Des vagues de joie, dans un bain de mélancolie

22 novembre 2010

Pools of sorrow, waves of joy
are drifting through my opened mind
Possessing and caressing me

Ces célèbres paroles lennonesque décrivent assez bien mon état d’esprit ces derniers jours.  Ouf deux mois sans rien pondre sur mon blogue.  On s’inquiète? Laissez-moi vous expliquer.

Baigner dans la mélancolie : le marteau, sans la faucille

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Après 4 mois de travaux intensifs et presque quotidiens à construire un nouveau pavillon, j’entrevoie finalement les travaux se terminer dans quelques semaines. Le revêtement extérieur est posé. Juste à temps avant les premières neiges. Je n’aurai pas eu le temps de compléter le balcon, mais ce n’est rien pour retarder son occupation.

L’isolation des plafonds et des murs est terminée.  Il reste à monter les murs entre les pièces. Finaliser la pose de l’électricité et monter le parement mural en planches de pin.  Ce type de planches est plus facile à manipuler et moins problématique que les panneaux de placoplâtre.  La plomberie attendra au printemps.

La chapelle, petit nom non officiel de cette annexe, sera prête pour la période des fêtes, pour accueillir mes enfants, mes amis, ma famille. J’ai même planifié d’y installer au sommet ma cloche de train de LRC, mais sans crucifix.

Un spleen m’inonde. J’ai bien aimé l’expérience de construire une maison pour meubler mes temps libres, entre mes contrats web. D’autres projets me trottent dans la tête comme la rénovation de la cuisine de ma résidence, en janvier.  Mais je serai alors loin de ma forêt et de ses blanches contrées. De toute beauté, mais un peu désert.

Parfois, j’avoue que je trouve les journées un peu longues à travailler seul, loin de la civilisation.  Mais en réalité, le travail manuel avec des échéanciers serrés est très gratifiant et fait oublier l’isolation et l’exil. Tu as beaucoup de temps pour réfléchir et faire la paix avec tes démons. Et quand le coeur n’y est plus, tu te vautres dans le web pour satisfaire tes clients ou pour compléter tes propres projets. Et tu écris, à la lumière du feu de bois…

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Les vagues de joie : ma colosse de Rhodes

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Nos enfants sont souvent les êtres qui nourrissent le plus votre fierté et font oublier les sacrifices de les avoir amenés à la vie adulte et les abnégations de votre propre vie.

Ma fille aînée Laurence termine son baccalauréat à l’Université de Caroline du Nord, en relations internationales avec spécialisation sur le Moyen-Orient.  Déjà récipiendaire d’une bourse d’études pour le bac, elle tentait le grand coup pour sa maîtrise, en visant la prestigieuse Université d’Oxford en Angleterre, fondée au 12e siècle.  La façon d’y arriver ? En s’inscrivant à une des plus célèbres bourses internationales, la bourse Rhodes.

Elle hésitait à s’y inscrire parce qu’elle ne croyait vraiment pas être à la hauteur.  Pour elle, ne pas être sélectionnée aurait été vécue comme un échec. L’été dernier, après avoir visité le campus et rencontré quelques professeurs de cette honorable institution, située à 100 km au nord-ouest de Londres, elle est revenue convaincue de s’inscrire au concours de sélection.

La semaine dernière, elle nous annonça qu’elle avait été choisie dans la courte liste de 16 candidats québécois pour l’attribution de 2 bourses.  Elle sauta dans un avion pour passer l’entrevue devant le jury, samedi dernier.  Elle en est revenue déçue et triste, prétextant avoir raté quelques questions faciles.  Mais le sort s’est révélé tout autre.  Elle a finalement été sélectionnée pour cette bourse de deux ans, à la plus vieille université au monde.

Le journal La Gazette en a fait sa une, dans l’édition du dimanche 21 novembre:

The Gazette – Quebec’s latest Rhodes Scolarship

Ses faits d’armes sont aussi mentionnés dans le journal de l’Université de la Caroline du Nord et le Charlotte Observer, un quotidien de la Caroline du Nord.

La bourse « Rhodes Scholarship » pour les nuls

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Wikipédia anglais nous dit de la Rhodes Scholarship :

It  was the first large-scale programme of international scholarships (1903) and is widely considered the « world’s most prestigious scholarship » by many public sources (such as Time Magazine, Yale University Press, The McGill Report and Associated Press).

De plus on traite de la liste de critères à rencontrer:

Rhodes’ legacy specified four standards by which applicants were to be judged:

* literary and scholastic attainments;
* energy to use one’s talents to the full, as exemplified by fondness for and success in sports;
* truth, courage, devotion to duty, sympathy for and protection of the weak, kindliness, unselfishness and fellowship;
* moral force of character and instincts to lead, and to take an interest in one’s fellow beings.

Lors de sa création en 1903,  suite au décès du milliardaire britannique célibataire d’Afrique du Sud Cecil Rhodes,  fondateur de la Rhodésie et propriétaire des mines de diamants De Beers,  52 bourses d’études à Oxford ont été allouées, dont seulement 2 au Canada.  En 2010, 83 bourses sont maintenant décernées, dont 11 au Canada et 2 au Québec.

Je prépare mes valises.  Elle aura sûrement besoin de conseils paternels pour choisir la couleur des murs de son appartement… Et je pourrais visiter avec elle le Liverpool de John, qui n’est qu’à 3 heures en train.

Jai Guru Diva (Gloire au maître divin)

Benoit Laporte novembre 30, 2010 à 02:10

Un autre article de qualité, et très détaillé, a été publié le vendredi 26 novembre 2010 dans le quotidien The Gazette.

Bonne lecture!

http://www.montrealgazette.com/news/montreal/long+road+Rhodes+Scholarship/3886048/story.html

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