Comment l’état québécois se déresponsabilise de ses enfants handicapés et célèbre leur expulsion

Encore en vie

Il y a un bon bout de temps que je n’avais pas pris le temps d’écrire pour moi. Je n’ai jamais vraiment cessé de taper sur mon clavier, mais depuis plusieurs mois, je le fais surtout pour mes clients. En plus de mes contrats en Web, j’ai voyagé. J’ai déjà rédigé une douzaine de textes que je regrouperai sur ce site, dans les prochaines semaines. Stay tune. En attendant, voici un texte assez décapant sur une injustice que nous vivons et que je me devais de dénoncer.

Fragiles, sont ces enfants

J’ai déjà lu dans un livre de Gérard Berguez, intitulé Autisme Infantile, que la compréhension de l’autisme élargirait la compréhension de la nature humaine.

Et bien, force est de constater que notre état « pro-vidange » dont nous sommes si fiers continue de se mettre la tête dans le sable en se débarrassant, aussitôt l’adolescence terminée, de ses enfants handicapés intellectuels (ou toute autre forme d’handicap nécessitant un support constant des activités de la vie quotidienne).

Perdre les gains acquis pendant 17 ans

Ma fille autiste lourde a eu 21 ans en janvier 2012. Nous appréhendions cette date avec grande frayeur. En effet, au Québec, 21 ans pour un enfant autiste est l’âge de l’abandon. L’état a décrété qu’à cet âge, ces enfants ne sont plus scolarisables. Peu importe les gains obtenus au niveau académique, social ou comportemental, l’enfant sera expulsé de son école « manu militari » au cours de sa 21e année d’existence.

Ma fille a commencé l’école à plein temps à l’âge de 4 ans. Après l’avoir inscrit à une école spécialisée en dysphasie (Centre pédagogique Nicolas et Stéphanie à Repentigny), elle a fait partie de la toute première classe pilote pour autistes de cette institution. Après la fermeture subite de cette école privée, ma fille a été transférée à l’extérieur de sa commission scolaire et a dû émigrer sur l’île de Montréal. Au milieu des années 90, puisqu’aucune école ne pouvait l’accueillir dans notre commission scolaire de Repentigny, on lui a trouvé une place dans une école spécialisée en déficience intellectuelle, avec quelques classes en autisme, à Pointe-aux-Trembles.

Faire valser ensemble deux commissions scolaires

Dorénavant, suite à ce transfert, nous avions à négocier avec deux ruches de fonctionnaires. La commission scolaire de Repentigny pour le transport, et la CS de la pointe de l’île de Montréal, pour le côté académique.

Chaque année, nos trois autres enfants étaient en relâche scolaire pendant une semaine différente de celle de leur petite sœur. Son autobus devait subir les bouchons de circulation sur les ponts, le matin et le soir, puisque celui-ci empruntait le même trajet que les banlieusards. Lors de l’annonce de tempête de neige, la commission scolaire de Repentigny fermait ses écoles et son transport scolaire, alors que les écoles de l’Ile de Montréal fonctionnaient comme à l’habitude. Nous devions donc prendre notre propre véhicule pour la reconduire et la rechercher, dans la circulation et la tempête.

L’école Le Tournesol de Pointe-aux-Trembles, planète d’extra-terrestres

Cette école représente probablement ce qui se fait de mieux en déficience intellectuelle et en autisme au Québec. Les quelques enfants autistes de l’école Le Tournesol de Pointe-aux-Trembles ont toujours été particulièrement bien encadrés. Ils bénéficient d’un très haut ratio professeurs/élèves, d’un gymnase, piscine, salle d’ordinateur, salle de musique, cuisine pour l’initiation à la vie domestique, sortie extérieure, magasin géré par des déficients intellectuels (DI) et j’en passe. Ma fille adore son école et en parle constamment. Leurs professeurs dévoués s’occupent de leurs petits hyperactifs, comme s’ils étaient les leurs. La direction et le personnel prennent aussi un soin jaloux de la relation avec les parents, en organisant de fréquentes rencontres d’information sur le cheminement de leur enfant. Un milieu de vie gratifiant; une petite société sur une planète différente.

La reine des éclopés

Ma fille peut parler, ce qui est peu fréquent chez les autistes lourds. La plupart de ses phrases sont difficiles à décoder, ses histoires mêlent des personnages de dessins animés à son quotidien. Souvent quand elle nous raconte que Caillou est triste, c’est que Gabrielle a le cafard. Si Babar est fâché, c’est souvent que Papa l’a grondé pour le fouillis dans sa chambre. Longtemps, elle répétait les phrases qu’elle avait apprises, mais ne les conjuguait pas à la première personne du singulier. Si elle désirait une barre tendre, elle nous regardait dans les yeux en disant : « Est-ce que tu veux une barre tendre », et nous jouions le jeu, en lui répondant « Non, et toi? » et elle répondait « oui ». Après quelque temps, on arrive à comprendre son dialecte et ses tournures de phrases bizarres.

La fouine

À l’école, elle préfère par-dessus tout s’enfuir des intervenantes, pour aller foutre le bordel dans le secrétariat et le bureau de la direction. Elle était connue et reconnue comme la fouine. Elle ouvrait toutes les portes, les armoires et sa réputation la précédait. Et pourtant, on la traitait en princesse, et lui pardonnait tout.

Un jour, après une visite chez le dentiste, je l’ai reconduit à l’école. Assis sur un divan, près du secrétariat, nous attendions que son professeur se libère et vienne la chercher. Pendant la dizaine de minutes d’attente, une douzaine d’employés de l’école se sont arrêtés pour la saluer, toujours avec de bons mots, remplis de tendresse. Pour la première fois, je me rendais compte que ma fille était appréciée et demeurait aussi importante que toute autre personne, dans le cœur de ces gens. Elle était aimée pour ce qu’elle était, et non pas pour ce qu’elle n’était pas.

La graduation bidon, suivie du bal des exclus

 

La dernière semaine d’école est toujours couronnée d’un bal de finissant où tout le personnel de l’école s’habille de leurs plus beaux atours, afin de saluer le départ de leurs petits amours « qui nous quittent ». Ces enfants déguisés en adultes, robes longues et complets-cravates se laissent prendre au jeu. Mais ils ne comprennent pas qu’en fait, un peu comme le veau gras à l’automne, la fin est proche. On leurs remets un faux diplôme, on projette leurs photos sur un écran géant, pendant que les fêtés s’empiffrent dans les croustilles. Et à 19 h, tout est terminé. J’ai vécu ce moment intense avec la rage au cœur, et un arrière-goût en bouche. Qui persiste encore à ce jour. Je n’ai rien à reprocher à ces personnes aimantes qui tentent du mieux qu’ils peuvent de dorer la pilule, particulièrement difficile à avaler.

Après 17 ans d’instruction publique, le ministère de l’Éducation les évince

Pour ma fille à l’automne 2012, il n’existe aucune ressource pour remplacer l’école. Pour Gabrielle, après ses 21 ans, le gouvernement n’offre ni camp de jour, ni atelier en semaine, ni possibilité d’emploi ou d’activité gratifiante. Rien. Le néant. La grande majorité des parents sont laissés à eux-mêmes. La plupart de ses familles sont monoparentales et plusieurs mères doivent abandonner leur emploi et se placer sur l’assistance sociale. Et puis ensuite? On cloue l’enfant devant la télé toute la journée, pendant qu’elles effectuent les travaux ménagers ou qu’elles ramassent le désordre de l’enfant désœuvré? Des centaines de parents sont confrontés à ce dilemme kafkaïen chaque année.

Vous préférez le placement en famille d’accueil ou en institution?

Tôt ou tard, ces parents vieillissants n’auront d’autres choix que de ramener l’enfant-adulte dans le réseau public, en exigeant son placement en famille d’accueil. Coût pour l’état? Au moins 70 000 $ par année. Les cas les plus lourds se retrouveront en institution, avec une facture annuelle dans les 6 chiffres. Et tous les acquis scolaires de l’enfant disparaîtront en peu de temps, parce que ces «familles» d’accueil ne sont pas des éducateurs, et s’occupent principalement des besoins primaires de l’enfant (comme le gîte, la toilette et la nourriture).

Après 21 ans, pourquoi ne pas les conserver dans le réseau scolaire?

Quel serait le coût réel de les garder à l’école après l’âge fatidique, en modifiant le programme scolaire pour que les enfants puissent s’épanouir et vieillir, en continuant d’acquérir des habilités? Avec un ratio de 1 intervenante pour 3 adultes DI, le coût serait d’au plus 30 000 $ par DI. Et une partie de l’aide sociale payée à ces handicapés pourrait servir à financer le coût des services dispensés à l’enfant.

