 km, j’ai toujours eu un excellent service à la clientèle téléphonique avec Xplornet, en « fran-glais » au Nouveau-Brunswick.

Le fait que le service soit offert par une compagnie américaine apporte certains désagréments et d’autres avantages.  Si vous essayez d’accéder à un sites web réservé exclusivement aux canadiens alors votre adresse IP américain vous en empêchera.  Mais vous pourrez accéder à d’autres services réservés aux USA, comme le site de vidéo de qualité HULU, une petite merveille de conception.

Les coûts à considérer: l’équipement et frais de satellite

hughesNet poteauPour ce qui est de l’équipement de base, même avec les rabais offert à l’installation (variant de 200$ à 300$), vous ne vous en tirerez pas en bas de 1000$ de coût d’installation.  Pour ma part, après deux hivers où j’ai eu à monter sur le toit pour déneiger ma coupole à chaque tempête, j’ai finalement déménagé la “bête” sur un poteau de 2 m (7 pieds) à l’arrière du chalet (coût 225$). De plus cette antenne puissante générait beaucoup d’interférences avec la radio FM et mon antenne télé. Assurez vous d’installer votre coupole à l’abri des grands vent pour éviter qu’elle ne se désaligne (ce qui s’est produit chez moi).  Chaque année on vous soutirera un montant supplémentaire de 75$, supposément pour payer les frais de connexion avec le satellite…

Téléchargements très limités

Pour limiter l’usage de la bande passante, cet abonnement à 80$ par mois vous limitera à un seuil de téléchargement de  300Mo de bande passante par jour .  Si vous abusez du téléchargement de musique, de visionnement de vidéo ou même d’écoute de radio Internet, vous aurez à subir les foudres d’Xplornet et serez condamné à surfer à la vitesse « escargot » d’une connexion commutée (dialup).  Cette punition durera 24 heures, ce qui est une éternité quand vous utilisez votre ligne internet deux jours par semaine.  Mais heureusement j’ai eu droit à cette torture que 2 fois en près 2 ans, pendant le temps des fêtes, où les 6 membres de ma famille surfaient à qui mieux-mieux, sans aucune limite…

Téléphonie par IP

Qu’en est-il de Skype et de la téléphonie par IP.  Mon forfait à 80$ fonctionne très bien si aucune autre application ne roule en arrière plan.  Je dois fermer tous les logiciels de courrier, fureteur et autres bidules énergivores.  Pour le téléphone vidéo, c’est saccadé mais passable.  Je me suis aussi équipé d’un numéro de téléphone entrant gratuit grâce au site  Ring2Skype qui offre des numéros locaux entrant à partir de Montréal, mais aussi de dizaines de villes à travers le monde . Pour des appels sortants, nous payons un prix de 0,05$ la minute pour un appel vers un téléphone traditionnel et gratuit vers un autre utilisateur Skype.

Virtual Private Network

Pour mon travail je dois me connecter par VPN (Virtual Private Network) afin d’accéder aux serveurs sécurisés de mon entreprise.  Du fait que mon réseau VPN ne permet pas une grande latence (un temps d’attente trop long entre ma coupole et le satellite) je n’arrive pas à me connecter au réseau de mon entreprise.  Des copains qui utilisent aussi ce type de réseaux sécurisés y sont arrivés avec leurs réseaux moins restrictifs. En augmentant la vitesse de ma connexion dans le futur, j’y arriverai sans doute.

Et ensuite ?

Si un jour je décide d’établir mes quartiers permanents sur mon île déserte, je changerai probablement de forfait pour accéder à une plus grande vitesse et plus de bande passante pour améliorer la communication avec l’extérieur.  Ce type de lien Internet est assez coûteux mais se justifie pleinement si vous décidez de vivre dans un environnement de rêve.

Internet et Web

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Le cycle de la saine remise en question

On passe tous des moments où l’on se pose des questions, en se demandant si on a emprunté le bon chemin, s’il n’aurait pas mieux value tourner à gauche à cette intersection de la vie ou rebrousser chemin il y a deçà 10 km, 10 jours ou 10 ans.

Je suis de ceux là.

Un peu comme à la fin des années de collège où j’examinais toutes les avenues pour connaître ce qui allait me passionner le reste de ma vie. Pendant mes années de CEGEP, j’ai fait beaucoup de radio étudiante, souvent jusqu’à une dizaine d’heures par semaine. Je me rappelle de la mine déconfite de mon père quand, du haut de mes 17 ans, je lui annonçai que je voulais m’inscrire en Communications, à l’Université du Québec à Chicoutimi, pour ultimement faire de la radio ou de la télévision. Ou encore quelques mois plus tard, je lui fis part de mon désir de m’inscrire à une école d’électronique parce que j’adorais monter et démonter des bidules électroniques.  Étant relativement doué en mathématiques, mon père m’encouragea à poursuivre aux Hautes Études Commerciales (HEC) pour finalement graduer en Sciences économiques. Il m’avait faire comprendre qu’il ne fallait pas mélanger « hobby » et carrière, principe que j’ai tenté de transmettre à mon tour à mes enfants.

Au cours de ma carrière, même si j’ai évolué en majeure partie dans la même grande entreprise, j’ai assez souvent changé de poste après, justement, une phase de doutes et de questionnements.  Après plusieurs années au même poste, souvent à la fin d’un gros projet, je fais le bilan ;  c’est alors que les démons de l’incertitude ressurgissent, et se liguent contre moi pour nourrir ma crise.

