Un peu de pitié pour Mario

13 décembre 2008

J’ai toujours eu un sentiment d’indulgence envers Mario. Un peu comme tu en as pour le grand laideron qui se présente comme président de ta classe et essaie de te convaincre, dans son discours de mise en candidature, que lorsqu’il sera président nous aurons une fantastique classe neige au Colorado. Dès sa scission à 21 ans avec le Parti Libéral de Robert Bourassa, au lendemain de l’avortement de l’accord du Lac Meech en 1991, jusqu’à sa démission cette semaine, il m’a toujours fait un peu pitié.

Au printemps 2007, malgré un discours de droite, il a su profiter de l’écoeurantite chronique contre Charest et de la peur du « gay, ancien drogué, qui parle drôle ». Comment un ti-cul « fils de fermier » du Bas du fleuve, frais émoulu de l’Université Concordia en économie, a pu faire élire 41 députés avec 36% des votes ? Ça relève de l’opportunisme politique.

Ces dernières semaines, je l’écoutais discourir en répétant à toutes les 2 phrases « la classe moyenne » et « la famille »; il me décontenançait. Personne n’est contre la famille, la grande majorité des citoyens en ont une, même si elle n’est pas «traditionnelle» mais souvent «crémeuse». Personne non plus n’est contre la classe moyenne, qui couve à peu près tout l’espace sous la cloche démographique, laissant les riches et les pauvres aux 2 extrémités de la courbe.

Mais son discours le plus démagogue il l’a tenu pendant les audiences Taylor-Bouchard où il alimentait la hargne contre ceux qui veulent nous empêcher de fêter Noël. Il a aussi dépassé les bornes la semaine dernière avec ses propos odieux devant les personnes âgées (en fait très âgées), hautement dépendantes de leur pension et de leur résidence administrée en grande partie par le gouvernement. De la politique indigne et un véritable déshonneur pour la vocation de politicien.

Mario a pourtant des idées de réforme intéressantes. Il voulait réformer « les gouvernements » à l’intérieur du gouvernement (commission scolaire, SAQ, Hydro-Québec, hôpitaux…). Beaucoup de payeurs de taxes étaient d’accord pour amincir l’appareil d’état et redonner les institutions aux citoyens. Mais là où il perdait sa crédibilité, c’est lorsqu’il voulait tout bulldozer au profit d’un état sans substance. Au lieu d’y aller au scalpel, il aurait dépecé notre état providence à coup de hache. Un discours à la Thatcher-Reagan qui fait peur à ceux qui ont déjà vu neiger.

Hier matin, j’ai entendu le maire d’Huntingdon, l’avocat « Té-cul-esseque » polémiste facho, qui tâte le terrain et reluque la chefferie de cette poule maintenant sans tête. Si ce gars là prend la tête de l’ADQ, cette organisation aura disparu de la carte en moins de 2 … ans. Il entraînera dans son sillage tous les réactionnaires à la Gilles Proulx, André Arthur ou Benoit Filion, qui nous feront quand même rire un bon coup. Du bon manger pour les humoristes et caricaturistes.

Tu me manqueras Mario. Je m’étais tant bien que mal habitué de voir tous les jours ta face de méchant « fâché » redresseur de tort. Je te souhaite bonne chance et espère te revoir un jour dans un rôle plus sympathique, peut-être dans une émission de variétés, la perruque t’allait si bien.

Garamond décembre 14, 2008 à 10:37

Mario Dumont va se recycler très bientôt. On le verra adhérer au Parti Libéral (Quand Charest s’en ira à Ottawa) et il recommnecera ses beaux discours.
Mario est un mercenaire de la politique, il ne sait rien faire d’autre…

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