Dénonciations par le web

22 avril 2009

Ces derniers jours, l’actualité a fait resurgir un vieux principe éculé, l’honnêteté.  On parle d’éthique, de moralité, de déontologie, principes ou droiture mais il se résume simplement à traiter avec intégrité ton employeur, ainsi que les sommes et les biens qui te sont confiés.

Le clergé nous enseignait autrefois : « Si tu as un doute quant à l’honnêteté d’un geste, il y a de forte chance qu’il ne le soit pas ».  Dans notre culture judéo-chrétienne, l’honnêteté avait une place de choix. On n’avait pas à dénoncer son prochain, parce qu’une conscience de bon chrétien ne pourrait pas, de toute façon, vivre avec un mensonge, un acte malveillant ou un crime.  À la longue, le remord te rongerait, t’empêcherait de dormir et et la confession serait ton seul exutoire…

Les péchés véniels et mortels nous hantaient.  On ne parlait même pas des péchés capitaux, qui nous valaient un aller-simple au fin fond des ténèbres.

La délation était tabou.  Je me rappelle qu’adolescent celui qui s’adonnait au « commérage », au « bavassage » portait l’étiquette peu flatteuse de « stoole ». L’insulte suprême. La honte absolue.

A l’université, je me souviens d’avoir signalé à un prof qu’un étudiant avait copié mon travail.  Au lieu de prendre à parti cet étudiant, mon prof m’a traité de délateur.  Pourtant je n’avais rien à me reprocher.  Je trouvais injuste qu’un imposteur pouvait réussir un cours quand c’était un autre qui s’était tapé tout le travail. J’avais mal évalué l’impact de mon accusation et l’infamie du « stoole ».

Que ce soit Ken Peirera de la FTQ construction ou « Ma chouette » du scandale des commandites ou encore « Deep Throat » du Watergate , il n’est pas simple d’être un délateur, surtout à visage découvert.  La plupart des individus refusent de dénoncer un geste criminelle de peur de représailles, ou d’être à son tour accusé de diffamation de la part du dénoncé.  On hésite souvent à dénoncer à cause des effets pervers incontrôlés comme le renvoi d’un collègue, ou la mise à l’écart du délateur par le groupe.  De plus, on associe souvent la délation à la vengeance.

Franc Maçonnerie
Autrefois on s’assurait de la loyauté d’un collègue en l’embrigadant dans une loge de Franc Maçons. Dans beaucoup de bureau, les fameuses soirées bien arrosés initiatrices, dans des endroits louches,  assuraient la fidélité des troupes.  Un peu à la manière des groupes criminalisés, à la Hells Angels, ont évite les délateurs et « vires-capots » en les impliquant au maximum dans des pratiques où on s’assure de la loyauté du partenaire.

La souris de David contre Goliath

Quant il s’agit de dénoncer une injustice ou le traitement abusif d’une organisation, aujourd’hui, les internautes privilégient le web.  On affiche notre insatisfaction sur un blogue, sur un forum spécialisé ou dans les réseaux sociaux.  On espère que notre dénonciation fera boule de neige pour que l’entreprise en question réagisse devant le tollé des internautes.

Il existe de nombreux sites de délateurs sur le web dont un des plus célèbres est dénonciation.com, un site français vieillot mais truffés de propos à la limite de la légalité.

Où je veux mettre de l’emphase c’est le pouvoir des internautes à s’approprier une marque de commerce et à la dénoncer, souvent de manière intelligente.

Il y a la publicité « Nike Sweatshop », créée dans le cadre d’un concours internet

La parodie d’un commercial de GMC Tahoe

Le site IHATEDEL.NET

i hate dell.net

i hate dell.net

La dénonciation hilarante d’un employé de Comcast qui s’endort au téléphone pendant qu’il travaille chez un client

La dénonciation d’un propriétaire de pile d’IPOD qui a fait reculer la géante APPLE en créant le site IPOD’S DIRTY SECRET.COM

ipod Nasty Secret

ipod Nasty Secret

Et le site puissant RUN FROM THE BORDER.COM dénoncant la nourriture de la chaîne de restaurant TACO BEL. Remarquez leur site parallèle WE HIRES ALLIENS.COM dénonçant l’emploi illégale .

runfrontheborder.com

runfrontheborder.com

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