Yallah, Yallah ! ("Allons-y" en arabe)

11 février 2007

C‘est à mon tour de faire une chronique du voyage, laissant à Benoît le soin du politico-historico-géographique, sa spécialité.

Il m’est difficile de parler de la Suisse. Plus de 33 ans après ma première visite, c’est toujours un plaisir pour moi d’y retourner, et suis toujours aussi triste de la quitter. Nos amis, Catherine et Luc, d’une hospitalité sans pareille, génèrent chez moi un défilé d’images émotives qui roulent dans ma tête. Le plus beau dans tout ca, c’est que nos meilleurs amis, François et Danielle sont comme larrons en foire avec eux. Que peut-on demander de plus sur terre que d’être entouré d’amis ?

Je vais directement à Barcelone. Un petit ajustement concernant le texte de Benoît : il a passé sous silence le fait que nous sous soyons perdus pendant la visite. Benoît voulait ajouter de nouvelles pages au blogue; après l’avoir laissé au café internet, l’endroit du point de rencontre était vague et il a été impossible de nous retrouver dans la foule. Danielle, François et moi, après maintes recherches, avons décidé de visiter et de retourner au bateau en fin de journée. Benoît y était déjà. Après vérifications, nous nous sommes rendu compte que nous avions visité les mêmes attraits touristiques, photos de Benoît et François à l’appui. Après ce quiproquo, nous avons ajusté notre façon de fixer nos points de rencontre.

Hier, c’était le Maroc. Casablanca étant une ville jeune, moderne et très européenne, nous avons plutôt opté pour une excursion à Marrakech où nous sentirons plus de dépaysement, pour notre premier rendez-vous avec l’Afrique.

Situé à 250 km de Casablanca, Marrakech ne possède que 50 km d’autoroute et prends 4 heures en autocar, d’ailleurs très confortable.

Le plus frappant de ce pays, ce sont 1. les grands espaces 2. les nombreux murs construits au milieu de nulle part, et 3. les papiers et déchets qui partout jonchent le sol. Le paysage est beau, mais un peu apocalyptique; on dirait qu’il n’y a pas de vie, ce qui n’est qu’une fausse impression, puisqu’à l’occasion, nous apercevons des gens marcher au loin. D’où viennent et où vont ces gens ? À perte de vue il n’y a rien.

Après 2 heures de route, premier arrêt pour les toilettes. « Saïr », notre guide marocain nous indique les toilettes à gauche. Une madame « pipi » voilée nous soutire 1 euro (1.60$), nous envoie en bas, dans une file d’attente d’au moins 30 personnes pour 2 toilettes turques. En remontant, à la boulangerie, on y fait le pain comme à « Upper Canada Village », mais pour eux, ce n’est une attraction touristique, mais leur façon de vivre. Tout juste à côté, un jeune boucher prépare la viande, enlève le gras avec ses ongles d’une malpropreté repoussante. Tout pour vous couper l’appétit !

Deuxième arrêt, Marrakech. Saïr nous rappelle de rester groupés, un guide à l’avant et à l’arrière encadrera le groupe. Malgré la sollicitation incessante des vendeurs itinérants, il est primordial de les ignorer. Nous marchons en direction du souk, le marché situé dans un labyrinthe de ruelles étroites et sombres. On y voit un bel étal d’orange dans une charrette tirée par un âne. On longe les comptoirs de poulets pendus par les pieds, à l’air libre, avec les mouches virevoltant autour. Plus loin, on évite des amoncellements de déchets. Cœurs sensibles s’abstenir, les odeurs distinctives sont omniprésentes. Un peu partout dans ce dédale de rues, pétaradent des dizaines de cyclomoteurs d’un autre âge qui nous frôlent, les vieilles dames voilées tentent de nous vendre des chameaux jouets, un vrai capharnaüm. Soudain au loin, on entend une longue lamentation incessante. Sur le chemin du retour, nous repassons devant ces mêmes petits commerces qui sont pour la plupart maintenant fermés. Nous comprenons la signification de ces cris : tous ont quittés suite à l’appel à la prière pour la mosquée, la deuxième de la journée.

La Medersas Ben Youssef, université coranique bâtie au 12e siècle. À cette époque, les arabes étaient plus petits

On reprend l’autobus pour aller vers une grande place. Saïr nous fait les mêmes mises en garde, notamment pour les charmeurs de serpents : nous pouvons les photographier, mais nous devons les payer. En fait cette règle s’applique partout à Marrakech, soit une photo = 1 euro ! Effectivement, dès que l’on aperçoit les serpents, les joueurs de flutes mettent aussitôt leur tambourine par-dessus pour être certains de récolter l’argent avant de faire danser le serpent. De jeunes vendeurs tentent de nous vendre des mouchoirs en papiers, serpents en bois et autres colifichets pour récolter un mince pécule.
Estomac solide et excellent système immunitaire sont indispensables pour consommer cette viande à 25 degrés

On nous amène ensuite dîner dans un restaurant typique. J’avoue que l’appétit ne m’est pas encore revenu avec toutes ces odeurs et cette viande dans les présentoirs insalubres. De toute façon je compte sur mes réserves pour sauter un repas.

Finalement, c’est un endroit très bien Après avoir servis les légumes, le poulet a été déposé sur l’immense table. J’en ai mangé du bout des lèvres. Il était délicieux et bien cuits, ce qui tue beaucoup de bactéries ! Les gars se sont rincés l’œil avec l’incontournable danseuses du ventre et autres musiques de couleur locale.
Mata Hari se fait vibrer les rondeurs au son du band local. Les touristes en redemandent…
En général ces gens ne semblent pas malheureux, bien qu’ils vivent vraiment avec des moyens d’une autre époque. Les principaux moyens de transport semblent être la marche, l’âne et le vélomoteur. Vélomoteurs de la dernière guerre probablement, sans immatriculation, avec souvent 3 personnes dessus, dont un jeune enfant. Par contre, partout nous apercevons des coupoles de télévision et voyons les gens marcher avec un téléphone cellulaire. Le contraste des nations émergentes.

Nous terminons notre visite de Marrakech par la visite d’une grande Casbah (magasin) un peu mieux organisée. On nous montre d’abord des tapis, et après nous en avoir déroulé une bonne dizaine, on nous demande la grandeur désirée. Du fait que nous ne voulions pas acheter, juste voir, on nous renvoie en bas, dans la caverne d’Ali-Baba (ce sont exactement leurs mots). Dans cette caverne, il y a de tout : des Djellabas, des babouches, des tajines, de superbes tables de nacres. Mais il y a surtout des vendeurs. Et leur insistance étourdissante à nous vendre n’importe quoi. Ils se mettent à trois pour vanter un article et dire qu’on peut négocier. Il y a de si belles choses, mais ces gens sont tellement agressant que je n’ai qu’une seule envie, déguerpir pour qu’ils arrêtent de m’embêter. Nous achetons quelques bricoles et demandons l’aide du guide pour la négociation. Ce dernier obtiendra un bon pourboire pour avoir fait baisser le prix.

Des cicognes postées au sommet de ce minaret d’où partent les appels lamentatoires de l’iman pour la prière
Le retour de 4 heures en bus se fait dans la bonne humeur malgré la circulation dense et les dépassements dangereux. Cette journée intense et excitante nous restera en mémoire longtemps. Un autre 50 ans peut-être ?

Anne

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