Le musée du grognon – 3e partie

18 avril 2009

À tous les 6 mois, comme un « Déjà vu« , je vous dresse une liste de mes petites misères.  En juillet dernier, j’avais rédigé un répertoire de 65 de mes capricieuses montées de lait, que j’avais notées au fil du temps.  Sans malice, je vous assure.  Fin décembre, j’ai ajouté 14 nouveaux items à ma « Bat-Cave » de bougonneux.  Pour clore ce triptyque, je vous offre une dernière liste de 21 nouveaux maux de cœur … Pour atteindre le chiffre magique de 100.  Pourquoi 100 ?  Aucune idée.  Ça sonne rond.

1.  Les emballages de plastique, souvent impossibles à ouvrir sans l’aide une scie, d’un scalpel ou d’un couteau à dépecer.  Si vous arrivez à les ouvrir, c’est au prix d’automutilations ou de sévères lacérations.  Communément appelé « Blister pack« , ces suremballages rendent impossible le retour d’un achat, sans que le préposé vous interpelle en disant : « Mais monsieur, vous l’avez ouvert? ».  « Bien oui.  Autrement jamais je n’aurai su qu’il ne fonctionnait pas ».

2.  Dans les lieux publics, le badaud qui se ballade coiffé d’un énorme casque d’écoute clownesque. L’art de passer inaperçu, dans toute son indiscrétion. Lorsque notre astronaute se met à chanter faux ou à rire tout seul, vous commencez alors à vous inquiéter de la pression de ses écouteurs sur sa circulation sanguine cérébrale.casque

3.  Les publicités journaux (et maintenant à la télé) faisant la promotion du dépotoir de Lachenaie, appartenant à BFI.  Que de bonnes nouvelles:  des oiseaux, de l’air frais, des fleurs, des papillons, du gaz naturel et des résidents heureux.  De la publicité pour contrer la grogne des citoyens, qui sent mauvais.

BFI - Publicité Hebdo Rive-Nord - Dépotoir de Lachenaie

BFI - Publicité Hebdo Rive Nord - Dépotoir Lachenaie

BFI - Publicité Hebdo Rive Nord - Dépotoir Lachenaie

4.  Le restaurant offrant un service aux tables exxxclusivement féminin, dans leur plus simple appareil.  Ces émules d’Ève, sans feuille de vigne, ont-elles droit aux prestations de la CSST, lorsqu’elles contractent une grippe lors des journées froides d’hiver, à -30, ou si elles ébouillantent leurs rondeurs avec un café chaud ?

5.  Les propriétaires de téléphone cellulaire créatif, qui utilisent « ad nauseam » la fameuse sonnerie « vieux téléphone Bell ».  Cette sonnerie nous irritait il y a 25 ans, et nous pompe tout autant aujourd’hui.

6.  Les publicités de Subway qui nous assomment avec leur nourriture santé.  Des bonnes viandes froides aux nitrites, de la mayonnaise bien grasse et du pain congelé, recuit au four.

Publicité Subway

7.  Le jeune garçon à bord de son rutilant scooter, au milieu de la chaussée, à 15 km à l’heure.  Coiffé de son casque « full face », il devient arrogant lorsque tu essaye de lui faire comprendre qu’avec sa carapace de tortue, il nuit à la circulation automobile.

8.  Les nouvelles tendances publicitaires à la télévision où l’on ne voit plus les lèvres des comédiens bouger. Principalement produites au Canada anglais, ces publicités sont simples à réutiliser en français, par un simple « voice over ».  La plus risible ?  Le commercial où 2 comédiens utilisent un micro pour masquer leurs bouches… Triste résultat…

9.  L’impatient livreur à pédale, qui presse de façon frénétique le bouton d’ascenseur déjà allumé, pensant accélérer l’arrivée de son « élévateur ». Ou, dans l’ascenseur, « Speedy Gonzales », qui à chaque étage, se précipite sur le bouton de fermeture des portes, pour diminuer le temps d’attente.  « Relaxe, mon névrosé, ça ne fonctionne pas »…

10.  Les « polu-postages » qui remplissent ta boîte aux lettres.  Cartes de crédit pré-autorisées, sweepstake, courtier immobilier qui a déjà vendu ta maison ou vendeur de traitement de gazon.  Petit truc.  Sur l’étiquette, inscrivez « DÉCÉDÉ » et re-postez.  Vous aurez la surprise de recevoir, dans beaucoup de cas, une lettre de condoléances.  Et la pollution « s’éteindra » …

11.  Les taxis en hiver, où lors d’une journée pluvieuse, qui répandent des journaux sur le plancher arrière de leur véhicule.  Après quelques heures, cette pâte de papier brune vous colle aux couvres-chaussures. Un tapis sauve-pantalon avec ça ?