Si jeunesse savait

Pour beaucoup d’individus, les périodes de repositionnement professionnel coïncident avec des remises en question d’ordre personnel ou amoureuse.  Ce n’est heureusement pas mon cas. Je possède le même groupe d’amis depuis 40 ans, la même conjointe depuis 27 ans et la même maison depuis 22 ans,

Mais ça n’a pas toujours été le cas. Jeune adulte, je me souviens d’avoir occupé 8 différents appartements en 5 ans, d’avoir changé de copine pour un oui ou un non et de ne pas dédaigner la bagarre devant l’insolent.  Mon impulsivité était notoire. Cette fougue m’empêchait souvent de prendre des décisions réfléchies.  Mais j’ai réussi à dompter et à mieux canaliser, un tant soit peu, cette impétuosité avec l’âge.

Je me rappelle d’une rencontre dans un souper d’affaire où une femme assise à la même table que moi me dit :

Bonjour Benoit.  Te rappelles-tu de moi ?  J’étais dans ta classe au secondaire.  Pendant un cours de biologie, tu m’avais mis une grenouille vivante dans mon sac à main.  Je l’avais découverte plusieurs minutes plus tard, en fouillant dans mon sac, pendant le cours de religion.

Mais, 40 ans plus tard, j’avoue que ce n’était ma meilleure blague bien qu’elle reste inoubliable.  Mon erreur est de m’en être vanté à des copains dénonciateurs.  Sinon mon coup serait demeuré classé dans la filière des «Crimes Parfaits» de Claude Poirier.

Monsieur Destiné

Un film de série B du début des années 90 avec James Belushi Mr Destiny,  illustre bien le questionnement d’un homme à l’aube de la quarantaine. Il aimerait retourner dans le temps pour savoir comment se serait déroulé sa vie si des événements s’étaient passés autrement, à des moments clés de sa vie.  Pour se rendre compte que finalement il aurait eu d’autres problèmes et autant de questionnements….

Il est sain de se poser des questions sur son existence, sur ce que nous désirons accomplir dans la vie mais sans jamais regretter le passé.  Ce qui est fait est fait.  Vous devez élaborer des projets d’avenir et tout faire pour les accomplir.

Nourrir ses rêves

Je vous suggère un petit exercice que j’ai effectué à l’aube de mes 50 ans et que je referai avant ma retraite.  Dressez une liste d’une douzaine de rêves que vous voudriez réaliser avant de quitter cette terre, avec un âge limite.  Par exemple: Monter le Kilimandjaro à 40 ans, courir un marathon à 45 ans, apprendre l’espagnol à 60 ans…   Éviter d’y mettre des désirs matériels comme m’acheter une BMW, ou un condo en Floride.  Concentrez vous sur vous, votre esprit, votre âme, votre corps, votre bien-être intérieur.

Pour ma part, de ma liste de 50 ans j’ai réussi à en accomplir 3, avec 3 en cours de réalisation.  Ma fiche n’est pas très reluisante, et je dois la consulter plusieurs fois par année pour garder mon focus…

Encore plus passionant, demandez à votre conjoint ou conjointe d’effectuer le même exercice en privé.  Ensuite comparez vos listes et résultats.  Si des items coïncident, vous aurez alors un projet commun à réaliser dans les prochaines années.  Si aucun de vos projets ne se ressemblent, essayez alors de vous inspirer des projets de l’autre et d’en élaborer au moins un en couple.  C’est l’essence d’une vie professionnelle ou personnelle, que de bâtir des rêves et de tenter de les réaliser…

Moi Me Je ?

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Analyse des 60 premiers jours de vie d’un nouveau site

Le 7 septembre dernier, après plusieurs semaines de planification, nous avons mis en ligne un site spécialisé – DansNotremaison.com offrant des recettes, des trucs culinaires et domestiques, doublés d’astuces de dépannage pour l’extérieur.  Ma muse et conjointe le nourrit de textes de qualité.  Nous avions projeté de générer une centaine de textes en 3 mois.  Après 60 jours, 82 chroniques ont été mises en ligne.

Qui y a-t-il sous le capot ?

De ces 82 textes, 80% sont reliés aux recettes et à la cuisine. Les autres textes traitent de trucs domestiques et de dépannage. Nous finalisons toujours les textes à deux, corrigeant les erreurs de l’autre. Toutes les recettes sont exclusives, photographiées et testées.  Les trucs domestiques sont aussi testés et n’ont pas été copiés ailleurs.  Nous apportons d’ailleurs beaucoup de soins à la qualité des photographies.

Accueillir la visite

Le premier mois, le site a enregistré environ 660 visites (22 visites par jour) avec une moyenne de pages lues de 3,2 par visites, d’une durée de 6 minutes par visite.  Les moteurs de recherche généraient alors 38% des visites.