Les locaux sont nombreux puisque l’on ferme et démolit des écoles plus souvent que l’on en construit. Pourquoi perturber ces êtres fragiles qui ont un besoin obsessif d’une routine bien organisé. Surtout qu’à l’âge adulte, l’agressivité de l’adolescence s’est dissipée et que plusieurs n’ont plus besoin d’être médicamentés. Et c’est à ce moment qu’on les parque dans un milieu nullement adapté pour eux.

Un Québec fou de ses enfants?

En 1991, le gouvernement du Québec avait publié un rapport sur les jeunes intitulé Un Québec, fou de ses enfants. Ce document est encore une référence dans le domaine.  Étrangement 1991, c’est l’année de naissance de ma fille.

Si effectivement nous sommes fous de nos enfants, il faut que l’état québécois prenne urgemment un virage afin de conserver ces adultes DI de plus de 21 ans dans un milieu gratifiant, tout en permettant à ces êtres fragiles de demeurer dans leur famille naturelle, le plus longtemps possible. Et à bien moindre coût pour la société.

Une nation qui confine ses aînés en perte d’autonomie en CHSLD, et oblige les parents à placer leurs enfants handicapés en familles d’accueil, ne mérite pas de devenir un pays.


Au fil de la plume et 200 chroniques plus tard

J’adore écrire. Je n’ai jamais eu de journal personnel, mais j’ai toujours écrit. Comme un acte de contrition, l’écriture permet de ventiler mon subconscient, comme une peintre sur sa toile. Pour souligner la publication de mon 200e texte, je tente de diagnostiquer cette passion pour la prose.

École primaire

Je me rappelle qu’à ma petite école de quartier, nous devions nous placer en équipe pour écrire une nouvelle. Seulement quelques chapitres d’une brève histoire que nous devions rédiger en groupe. Il fallait suivre un canevas précis pour établir et faire approuver notre plan. Ensuite venait la rédaction de l’intrigue (mise en situation, développement de l’histoire, point de chute et conclusion).

Pendant la fin de semaine suivante, mon imaginaire s’emballa. Des espions russes rencontraient des contrebandiers arabes, des diamants cachés dans des chocolats suisses serviront à financer la construction de bateaux de pêcheurs dont les cheminées cachaient des missiles balistiques longue portée. Pas facile de rentrer tout ça dans quelques pages. Et convaincre mes confrères de l’intérêt de mon histoire. Mais le professeur adora mon manuscrit. Il utilisa mon scénario comme exemple devant la classe. John le Carré n’avait qu’à bien se tenir.

Au secondaire

Au fil des années, j’ai beaucoup écrit dans le journal de l’école secondaire. Rien de bien éloquent. Surtout des critiques sur la société, un peu de politique et d’humour. J’aidai aux textes du spectacle de fin d’année en imitant des profs et des prêtres, responsables de la vie étudiante.

Nous avions un important groupe d’amis filles et garçons, prétexte pour s’échanger des flirts. Tissé très serré, notre « gang » comme nous l’appelions, se voyait presque tout le temps, dans notre propre local au collège. Nous avions même créé un regroupement bidon pour quémander un lieu de rassemblement privé à la direction. L’AME (Amélioration du Milieu Étudiant) était née. En fait nous échangions beaucoup plus de frenchs que d’opinions. Nos décisions portaient le plus souvent sur l’endroit où nous allions organiser notre prochain party du samedi soir.

Coup de théâtre

Or donc, pour financer nos activités philanthropiques, nous avions eu l’idée d’écrire une pièce de théâtre. En la jouant nous-mêmes, nous pourrions faire beaucoup de $. Elle allait être jouée à plusieurs reprises et les gens paieraient pour venir voir ce chef d’œuvre d’écriture. Facile.

Le titre ? « Joyeux hic Noël ». Une pièce à un seul acte, où la veille de Noël dans un dépanneur, la propriétaire « Alberta Saskatchewan » accueillait un a un ses clients colorés et un peu éméchés. Digne des classiques de Marcel Gamache, cette pièce inspirée du vaudeville connut un grand, mais court succès. Joué un seul soir, il avait été impossible de trouver un local assez grand pour accueillir tous nos invités. Nous avions dû nous contraindre à jouer notre création dans l’immense garage du père d’un des membres du groupe. Et les maigres profits ont justement été réinvestis au dépanneur du coin, en consommations délétères.

Quatre petits films naïfs

L’expérience du théâtre nous donna la piqûre. Quelques mois plus tard, à l’automne 1971, nous tournions notre premier court métrage trash en 8mm intitulé Jungle Beast.  L’histoire d’un yéti sorti de la forêt qui s’attaquait aux passants. Pas très original.

Notre deuxième production Momicalement vôtres était plus léchée. L’histoire niaise d’un archéologue qui rapporte d’Égypte, un tombeau dont la momie revient à la vie dans un musée. Ce petit film de 30 minutes avait été tourné en une journée, avec une caméra à ressort, dans l’ancien musée des Clercs St-Viateur à Joliette, à l’hiver 1971. Nous avions entre 14 et 15 ans.

Durant les vacances de Pâques 1972, nous organisons un troisième tournage extérieur de 3 jours sur la ferme d’une membre de notre bande, Richard Ducharme. Un film d’action avec un titre ronfleur Knock Out. Un fermier véreux décide d’éliminer des hippies qui squattent une parcelle de sa terre, près d’un ruisseau. Beaucoup de sang, de meurtres et de scènes de poursuite. Fini l’humour bon enfant du yéti ou de la momie fait de papier de toilette. Nous étions maintenant équipés d’une caméra super 8 mm à batterie. Nous avons même une bande sonore avec dialogue. Les revenus des projections serviront à financer notre prochaine réalisation.

Le 4e tournage eut lieu à l’été 72, avec encore plus de moyens. Notre prochain film, Point de mire allait se retrouver dans les festivals de films de court métrage. Pas moins de 60 minutes. Une autre histoire improbable d’espionnage international d’un citoyen au dessous de tout soupçon. Après quelques jours de tournage, nous perdions notre acteur principal qui attendait une opération majeure à l’épaule. Après plusieurs mois de convalescence, l’école reprit et le tournage tomba à plat, et ne se continua jamais, faute de moyen.  J’ai toujours les bandes dans un coffre, jamais montées.

La FLEEP

Arrivés en secondaire 4, stimulés par les changements sociaux qui s’opéraient, nous avions abandonné le 7e art pour créer un groupe secret et séditieux. Ce groupe provocateur ordonnait à la direction de notre collège privé, l’abolition du port du veston et de la cravate et le droit aux cheveux longs. La FLEEP (Front de Libération des Étudiants Écœurés des Professeurs) publia son premier journal pamphlétaire. Il colla aussi des centaines d’autocollants sur le mobilier de l’école, exigeant du changement. Un autre groupe d’agitateurs moins discrets a été appelé à notre place, dans le bureau du directeur de la discipline.  Après quelques suspensions, nous avons décidé de démanteler notre organisation, sans taches au dossier.

En secondaire 5, les pères Archambault et surtout René Pageau, toujours vivant, qui a publié plus d’une cinquantaine de livres, confirmèrent mon désir d’écrire.  Ils ont su m’encadrer, tout en nourrissant ma passion pour l’écriture.

Et depuis?

J’ai eu une période où j’écrivais beaucoup, mais je ne gardais rien. Comme une thérapie, écrire ne permettait de voir plus clair. Aujourd’hui, j’utilise mon goût pour l’écriture sur le web, pour mes clients et mes sites personnels. Avant de mourir, j’écrirai un livre. Il est déjà tout prêt dans ma tête. Mais c’est une dure besogne qui rapporte peu au Québec.

Je viens de finir ce texte et je me sens bien. C’est la raison qui m’incite à continuer.


Chasser le naturel… dans les Chic-Chocs en Gaspésie

Dans ma liste de projets à réaliser après 50 ans se dressait le projet presqu’inatteignable de chasse à l’orignal.

Pas facile à accomplir. En fait de moins en moins de Québécois pratiquent ce sport. Mon père, mes oncles et plusieurs cousins étaient chasseurs, mais ils ont tranquillement rangé leur carabine, pour des raisons d’ordre matériel, factuel ou moral.