12.  Notre Séraphin, et sa bédaine qui a pris de l’ampleur au fil des années. Vous pouvez suivre la progression de son expansion ventrale, en examinant la ceinture de son pantalon, qui porte les traces de sa dilatation abdominale, avec plusieurs œillets égueulés et les nombreuses rainures de sa boucle de ceinture…

13.  Par coquetterie, la personne qui retire ses lunettes avant une rencontre d’affaire.  On peut apercevoir la marque évidente de ses montures, chaque coté de son crâne.  Encore plus marquant, la marque de casquette ou de chapeau sur les cheveux fraîchement coiffés de ton interlocuteur.  Probablement une ancienne tête couronnée.

14.  À la télé, le « Crazy Dutchmen » de la pub de « ING Direct », celui qui veut absolument mon intérêt (et mon capital).  Je ne sais pas pourquoi, mais je ne suis plus capable d’entendre son accent.  Surtout quand on sait qu’ING est en faillite technique, et que sans les milliards de dollars injectés par les gouvernements, cette banque aurait disparu. Dans le plan de redressement, j’aurai exigé le renvoi immédiat de son porte-parole, à l’accent à la sauce hollandaise.ing

15.  Les vieux vêtements neufs : les casquettes à 50$ qui tombent en ruine, les jeans pré-déchirés aux genoux, les manteaux de cuir craquelés et usés à la corde et les grands manteaux de cuir imbibés d’huile à chauffage.  « Va aux magasins de la St-Vincent de Paul, pour quelques dollars, tu auras l’embarras du choix ».

16.  Les camions-remorques, arborant des publicités géantes, stratégiquement stationnés (souvent pendant de longues périodes) dans des entrées de commerce ou le long de grandes routes.  Le summum de la pollution visuelle:  les camions avec bennes, à moitié levées, récupérateurs de déchets, affichant en immenses lettres le 1-800-GOTJUNK et autres 1-800-RAMASSE.

1-800-gotjunk

1-800-ramasse

17.  Hydro-Québec et ses campagnes pour promouvoir son « énergie verte ».  Leurs nouveaux barrages modifient drastiquement les écosystèmes, inondent des milliers de km de forêt, détournent des rivières jadis sauvages, en détruisant les frayères et les aires de nidification.  Comme leurs discours, c’est beaucoup plus de l’énergie vaseuse et brune foncée…

18.  Les frais « non déclarés » dans les prix de la location à court terme d’une auto, des billets d’avion et des contrats de cellulaires.  Les gouvernements devraient mettre leurs culottes pour empêcher ces pratiques marketings à la limite de la fraude.  Pas de blagues…

19.  Les stations d’essence Ultramar qui se vantent de baisser, les jeudi, le prix de l’essence « Super » de 2 cents.  Bizarre. Tous les jeudi, ils augmentent le prix de l’essence de 10 cents, pour exploiter un peu plus les familles qui utilisent leurs véhicules seulement la fin de semaine.

20.  Les gigantesques motos de tourisme de 1 500 cc, avec immense remorque et sacs à l’avant et à l’arrière.  Pour le même prix, on te rajoute 2 roues, et tu obtiendras une voiture décapotable, sans obligation de porter un casque…moto1

21.  Le corps de métier qui modifie son appellation, pour le rendre plus noble.  Les ambulanciers deviennent des  « Paramédicaux », les mécaniciens de locomotive se sont transformés en « Ingénieurs de locomotive » (de l’anglais « Engine » = moteur), les employés de magasins deviennent des « Associés », nos traditionnelles secrétaires se sont métamorphosées en « Adjointes-administratives », nos professeurs se sont rebaptisés « Enseignants » et nos gardiennes d’enfant sont maintenant des « Techniciennes en garderie ».  Quand renommerons-nous les préposés de magasins « Entrepôt »,  des « Entrepologues » ?

Lire aussi mes 65 petites misères – 1ere partie et la 2e partie, Démangeaison des Fêtes

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