Voulez-vous vivre vieux et heureux ?

3 juin 2009

J’ai trébuché dernièrement sur un article de la revue « The Atlantic« , traitant d’une étude d’envergure qui s’est échelonnée sur plus de 72 ans, The Grant Study.  Ce texte tiré de l’édition de juin 2009 de ce magazine, et repris dans le New York Times, traite de ce travail de moine démarré dans les années 1930, où un groupe de scientifiques ont suivi la vie de 268 hommes, de l’université jusqu’à aujourd’hui.

Le but de cette étude était de déterminer quels éléments de la vie pouvaient être les plus déterminants sur l’existence et sur le bonheur. Cet article intitulé « What makes us Happy » (Qu’est-ce qui nous rend heureux) analyse la vie de certains de ces hommes, triés sur le volet à l’Université Harvard, dans l’étude longitudinale la plus importante de l’histoire de la recherche.

Quel est la recette du bonheur et de la vie heureuse ? Quel est l’importance de votre enfance sur votre vie en général ? Est-ce que la richesse, l’éducation, l’instruction, le mariage, les enfants, le divorce, le célibat influe sur votre vie ? Les conclusions sont étonnantes.

Ces hommes ont eu à remplir, tout au long de leur vie, des centaines de tests, questionnaires médicaux et psychiatriques, et évaluations de toutes sortes.  Plusieurs noms connus ont participé à cette étude dont Ben Bradley, éditeur du Washington Post et John F Kennedy.  Après la mort de ce dernier, ses documents ont été retirés et mis sous scellé, jusqu’en 2040.

La recette

Cette étude était sous la responsabilité du psychologue George Vaillant pendant 42 ans, qui a récemment pris sa retraite.  En héritage, il nous livre quelques bribes des conclusions de son étude.  Selon lui, voici la formule qui peut vous aider à être heureux.

  • La stabilité, l’intelligence, le bon jugement, la santé et beaucoup d’idéaux nourrissent le bonheur.
  • Vous pouvez quand même demeurer heureux même si, à la fin de votre vie, votre santé est chancelante.
  • Le surplus d’argent n’est pas nécessaire pour assurer le bonheur.
  • L’exercice est très important quant vous êtes jeune mais celle-ci a peu d’influence sur nos vieux jours.
  • Chez les hommes qui sont dépressifs à 50 ans, 70% mourront en moyenne à 63 ans.
  • Les hommes pessimistes ne vivent pas très vieux, et souvent avec une vieillesse difficile.
  • Les aptitudes sociales ont plus d’importance que l’intelligence, l’enfance doré ou les revenus.
  • Ce qui a le plus d’influence sur le bonheur, ce sont les liens sociaux, les amis, les collègues, la famille et la conjoint(e).

Voici une citation frappante sur ce vidéo impressionnant de 6m51sec :
Vaillant’s overall conclusion is familiar and profound. Relationships are the key to happiness. “Happiness is love. Full Stop »

Le tissu familial

Mon beau-père m’a souvent répété : « Un voisin, c’est comme un frère, tu ne l’a pas choisi et si tu veux vivre en harmonie, il faut entretenir de bons rapports « .

Depuis la mort de notre mère, il y a 4 ans, notre grande famille est restée très unie.  Les enfants, quittant le nid les uns après les autres, nous a permis subrepticement de resserrer nos liens.  Je pense que la longue maladie de notre mère nous a uni autour d’elle et nous a permis de nous redécouvrir.  Sa souffrance n’aura pas été vaine.

Malgré la disparition de notre père et mère, nous nous fréquentons plusieurs fois par année, autour d’un tournoi de golf, d’un BBQ, d’un voyage ou d’une bonne table.  Nous nous rencontrons encore à Noël et aux anniversaires de naissance, bien que les nombreux enfants et leurs conjoints représentent un défi de « taille ».

Les liens d’amitié

Souvent le destin, à des moments précis de notre vie,  dépose sur notre chemin des êtres avec qui nous partageons des intérêts communs.  Lorsque nous les perdons de vue, nos souvenirs nous rappellent combien ces êtres ont meublé notre vie.  Lorsque nos routes se recroisent, plusieurs années plus tard, la chimie qui nous unissait s’est souvent dissipée et l’attirance n’est plus aussi intense.  Plusieurs conservent ces amitiés sans se questionner, par fidélité aveugle ou parce qu’en vieillissant, il est plus facile de conserver nos vieux amis que de tisser de nouvelles amitiés.  Souvent le conjoint/conjointe qui n’existait pas à l’époque, est un élément qui perturbe la renaissance de nos vieilles amitiés.

Pour ma part j’ai conservé beaucoup de vieux amis d’enfance et d’adolescence.  Je les fréquente plusieurs fois par année, avec ou sans leurs conjointes.  Il est normal que nos intérêts aient changé mais nous nous attachons « au bon vieux temps » qui dans mon cas, et celui de mes amis, avait été très intense.

Golf, pêche, poker, spectacle, voyage et grande bouffe servent de prétextes pour se revoir.  Très peu pour nous les fêtes commandées comme Noël ou Pâques.

Tous dans la cinquantaine, nous entrevoyons la pré-retraite avec beaucoup d’optimisme.  Ces liens d’amitié, conservés au fil des décennies, y sont pour beaucoup. Comme disait Antoine de St-Exupéry, dans « Le petit prince » : Tu es responsable pour toujours, de ce que tu as apprivoisé.


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