Voici une liste des 10 prétextes les plus fréquemment utilisés pour justifier leur désaffectation à cette tradition  :

Raisons matérielles

 

  • Le coût important de tous les cours imposés par le gouvernement doublé de la difficulté d’obtenir tous les permis (cours de maniement d’armes, certificat de possession et acquisition d’arme, permis de chasse, tirage pour chasse à la femelle…)
  • Les tarifs élevés pour l’obtention d’un territoire, généralement autour de 350 $ par personne, pour une semaine dans les Zecs, souvent le double dans une réserve faunique (SEPAQ) et le triple en pourvoirie.
  • Le coût élevé de l’équipement et des frais afférents (arme à feu, hébergement, transport, cartouches, accessoires, VTT…).  Attendez-vous à débourser autour de 1000 $ pour une arme à feu de qualité, et des frais d’environ 500 $ pour les coûts additionnels pour une semaine (surtout le transport, la nourriture et l’hébergement). Pour 1000 $, vous pouvez aussi vous faire chauffer sur une plage du sud, pendant une semaine…

Raisons factuelles

 

  • La baisse marquée du cheptel d’orignal dans le sud du Québec.  Depuis 6 ou 7 ans, malgré la stabilité du nombre de chasseurs, le MRNF note une diminution marquée de la récolte d’orignaux dans le sud du Québec. Les biologistes expliquent cette baisse par l’expansion du chevreuil (l’orignal ne le côtoie pas), le nombre de plus en plus élevé de loups, de coyotes et d’ours qui s’attaquent surtout aux veaux.
  • La rareté des territoires libres : il est aujourd’hui presqu’impossible de trouver un territoire disponible, même en payant le gros prix. Dès qu’un lot se libère, les chasseurs à proximité réservent aussitôt les territoires libérés. C’est en fait le retour déguisé des clubs privés.
  • La difficulté de trouver des compagnons de chasse : les groupes disponibles sont relativement rares. Il faut bien les connaître puisque vous avez à les côtoyer intimement dans un chalet exigu, pendant 9 jours.
  • Plusieurs personnes n’aiment pas le goût de la venaison, trop accentué.  Beaucoup trouvent la viande d’orignal âcre et d’une couleur rougeâtre, même cuite.

Raisons morales

 

  • Contre le meurtre de pauvres bêtes, sans défense.
  • La chasse est considérée comme un sport (!) primitif de mononcles, portés sur la bouteille.
  • Pendant 10 heures dans sa cache, il fait froid, il pleut et on se sent bien inutile à surveiller un bloc de sel.

Disparition de la coutume

 

Un peu comme la pêche, la tradition de chasser était souvent transmise de père en fils. Aujourd’hui, les petites familles, souvent éclatées, ont fait disparaître ces rites de passage de l’enfance à l’âge adulte.

Les plus jeunes préfèrent les sports de plein air leur permettant de rester en forme. Pourtant une chasse active te fera facilement parcourir chaque jour plusieurs kilomètres de sentier, à l’affût de tous mouvements ou bruits.

Deux types de chasse

 

Il existe fondamentalement deux types de chasse à l’orignal. La chasse passive et la chasse active.

La chasse en cache (ou passive) se prépare plusieurs mois d’avance.  Dès le printemps, vous placez un bloc de sel dans une clairière ou un endroit dégagé. En installant plusieurs blocs de sel sur un territoire exclusif, vous pourrez voir de près les pistes et l’usure du bloc, et choisir l’endroit le plus populaire. Vous installerez une cache camouflée à proximité de votre bloc de sel afin de pouvoir apercevoir l’animal lorsqu’il se rendra à son point de ravitaillement. Pour augmenter vos chances d’attirer le mâle tant prisé, l’épandage d’urine de femelle en chaleur est une tradition bien ancrée, mais contestée par plusieurs. Vous pourrez aussi installer une caméra vigile, pour visionner les photos et vidéos de la bête convoitée.

La chasse fine (ou active) est différente. Vous vous déplacez sur votre territoire en traquant la bête. Ce type de chasse est plus excitante et intense en émotion. Par contre, lorsque vous vous déplacez sur le territoire à pied ou en véhicule, vous contaminez votre territoire par des odeurs humaines. Bien que les originaux n’ont pas peur des humains, après quelques jours de contamination odoriférante,  l’orignal se déplacera vers un autre territoire plus tranquille.
Pour la chasse fine, vous devez posséder un grand circuit de sentiers et de chemins. Généralement dans un territoire public ou contrôlé (réserve faunique, pourvoirie et Zec) le grandeur du terrain alloué par chasseur est d’environ 1 km², ce qui n’est pas très grand pour une chasse fine efficace. On effectuera la chasse fine seulement les derniers jours.

Seul avec ta conscience

 

Ce que j’apprécie particulièrement d’une semaine de chasse ? Pour une des rares fois de votre vie, vous êtes seul avec vous même. Rien, ni personne pour vous déranger. Ni connexion internet, téléphone, courriel ou rendez-vous.

Souvent pendant 4 à 5 heures, vous n’entendez que le bruit du vent, des oiseaux et des arbres qui craquent. Un coup de feu perdu au loin devient un événement.

Dans un prochain texte, je tenterai de vous faire vivre en détail, un peu de ma chasse à l’orignal, dans les Chic-Chocs en Gaspésie. J’avais quand même conservé sur moi mon crayon et un carnet de note.


Femme de l’année et Les Répits de Gaby à la une

Je néglige mon blogue personnel depuis plusieurs mois.  Non pas que le cœur n’y est plus, en fait ces dernières semaines je passe 10 heures par jour devant mon portable. Ma petite PME fonctionne bien et les commandes sont nombreuses.

De plus, j’ai accepté la présidence de la ZEC Lavigne, l’un des plus importants territoires de chasse, de pêche et de plein air dans l’est du Québec. Avec ses 405 km² d’eau et de forêts, 160 lacs, 800 membres, 150 km de routes, 22 employés et 1 million en revenu, mes loisirs sont bien remplis.   Et comme disait ma mère :  “Ça chasse les mauvaises pensées”.

La femme de l’année de Châtelaine

 

Assez d’autopromotion. Un petit mot pour souligner que deux de mes amours font la une, cette semaine, dans deux publications.

Ma fille Laurence est en nomination parmi 25 chefs de file du Québec comme femme de l’année, du magazine Châtelaine. Laurence fait partie d’un groupe sélect comprenant Christiane Germain, Diane Lemieux, Marie St-Pierre et Régine Laurent. Il est important d’aller voter pour elle maintenant jusqu’au 10 octobre prochain, en cliquant seulement sur ce lien (nul besoin de s’enregistrer). Aucun prix à gagner des deux côtés. Qu’un peu de notoriété.

Les Répits de Gaby et Anne en première page de l’Action de Lanaudière

 

Pour souligner l’acquisition prochaine d’une deuxième résidence, cette fois pour nos autistes adultes, dont notre cadette de 20 ans Gabrielle, vous pouvez lire un reportage de qualité publié samedi dernier.  Cette maison d’une dizaine de chambres sur un terrain de deux hectares servira aux répits de longue durée, avec des ateliers intégrés.  Un lieu où ces enfants-adultes seront bien accueillis, aimés et encadrés dans des activités gratifiantes.  Un lieu de bonheur, pour eux et pour leurs parents

Notre Vins et fromages, le 5 novembre

 

Pour la 6e année, notre populaire Vins et fromages aura lieu le samedi 5 novembre à la magnifique salle St-Jean Bosco, de St-Charles Borromée, au nord de Joliette.  En plus des vins uniques et des fromages exotiques, vous aurez la chance de gagner plusieurs prix de qualité et participer à notre encan. Cet événement permet chaque année d’amasser plus de 20 000 $ qui aideront à l’acquisition de la résidence.  Si vous voulez participer en offrant des prix ou encore comme bénévole, communiquez avec moi ou par l’entremise de la boîte de commentaires.

Le prix du billet demeure inchangé soit 80 $ par personne et un reçu de charité est remis, pour environ la moitié de cette somme (soit la valeur du don).

Nous n’avons que 250 places et il reste quelques tables à vendre.  Alors, contactez-nous aujourd’hui à [email protected] ou par téléphone au 450-754-2782.

En espérant vous croiser autour d’un bon verre de vin.

Sur la terre de la liberté et la patrie des braves?

Sur ces paroles si souvent entendues en début de partie de hockey, baseball ou basketball (The land of the free and the home of the brave),  nous avons parcouru ces dernières semaines, plus de 5 000 km sur les routes de nos voisins d’en bas. La graduation de ma fille en Caroline du Nord est devenue le prétexte à une virée 400 km plus au sud, à Myrtle Beach en Caroline du Sud.  Laurence m’informe que les habitants du nord ont sarcastiquement baptisé cette ville du sobriquet de « Armpit of America », ou « l’aisselle de l’Amérique ». Ça promet.

