Quand les vendeurs du temple vous promettent succès et guérison

20 mai 2009

L’exploitation des personnes démunies froisse résolument nos principes. Dans nos réseaux sociaux et les médias, nous sommes rapides à dénoncer les injustices faites aux plus petits. On s’insurge contre les escroqueries faites par le biais de la publicité mensongère, des sites de spam ou d’hameçonnage, des vendeurs de produits amaigrissants-miracles, des receleurs de matériels volés ou encore du petit arnaqueur-pusher qui, sans aucun revenu déclaré, nous nargue avec sa bagnole de l’année.

Les marchands de la cupidité

On connaît bien les pratiques de ventes à paliers multiples, mieux connu sous l’appellation de « ventes pyramidales« .  On y attrape le plus souvent d’honnêtes travailleurs qui désirent arrondir leurs fins de mois, en développant un réseau de vente dans leur cercle d’amis.  On abuse très souvent de leur crédulité en leur promettant « mer et monde », en brandissant les réussites fantastiques de ceux qui trônent en haut de la pyramide.  Moins de 1% de ces « seigneurs » réussissent à en vivre, pendant que 99% des autres tentent vainement d’y faire leur marque.  Persévérance, entêtement et détermination sont les mots clefs de la réussite… Ces formules sont vides de sens  quand vous recevez quelques dollars par heure de travail, malgré l’intense harcèlement que vous avez fait subir à votre famille, vos collègues de travail et les derniers amis qu’il vous restent.

pyramid - Wikipedia

Les pharaons de la fausse pyramide

On a tous entendu parlé d’Amway et son pendant Internet Quixtar.  Qui ne s’est pas fait approcher au travail ou dans sa communauté par un revendeur « encravaté » qui nous offrait l’opportunité d’ouvrir notre propre PME.  Ma phrase fétiche pour repousser ces vendeurs entreprenants ?  « Le jour où j’accepterai de recevoir mon papier de toilette par la poste, je déménagerai dans une résidence pour personne en perte d’autonomie ».   On peut voir plusieurs reportages traitant des pratiques de Quixtar dont celui de « La facture à Radio-Canada » et un article de Cyberpresse et un du gouvernement du Québec faisant la distinction entre « vente pyramidale » et « vente à paliers multiples ».  La ligne est mince.  C’est pour cette raison que ces entreprises ont encore pignon (et pigeons) sur rue.

Un autre moins connu mais tout aussi actif sur le marché de l’arnaque pyramidale « ACN ».  Un rusé système de vente d’abonnements en télécommunication (cellulaire, connexion Internet…).  Plusieurs jeunes hommes de mon entourage sont tombés dans le panneau après s’être fait détrousser de 500$ de frais d’entrée.   Ils ont réussi à embrigader d’autres candides prospects en leur extorquant 500$ à leur tour.   Le plus triste? c’est souvent les parents, grands-parents, frères et sœurs qui font les frais de cet attrape-nigaud.

On peut lire un texte très intéressant de Stéphane Guérin, publié en 2007, et qui a généré près de 700 commentaires « Faire de l’argent avec ACN ? Non merci. »

Plusieurs autres entreprise très connus utilisent ces techniques de vente en direct comme Primerica, Avon, Mary Kay (avec la cadillac rose) ou même Tupperware.

Les organismes de charité À BUT LUCRATIF

Qui n’a pas vu ces fameuses boîtes de recyclage de vêtements au coin de votre rue.   On vous attendrit en vous affirmant que les vêtements récupérés seront utilisés pour aider les gens dans le besoin.  Mais combien savent que ces dons sont administrés par une firme multi-nationale « Savers » qui conserve une (grosse) marge de profit à même les dons pour s’administrer ? Combien savent que le « Village des valeurs« , la maison des démunis par excellence,  est une filiale de cette multinationale cotée en bourse, employant plus de 10,000 personnes à travers le monde ?

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Ne trouvez vous pas indécent que cette entreprise fasse compétition à nos véritables organismes de charité bénévoles,  implantées dans la communauté depuis toujours, comme la société St-Vincent de Paul, l’Armée du Salut, les Petits Frères des Pauvres ou les organismes de quartier ?