Le deuxième mois, nous avons plus que doublé les visites avec 1 500, une moyenne de 50 visites par jour.  Par contre le nombre de pages lues par visite a chuté à 1,8 avec une durée de 2,5 minutes, une baisse normale après l’engouement du début.  La proportion de visites générées par les moteurs a aussi doublé à plus de 76%.

visites - 7 septembre au 9 novembre 2009

Content is king

La pertinence du contenu dans un site web est la clef du succès. Aujourd’hui pour les sites à contenus, plus du 2/3 des visites est généré par les moteurs de recherche.  Plus de 75% des visites proviennent de Google, mais aussi de Bing de Microsoft, Yahoo et d’autres sites mineures de recherche. Il est primordial de générer du contenu qui intéressera les internautes.  Si vous publiez une chronique sur un plat indonésien dont personne n’a jamais entendu parler, il est fort à parier que personne ne lira votre texte.  Si par contre vous publiez un truc qui explique comme réussir une sauce béarnaise ou faire disparaître des taches d’encre sur votre nappe blanche, ces textes seront très populaires.  Il faut quand même faire la part des choses puisque la compétition est féroce dans ce créneau.  Il y a des centaines de recettes de Quiche Lorraine sur le web et la vôtre doit absolument être la plus attirante.

Le taux de rebond pour faire rebondir vos visiteurs

Si vous attirez un visiteur chez vous, il est important de le conserver pour lui faire découvrir d’autres chroniques.  Un rebond est un visiteur qui n’a lu qu’une seule page de votre site.  Un rebond ne génère aucune durée dans vos statistiques puisqu’il est impossible de déterminer combien de temps il a passé sur votre site (puisqu’il n’a cliqué que sur une seule page). Lorsque le taux de rebond augmente, le temps moyen par visiteur diminue, puisqu’aucune durée n’est enregistrée pour votre visiteur.  Le taux de rebond pour le premier mois était de 57% et il est passé ensuite à 76%.  Lorsque le % des visites générés par les moteurs de recherche augmente, le taux de rebond augmente en même temps puisque l’internaute n’est intéressé par ce qu’il cherche, pas par votre site.  C’est là que vous devez le séduire en lui disant « Reste avec moi, j’ai d’autres choses à te montrer ».

Il y a plusieurs trucs pour inciter un visiteur à cliquer sur un autre texte, bien que c’est relativement difficile pour un blogue qui affiche des dizaines de textes sur une seule page. J’en parlerai dans une autre chronique.

D’où proviennent vos visiteurs ?

Vous pensez que la grande majorité des visiteurs proviennent du Canada ?  Pas tout à fait.  En réalité seulement 53% proviennent du Canada.  La France compte pour 29% des visiteurs, les USA pour 8%, la Belgique 5% et la Suisse 2%…  Le pourcentage d’européens augmente à chaque semaine m’obligeant à modifier les recettes pour utiliser les mesures métriques plutôt qu’impériales, et en offrant une table de concordance (poids, température, volume…).  Pour cette clientèle, il est important de ne pas trop utiliser de marques de commerce locales ou des expressions du terroir…

visites par pays

Qu’est-ce qui les intéressent ?

De façon surprenante, il n’y a pas que les recettes qui sont populaires.  Après les 15% qui vont directement sur la page d’accueil,  nous retrouvons dans le top 15 des pages les plus lues:  les recettes de dessert, les graines rôties de citrouilles (Halloween oblige), blanquette de veau, recettes de salade, poulet au four, pain de viande, gâteau ou marinade, mais nous constatons que les trucs domestiques sont fort populaires (lavage de fenêtres, détachant, pot Masson, eau de javel et trucs de nettoyage).  On peut même voir que la table d’équivalence est aussi beaucoup recherchée.

pages les plus visitées

Pourquoi tant d’effort?

Chaque texte nécessite quelques heures de préparation, de rédaction, de correction et de photographie.  Pourquoi investir autant d’énergie dans ce site, pendant nos rares temps libres.

Pour 3 raisons :

1. Comme laboratoire : ma passion et mon travail c’est le web.  Je rêvais de lancer un site à contenu riche, en l’alimentant quotidiennement de textes avec des mots-clefs (tags) de qualité pour mesurer l’impact d’un tel travail.   D’évaluer quel sera le comportement des moteurs de recherche, des internautes et de l’ergonomie de ce site.  Je m’amuse beaucoup.

2. Pour partager nos trucs et recettes : Anne adore cuisiner et possède une grand talent d’écriture  Elle possède surtout des centaines de recettes de familles, d’autres recettes inventées et plusieurs centaines de livres spécialisés.  Et ce site nous permet des les conserver, de les diffuser pour les faire connaître.

3. Pour tester les publicités payantes de Google (Adsense). Je voulais savoir ce que cet animal avait dans le ventre.  Je m’amuse à fignoler les publicités, les analyser pour vraiment savoir si cette invention est vraiment le Klondike… Je vous en reparlerai aussi dans une prochaine chronique.

Un « Page Rank » en 5 semaines

Quelques fois par année, notre ami Google évalue tous les sites web et leur attribuent une cote évolutive, générée par des facteurs secrets mais quand même assez bien connus comme le nombre de visites, la pertinence du site mais surtout le nombre de sites qui recommandent (pointent) vers le vôtre.  Après quelques semaines, notre Google Page Rank est passé « d’inexistant » pour s’établir à 1 sur 10.  Il faut savoir que ce type de site internet ne dépasse jamais 5/10.

Voici une liste des sites spécialisés les plus populaires au Québec et en France et leur cote Google Page Rank :

La prochaine révision aura lieu au début d’année 2010.  Nous visons 3/10…

Les prochaines étapes ?