La ville en carton-pâte

Pendant mon enfance, mes parents avaient l’habitude de planifier nos vacances familiales à la mer. Dès le début des années 60, à huit dans une roulotte, nous avons d’abord gelé au Maine (Old Orchard), pour ensuite descendre au Massachusetts (Provincetown). L’année suivante, nous essayions Wildwood-Cape May, au New Jersey, pour ensuite retraiter encore plus au sud, en Virginie (Virginia Beach) en 66.

Mais mes plus beaux étés se sont déroulés à Myrte Beach en Caroline du Sud. De 68 à 70, j’ai passé plusieurs semaines sur les plages de cette ville. Une ville presqu’irréelle, entourée de dizaines de campings et autant de terrains de golf. Si vous aimez les Wal-Mart ouverts 24 heures, les centres commerciaux à perte de vue, les « outlets » à perpétuité et les chaînes de junk food, vous serez aux anges.

Le gigantesque camping Lake Arrowhead de mon enfance, construit directement sur la mer, est disparu pour devenir un complexe hôtelier avec plusieurs centaines de condos grillagés.  Par contre, juste à coté, un autre campground (Myrtle Beach Travel Park) a survécu aux promoteurs en demeurant moderne, propre et agréable.  Des VR de plusieurs centaines de milliers de $$ côtoient des caravanes à sellettes (Fifth Wheel) de pauvres, à 80 000 $ (incluant le F-250).  Les roulottes traditionnelles d’une trentaine de pieds sont minoritaires et font figure de dinosaures. Par contre, la faune de cette période de l’année est plutôt “retraité actif” que familial.

Ce qui a changé depuis 40 ans ?

Les gratte-ciels le long de la mer, les conciergeries de condos clôturés, les autoroutes jusque dans votre cour, les gens qui se déplacent en voiturettes de golf sur les trottoirs et les obèses partout. En fait, ils sont tellement gros que Wal-Mart leur fournit des scooters électriques pour se déplacer dans les allées 2 fois plus larges que chez nous.

Ce que vous ne verrez pas

Les épiceries sont rares tout autant que les magasins de meubles (pas très utile pour les touristes). Les bacs de recyclage, si vous en trouvez, refusent les bouteilles en verre (!) .  En fait, les caissières de grandes surfaces placent nos achats dans des sacs jetables avant de les glisser dans nos sacs recyclables (québécois). Elles n’ont pas compris le principe.

Oubliez les feux pour piétons ou les traverses piétonnières.  En fait ici, personne ne marche. Tout est construit pour la bagnole. Les parcs sont rares et je n’ai vu aucune piste cyclable, ou cycliste pour les emprunter.

Il y avait pourtant ce jeune médecin de St-Jérôme, rencontré sur notre camping, qui chaque matin pédalait casqué, malgré la limite de vitesse de 10 mph sur ces chemins. Les campagnes de la SAAQ nous hantent, même au sud de la frontière. Un contraste avec la grande majorité des motocyclistes qui roulent sur l’autoroute, sans casque. J’imagine que « la terre de la liberté » s‘exprime aussi par les cheveux au vent, sans contrainte… La liberté de se péter la fiole, sans que ton voisin paye pour toi.

Myrtle Beach, un endroit pour passer du bon temps, mais pas y vivre.  Un cirque perpétuel, avec peu d’intérêt pour y écouler ses vieux jours.  Mais tant que vous avez le soleil et la mer, le reste importe peu.

Après 4 mois sous la glace, un long silence… motivé

 

Je l’avoue, M. le Juge, je suis coupable. Coupable d’avoir négligé mon carnet. Quatre mois, jour pour jour, sans aucun signe de vie.  Plus de sourire, ni de montée de lait .  Le silence.  La tombe.

Mais je ne mérite quand même pas les travaux forcés. J’ai un alibi. Une absence motivée, avec un billet de mon psychiatre.

Après un automne à construire mon nouveau chalet, dès les premières neiges, j’ai mis les bouchées doubles pour accueillir les amis et la famille dans ma forêt.  Sitôt la visite repartie, je me suis mis au boulot.  Des contrats. Du travail cérébral. J’ai laissé tomber le marteau, pour le clavier.  Une intoxication aux JavaScript, SEO, xml, plugin, CTR, widget et erreur 301. Chaque jour, en allant au sous-sol, mon sac à outil me dévisageait, l’air de me dire:  “C’est ça, après avoir pris ton plaisir, tu m’abandonnes!”.

Un animal mal aimé

La semaine dernière, j’ai passé plusieurs heures avec un rat musqué.  Un mélange de castor, de porc-épic et de rat.  Une longue queue ressemblant à un serpent. Il est sorti du trou de la source qui coule devant mon chalet.  Trottant nonchalamment sur les bancs de neige glacés, j’attendais le moment où oiseau de proie s’en occuperait. Maigre, le poil ébouriffé, il cherchait de l’herbe, même séchée, après 4 mois sous la glace.  Il broutait le seul rond d’herbe dégagé à des kilomètres à la ronde. À 10 pieds de mon balcon. Pendant des heures. Sans gêne.  Pas question de l’approcher.  C’est malin et assez vicieux. Pas très beau d’ailleurs. Pas le goût de faire connaissance.

Malgré les 18 pouces de neige toujours au sol, les chauds rayons me rappellent à l’ordre.  Les rivières coulent enfin. Bon sang…

Journée-bénéfice pour nos amours

Je travaille depuis maintenant 3 mois sur un coup fumant.  Je l’ai mis au monde aujourd’hui.  Je vous raconte.

Avez-vous déjà entendu parler de la route bleue ?  L’équivalent de la route verte, mais sans asphalte.  Que de l’eau.  On débute aux rapides de Lachine et on termine en Gaspésie. Pas en yacht, en canot et kayak.  Ça va pas?

Dans la région de Montréal, de multiples parcours sont en chantier, dont un dans mon coin de pays. Nous profitons de ces nouveaux projets des gouvernements régionaux pour enfin naviguer sur nos cours d’eau négligés.  Et pourquoi ne pas amasser des fonds pour notre nouvelle résidence pour nos adultes autistes (dont ma fille fait maintenant partie) ? Ce projet m’occupe depuis janvier.

Le 4 juin, on pagaye pour l’autisme


Il faut trouver des partenaires, des quais, des rabaskas, des canots, des kayaks, des participants, des enfants autistes, des intervenantes et une volonté du milieu.  Avec mon copain de longue date, Jean-Pierre « beau body » Simard, on se motive malgré les obstacles. Mais on y est.

Demain, on descend 12 km de rivière, même si la glace descend toujours des hautes terres.  Il faut examiner les lieux et s’assurer de la qualité et sécurité du parcours.

Déjà plusieurs dizaines d’inscriptions. Des demandes d’entrevue. Des questions, négociations, solutions. Vous désirez vous joindre à nous ?  Vous n’avez pas d’embarcation ? Aucun problème.  Venez vous inscrire et on s’occupe de tout.  On demande un gros 10 $ qui ira à l’organisme des Répits de Gaby, qui offre du répit d’une centaine de familles d’enfants autistes dans la région de Lanaudière. JP louera aussi des bateaux pour pas cher. Et les commanditaires nous épaulent pour nous offrir des dons et des prix de présence.  Il ne manque que vous. Vous n’avez pas à compléter tout le parcours, on a prévu des points de sortie à tous les 2 km.

Inscrivez-vous sur le site Pagayer pour l’autisme et consultez le parcours!  Et on vous attend pour la grande fête à l’arrivée des canoteurs en fin d’après-midi, au Centre à Nous au parc de l’Île Lebel.

Allez un petit coup de pagaie pour nos enfants, qui ont aussi besoin d’un petit coin d’herbe à se mettre sous la dent…

 

Deux courts films d’animation émouvants sur l’autisme

Aujourd’hui, je vous offre deux petits films d’animation réalisés par des papas d’enfants autistes.  Ces courts métrages décrivent bien les réalités de ce syndrome, vu de l’œil de parents. Ces créations très professionnelles sont pleines d’optimisme et de magie. Et d’émotion.

Mon petit frère de la lune

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Dans le premier film, Mon petit frère de la lune de Frédéric Philibert (5 min 53 s), la grande sœur fait la narration en décrivant le monde intérieur de son petit frère. Il faut bien écouter puisque son élocution n’est pas toujours évidente.

Ce film a été commandité par la fondation Orange, vouée aux projets d’éducation sur l’autisme. Voici plus d’info sur ce film,  sur le site de la fondation Orange…

Ce film a gagné le grand prix du public 2007 du Festival national du court métrage de films Handica Apicil, dédié aux réalisations mettant en scène des personnes handicapées et situations de handicap. Ce festival à lieu chaque année à Lyon, en France.

