Il était un petit navire

11 février 2007

Comme le plus petit des matelots dans la chanson de notre enfance j’ai l’impression qu’effectivement ils veulent me manger. Plus de 8 euros la minute (13$ can) pour téléphoner, 1$ par minute pour l’accès à l’internet sans parler du fait que l’alcool personnel est interdit sur le navire. S’ils vous y prennent, on confisque et pour vous les remettre à la dernière escale. Un peu militaire mais il faut comprendre que ce type de croisière se finance en grande partie avec les achats accessoires de ses passagers. Vous me connaissez, jamais je n’aurais désobéi aux consignes et apporter d’excellents vins italiens dans mes valises…

Hier, Barcelone, la capitale du pays Catalan. Une mégapole unique de 3 millions d’habitants (la 2e après Madrid) où la ville médiévale côtoie les constructions modernes. Nous avons déambulé sur « Las Ramblas », rue piétonnière de plusieurs kilomètres où les amuseurs de rue se mêlent aux étals de fleurs et de marchands d’oiseaux. Même le port est attrayant avec des centaines de voiliers et la passerelle moderne qui la survolent. On s’y sent bien et aimerait y rester plus longtemps. De retour sur le bateau je m’engouffre dans un livre que j’avais acheté pour l’occasion. 50 pages plus tard, on mange encore. Un spectacle de Flamenco excitant vient nous brasser avant le dodo. Aujourd’hui nous naviguons vers l’Afrique. Nous longeons le sud de l’Espagne pour rejoindre le détroit de Gibraltar plus tard en soirée. La mer est calme et la température extérieure est d’environ 18 degrés. Il n’y a personne en bikini en bordure de l’immense piscine parce qu’avec la vitesse de croisière de 35 km/h et les vents dominants de la Méditerranée et de l’Atlantique (60 km/h), il fait assez frais sur le pont pour refroidir mon vin blanc (oups je veux dire mon jus de pomme). Un air de fête règne sur ce paquebot, qui ressemble un peu à ce que l’on retrouve sur nos trains transcontinentaux.

Le personnel à bord est principalement originaire des Philippines. Souriant, travaillant et très discret. Outre leurs bas salaires, ils ont été choisis parce qu’ils parlent tous le portugais, langue latine comme le français, l’italien ou l’espagnol. Les Philippines conquises par les Portugais au 17e siècle ont été assimilés de façon radicale à la culture portugaise, les conquérants obligeant même les habitants à ne porter que des patronymes portugais. Notre sommelier lors du repas en soirée est Igniatius et notre serveuse est Rizza, avec le teint d’ébène et le sourire Pepsodent.

Je me sens particulièrement confortable dans ma chambre. Tout le mobilier, la salle d’eau, la douche et les garde-robes sont fabriqués par la même entreprise qui a conçu nos trains Renaissance. Même douche qui coule ou séchoir tubulaire qui ne sèchent que les chauves et cabinet de toilette qui peuvent vous émasculer si vous oubliez de vous lever en tirant la chasse d’eau. En fait avec le tangage et le roulis du bateau je me crois en route vers Moncton au Nouveau-Brunswick pour rencontrer mes collègues du bureau Internet. Non, je suis en route pour un tour de 14 heures de Casablanca à Marrakech, le jour de mon 50e anniversaire…

 

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