Naître, mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la loi *

17 août 2007


Hier c’était la course dans le métro. Pas le temps ou presque pour marcher, notre itinéraire est chargé comme celui d’un ministre. Debout au chant du coq, en fait au son du camion de vidange, du livreur de légumes et de bouteilles, Gérald et Pierre se lamentent du boucan nocturne incessant. La chambre des jeunes se situent à l’arrière de l’édifice et la nôtre, devant l’aire de livraison…

Partis pour la tour Eiffel, nous amerrissons dans une fourmilière grouillante de touristes. Nous nous repérons facilement grâce à nos chandails rouges mais nous serrons quand même les rangs. Une faune bigarrée de vendeurs du temple tente d’attirer notre attention avec des breloques aux couleurs de la tour. Nous enjoignons les jeunes de ne pas leur répondre, ni même de les regarder. Pendant que Gérald négocie au comptoir des groupes, nous sommes assaillies par un escadron de gitanes qui demandent l’aumône. Les jeunes sont fascinés par ces femmes mystérieuses, vêtues à l’orientale, organisées en bande qui sollicitent systématiquement tous les badauds.

Gérald de retour nous annonce penaud, qu’ici nous ne sommes pas un groupe, que celui-ci doit obligatoirement compter au minimum 20 membres. Alors pour la première fois en 2 semaines nous devons nous abaisser à faire la file avec le peuple. Plus de passe-droits comme au Louvres, à Versailles ou au Mont St-Michel. Au moins une heure et demie d’attente. Je me rends à mon tour au comptoir pour essayer de séduire la préposé Mon charme n’opère pas plus que celui de Gérald. J’essaie de la soudoyer en lui offrant de payer pour 20 personnes au lieu de 14. Rien à faire, elle est incorruptible. Elle me trompète que l’administration de la tour est privée et que la réglementation est ferme. Pas de faveur pour les petits cousins scouts…

Aussitôt les attentes, ascenseurs et photos d’usage terminés, nous nous dirigeons en métro vers le non moins célèbre cimetière du Père Lachaise. Une ville des morts au milieu de celle des vivants. Je suis allé à Paris plusieurs fois toujours en me promettant d’y passer un moment. Depuis que je suis enfant je suis fasciné par les cimetières. Probablement parce que j’ai perdu une de mes sœurs alors âgée de 7 ans, de 2 ans mon ainée.

Les jeunes ont trouvé ma proposition bizarre mais ont accepté volontiers de se plier à ma lugubre requête. Et ils n’ont pas été déçus. Arpentant ce magnifique lieu de monuments démesurés, de tombes sinistres et de mausolées excentriques, ils ont pu admirer le lieu de repos de Chopin, Molière, Lafontaine, Alphonse Daudet, Lamartine, De Musset en passant par les incontournables Jim Morrisson, Yves Montand/Simon Signoret, Gilbert Bécaud, Marcel Camus ou Maria Callas. On a pris le temps de s’arrêter devant le bronze intégral de Victor Noir, réputé pour rendre fertile ou favoriser les amours désirés, si vous caressez le bronze à certains endroits stratégiques. Pas assez de 90 minutes pour tous voir. Faute de temps, on a même dû laisser tomber Piaf, Bizet et Balzac.

Évincés du cimetière par les crocs-morts à 18h00 pile nous marchons de pieds fermes vers l’auberge afin de repiquer une tite sieste avant de se remplir la bedaine chez notre arabe préféré. Heureux de nous revoir, il était déçu que nous ne mangions pas de son couscous mais plutôt de la pizza, du poulet ou des viandes rouges. Je lui ai expliqué que tous nous combattions une intoxication sévère à la baguette, au brie et au pâté.

Paris, la méconnaissable

Je suis allé pour la première fois à Paris au même âge que nos jeunes, soit à 17 ans, rejoindre un de mes frères qui y étudiait. Je suis retourné à quelques reprises avec mes parents et plus tard avec Anne, mes enfants et un autre groupe scouts en 2003. Paris était alors sale, les trottoirs couverts de crottes de chien. Les moindres recoins de la capitale sentaient l’urine et partout on rencontrait des mendiants ou des rassemblements inquiétants de jeunes immigrants ou de gentes dames offrant leurs charmes aux touristes.

Tout ça c’est de l’histoire ancienne. Paris est métamorphosée. Les quais de la Seine qui jadis grouillaient de tristes sires, sont aujourd’hui couverts de sable, de filles en bikinis, d’enfants qui sautent sur des trampolines, de joueurs de pétanque et de bistros improvisés. Et il y a des toilettes PARTOUT à Paris. Et gratuites. Et de la police, s’en est épeurant. Armée jusqu’aux dents avec leurs mitraillettes et uniformes de camouflage. Fini le risible gendarme de St-Tropez. Aujourd’hui Paris est exagérément défendue pour ne pas que se répètent les actes de terrorismes d’il y a quelques années.

Les grand prix du camp

Suite à un vote secret de l’animation, voici la liste des gagnants des grands prix du Pionniers en France 2007 :

Les garçons :

L’écuyer toujours disponible et aimant magasiner : Simon B
Le chevalier persévérant et attentionné : Alexandre
Le galant serviable : Simon C.
Le protecteur de ces dames : William
Le clown en liberté : Gilbert

Chez nos filles :

La travailleuse discrète : Cynthia
La fonceuse pleine d’initiative : Chloé
La Jeanne d’Arc négociatrice : Gabrielle
La Cœur vaillante généreuse : Amélie
La diplomate qui donne sans compter : Maryse

Une plaque commémoratrice sera gravée sur la tombe du Pion. inconnu pour souligner ces récompenses.

Nous vous remercions d’avoir eu la patience de lire ces textes quotidiens qui nous ont permis de rester en contact avec vous, malgré la distance. Pardonnez nos fautes et les propos qui vous ont peut-être froissés (ça ressemble à une prière que je connais). C’est une chronique écrite sur l’inspiration du moment, sur un banc de parc, dans un lit, ou un coin de table de piquenique. Alors à bientôt, devant un verre de rouge, une baguette et un morceau de brie, peuchère…

Benoit et les preux Pionniers de la 148e

* Inscription prise sur la tombe d’Allan Kardec, un grand spiritiste au cimetière du père Lachaise.

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