Le voyage de Maria

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Dans le deuxième film d’animation, particulièrement émouvant, on y raconte Le voyage de MariaEl viaje de Maria (5 min 43 s). Dans ce film espagnol, sous-titré en français, on suit le parcours intérieur de cette jeune fille, à travers des yeux de son papa. Je me suis senti particulièrement interpellé par cette histoire, ses traits s’apparentant beaucoup à ceux de ma fille.

Réalisé par le papa de Maria, le dessinateur Miguel Gallardo, ce projet a aussi été commandité par la fondation Orange. Pour obtenir plus d’information sur cette vidéo, toujours sur le site de la fondation Orange.

Bonne écoute!

Des vagues de joie, dans un bain de mélancolie

Pools of sorrow, waves of joy
are drifting through my opened mind
Possessing and caressing me

Ces célèbres paroles lennonesque décrivent assez bien mon état d’esprit ces derniers jours.  Ouf deux mois sans rien pondre sur mon blogue.  On s’inquiète? Laissez-moi vous expliquer.

Baigner dans la mélancolie : le marteau, sans la faucille

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Après 4 mois de travaux intensifs et presque quotidiens à construire un nouveau pavillon, j’entrevoie finalement les travaux se terminer dans quelques semaines. Le revêtement extérieur est posé. Juste à temps avant les premières neiges. Je n’aurai pas eu le temps de compléter le balcon, mais ce n’est rien pour retarder son occupation.

L’isolation des plafonds et des murs est terminée.  Il reste à monter les murs entre les pièces. Finaliser la pose de l’électricité et monter le parement mural en planches de pin.  Ce type de planches est plus facile à manipuler et moins problématique que les panneaux de placoplâtre.  La plomberie attendra au printemps.

La chapelle, petit nom non officiel de cette annexe, sera prête pour la période des fêtes, pour accueillir mes enfants, mes amis, ma famille. J’ai même planifié d’y installer au sommet ma cloche de train de LRC, mais sans crucifix.

Un spleen m’inonde. J’ai bien aimé l’expérience de construire une maison pour meubler mes temps libres, entre mes contrats web. D’autres projets me trottent dans la tête comme la rénovation de la cuisine de ma résidence, en janvier.  Mais je serai alors loin de ma forêt et de ses blanches contrées. De toute beauté, mais un peu désert.

Parfois, j’avoue que je trouve les journées un peu longues à travailler seul, loin de la civilisation.  Mais en réalité, le travail manuel avec des échéanciers serrés est très gratifiant et fait oublier l’isolation et l’exil. Tu as beaucoup de temps pour réfléchir et faire la paix avec tes démons. Et quand le coeur n’y est plus, tu te vautres dans le web pour satisfaire tes clients ou pour compléter tes propres projets. Et tu écris, à la lumière du feu de bois…

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Les vagues de joie : ma colosse de Rhodes

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Nos enfants sont souvent les êtres qui nourrissent le plus votre fierté et font oublier les sacrifices de les avoir amenés à la vie adulte et les abnégations de votre propre vie.

Ma fille aînée Laurence termine son baccalauréat à l’Université de Caroline du Nord, en relations internationales avec spécialisation sur le Moyen-Orient.  Déjà récipiendaire d’une bourse d’études pour le bac, elle tentait le grand coup pour sa maîtrise, en visant la prestigieuse Université d’Oxford en Angleterre, fondée au 12e siècle.  La façon d’y arriver ? En s’inscrivant à une des plus célèbres bourses internationales, la bourse Rhodes.

Elle hésitait à s’y inscrire parce qu’elle ne croyait vraiment pas être à la hauteur.  Pour elle, ne pas être sélectionnée aurait été vécue comme un échec. L’été dernier, après avoir visité le campus et rencontré quelques professeurs de cette honorable institution, située à 100 km au nord-ouest de Londres, elle est revenue convaincue de s’inscrire au concours de sélection.

La semaine dernière, elle nous annonça qu’elle avait été choisie dans la courte liste de 16 candidats québécois pour l’attribution de 2 bourses.  Elle sauta dans un avion pour passer l’entrevue devant le jury, samedi dernier.  Elle en est revenue déçue et triste, prétextant avoir raté quelques questions faciles.  Mais le sort s’est révélé tout autre.  Elle a finalement été sélectionnée pour cette bourse de deux ans, à la plus vieille université au monde.

Le journal La Gazette en a fait sa une, dans l’édition du dimanche 21 novembre:

The Gazette – Quebec’s latest Rhodes Scolarship

Ses faits d’armes sont aussi mentionnés dans le journal de l’Université de la Caroline du Nord et le Charlotte Observer, un quotidien de la Caroline du Nord.

La bourse “Rhodes Scholarship” pour les nuls

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Wikipédia anglais nous dit de la Rhodes Scholarship :

It  was the first large-scale programme of international scholarships (1903) and is widely considered the “world’s most prestigious scholarship” by many public sources (such as Time Magazine, Yale University Press, The McGill Report and Associated Press).

De plus on traite de la liste de critères à rencontrer:

Rhodes’ legacy specified four standards by which applicants were to be judged:

* literary and scholastic attainments;
* energy to use one’s talents to the full, as exemplified by fondness for and success in sports;
* truth, courage, devotion to duty, sympathy for and protection of the weak, kindliness, unselfishness and fellowship;
* moral force of character and instincts to lead, and to take an interest in one’s fellow beings.

Lors de sa création en 1903,  suite au décès du milliardaire britannique célibataire d’Afrique du Sud Cecil Rhodes,  fondateur de la Rhodésie et propriétaire des mines de diamants De Beers,  52 bourses d’études à Oxford ont été allouées, dont seulement 2 au Canada.  En 2010, 83 bourses sont maintenant décernées, dont 11 au Canada et 2 au Québec.

Je prépare mes valises.  Elle aura sûrement besoin de conseils paternels pour choisir la couleur des murs de son appartement… Et je pourrais visiter avec elle le Liverpool de John, qui n’est qu’à 3 heures en train.

Jai Guru Diva (Gloire au maître divin)

Au cœur du cerveau autiste – Reportage télé de grande qualité

Le 15 septembre 2010, dans le cadre de l’émission 36,9 degrés, la télévision Suisse Romande TSR1 a produit un reportage de grande qualité pour démystifier l’autisme. Ce reportage de 30 minutes est diffusé en début de programme.

On y traite du syndrome d’Asperger (l’autisme de haut niveau) en rencontrant plusieurs autistes typiques, comme Steven et sa passion pour les dates, Laurianne et son monde imaginaire et d’autres plus lourdement atteint. On discute de l’utilisation du programme Teacch et l’usage des pictogrammes par les parents et les éducateurs.

Avec des exemples concrets, on y explique en détails les trois symptômes que présentent tous les autistes soient :

  • les anomalies de la communication verbales (écholalie)
  • les centres d’intérêts restreints
  • les difficultés dans les interactions sociales

    Une grande partie du reportage traite de l’origine neurobiologique et des récentes découvertes de mutations génétiques.

    Bon visionnement!

    Au coeur du cerveau autiste – TSR1

    Que la montagne est belle

    La musique meuble ma vie, depuis aussi longtemps que je me souvienne. En fait, il m’a toujours été difficile de vivre avec un moment de silence, me réfugiant aussitôt dans la musique. Je me rappelle qu’au décès accidentel de ma sœur ainée en janvier 1962, qui n’était alors âgée que de sept ans, pendant plusieurs mois j’ai demeuré chez une sœur de ma mère à Montréal. En fait tous mes frères et sœur ont été accueillis par des membres de notre grande famille, le temps des funérailles et de la convalescence de ma mère. D’autant plus que mon plus jeune frère venait de naître deux semaines à peine avant le décès de Suzanne.

    J’avais alors 4 ans et jamais je n’étais parti de chez moi. Ma tante Isabelle savait qu’en me procurant de la musique, elle pouvait espérer un moment de calme. J’ai souvenir qu’à mon cinquième anniversaire, quelques semaines plus tard, en février 62, elle m’avait acheté le disque des Jérolas « Toujours plus vite », contenant entre autres les succès Méo penché, Jones s’est montré, Charlie Brown et Toujours plus vite.

    Obsessif, je jouais ce disque sans arrêt, mémorisant chaque note et chaque mot. Comme pour chasser mon ennui, loin des mes parents et de mes 6 frères et sœurs. D’autant plus que ma tante et mon oncle, plutôt anglophone, parlaient le plus souvent anglais entre eux, langue qui m’était étrangère.  Leur seul enfant était un grand adolescent un peu nerd, qui me nourrissait de bandes dessinées Marvel anglophones (Fantastic Four, Spiderman…). Il est aujourd’hui pasteur et avocat.