D’ici quelques semaines, je ferai évoluer le site de blogue (i.e. une liste de textes à la queue-leu-leu) vers une plateforme de site plus traditionnelle.  La consultation en sera grandement facilitée et diminuera le taux de rebond, en encourageant les internautes à cliquer sur d’autres textes que celui recherché.

Je mettrai en place une nouvelle page d’accueil et une nouvelle navigation qui facilitera la recherche, l’abonnement et l’intégration de la publicité.

Si la progression se poursuit comme prévue, le site atteindra dans quelques semaines environ 3 000 visites par mois, (soit une centaine de visites par jour).  À ce moment il sera fort probablement possible d’intégrer une régie publicitaire qui rémunérera par le nombre de pages vues plutôt que par le taux de clics. J’en traiterai dans quelque temps.

Dans une prochaine chronique, je parlerais des résultats de l’intégration des publicités bien que par contrat il m’est interdit d’en parler… Alors je resterai discrets sur la chose…

Internet et Web

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Êtes-vous complètement « TOCÉ » ?

Pendant un repas avec des amis médecins nous avons discuté avec passion des TOC (troubles obsessionnels compulsifs) et comment cette maladie est beaucoup plus répandu qu’on ne le pense dans la population en général.

Par définition les TOC sont des troubles anxieux générés par des pensées intrusives et répétitives.  Ces pensées obsessives génèrent des angoisses qui sont compensées par  des gestes compulsifs, souvent irrationnels mais nécessaires pour diminuer l’anxiété.  Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, la bible des troubles psychiatriques, il se traduit chez le sujet par une angoisse exagérée face à une situation, engendrant l’apparition d’obsessions pendant au moins une heure par jour et entraînant le besoins de pratiquer des rituels i.e. des compulsions.

Une obsession est une pensée persistante et intrusive qui envahit le sujet et crée une angoisse croissante. Cette pensée oblitère toutes autres pensées rationnelles et se répète inlassablement.

Il semblerait qu’il y ai une influence héréditaire et se retrouverait chez 2 à 3% de la population.  Si votre mère ou votre père souffrait de TOC, vous avez probablement une propension plus élevé que le reste de la population d’en souffrir aussi.   À un niveau sévère, plusieurs TOC sont causés par des phobies, des peurs comme la peur du feu, d’être souillé, de faire du mal…et compensés par des gestes rituels et souvent irrationnels comme le lavage des mains à répétition, la vérification répétitive des ronds de la cuisinière électrique…  La personne sait très bien que ses gestes sont irrationnels mais ils sont essentiels pour faire chuter son anxiété.

On observe beaucoup de ses comportements chez les gens méticuleux, perfectionnistes, qui embrassent une cause et qui deviennent obnubilés par une chose ou une personne.  Le fait de se concentrer à cette tâche, comme par exemple trier ou collectionner une chose irrationnelle, les détendent et font baisser leur anxiété.

Je suis assez familier avec ce trouble anxieux du fait que ma fille autiste vit avec plusieurs troubles obsessionnelles-compulsifs.  Les autistes sont des gens extrêmement anxieux et obsessifs.  Que ce soit des autistes de haut niveau (du type Asperger) que ceux plus lourd, comme ma petite Gabrielle

Les TOC de ma fille

Très jeune elle compensait ses crises d’angoisses en se promenant longuement avec des blocs de congélation, style Ice Pak, prises directement du congélateur.  Par la suite, c’était les linges mouillés, les clefs, les chaînettes ou les sacs de plastiques remplis d’objets glanés ici et là qu’elle faisait virevolter devant son visage. L’autostimulation avec un objet est un geste fréquent chez les autistes, généralement toléré par les intervenantes spécialisées mais difficilement accepté par la société en général.

Pendant les journées de congé d’école où elle est sans horaire planifié, ses obsessions réapparaissent et elle compense en vidant tous ses livres, ses tiroirs de vêtements ou ses DVD, un a un, dans un rituel calculé.

Les TOC légers communs dans la population

Voici une liste de TOC que l’on retrouve souvent chez les gens dits normaux.  Prenons l’action de ronger ses ongles, ou des parties de ses doigts;  lors de l’apparition de pensées anxieuses, machinalement ce geste répétitif et irrationnel vient compensé ce trop plein de stress. Sans pour autant souffrir de TOC, vous avez probablement une personnalité avec des traits obsessifs compulsifs, ne vous empêchant pas de fonctionner dans la société.

Les gens qui marchent et évitent les lignes de trottoir.

Les vérification à répétition des serrures, robinets, ronds de poêle par peur maladive des incendies ou des cambrioleurs.

Le besoin irrationnel de compter les objets, le nombre de voitures qui passent devant votre porte…

Les superstitions les plus débiles très présentes chez les sportifs ou gambleurs (vêtement, bijou, barbe…)

Les gens qui se lavent les mains ou les dents de façon répétitives et inconsidérés.

Les maniaques de l’ordre qui panique dès que l’alignement ou qu’un objet est déplacé.

L’auto suggestion

La plupart des gens souffrant de ce problème en sont conscient.  Souvent même ils arrivent à contrôler leur obsession avec beaucoup d’effort, d’auto-suggestion ou avec l’aide de thérapeute.  En fait la religion et la prière est une forme d’auto suggestion, où par l’entremise d’un être supérieur la personne réussie à créer une forme de conditionnement souvent bénéfique pour diminuer les peurs, source de l’anxiété.

