Moi plus chanter en créole – Mythes et réalités de l’affichage à Montréal (2e partie)

21 septembre 2009

Il y a quelques semaines j’ai traité des accrocs souvent important à la loi sur l’affichage à Montréal.  Que nous soyons chauds, froids, ou opposés à cette loi, personne ne peut être au dessus de la loi.  Que vous soyez opposés à l’interdiction des insecticides, aux radars photographiques, ou au bannissement des cellulaires dans les bagnoles, vous n’avez pas le choix de respecter les lois ou règlements, sous peine de faire face au législateur.

J’aimerais ici vous donner des exemples de bon usage de cette loi, qui ne brime pas l’utilisation d’une autre langue. Et bien sur d’autres exemples de rebelles sans cause.

J’évite de donner d’exemples de petits commerçants qui n’utilisent qu’une seule langue pour communiquer un message manuscrit parce qu’ils connaissent mal ou pas la langue, et encore moins la loi d’affichage.  Je ne pense pas qu’en tapant sur les petits, cette loi gagnera en crédibilité.  Mais les entreprises importantes ont une obligation légale et surtout morale de respecter et d’appliquer la réglementation.

Quelques entreprises refusent de traduire leurs slogans parce qu’ils font partis de leur marque de commerce.  Pensons à « United Colors of Benetton » qui n’est même pas une entreprise anglophone mais italienne.  Et qui plus est, elle a installé son premier magasin hors-Italie à Paris.  Étonnant.

Bilinguisme dans l’affichage

Entendons-nous.  Je n’ai rien contre le bilinguisme.  En fait ça fait chaud au cœur de se balader en Colombie-Britannique ou au fin fond du Yukon et de lire des affiches et instructions en français.  Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.  Si aucun service ne peut être obtenu en français à ces endroits alors l’affichage bilingue perd de sa pertinence.  C’est comme les jeux olympiques.  La 2e langue des jeux peut très bien être le français mais si personne ne le parle alors pourquoi toujours supporter la angue « ancestrale » du fondateur M.  de Coubertin.

Affiche unilingue anglophone

Quand à l’affichage unilingue anglophone à Montréal, c’est inacceptable, même pour les églises ou institutions d’enseignement.  La nation québécoise (dixit Stephen Harper) est à 85% de langue maternelle française;  le minimum requis est que le majorité des habitants puissent comprendre ce qu’il se dit chez eux.

Unilinguisme francophone dans l’affichage

Pour ce qui est de l’unilinguisme francophone dans l’affichage, je suis en faveur puisque c’est le prix à payer pour maintenir une certaine paix social et la reconnaissance du visage français d’un peuple. D’ailleurs cet attrait est en fait un levier marketing important pour le tourisme.  Les Américains et autres Européens retrouvent la saveur des vieux pays du fait que Montréal affiche fièrement ses origines latines.

La langue française est une anomalie continentale et le demeurera pour encore quelques centaines d’années.  Après, elle aura vraisemblablement disparu, écrasée inexorablement par la puissance gigantesque de cette langue pratique, facile et universelle qu’est l’anglais.

Ce n’est pas un cauchemar, c’est la réalité.  À moins que l’on veuille vraiment la préserver….

DES EXEMPLES DE BONNES PRATIQUES

Une bonne pratique pour attirer une clientèle non-traditionelle

Une bonne pratique pour attirer une clientèle non-traditionnelle

Une façon claire et nette de communiquer en respectant la loi

Une façon claire et nette de communiquer en respectant la loi

Un affichage agréable, tout en restant lisible

Un affichage agréable, tout en restant lisible

Simple à lire en modifiant simplement la typographie des instructions

Simple à lire en modifiant simplement la typographie des instructions

AUCUNE PRÉDOMINANCE DU FRANÇAIS

Trois langues.  Assez chargé.  Sans prédominance du français.

Trois langues. Assez chargé. Sans prédominance du français.

Ces affiches à l'intérieur et extérieur ne donnent aucune prédominance au français

Ces affiches intérieures et extérieures ne donnent aucune prédominance au français

Aucune prédominance au français, simplement 2 affiches côte à côte

Aucune prédominance au français; simplement 2 affiches côte à côte

« CRÉOLISATION » DE L’AFFICHAGE BILINGUE

Un menu difficle à lire où la typo change de couleur par langue sans prédominance.

Menu difficile à lire où la typo change de couleur, sans prédominance

Prédominance de l'anglais, avec du mauvais français.

Prédominance de l'anglais, avec du mauvais français.

LE PRIX CITRON

Une affiche grand format partout à Montréal.  Du bilinguisme non permis par la loi.

Affiche grand format partout à Montréal. Du bilinguisme publicitaire?

Garamond septembre 22, 2009 à 20:20

Le prix citron à Virgin Radio ?
Pourtant, tous les mots de leur affiche sont dans le Petit Robert:
Minute, Questions, Cash, Radio.

Benoit Laporte septembre 24, 2009 à 19:35

Oui aucun doute, l’illusion est parfaite. Les mots sont choisis exactement parce qu’ils sont bilingues. En français, on aurait écrit « Une minute, dix questions, 1000$ comptant ». Il est effectivement très facile de tomber dans le « panneau » 😉

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