    Nostalgie sylvestre


    Après avoir dévoré du rock toute ma jeunesse, aujourd’hui je passe mes moments de travail ou de repos à consommer des tonnes de blues, jazz, succès des années 40 et 50 et chansonniers français. J’ai découvert entre autres une chanson de Jean Ferrat que je ne connaissais pas, interpellé par les paroles de Que la montagne est belle.  J’imagine que je m’attendris avec les années.

    Pourtant que la montagne est belle
    Comment peut-on s’imaginer
    En voyant un vol d’hirondelles
    Que l’automne vient d’arriver ?

    Avec leurs mains dessus leurs têtes
    Ils avaient monté des murettes
    Jusqu’au sommet de la colline
    Qu’importent les jours les années
    Ils avaient tous l’âme bien née
    Noueuse comme un pied de vigne
    Les vignes elles courent dans la forêt…

    Construire ou la liste de mes rêves



    Lors de mon 50e anniversaire de naissance, j’avais dressé une courte liste des choses que j’aimerais accomplir, avant de passer l’arme à gauche.  Je rêvais entre autres de construire une maison de mes mains.  J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour les menuisiers, charpentiers et autres métiers de la construction. Quelques grands-oncles et amis de mon père en étaient.

    L’été est fabuleux alors allons-y.  Après avoir déniché d’excellents conseillers, j’ai commencé les travaux fin juillet.  Dans mon coin reculé de la Matawinie, j’ai entrepris de construire une maison d’invités d’approximativement 300 pieds carrés (12 x 24),  en y aménageant deux chambres, une salle de bain, cuisinette et rangement.  Elle servira pour accueillir les amis et ma grande famille, lorsque les trois chambres du bâtiment principal seront toutes occupées.

    Mon échéancier est serré. Une semaine pour creuser à la petite pelle la plateforme (200 voyages de brouette), construction des formes et de l’armature la deuxième semaine, la plomberie et le ciment, tout brasser de main d’homme, la troisième semaine et monter les murs et poser l’isolant, la semaine dernière.

    Cette semaine je monte les chevrons de pignon, pose la fourrure (forenze) et la toile protectrice (Tyvek), pour terminer le toit la semaine prochaine. Il me restera la pose de la porte, des cinq fenêtres et de la dernière couche d’isolant (laine).

    Je pourrais alors fermer le bâtiment pour commencer les murs intérieurs, l’électricité, la plomberie et tutti quanti.

    L’automne au chaud


    J’estime pouvoir terminer les travaux vers le début octobre, prêt pour les premières neiges qui nous surprennent dans ce coin de pays, aussi hâtivement qu’à la fin octobre.

    Je suis assez fier de la progression des travaux, bien que mon intense passion pour ce projet entraîne une certaine négligence de ma famille et amis.  Je me garde toujours plusieurs heures par jour pour mes contrats en Web et répondre aux courriels.

    Mais je vous avoue que les discussions avec une cloueuse, une scie à onglet, ou une pile de 2 x 4 sont assez sommaires.  Mais il m’arrive parfois d’avoir la visite impromptue d’un voisin, s’inquiétant de ne plus m’entendre blasphémer après un coup de marteau.

    J’ai la chance unique d’être entouré d’amis et de voisins qui sont nés dans un coffre à outils. Je les consulte fréquemment pour éviter d’avoir à défaire ce que je viens de bâtir. Il va sans dire que j’ai dû acheter plusieurs nouveaux outils, ceux que je possédais déjà faisaient le propos de sarcasmes dans la communauté.

    Les constats de ma nouvelle vie


    En fait construire une maison ressemble beaucoup à ce que je faisais dans mon ancienne vie.  La planification, construction et mise en ligne d’un site web transactionnel nécessite beaucoup de réflexion et de collaboration d’experts, pour éviter à avoir à recommencer, en plein milieu des travaux.  Si ta base est d’équerre, le reste suivra.

    Pendant mes longs moments de réflexion, j’ai dressé une liste des avantages et désavantages de mes six premiers mois de rentier (j’aime bien ce mot).

    Ce qui me manque

    • Mes collègues de travail
    • La rue Ste-Catherine, à l’heure du lunch
    • Les boutiques de livres et de disques
    • Les longues discussions et débats d’opinions
    • Les 5 à 7

    Ce qui ne me manque pas

    • Le stress malsain
    • La circulation automobile
    • Me lever à 6h00
    • Les migraines
    • La désorganisation bureaucratique
    • Mes sautes d’humeur
    • Le transport en commun

    Ce que j’aime

    • Respirer
    • Réfléchir
    • Sourire
    • La forêt
    • Jouer avec Gabrielle
    • Marcher dans les bois avec Gabrielle
    • Être mon propre patron
    • Écrire
    • Vivre

    La mort violente de l’oncle Victor, dans l’Extrême Nord canadien

    Samedi dernier, un fête familiale se déroulait en présence des aînés du clan de ma conjointe. L’oncle Yvon, âgé de 85 ans, secondé de mon beau-père, 87 ans, nous ont raconté une histoire captivante sur le décès de leur oncle Victor Maisonneuve dans l’Extrême Nord canadien en 1926.  Intrigué,  j’ai effectué une recherche sur la toile.  Fasciné moi-même par le Grand Nord, suite à deux séjours ces dernières années, j’ai voulu en savoir un peu plus sur cette étrange affaire.

    Selon la source des informations, les détails de cette sombre affaire demeurent relativement contradictoires.

    Un peu d’histoire


    Selon la version officielle, l’oncle Victor Maisonneuve, de son vrai nom Victorien, s’est enrôlé dans la Gendarmerie Royale du Canada (Royal Canadian Mounted Police de l’époque) et expédié sur  l’île de Devon en 1925.  Cette île de 55 000 km² était la plus grande île inhabitée au monde. Dans la démarche canadienne pour affirmer sa souveraineté sur les îles du nord de l’Arctique, un poste de la GRC a été ouvert à Dundas Harbour en 1924 jusqu’en 1933.  En 1933, la Baie d’Hudson occupa ce poste mais le ferma l’année suivante.  Le gouvernement canadien y installa alors 53 familles originaires de la terre de Baffin, afin de confirmer sa souveraineté sur l’île.  Mais ces familles ont quitté en 1946, prétextant le froid extrême de cette île et le manque de nourriture.  On tenta de nouveau de peupler l’île après la deuxième guerre mondiale, pour fermer de nouveau le peuplement en 1951. Depuis, il ne reste que les frêles cabanes que le gouvernement canadien s’entête à conserver, pour démontrer leur droit de propriété sur cet immense territoire.

    Un séjour qui a mal tourné


    Célibataire de 26 ans, l’assignation de l’oncle Victor dans ce coin perdu devait s’étendre sur quelques années.  Il était accompagné d’un autre policier de la RCMP, le constable William Robert Stephens, 23 ans.  Leur petit établissement de Dundas Harbour comptait quatre bâtiments, dont une petite maison commune et trois entrepôts. L’auteur Ken McGoogan, dans son livre Race to the Polar Sea raconte le récit suivant concernant les deux policiers, dans un résumé tiré du site Web SavvyReader :

    The best-known stories about Dundas Harbour, which had no radio communications with the outside world, concern the two constables buried in the cemetery: William Robert Stephens (1902-1927) and Victor Maisonneuve (1899-1926). Apparently the two could not get along. They came to hate each other, and divided the house down the middle. They drew a line; then they built a wall.

    But here the stories diverge and multiply. One of the two constables died in a hunting accident in nearby Croker Bay, or else he committed suicide. The other man was killed in a freak accident when he tripped and got shot by his own gun; or else he became intimate with an Inuit woman, the wife of another man, and got himself murdered.

    L’autre version serait que quelques jours avant l’arrivée du bateau qui le ramènerait chez lui, le constable Stephens aurait alors à expliquer la mort mystérieuse de son collègue.  Il aurait alors opté pour la fuite dans le suicide.

    Mais la version officielle de la GRC est différente


    Dans les années 60, mon beau-père, voulu connaître les faits exacts reliés à la mort violente de son oncle. Mais la version de la GRC est somme toute assez différent.  Selon le rapport du décès, le constable Maisonneuve se serait suicidé le 16 juin 1926, tandis que son collègue le constable Stephens serait mort accidentellement 14 mois plus tard, le 26 août 1927, en chassant le morse sur la banquise.  Selon le rapport,  le décès accidentel de ce dernier se serait produit seulement quelques jours avant l’arrivée du bateau ravitailleur. Personne n’aurait été témoin de la scène.

