Le cycle de la saine remise en question

18 novembre 2009

On passe tous des moments où l’on se pose des questions, en se demandant si on a emprunté le bon chemin, s’il n’aurait pas mieux value tourner à gauche à cette intersection de la vie ou rebrousser chemin il y a deçà 10 km, 10 jours ou 10 ans.

Je suis de ceux là.

Un peu comme à la fin des années de collège où j’examinais toutes les avenues pour connaître ce qui allait me passionner le reste de ma vie. Pendant mes années de CEGEP, j’ai fait beaucoup de radio étudiante, souvent jusqu’à une dizaine d’heures par semaine. Je me rappelle de la mine déconfite de mon père quand, du haut de mes 17 ans, je lui annonçai que je voulais m’inscrire en Communications, à l’Université du Québec à Chicoutimi, pour ultimement faire de la radio ou de la télévision. Ou encore quelques mois plus tard, je lui fis part de mon désir de m’inscrire à une école d’électronique parce que j’adorais monter et démonter des bidules électroniques.  Étant relativement doué en mathématiques, mon père m’encouragea à poursuivre aux Hautes Études Commerciales (HEC) pour finalement graduer en Sciences économiques. Il m’avait faire comprendre qu’il ne fallait pas mélanger « hobby » et carrière, principe que j’ai tenté de transmettre à mon tour à mes enfants.

Au cours de ma carrière, même si j’ai évolué en majeure partie dans la même grande entreprise, j’ai assez souvent changé de poste après, justement, une phase de doutes et de questionnements.  Après plusieurs années au même poste, souvent à la fin d’un gros projet, je fais le bilan ;  c’est alors que les démons de l’incertitude ressurgissent, et se liguent contre moi pour nourrir ma crise.

Si jeunesse savait

Pour beaucoup d’individus, les périodes de repositionnement professionnel coïncident avec des remises en question d’ordre personnel ou amoureuse.  Ce n’est heureusement pas mon cas. Je possède le même groupe d’amis depuis 40 ans, la même conjointe depuis 27 ans et la même maison depuis 22 ans,

Mais ça n’a pas toujours été le cas. Jeune adulte, je me souviens d’avoir occupé 8 différents appartements en 5 ans, d’avoir changé de copine pour un oui ou un non et de ne pas dédaigner la bagarre devant l’insolent.  Mon impulsivité était notoire. Cette fougue m’empêchait souvent de prendre des décisions réfléchies.  Mais j’ai réussi à dompter et à mieux canaliser, un tant soit peu, cette impétuosité avec l’âge.

Je me rappelle d’une rencontre dans un souper d’affaire où une femme assise à la même table que moi me dit :

Bonjour Benoit.  Te rappelles-tu de moi ?  J’étais dans ta classe au secondaire.  Pendant un cours de biologie, tu m’avais mis une grenouille vivante dans mon sac à main.  Je l’avais découverte plusieurs minutes plus tard, en fouillant dans mon sac, pendant le cours de religion.

Mais, 40 ans plus tard, j’avoue que ce n’était ma meilleure blague bien qu’elle reste inoubliable.  Mon erreur est de m’en être vanté à des copains dénonciateurs.  Sinon mon coup serait demeuré classé dans la filière des «Crimes Parfaits» de Claude Poirier.

Monsieur Destiné

Un film de série B du début des années 90 avec James Belushi Mr Destiny,  illustre bien le questionnement d’un homme à l’aube de la quarantaine. Il aimerait retourner dans le temps pour savoir comment se serait déroulé sa vie si des événements s’étaient passés autrement, à des moments clés de sa vie.  Pour se rendre compte que finalement il aurait eu d’autres problèmes et autant de questionnements….

Il est sain de se poser des questions sur son existence, sur ce que nous désirons accomplir dans la vie mais sans jamais regretter le passé.  Ce qui est fait est fait.  Vous devez élaborer des projets d’avenir et tout faire pour les accomplir.

Nourrir ses rêves

Je vous suggère un petit exercice que j’ai effectué à l’aube de mes 50 ans et que je referai avant ma retraite.  Dressez une liste d’une douzaine de rêves que vous voudriez réaliser avant de quitter cette terre, avec un âge limite.  Par exemple: Monter le Kilimandjaro à 40 ans, courir un marathon à 45 ans, apprendre l’espagnol à 60 ans…   Éviter d’y mettre des désirs matériels comme m’acheter une BMW, ou un condo en Floride.  Concentrez vous sur vous, votre esprit, votre âme, votre corps, votre bien-être intérieur.

Pour ma part, de ma liste de 50 ans j’ai réussi à en accomplir 3, avec 3 en cours de réalisation.  Ma fiche n’est pas très reluisante, et je dois la consulter plusieurs fois par année pour garder mon focus…

Encore plus passionant, demandez à votre conjoint ou conjointe d’effectuer le même exercice en privé.  Ensuite comparez vos listes et résultats.  Si des items coïncident, vous aurez alors un projet commun à réaliser dans les prochaines années.  Si aucun de vos projets ne se ressemblent, essayez alors de vous inspirer des projets de l’autre et d’en élaborer au moins un en couple.  C’est l’essence d’une vie professionnelle ou personnelle, que de bâtir des rêves et de tenter de les réaliser…

Garamond novembre 19, 2009 à 15:40

À mon âge, il me reste un projet à réaliser : écrire et publier un livre, un vrai. J’ai réalisé la majorité des autres rêves de ma jeunesse et j’en suis fier. Pour l’écriture, c’est plus difficile; je bloque au bout de 150 pages…

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