Obsédé par le temps

Dans le cadre de conférences organisées pour les parents d’enfants autistes, nous avons invité à quelques reprises un conférencier autiste de haut niveau, bien connu dans la région montréalaise, Georges Huard.  Ce Rainman, comme il aime bien se faire appeler, est obsédé par le temps.  Il ne peut s’empêcher de regarder défiler les nombres sur les chronomètres électroniques, les agendas ou les montres.  D’ailleurs il en trimballe sur lui une panoplie impressionnante.  Quand il sent monté une crise de panique, aussitôt il sort un de ses appareils de sa poche pour la regarder inlassablement.  Un jour que je devais le ramasser à la sortie d’un métro et que j’ai été retardé par la circulation, il m’avoua haletant dans la voiture que j’avais exactement 1 133 secondes de retard et que ça l’avais beaucoup indisposé.  Il était clairement dans une phase d’anxiété sévère et il s’est finalement calmé après un bon repas en famille, avec son chronomètre sur la table.

Autisme

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Comment éteindre sournoisement le “ruisseau de feu”

Il était une fois un petit cours d’eau, bien anodin, qui représentait le site de reproduction le plus important du fleuve St-Laurent pour deux espèces de poissons vulnérables du fleuve St-Laurent, la perchaude et le grand brochet.  Ce ruisseau zigzaguait nonchalamment à l’intérieur de grandes municipalités de plus de 100 000 habitants. Le bon gouvernement avait depuis longtemps identifié ce lieu comme fragile.  Jusqu’au jour où de grands développeurs américains ont mis la main sur les terrains environnants, les ont asséchés, dans le but d’y construire d’immenses stationnements, des grandes surfaces, des routes et des bungalows.  Une histoire triste, assurément d’autant plus que ça se passe chez nous, plus exactement à Lachenaie (maintenant Terrebonne), Charlemagne et Repentigny.

Vous ignoriez l’existence de ce cours d’eau ?  Pourtant il coule à vos pieds pendant votre épicerie chez Costco, en entrant au cinéma, en sortant de chez Wal-Mart ou en roulant sur les autoroutes 640 et 40 pour accéder à l’île de Montréal, en venant de Lanaudière.

Vous n’avez probablement jamais entendu parlé du “ruisseau de feu” (quel nom noble) qui coulait libre de toute contrainte, il y a deçà une dizaine années. Il ne fait que 3 km de long, à partir de la jonction de l’autoroute 640 et de la 40, et serpente entre les magasins et l’autoroute jusqu’à la pointe sud de Charlemagne.  Pourtant vers la fin des années 90 le ministère des ressources naturelles et Faune (MRNF) avait signalé dans une étude sa fragilité et son désir de protéger ses berges, ses affluents et sa source.  La pression des entrepreneurs et des développeurs ont tôt fait de le dénaturer et la population qui le longe chaque jour est persuadée qu’il s’agit d’un vulgaire fossé, héritage d’une mauvaise planification urbaine.

Les cartes

Pour mieux comprendre, voyons 4 cartes.  La première carte situe le ruisseau de feu sur son territoire environnant, soit entre le pont Charles-de-Gaule, le pont LeGardeur, la pointe sud de Lachenaie et de Repentigny, au confluent du fleuve St-Laurent, de la rivière des prairies et de la rivière L’assomption.  Sur cette carte, il s’agit du cercle irrégulier violet identifié comme milieu humide potentiel en 2005.

carte territoire - Ruisseau de feu

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Examinons maintenant la deuxième carte, qui est fait un zoom de la première carte.  On voit clairement le tracé du ruisseau de feu en bleu et ses nombreux petits affluents en pointillé. On peut aussi voir la branche principale qui longe la 640, traverse l’échangeur, pour se connecter à sa source, l’immense marécage de 217 hectares située au nord de la même 640 (187,7 ha au nord et 27,9 ha au sud).  On peut aussi apercevoir un petit lac à l’ouest du marécage. Ce petit lac longe les nombreux sites d’enfouissement du dépotoir de BFI, en vert hachuré.

carte zoom territoire Ruisseau de feu

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La troisième carte est en fait la carte de Google en photo aérienne photographiée quelque part en 2008.  On peut voir que de nombreux petits affluents ont simplement été remblayés sous le gravier du stationnement. Il ne reste que quelques arbres qui  ont disparu au moment ou j’écris ces lignes.  Les dommages sont encore plus impressionnants aujourd’hui.

carte google - ruisseau de fer

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La quatrième carte est un zoom de la 3e carte (en bas à droite), du terrain asséché et récemment acquis par le concept gargantuesque Wal-Mart SuperCenter.zoom in Carte Google

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L’envie des vautours

La source du ruisseau fait l’envie du dépotoir de BFI, situé tout juste à côté.  Cette multinationale du déchet aimerait bien mettre la patte sur ces marécages pour y enfouir encore plus de déchets.  “Il n’y pas de danger de polluer la nappe phréatique, c’est de la glaise en dessous”.  C’est la raison pourquoi le marécage, cœur de la frayère, existe toujours et qu’il alimente ce petit ruisseau essentiel pour la survie de ces espèces.

