Sur la terre de la liberté et la patrie des braves?

7 mai 2011

Sur ces paroles si souvent entendues en début de partie de hockey, baseball ou basketball (The land of the free and the home of the brave),  nous avons parcouru ces dernières semaines, plus de 5 000 km sur les routes de nos voisins d’en bas. La graduation de ma fille en Caroline du Nord est devenue le prétexte à une virée 400 km plus au sud, à Myrtle Beach en Caroline du Sud.  Laurence m’informe que les habitants du nord ont sarcastiquement baptisé cette ville du sobriquet de « Armpit of America », ou « l’aisselle de l’Amérique ». Ça promet.

La ville en carton-pâte

Pendant mon enfance, mes parents avaient l’habitude de planifier nos vacances familiales à la mer. Dès le début des années 60, à huit dans une roulotte, nous avons d’abord gelé au Maine (Old Orchard), pour ensuite descendre au Massachusetts (Provincetown). L’année suivante, nous essayions Wildwood-Cape May, au New Jersey, pour ensuite retraiter encore plus au sud, en Virginie (Virginia Beach) en 66.

Mais mes plus beaux étés se sont déroulés à Myrte Beach en Caroline du Sud. De 68 à 70, j’ai passé plusieurs semaines sur les plages de cette ville. Une ville presqu’irréelle, entourée de dizaines de campings et autant de terrains de golf. Si vous aimez les Wal-Mart ouverts 24 heures, les centres commerciaux à perte de vue, les « outlets » à perpétuité et les chaînes de junk food, vous serez aux anges.

Le gigantesque camping Lake Arrowhead de mon enfance, construit directement sur la mer, est disparu pour devenir un complexe hôtelier avec plusieurs centaines de condos grillagés.  Par contre, juste à coté, un autre campground (Myrtle Beach Travel Park) a survécu aux promoteurs en demeurant moderne, propre et agréable.  Des VR de plusieurs centaines de milliers de $$ côtoient des caravanes à sellettes (Fifth Wheel) de pauvres, à 80 000 $ (incluant le F-250).  Les roulottes traditionnelles d’une trentaine de pieds sont minoritaires et font figure de dinosaures. Par contre, la faune de cette période de l’année est plutôt « retraité actif » que familial.

Ce qui a changé depuis 40 ans ?

Les gratte-ciels le long de la mer, les conciergeries de condos clôturés, les autoroutes jusque dans votre cour, les gens qui se déplacent en voiturettes de golf sur les trottoirs et les obèses partout. En fait, ils sont tellement gros que Wal-Mart leur fournit des scooters électriques pour se déplacer dans les allées 2 fois plus larges que chez nous.

Ce que vous ne verrez pas

Les épiceries sont rares tout autant que les magasins de meubles (pas très utile pour les touristes). Les bacs de recyclage, si vous en trouvez, refusent les bouteilles en verre (!) .  En fait, les caissières de grandes surfaces placent nos achats dans des sacs jetables avant de les glisser dans nos sacs recyclables (québécois). Elles n’ont pas compris le principe.

Oubliez les feux pour piétons ou les traverses piétonnières.  En fait ici, personne ne marche. Tout est construit pour la bagnole. Les parcs sont rares et je n’ai vu aucune piste cyclable, ou cycliste pour les emprunter.

Il y avait pourtant ce jeune médecin de St-Jérôme, rencontré sur notre camping, qui chaque matin pédalait casqué, malgré la limite de vitesse de 10 mph sur ces chemins. Les campagnes de la SAAQ nous hantent, même au sud de la frontière. Un contraste avec la grande majorité des motocyclistes qui roulent sur l’autoroute, sans casque. J’imagine que « la terre de la liberté » s‘exprime aussi par les cheveux au vent, sans contrainte… La liberté de se péter la fiole, sans que ton voisin paye pour toi.

Myrtle Beach, un endroit pour passer du bon temps, mais pas y vivre.  Un cirque perpétuel, avec peu d’intérêt pour y écouler ses vieux jours.  Mais tant que vous avez le soleil et la mer, le reste importe peu.

Marc Deschênes mai 8, 2011 à 07:28

Que de souvenirs d’enfance et que de questionnements pour nôtre avenir. Nous c’était un petit chalet au bord de la mer à Hampton Beach et maintenant l’illusion perciste. Comme si les lendemains n’avaient pas besoin de notre attention aujourd’hui. À ce propos, l’Ile du Prince Edward est un véritable modèle. Us Canadains have so much to show and are so green …. For now
Merci pour le beau texte Benoît.

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