L’émancipation de l’austère Toronto

22 janvier 2009

Tu écris un peu comme tu voyage.  Pour le plaisir, pour ton plaisir.  Par passion, pour te détendre, pour nourrir ton âme.  Je parle rarement de mon travail même s’il m’inspire;  les voyages par contre m’excite le clavier. Je ferai ici une petite exception. Toute petite. Promesse de scout. Juré craché.

J’œuvre dans le domaine du web et du voyage.  J’ingurgite chaque jour des megaoctets d’information traitant d’Internet et de tourisme.  Les sites transactionnels de voyage sur le web sont mes mères nourricières. La table est maintenant mise.

Le train réinventé

J’écris ce texte à bord d’un train entre Montréal et Toronto. Un train offrant un service à bord « Art nouveau ». VIA a mis en service, il y a quelques jours, leurs plus récents équipements européens sur l’express de 17h00 vers la ville Reine. Roulement plus doux, atmosphère feutré, salon exclusif première classe à bord (en plus de celui à la gare), siège privé à une seule place. L’originalité de ce service est sans contredit le nouveau repas personnalisé au siège, ne ressemblant en rien au service habituel, calqué sur les compagnies aériennes. En fait on est traité comme à la maison. Une véritable assiette avec un vrai napperon. Un préposé qui décore votre assiette devant vous avec ses hors d’œuvre, votre plat principal et votre dessert. Comme maman le faisait autrefois.  Un service attentif où votre repas n’est pas confiné à un minuscule bol et un napperon synthétique.  J’aime beaucoup.

Le salon adjacent avec banquettes permet de siroter un smottie ou un digestif devant un match de hockey sur écran ACL, en haute définition (ajout bientôt disponible). Le tout agrémenté de l’internet sans fil, qui n’est pas aussi performant qu’un « geek » le désirerait, mais qui répond assez bien aux besoins de base pour les courriels, le surf et la recherche.  Mais n’essayez rien en streaming (radio, tv ou vidéo), vous serez déçu ; la bande passante supporte mal ce type d’usage qui n’existait à peu près pas lors de sa mise en service il y a 3 ans. Pour le VPN, la fragilité de la connexion est encore incompatible avec le déplacement du train.

J’assiste à la conférence Web econnect de TIAC , parainée par l’association regroupant les partenaires majeurs de l’industrie touristique au Canada .  De grosses pointures dans la salle, jumelées à des conférenciers érudits.  Une talle de qualité pour le réseautage et pour valider ton plan eMarketing.

Pour ceux qui connaissent mon tempérament bouillant, je déplore deux comportements qui m’irritent intensément lors de ces conférences :

1.    l’entreprise qui paye une petite fortune pour que son représentant puisse y assister mais qui n’écoute pas, en passant le plus clair de son temps à taper sur son laptop, ou son Blackberry sous la table, en pensant que personne ne les voit.

2.    Les firmes de communication web, ou vendeurs de technologies naissantes, qui examinent les coordonnés de ta cocarde comme s’ils recherchaient l’âme sœur dans un club Med.  Un peu de subtilité, messieurs les vendeurs, vous pouvez aussi vous présenter.

Toronto, la chaste

Ce matin j’ai marché de mon hôtel jusqu’au lieu de la conférence.  Une matinale balade de 4 km, justifiée par le tarif corporatif imbattable de mon hôtel, semblable à celui exigé au « Motel 69 » de Joliette.  Chanceux, pour la première fois depuis plusieurs semaines, il fait exceptionnellement doux ce matin.  Mais Toronto la pure est maintenant blanche, avec des bancs de neige comme à Montréal.  En fait ici on ne ramasse pas la neige.  Elle est simplement poussée sur le bord des trottoirs.  Les madames en « talons hauts » grimpent les tas de neige en sortant des taxis. Exotique.

Banc de neige à Toronto

Banc de neige à Toronto

snow

Toronto a beaucoup changé depuis ma première visite en 1981.  Fini les odeurs d’égout émergeant des bouches de ventilation.  Fini les clochards couchés dans des boîtes de carton sur les trottoirs (à moins que le froid ne les aient fait fuir?).  Ce qui faisait son exquise beauté, existe toujours.  Ses tramways rouges, silencieux et archibondés.  Ses feux de circulation qui chantent pour les aveugles.  Ses chauffeurs de taxis enturbannés.  Les vendeurs philippins de monstrueux hot-dogs odoriférants.  Les geishas dans les froids lobbies de gratte-ciels.

C’est une ville beaucoup plus cosmopolite que Montréal.  En fait vous y voyez très peu de caucasiens. Comme à Vancouver. J’imagine que c’est l’unique solution face à la baisse du taux de natalité. RBO nous avait pourtant avisés au début des années 90. « Repeuplons » qu’ils nous imploraient.

Le côté triste de la mégapole ? Les sympathiques petits commerces sur Younge ou King qui disparaissent comme peau de chagrin, pour faire place à des immenses Future Shop et « Food Fair », comme à New-York. Comme si on bulldozait la rue St-Denis ou Crescent.  Je sais, on l’a déjà fait sur St-Laurent et Bishop.  Mais au moins nous avons maintenant de beaux grands stationnements…

Allez lire ce court article sur Toronto la neuve, tiré de L’Express

« On ne voyage pas pour changer de lieu, mais d’idées »    Hyppolite Taine

Micheline janvier 23, 2009 à 14:50

Toronto s’est aussi beaucoup amélioré au point de vue des restaurants, du café, des fromages et compétionne maintenant avec Montréal. Peter Ustinov avait dit de Toronto que c’est New-York mais géré par des Suisses.

Garamond janvier 23, 2009 à 19:44

Le voyage en train me semble fabuleux ! Je suis un inconditionnel du train, que j’ai apprécié souvent en Europe.
Est-ce beaucoup plus cher que l’avion ?

Benoit Laporte janvier 24, 2009 à 10:45

Non, c’est une fraction du prix du billet d’avion. Si vous planifiez d’avance, vous pouvez bénéficier d’un prix aller simple exceptionnel de $129 + taxes. Et il n’y a aucun frais cachés comme ceux des avions où le prix de base double et triple avec les surcharges surprises. Allez à http://www.viarail.ca/superieure/fr_index.html

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