Il y a plusieurs années, j’ai eu la chance de travailler avec la vedette de la chanson des années 70, Nicole Cloutier. Dès l’âge de 17 ans, elle connu une carrière fulgurante de 1971 à 1977, sous l’aile de René Angélil et de Guy Cloutier. Nicole Cloutier possédait une très belle voix et un talent indéniable. Elle a fait paraitre deux disques 33 tours et une dizaine de 45 tours (simples).
En 1976, elle a même été vedette de cinéma dans le film culte Parlez nous d’amour de Jean-Claude Lord et Michel Tremblay, où elle tenait le rôle d’une jeune vedette populaire, abusée et alcoolique. Un film cru, intense, à la limite de la vulgarité, qui caricaturait le comportement des vedettes et des agents d’artistes au Québec. Des dizaines de vedettes de l’époque font partir de la distribution. Ce film est rarement vu à la télévision à cause de son caractère scabreux.
Remise en question
L’année suivante, suite à un changement de cap, à seulement 23 ans, elle abandonne le show business et entre dans les rangs des « 9 à 5 ». Nicole était une femme affable, souriante et séduisante. Ses yeux rieurs et son rire illuminait le bureau. Je me souviens d’une soirée karaoké pendant un congrès où elle avait volé la vedette, malgré sa grande discrétion sur son ancienne vie.
Pour ceux qui sont nés après Jeunesse d’aujourd’hui, elle a interprété plusieurs succès léger comme Fleurs de papier et « Dans mes grands prés verts » (écoutez un extrait de la chanson au 5e item). Cette dernière chanson m’a toujours beaucoup plus. Il s’agissait d’une adaptation de la chanson I’m Gonna Be A Country Girl Again de la chanteuse Folk saskatchewanaise Buffy Sainte-Marie. Malgré des paroles très granola et son rythme country, elle traduisait l’essentiel du mouvement « Retour à la terre » des années 70. Écoutez aussi la chanson Tu m’as eu sur youtube.com, une traduction “You’re So Vain” de Carly Simon.
Retrouver ses racines
Je discute avec des copains qui, comme moi, sont à la veille de la retraite. Ils sont littéralement terrorisés par l’idée de ne plus avoir de raison de se lever le matin. Leur travail, c’est toute leur vie. Pour eux, hors du travail, point de salut, point de statut. Un peu comme la cigale qui n’a pensé qu’à l’été, ils se trouveront fort dépourvus quand la bise viendra. Pas un seul petit morceau de passion et de passe-temps pour meubler leurs journées. Un peu comme celui qui n’a pas contribué à son fond de pension intellectuel, quand la retraite arrive, il se retrouve devant le vide pour nourrir corps, esprit et âme.
Planifier et assumer
Planifier financièrement sa retraite est sage. Mais il faut plus que ça. Il faut se demander ce que l’on aimerait faire et le planifier plusieurs années d’avance. N’attendez pas que la vie vous rattrape. Comme Nicole, avec sa chanson annonciatrice, après une vie trépidante où le carrousel tournait trop vite, elle a retrouvé ses grand prés verts. Quand votre décision est bien planifiée et assumée, vous dormirez profondément sans toujours vous demander si vous avez pris la bonne décision.