Pourtant tous les intervenants sont d’accord pour sa protection.  La ville de Terrebonne, de Charlemagne et la MRC émettent depuis plusieurs années des communiqués de presse pour rassurer la population. Pourtant Wal-mart vient d’y ériger un gigantesque centre commercial et a coupé les arbres sur ses rives.  La haute valeur des terrains le long de l’autoroute 40 prédomine sur la volonté de protéger ce joyaux. Le ruisseau qui coule au nord de l’autoroute sur une longueur d’environ 500 mètres est enfermé entre des clôtures de 6 pieds.  Les hautes herbes poussent librement le long du peu de berges protégés. D’ailleurs l’on peut voir avec Google Street View, à quoi ressemble ce ruisseau au printemps 2009, à partir du chemin St-Charles et de l’autoroute 40, vers le sud.

Agrandir le plan


Agrandir le plan

L’an dernier le ministère des transports a fait construire sur l’autoroute 640 un immense viaduc en plein milieu des terres protégées “pour faciliter l’accès aux ambulances vers le nouvel hôpital”.  Vous pouvez d’ailleurs constater l’ampleur de la structure sur la photo de Google plus haut.  Bien faible argument quand on pense que ce viaduc aurait très bien pu être construit ailleurs sur la 40, mais à un coût plus élevé du fait de la grande valeur des terrains commerciaux maintenant propriétés de Wal-Mart.

Le dernier clou de cercueil

La semaine dernière je roulais le long du fleuve, croyant que les terrains restants au sud du ruisseau seraient protégés. Que d’illusions.  Les arbres abattus, les rues déjà tracées et les lots en friche jouxtes les centaines de piquets.  Et le petit ruisseau qui coule entre les piquets, se demandant quand un contracteur, par inadvertance, remplira ce fossé pour y faire passer une rue.  Il écopera d’une amende de quelques milliers de dollars et s’en sera fait de ce ruisseau embêtant.

Dans un article de Louis-Gilles Francoeur, Guy Garant du CRE Laval disait en mai 2008:  “Terrebonne…rêve de remblayer au moins 17 ha de milieux humides dans le territoire fédéral de la Défense nationale, un ministère qui semble prêt à étudier la proposition même s’il lui est interdit d’aliéner ce type d’habitat à des fins de développement en vertu de la politique actuelle. Et c’est sans compter les empiétements au ruisseau de Feu, où les compensations n’enrayent pas les pertes nettes.”

J’ai un ami biologiste qui siège sur le comité de sauvegarde de ce ruisseau.  Il se bat corps et âme pour la préservation de ce cours d’eau mais son comité ne lutte pas à arme égale. Les pelles mécaniques contre une bande de “Tree Huggers“.  Devinez la suite ?

Photo ruisseau de feu Canard illimitéUne dernière photo ?

Voici une photo, gracieuseté de Canards Illimités Canada, montrant le territoire autrefois inondé du ruisseau de feu.  Ce territoire a été asséché grâce au contrôle des débordements directement dans le marécage.  Devinez où va la crue des eaux nécessaire à la fraye ?  Tout droit dans les égouts de la ville de Lachenaie -Terrebonne.

Environnement

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Le nouveau remède pour soulager la gueule de bois de l’industrie forestière

On assiste depuis quelques années à l’effondrement de l’industrie de la coupe de bois, qui sert de matière première aux usines de pâtes et papier et de bois d’œuvre.  Principalement dû à la baisse de la demande pour les médias imprimés, vers l’internet, nous vivons la lente agonie des publicités imprimées, des journaux, des magazines, entraînant dans sa chute l’industrie du papier.  L’augmentation et souvent l’obligation d’utiliser de la pâte de papier recyclée a sonné le glas de cette industrie qui avait déjà un genou à terre.

coupe de boisLa crise des papiers commerciaux adossés à des actifs non-bancaires PCAA a fait chuter le marché de l’immobilier aux États-Unis et au Canada, stoppant les chantiers de construction domiciliaire et commercial partout à travers la planète. Suite à la longue crise du bois d’œuvre (lire bois de construction) avec les USA, la demande en bois d’œuvre  a continué à péricliter pour finalement entraîner la fermeture de la majorité des “moulins à scie” au Québec et au Canada.

Pour enfoncer le dernier clou dans le cercueil de bois de ce secteur moribond, l’interdiction dans plusieurs municipalités de l’utilisation du foyer a fait perdre des millions en revenus aux producteurs de bois de chauffage.

Adieu veau, vache, cochon, papier, construction et bois de chauffage

Pour survivre: ne construire qu’en bois

Les compagnies forestières avec l’aide de plusieurs étoiles du monde du spectacle et des affaires ont décidé de se prendre en main et de lancer une campagne publicitaire pour augmenter la demande pour le bois.  Sous le thème Toucher du bois, la coalition Bois Québec a comme mandat d’accroître l’utilisation du bois au Québec.

Vous avez sans doute vu les publicités pleine page dans les grands quotidiens. Pour ma part je n’avais pas trop porté attention ni essayé de comprendre l’essence du message.  Le soir du 22 septembre dernier, en rediffusion, j’ai écouté attentivement une entrevue à l’émission de Dominique Poirier avec François Tanguay, le porte parole de cette coalition où il tentait tant bien que mal d’expliquer les objectifs et les motivations derrière ce battage médiatique.

