Journée particulière aujourd’hui

29 juillet 2005

29 juillet 2005
Journée particulière aujourd’hui

Étienne : Ce matin, nous étions campés sur un superbe site, à côté d’une cascade se jetant dans la George. Je me suis levé plus tôt, vers 5 h, pour pouvoir remonter la cascade avant le départ en canot. J’ai marché pendant deux heures dans le soleil du matin et, étant parti avec ma canne à pêche, j’ai ramené cinq petites truites pour le déjeuner. Un moment de bonheur. Nous avions planifié une grosse journée, et pourtant les préparatifs de départ étaient très lents. Les canots ont quitté la rive peu avant midi… Grosse journée. Le temps est devenu graduellement nuageux, nous avons pagayé 37 kilomètres et nous nous sommes finalement campés sur une micro-plage… infestée de mouches noires. Je ne suis pas sûr d’avoir déjà vu autant de mouches. De plus, il a fait froid. Mais le coucher de soleil, avec son ciel violet, était superbe. Il ne nous reste que trois jours de canot. Plus une journée de portage, et peut-être une ou deux journées de congé (selon la météo). Nous reprendrons ensuite l’avion pour retourner à Montréal. Je ne sais pas si c’est le retour qui approche qui m’a mis dans un état de spleen toute la journée.

5 hommes en lunch sur leur rocher. Étienne, Gérald, Pierre- Marc, Benoit et Raymond

Personnellement, ce fut une grosse journée, mais pas à cause des 37 kilomètres, pas à cause du froid, pas à cause des mouches (l’avantage des soirées froides, c’est qu’à partir d’une certaine heure, il fait tout simplement trop froid pour les mouches) (je n’ai pas sorti le thermomètre, mais je crois que c’est autour de 7 degrés). Personnellement, ce fut une journée difficile à cause du spleen. C’est fréquent d’avoir une journée de spleen dans ce genre de voyage. Le spleen peut être causé par toutes sortes de raisons… Souvent, je ne sais pas trop pourquoi ça commence, ni d’ailleurs pourquoi ça finit. Je ne sais pas si ça a rapport, je ne sais pas si c’est la cause, mais c’est clair qu’aujourd’hui la féminité me manque. Les seules femmes que j’ai vues depuis mon départ de Montréal il y a deux semaines sont Alana (qui fait partie d’un groupe d’Américains qui descendent eux aussi la rivière, nous avons jasé 15 minutes) et Diane (une Québécoise très colorée qui nous a chaleureusement accueillis dans sa pourvoirie il y trois jours). C’est peu, trop peu. J’aime bien la gang de gars que je côtoie, mais il manque quelque chose. Et je ne parle pas de sexe, je parle de féminité. Je m’ennuie des femmes. Nous n’en avons pas discuté entre gars, mes partenaires de voyage prendront connaissance de mes réflexions en lisant ces lignes, mais je suppose que je ne suis pas seul à m’ennuyer des femmes. Nous avons tous à un moment ou à un autre découvert des formes féminines dans les lignes d’horizon des montagnes. C’est un symptôme qui ne trompe pas. Demain sera un nouveau jour. Si tout va bien, demain soir, nous camperons aux chutes Hélène. Nous achevons donc la portion rivière du voyage, et nous commencerons bientôt son estuaire. Nous arriverons dans quelques jours à la mer (ou, pour être plus exact, à la baie d’Ungava, quelque part au nord-est de Kujjuak). Ensuite, ça sera le retour vers Montréal, l’été, le vin rouge et les amies.

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