    D’ailleurs la version officielle se trouve sur le site de Jean Cournoyer, Mémoire du Québec, traitant de l’historique de la GRC :

    1926 (16 juin):  L’agent Victor Maisonneuve se suicide par arme à feu au poste de Dundas Harbour (sur la côte sud-est de l’île de Devon, Passage du Nord-Ouest).

    1927 (26 août) : L’agent William Stephens est victime d’un accident de chasse aux morses à Dundas Harbour (sur la côte sud-est de l’île de Devon, Passage du Nord-Ouest).

    Une patrouille militaire du souvenir


    En août 2006, un flotte de l’armée canadienne a patrouillé dans les eaux canadiennes de l’Arctique pour, entre autres, restaurer les pierres tombales et les monuments des deux policiers afin que leur mort ne tombe pas dans l’oubli. Mais la restauration des tombes et des sites sert aussi les intérêts politiques et territoriaux du gouvernement canadien Il y aurait dans l’Extrême Nord plus de 25 tombes de policiers esseulés qui se seraient enlevés la vie.  Je vous laisse lire le texte tiré du site MilitaryPhotos.net traitant de Navy to visit Northwest Passage, tend RCMP graves.

    The Aug.12-24 operation will employ the frigate HMCS Montreal as well as two smaller coastal defence vessels. Six aircraft – Twin Otters, Griffin helicopters and maritime patrol airplanes – will fly overhead.

    A platoon of 35 soldiers from the Quebec-based Royal 22nd Regiment, the Van Doos, will be deployed along with Ranger patrols from several Nunavut communities.

    This patrol will visit Dundas Harbour on the southeast coast of Devon Island, where the RCMP maintained a small detachment in 1924-33 and 1945-51 – an expression of Canadian Arctic sovereignty from an earlier time.

    Two tumbledown houses, a stone path and an outhouse are all that is left, as well as the remains of two constables whose postings to this remote place ended in tragedy.

    Const. William Stephens was shot Aug. 26, 1927, in a walrus-hunting accident. Const. Victor Maisonneuve died June 16, 1926, of a self-inflicted gunshot wound.

    “He was serving alone at the time,” said Hayward. “There were no witnesses.”

    There are 25 such lonely RCMP graves throughout Nunavut, tended by the nearest detachment. At Dundas Harbour, a 2002 visit from Grise-Fjord-based members noted that Stephens and Maisonneuve needed some care.

    “We’ll be bringing in a new white fence,” said Connelly. “We’ll be repairing and beautifying the graves and holding a modest ceremony.”

    Deux autres récits instructifs


    Le blogueur Clare Kanes est passé par Dundas Harbour en 2005.  Il a pris des photos du cimetière avant la restauration, que l’on peut voir plus haut.

    Quant à Karin Cope, elle est passée en 2009 au même endroit et a commenté dans son carnet de voyage Visible Poetry l’inscription gravée sur l’ancienne pierre tombale fixée à la clôture, que les deux policiers “Went a bit mad“.  Mais un représentant de la GRC a écrit à Mme Cope pour lui donner la  version officielle.  La Police Montée veille au grain, même 85 ans plus tard.  Je vous laisse lire l’extrait de son site Web:

    Graves of RCMP officers from the 1920s overlook Dundas Harbour. Apparently, the officers went a bit mad. It seems that one shot the other then committed suicide,* though of course, since they are both dead, no one else knows exactly what happened. (* In fact, this is incorrect–see end of article for correction.)…

    *Correction*
    According to RCMP records, it is not really true, as the caption for the Dundas Harbour RCMP gravesite above states, that the officers buried in the graves at Dundas Harbour “had gone a bit mad” and were involved in a murder-suicide.

    The true facts are as follows:  The RCMP maintained an active post in Dundas Harbour from 1924-1933 and then 1945-1951.  The post at Dundas Harbour was part of an effort by the federal government to assert Canadian sovereignty in its northern archipelago.  While there are some signs of ancient encampments on Devon Island, prior to the establishment of Dundas Harbour detachment, there were no modern inhabitants on the island.  Life there was certainly lonely and very difficult.  In 1925, Inuit special constables and their families were assigned to the unit to help southern officers with the survival skills necessary to live in such a remote region of the north.

    In June 1926, Constable Victor Maisonneuve committed suicide.  He was alone at a seal hunting camp at Croker Bay at the time. Then, a little more than a year later, in August 1927, Constable William Robert Stephens accidentally shot himself while hunting walrus.  Although the RCMP no longer maintains an active detachment in Dundas Harbour, the Arctic Bay detachment is responsible for making an annual grave inspection there.  As you can see from the photo, they maintain the graves very well.  Permanent granite headstones were put in place by the RCMP in August 1973.

    I thank the Rev. LCDR (ret.) MacLean for bringing suggesting something was amiss with the story and requesting a correction to the record. I alone am responsible for the error; Marike played no part in my late and fanciful edit of the details at Dundas Harbour.                           Karin Cope

    Ensemencement de truites mouchetées pour la pêche à la ZEC Lavigne

    J’aime la pêche.  Un héritage légué par mon père, mon grand-père et mon grand oncle Jules.  Un trio de passionnés de ce sport.  Je me rappelle qu’enfant au chalet, je me levais vers 8 heures pour apercevoir mon grand père qui sommeillait sur le divan, encore revêtu de ses vêtements de pêche.  Il se levait à l’aube pour la pêche du matin.  Il mouchait pendant quelques heures pour finir sa nuit sur le sofa. Passionné vous dites ?

    Un passion, jusqu’au trépas


    L’été de mes 13 ans, j’ai eu la chance d’accompagner mes trois aînés à un voyage de pêche, en Haute Mauricie. À la brunante, après une douzaine d’heures de route de terre, nous avions finalement atteint notre immense lac.  En transbordant notre lourde chaloupe en aluminium de sa remorque, mon grand-père a été saisi d’une violente douleur à la poitrine. Mon père plaça aussitôt mon grand-père au fond de la chaloupe, pour se rendre à notre destination finale, un chalet situé sur l’autre rive, une dizaine de km plus loin.

    La compagnie locale d’hydravion de brousse de l’époque, Cargair, rejointe par ondes courtes, nous a envoyé un appareil de toute urgence.  Ma partie de pêche a été de courte durée. Mon père reparti pour ramener la camionnette à la maison. Moi j’étais assis dans l’avion, à côté de mon grand-père étendu sur une civière.  Atteint de paralysie partielle, grand-papa n’a plus jamais pêché et décéda quelques mois plus tard.

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    L’ensemencement pour compenser la pression de pêche


    Pour la première fois, j’ai assisté à l’ensemencement d’un lac de pêche dans la ZEC Lavigne, au nord de Lanaudière.  En moins de 30 minutes, les employés de la ZEC ont transféré plus de 500 ombles de fontaine (truites mouchetées) au milieu de ce lac de pêche.

    Le préposé du camion citerne de la pisciculture de la Jacques-Cartier réussissait, tant bien que mal, à compter le nombre de truites à ensemencer, en les laissant tomber patiemment de sa puise.  Ces poissons qui mesurent en moyenne de 10 à 11 pouces, ont été rapidement placés dans de grands réservoirs de plastique, placés au fond d’une embarcation.  De l’eau du lac a été lentement transvidée dans les bacs pour que les nouveaux pensionnaires s’acclimatent lentement à la température de l’eau de leur nouvel environnement.  Les truites mouchetés ont été ensemencées au milieu du lac, au dessus d’une fosse d’une cinquantaine de pieds.

    Ces truites valent environ 2$ pièce. Elles sont élevées en lac plutôt qu’en bassin artificiel.  Dans les premières semaines de l’ensemencement ces truites ont une chair blanchâtre parce que leur nourriture est principalement constituée de moulée de crevette.  Plusieurs pêcheurs n’aiment pas le goût des truites nouvellement ensemencées.  Après quelques semaines, la chair prend une teinte orangé, comme celle du saumon,  du fait qu’elle se nourrit alors d’insectes, de larves, de ménées et de sangsues.

    Plusieurs heures après l’ensemencement, nous apercevions les truites sauter en surface, sur les insectes flottants.  Un spectacle franchement captivant.

    Pourquoi nos lacs sont-ils rarement en santé?


    Avant la venue des ZECs, la planification des ensemencements se faisait par les villégiateurs ou les responsables des clubs privés, sans beaucoup de consultation avec les biologistes.  Si un lac ne “mordait” plus, on allait chercher de grands tubes de truites chez une entreprise d’ensemencement et on ne disposait que de quelques heures pour déposer les alevins dans le lac.  Ce lac fraîchement ensemencé était souvent fermé pendant un certain temps afin de permettre au poisson de grandir.