Je n’en croyais pas mes oreilles. Cet apôtre de la scie mécanique nous enjoint de continuer à raser nos forêts pour diminuer l’effet de serre.  Selon ce Spin Doctor, un arbre même mort continue d’emmagasiner du CO2,  argument justifiant la valse des Timberjack dans ce qui reste de forêt au Québec.  Son entrevue ne dit pas si des “2 x 4″ enfermés entre 2 panneaux de gypse (placo-plâtre) continuent longtemps à aspirer la méchante pollution.  Est-ce que des planchers en bois franc couvert de 3 couches de Varathane fait le même travail de nettoyage que des arbres qui poussent dans la forêt ? Le violon du chef d’orchestre, ou le bâton du joueur de baseball peuvent-il vraiment sauver la couche d’ozone ? Ne devrions nous pas plutôt reboiser et stopper la déforestation?  L’argument me semble bien mince pour justifier tout cette dépense d’énergie.  Selon le communiqué de presse il semblerait que le béton, la pierre, le ciment et la brique détruisent nos écosystèmes et que la survie de notre espèce repose sur encore plus de «pitounes», de brans de scie et le blanchiment de la pâte de papier.

Païens, rangez vos articles de jardinage en plastique, fibre de verre ou graphite et revenez aux bons vieux manches de pelles en bois.  Sportifs, ressortez vos bâtons de hockey en bois, vos vrais “bois” de golf ou la raquette de tennis de grand-papa.

D’abord une industrie mésadaptée

De toute façon l’industrie a depuis longtemps cessé de fabriquer des produits en bois.  Les tables sont en panneaux de particules, les portes sont moulées avec du bran de scie et les moulures sont faites en MDF.  L’industrie a « créé » ces produits pour récupérer leurs déchets, tout en diminuant le coût d’achat des matériaux et ultimement le coût de construction des maisons.

Quand avez-vous vu la dernière fois la construction d’un édifice commercial avec un plancher, des murs ou des plafonds en bois ?  Les églises, musées et restaurants haut de gamme sont les derniers dinosaures où l’ont peut encore toucher du vrai bois.  Même les résidences qui ont pendant longtemps utilisé de la “marqueterie” bas de gamme comme plancher, n’a plus le choix aujourd’hui que d’utiliser du “plancher flottant” fabriqué avec des résidus de sciage de  bois.  Si votre plancher a le malheur d’entrer en contact avec de l’eau, vous constaterez que l’expression “plancher flottant” est erroné et que l’on devrait plutôt parler de “plancher gonflant”.

La solution ?

J’ai rénové ma maison et j’ai remplacé mon linoléum par du plancher en érable, acheté chez un marchand local.  Le bois était originaire de Colombie-Britannique, scié et emballé en Chine et transporté de nouveau par bateau jusqu’au Québec! Quand j’ai voulu installer un recouvrement en cèdre sur ma maison, personne n’offrait ce produit. J’ai fait affaire avec un artisan qui m’a tout scié sur un banc de scie artisanal.  Je n’ai pu trouver de marchand ou scierie qui pouvait m’alimenter.  J’ai construit une immense galerie en cèdre, plutôt qu’en PVC ou fibre de verre.  J’ai attendu 2 mois pour la livraison de mon cèdre qui provenait du Nouveau-Brunswick et qui m’a coûté les 2 bras et les 2 jambes parce que j’aime le cèdre, son odeur, son touché, sa durabilité….

La solution: miser sur la qualité.  Du bois de qualité dans les meubles, les boiseries, les armoires, les planchers…  Il faut se remettre à fabriquer des meubles en frêne, en érable, en chêne.  Mais le problème c’est que depuis 25 ans l’industrie n’a replanté que de l’épinette, sciant à la racine tout ce qui ne ressemblait pas à un arbre de “2 x 4″.  Plus aucun feuillus, plus de bois franc.

Le bois bas de gamme

Il y a quelques années je me suis rendu dans une communauté autochtone du nord de la Mauricie où l’on enseignait à la polyvalente locale des métiers traditionnels amérindiens pour motiver les jeunes à demeurer en classe.  Raquettes, canots d’écorce, traîneaux à chien, toboggans… mais le problème majeur était l’approvisionnement en bois.  Toute la région n’était replantée qu’en épinette et il fallait importer le cèdre, le bouleau ou le merisier par train de Montréal !…

Le problème réside plus dans l’infrastructure industrielle de ce secteur que dans la demande.  Si une offre de qualité y est, le consommateur suivra.

Noble cause

Au premier abord, la cause est noble.  Permettre aux dizaines d’usines fermées depuis plusieurs mois de réouvrir pour redonner des emplois, et de la fierté, à tous ces petits villages sans autres ressources.  Mais l’argumentaire est erroné.  Hugo Joncas de Lesaffaires.com, réfute plusieurs des arguments de la coalition, experts à l’appui.  Je vous invite à lire l’article.

Une solution serait de convaincre Barack Obama de réinstaller les panneaux de bois sur les “pick-ups” ou les “Station-Wagon” des deux nouvelles compagnies automobiles qu’il vient d’acquérir…  Autrement je ne pense pas que cette industrie “ressorte du bois”, eux qui ont été les artisans de leur propre malheur.

