I love the Jet noise

16 octobre 2008

Laurence, Gaby, Anne et moi se payons une penaude ballade de 4 heures de Raleigh à Virginia Beach, sur des routes de campagne à double voie. Le paysage tacheté du blanc des champs de coton prêt à la récolte, alterne avec les plantations d’arachides. Moi-même adepte inconditionnel de cette noisette divine, nous décidons d’arrêter chez le cultivateur pour savourer le fruit croquant. D’immenses remorques pleines de cacahuètes séchées font la queue pour la pesée avant d’être ensachées pour la vente.

Dans ma tendre jeunesse, j’étais venu passer des vacances sur cette plage commerciale. J’avais de vagues souvenirs du « boardwalk » mais surtout de l’immense quai en bois qui s’avance dans la mer, soutenu par des centaines de poteaux plantés de façon anarchique. Je me souvenais qu’il fallait payer pour y accéder. C’est encore le cas. De la série de motels miteux de mon enfance, il ne reste à peu près rien. Les Marriott, Hilton, Sheraton et Westin de ce monde ont acheté ces lots pour y construire des murs de dizaines d’étages qui bloquent la vue à la mer à partir de la passante « Pacific ». Ces hôtels restent quand même élégants vus de la plage, avec leurs couleurs pastels passant du jaune, au vert lime et au rose.

Ce soir je cueille mon fils Antoine à l’aéroport de Norfolk, à 30 minutes d’ici. Il vient nous rejoindre afin d’intensifier sa semaine de relâche en séjournant avec sa sœur à visiter les « sorority » de l’Université de North Carolina. Puisque la libération de la madame a fait beaucoup de chemin depuis que j’ai quitté cette institution sacrée, j’appris que maintenant les étudiantes universitaires américaines demeurent ensemble dans de grandes résidences en s’adonnant aux mêmes passes-temps frivoles que les garçons.

Jeudi soir, 20h00, il fait 35 degrés dans l’immense camping de 300 places, à moitié vide, de Virginia Beach. Un immense drapeau du Québec nous a salué à notre arrivée. Un méga-camping propre, bien organisé et ceinturé de pins. Peuplé principalement de retraités, souvent accompagnés de leurs enfants avec des bébés, il est situé à la limite du « Naval Air Station Oceana », un aéroport militaire de 15km2. Cette base d’une vingtaine d’escadrons de F18 génère un vrombissement assourdissant qui fait vibrer les roulottes, et un peu moins nos cœurs. Même le son du climatiseur n’arrive pas à enterrer le sifflement de ces avions magnifiques mais incommodants.

Pour justifier cette pollution sonore, si près d’un centre de villégiature de cette importance, j’ai même vu sur le pare-choc d’un résident « I love the Jet noise ». De la propagande militaire sans doute efficace pour les américains mais pas pour les étrangers. Je vais sans doute attendre encore 40 ans avant de revenir.

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