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Lisez cet extrait, tiré de « L’aut’journal sur le web » Vendre de la guenille sur le dos des pauvres, ça paye !

Saviez-vous que deux organismes, la Fondation québécoise de la déficience intellectuelle (FQDI) et l’Entraide diabétique du Québec (EDQ), recueillent officiellement des vêtements et divers objets pour le compte de la multinationale américaine Village des Valeurs ? Les employés de la la Fondation de la déficience intellectuelle et de l’Entraide diabétique téléphonent chez vous pour solliciter des dons de vêtements usagés qu’ils viendront chercher par camion. Ensuite, ils seront vendus au Village des Valeurs. Mais où va l’argent ? Sûrement pas dans les poches des téléphonistes et des camionneurs.

Selon le magazine Option consommateurs de l’automne 1999, les profits ne sont pas tous versés aux organismes de charité, soit l’Association du Québec pour l’intégration sociale (AQIS) et l’Association du diabète du Québec (ADQ), toutes deux fondatrices de l’Entraide diabétique et de la Fondation de la déficience intellectuelle. En 1997, la Fondation de la déficience intellectuelle a amassé près de 3 millions de dollars et remis 300 000 $, soit moins de 10 % de ses recettes, à des œuvres de charité. Quant à l’Entraide diabétique, elle a récolté plus de 2 millions de dollars et donné 97 000 $ à l’ADQ, moins de 5 % de ses recettes.

Voyez un autre texte sur ce subterfuge, sur le blogue du Gros Bon Sens: Vous donnez ? Mais savez-vous à qui?

L’autisme et la sorcellerie alternative

Je n’ai absolument aucun problème avec les médecines alternatives.  Il m’arrive à l’occasion d’essayer un produit de médecine douce ou un traitement alternatif pour soigner un rhume ou d’autres maux bénins.  Nous avons, dans le passé, dépensé des milliers de $ en produits de toute sorte pour tenter d’améliorer l’état de notre fille autiste. La majorité de ces produits commandés aux États-Unis, directement des sites web des traitements alternatifs.  Ceux qui me lisent, connaissent mon aversion aux sorciers qui tentent de nous convaincre que nous devons absolument acheter leurs produits afin de guérir un syndrome aussi important que l’autisme.  Parce que je suis un nigaud qui s’est déjà fait prendre par ces trucs nouvel-âge, je suis devenu très méfiant de « ces vessies qui se font passées pour des lanternes ».

Suite aux recommandations envoyées dans les commentaires de ce blog, j’ai parcouru les sites de 2 organismes qui tentent de nous convaincre d’utiliser leurs techniques et leurs produits pour la rédemption de mon enfant autiste.  Je me suis alors rendu compte que nous n’étions pas très loin de la technique de vente en direct et du produit de bonimenteur.

Sans mes produits, points de salut

Je ne souhaite pas trancher ici la vieille polémique qui prévaut entre les tenants d’une approche principalement psychiatrique de l’autisme et ceux qui prônent qu’il s’agit d’une maladie neuro-biologique, d’origine digestive.  Ce qui me surprend des tenants de cette dernière approche, c’est l’aspect hautement mercantile de leurs promoteurs.

tacadan

Un programme d'affiliation vous incitant à devenir vendeur de produits guérisseurs d'autisme

Un programme d'affiliation vous incitant à devenir vendeur de produits guérisseurs d'autisme

Allez visiter le site de TACA, Talk about curing Autism ou celui de DAN, Defeat Autism Now, des sites prônant que l’autisme est une maladie digestive,  vous y verrez plus d’une centaine de produits à vendre sur TACA et autant sur DAN, de la chambre hyperbare, au sauna sans toxine, aux repas à prix d’or sans gluten et sans caséine, aux livres, tabliers et sous-vêtement pour les mamans d’enfants autistes.  Si leur mandat est l’éducation et la diffusion de leur technique, pourquoi ces sites regorgent-ils de boutiques en ligne, de liens sponsorisés et de programme d’affiliation payant ?

Ces organismes auraient-ils finalement effectué une grande découverte ?  Que l’autisme pouvait être très lucratif ?

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