Environnement

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Deux mentions pour votre humble serviteur

Click Weekly - Top Canadian Online MarketersHier, le 29 septembre, le journal Click! Weekly a dressé une liste aléatoire des TOP 40 Canadian Online Marketers of 2009.  J’ai eu l’honneur de figurer sur cette liste, avec des leaders prestigieux du monde du web au Canada de Facebook, Yahoo, Expedia, Bell, eBay et Dell . Même si ces listes sont souvent faites pour “remercier” des partenaires de l’industrie, il fait toujours plaisir d’être reconnu par ses pairs d’autant plus que ce magazine est anglophone, basé à Toronto, et que seulement une poignée de québécois y apparaissent.  Ces honneurs sont toujours le reflet du travail d’un groupe qui apporte des idées innovantes avec une vision avant-gardiste de l’internet.  Mon ami Guillaume Brunet, qui figure aussi sur cette liste, a rédigé un petit texte sur cette mention sur son blogue personnel.

Les Francs-tireurs ont “visé” mon humble site web

Francs-tireursCe soir 30 septembre, l’émission de Télé-Québec Les Francs-tireurs, animée par Patrick Lagacé et Richard Martineau, ont utilisé, avec mon autorisation, plusieurs photos de deux textes publiés ces dernières semaines traitant des accrocs à la règlementation sur l’affichage à Montréal.  Je vous invite à revoir ce reportage en rediffusion sur le web ou à l’écran, ce jeudi 1er octobre à 14h00, samedi 3 octobre à 20h00 ou mardi le 6 octobre à 23h00.  Notez que le reportage sur l’affichage à Montréal débute à la 30e minute, tout juste après l’entrevue avec Gilbert Rozon.

Internet et Web
Moi Me Je ?

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Un petit mercredi soir avec le FLQ

Je connaissais Pierre Falardeau comme tout le monde.  Par ses films, documentaires, par Elvis et ses entrevues enflammées dans les médias.  Selon moi ses propos incendiaires de gauche avaient autant de pertinence que les propos d’extrême droite des polémistes médias comme Gilles Proulx, André Arthur, Benoit Filion ou Stéphane Gendron.  Ce n’est pas en blasphémant ou en injuriant les élus en place et les mieux nantis que l’on arrive à faire avancer une cause…

Falardeau, je l’ai rencontré une seule fois. En fait pendant toute une soirée. C’était un mercredi soir, presque 15 ans jour pour jour, plus exactement le 28 septembre 1994. Anne et moi se rendions au cinéma “Le Parisien” sur Sainte-Catherine pour y voir notre hebdomadaire film à la mode, en couple, loin de l’effervescence familiale.  Nous montions le grand escalier mobile pour accéder à notre écran au 3e étage.  Avant d’entrer dans la salle sombre, j’entrevois un petit attroupement dans un coin, devant une autre petite salle. Intrigué, je m’approche. J’aperçois alors dans le groupe un visage familier, poilu, étriqué et vieillissant.  C’est Paul Rose, le felquiste de la cellule Chénier. Je connaissais bien le FLQ pour avoir suivi assidûment leurs frasques des années 60-70 et ensuite lu à peu près tout ce qui existait sur leurs motivations, leurs buts et leurs façons d’y arriver.  Au Cégep, lors d’un cours en sciences politiques, j’avais effectué un travail de moine sur ce sujet.

Je m’approche de Paul Rose pour le saluer, quand j’entrevois Pierre Vallières, écrivain felquiste dont j’ai lu quelques livres, dont le classique Nègres blancs d’Amérique.  Je remarque les 3 autres membres de la cellule Chénier, Jacques Rose, Francis Simard et Bernard Lortie entourés des autres têtes fortes de l’époque comme les Lanctôt et Cossette-Trudel. Là dans un nuage de fumée, je distingue Falardeau.  Je comprends qu’il s’agit de “l’avant” avant-première du film Octobre, sans tambour ni trompette. Pas de télévision ou de journalistes, qui seront invités le lendemain soir.  C’est un avant-première en famille.  Surtout que Falardeau n’est pas l’enfant chéri des médias mais plutôt un “loose canon” toujours prêt à vous vomir une vacherie devant les caméras.

Je convainc mon amour de laisser tomber notre film “de fille”, choisi préalablement, pour nous engouffrer dans la caverne avec “Ali Baba et ses 40 voleurs”.  Impressionné le petit gars.  Je suis assis tout juste à côté de Robert Lemieux, le moustachu avocat qui défendit plusieurs felquistes incarcérés dans les années 60 et 70;  qui est d’ailleurs décédé l’an dernier à Sept-Îles, à 65 ans.

Le film raconte la crise d’octobre 70, plus spécifiquement l’enlèvement du ministre Pierre Laporte, de la planification, au déroulement et l’éxécution, étalé sur 7 jours, du 10 au 17 octobre 1970.  Le scénario a été tiré du livre de Francis Simard Pour en finir avec octobre, un des 4 kidnappeurs du ministre Laporte.  Ce film fut d’ailleurs le premier grand rôle de Luc Picard au cinéma.

La soirée était parsemée de plusieurs discours de Falardeau et d’autres anciens felquistes impliqués dans la réalisation du film. On peut ne pas être d’accord avec la philosophie et la façon de fonctionner de ce groupe, mais son influence a été déterminante sur le réveil collectif et la prise en main des québécois.  Un petit mercredi, gravé dans ma mémoire.

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Opinion

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