    Aujourd’hui le principal problème de beaucoup de lacs ensemencés est que ces truites ne se reproduisent pas. Les frayères (lieu de reproduction) sont souvent endommagées ou détruites.  Les villégiateurs installent leur chalet, débarcadère, quai et lieu de baignades dans des endroits où les truites vont se reproduire. En circulant à ces endroits, les dommages aux aires de reproduction sont considérables.  De plus, l’ensablement des sites de fraie, souvent provoqué par le déboisement et les chemins mal aménagés, cause des  torts considérables à sa reproduction.

    L’apport en nitrates des engrais et les fosses septiques déficientes entraînent l’eutrophisation (la dégradation) des lacs.  Le déboisement des rives entraine le réchauffement de la température des lacs  et provoque l’apparition des cyanobactéries (les fameuse algues bleues). Les truites mouchetées meurent parce qu’elles ne peuvent vivre dans un lac dont la température excède 20 degrés C.

    Des alevins indigènes

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    Mais l’ensemencement n’est pas une panacée.  Il a aussi ses effets négatifs.  Il entraîne souvent une dégénérescence des poissons indigènes, i.e.  ceux qui ont toujours vécu dans ce plan d’eau.  Dans un lac qui ne présente plus aucune trace de poissons, on essaie aujourd’hui d’ensemencer avec des alevins indigènes, capturés dans un lac voisin pour conserver une certaine intégrité du stock génétique.

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    Mes grands prés verts

    Il y a plusieurs années, j’ai eu la chance de travailler avec la vedette de la chanson des années 70, Nicole Cloutier. Dès l’âge de 17 ans, elle connu une carrière fulgurante de 1971 à 1977, sous l’aile de René Angélil et de Guy Cloutier.  Nicole Cloutier possédait une très belle voix et un talent indéniable.  Elle a fait paraitre deux disques 33 tours et une dizaine de 45 tours (simples).

    En 1976, elle a même été vedette de cinéma dans le film culte Parlez nous d’amour de Jean-Claude Lord et Michel Tremblay, où elle tenait le rôle d’une jeune vedette populaire, abusée et alcoolique.  Un film cru, intense, à la limite de la vulgarité, qui caricaturait le comportement des vedettes et des agents d’artistes au Québec.  Des dizaines de vedettes de l’époque font partir de la distribution. Ce film est rarement vu à la télévision à cause de son caractère scabreux.

    Remise en question

    L’année suivante, suite à un changement de cap, à seulement 23 ans, elle abandonne le show business et entre dans les rangs des « 9 à 5 ».  Nicole était une femme affable, souriante et séduisante.   Ses yeux rieurs et son rire illuminait le bureau. Je me souviens d’une soirée karaoké pendant un congrès où elle avait volé la vedette, malgré sa grande discrétion sur son ancienne vie.

    Pour ceux qui sont nés après Jeunesse d’aujourd’hui, elle a interprété plusieurs succès léger comme Fleurs de papier et « Dans mes grands prés verts » (écoutez un extrait de la chanson au 5e item). Cette dernière chanson m’a toujours beaucoup plus. Il s’agissait d’une adaptation de la chanson I’m Gonna Be A Country Girl Again de la chanteuse Folk saskatchewanaise Buffy Sainte-Marie. Malgré des paroles très granola et son rythme country, elle traduisait l’essentiel du mouvement « Retour à la terre » des années 70. Écoutez aussi la chanson Tu m’as eu sur youtube.com, une traduction “You’re So Vain” de Carly Simon.

    Retrouver ses racines

    Je discute avec des copains qui, comme moi, sont à la veille de la retraite.  Ils sont littéralement terrorisés par l’idée de ne plus avoir de raison de se lever le matin.  Leur travail, c’est toute leur vie. Pour eux, hors du travail, point de salut, point de statut. Un peu comme la cigale qui n’a pensé qu’à l’été, ils se trouveront fort dépourvus quand la bise viendra.  Pas un seul petit morceau de passion et de passe-temps pour meubler leurs journées.  Un peu comme celui qui n’a pas contribué à son fond de pension intellectuel, quand la retraite arrive, il se retrouve devant le vide pour nourrir corps, esprit et âme.

    Planifier et assumer

    Planifier financièrement sa retraite est sage. Mais il faut plus que ça.  Il faut se demander ce que l’on aimerait faire et le planifier plusieurs années d’avance.  N’attendez pas que la vie vous rattrape.  Comme Nicole, avec sa chanson annonciatrice, après une vie trépidante où le carrousel tournait trop vite, elle a retrouvé ses grand prés verts. Quand votre décision est bien planifiée et assumée, vous dormirez profondément sans toujours vous demander si vous avez pris la bonne décision.

    Deux reportages: première page d’un hebdo et le Téléjournal de Radio-Canada

    Aujourd’hui j’ai deux nouvelles.  En fait deux apparitions de notre petite famille dans des médias.

     

    1. Première page de l’hebdo Le Vaillant

     

    L’édition du 28 avril 2010 du journal Le Vaillant, présente un reportage de trois pages sur notre descente en canot à l’été 2009 de la rivière aux feuilles, au nord du Québec, et la collecte de fonds au profit des Répits de Gaby.  L’hebdo Le Vaillant dessert le sud de Lanaudière, en autres les villes de Repentigny, Le Gardeur et Charlemagne et tire à 75 000 copies.

    Une page frontispice en couleur où notre équipe de pagayeurs apparaît de pied en cap, au matin de la dernière journée dans la baie d’Ungava. En page 3 et 4, deux autres excellents reportages sur notre aventure en eau vive, et sur les enfants autistes des Répits de Gaby.

     

    2. Ma fille Laurence, finaliste au Téléjournal de Radio-Canada

     

    Hier soir, le 29 avril 2010,  la sémillante Céline Galipeau annoncait au Téléjournal de Radio-Canada que notre fille ainée, Laurence Deschamps-Laporte, faisait partie des quatre finalistes pour le prestigieux concours Jeune correspondant de Radio-Canada. Du lundi 3 au jeudi 6 mai prochain, vous pourrez voir un reportage sur chacune des finalistes, toutes des femmes entre 18 et 25 ans.  Le vendredi 7 mai, la gagnante sera annoncée sur les ondes de Radio-Canada. La gagnante donnera une entrevue le lundi 10 mai à Céline Galipeau au Téléjournal.

    Les règlements mentionnent que cette jeune reporter aura la chance de se familiariser avec le secteur de l’information à Montréal durant trois jours et accompagnera ensuite un correspondant à l’étranger pour une période de 7 à 9 jours, entre la mi-mai et la mi-juin 2010.

    Lisez les biographies de ces quatre jeunes gagnantes québécoises.

    Et bonne chance à ma grande fille, qui n’a jamais eu froid aux yeux.

    Des vagues sur la neige

    Encore cette année le 6e rendez vous d’eau vive de la rivière l’Assomption, organisé par le Canot Volant, s’est tenu samedi dernier le 17 avril.  Exceptionnellement, cet événement a été devancé de deux semaines, afin de parer au dégel hâtif  de 2010.

    On peut en effet constater sur le site du Centre d’expertise hydrique, qu’en 2010 (ligne rouge), cette rivière a atteint son niveau le plus élevé la première semaine d’avril (à 120 m³ sec) lorsque qu’en moyenne (ligne bleue), ce niveau est atteint la dernière semaine d’avril.  Les lignes supérieures et inférieures représentent les niveaux records.  La descente de ces 100 braves s’est effectuée à environ la moitié de ce débit, à 60 m³ sec, ce qui rendait les rapides plus manœuvriers, mais tout aussi excitants.

    Et ce matin là, une surprise de taille a “refroidi” nos ardeurs.  Une couche de 15 cm de belle neige emballait le paysage.  Lors de la mise à l’eau, vers 9h00, il neigeait à plein ciel.  Il fallait garder la tête froide. Nous étions loin des 30 degrés du 25 avril 2009, lors de la 5e classique du même nom.

    Parce que ce n’est pas toute la planète qui a accès à Facebook, je vous offre ici quelques belles photos empruntées sur la page de Facebook du Canot Volant, une autre série de belles images prisent par mon ami Jean-Pierre Simard, pour terminer par un très beau vidéo (7m 27 sec) offert aussi par le Canot Volant.  On peut apercevoir notre canot rouge dans le rapide du Canyon (de 5:08 à 5:22) et dans le rapide de la scie ronde (de 5:50 à 5:56).

    Bon visionnement et à l’année prochaine, pour rendre hommage à cette grande dame, dans un décor unique.