La cicatrice dans la tête

27 janvier 2009

La semaine dernière, vous avez peut-être été témoin d’images éprouvantes au bulletin de nouvelle.  Le joueur américain de hockey junior Garrett Klotz, des Phantoms de Philadelphie, a livré un violent combat  face à Kevin Westgarth, des Monarchs de Manchester.  Après plusieurs coups reçus à la tête le jeune Klotz a convulsé sur la glace, une crise d’épilepsie vraisemblablement causée par les coups reçus à la tête.  Des images troublantes pour qui n’est pas familier avec ce défectuosité neurologique.  Difficile, même pour ceux qui vivent avec elle depuis longtemps.

Le combat avant la crise apparaît sur youtube ainsi que le reportage où l’on  aperçoit, pendant quelques secondes, le jeune joueur en convulsion.

Ma compagne de vie, qui a souffert d’un solide traumatisme en moto à l’adolescence, a vécu par la suite des périodes épileptiques.  Pendant qu’elle était enceinte de nos enfants, cette étrange manifestation neurologique a réapparu à quelques reprises, surtout dans de grandes surfaces, causée par l’effet stroboscopique de néons défectueux.  Ce phénomène bénin est suffisant pour déclencher une surcharge électrique du cerveau et entrainer le comportement convulsif spectaculaire associé à l’épilepsie.

Mais il y a plusieurs types d’épilepsie et plusieurs manifestations de cette affection neurologique. Celle que je connais bien est l’épilepsie tonico-clonique, ou communément appelé le « Grand mal ».

Ma fille autiste, de son côté, n’a eu aucun épisode épileptique avant l’adolescence. Du moins aucune crise dont nous avons été témoins. Il y a 3 ans, un soir où elle était dormait entre nous, elle a soudainement hurlé de douleur, s’est arqué, la contraction a coupé son souffle, ses yeux ont tourné et sa figure s’est bleutée. Comme un drapeau sur son mat, son petit corps fragile s’est mis à trembler par secousses courtes et fermes. Pendant 30 secondes, un court-circuit a traversé son corps.  Qui nous a paru 30 minutes. Ma compagne, en contrôle, l’a retourné sur le flanc et l’a laissé faire en évitant que ses secrétions buccales ne bloquent sa respiration.  Moi j’étais étourdi, incapable de me calmer.

Quinze minutes après l’événement, elle semblait morte. Blême, amorphe et sourde à nos appels. Son souffle court et rauque était gêné par les sécrétions dans ses voies respiratoires. Elle gisait comme inconsciente.

Le lendemain matin, dès les premiers rayons de soleil, elle s’est glissée dans notre lit en réclamant ses éternelles toasts « brunes ».  Elle était calme et souriante;  comme si rien ne s’était produit.

Récemment, nous avons vécu un autre incident où, somnolante sur le divan, elle a encore convulsé devant nous.  Tout aussi traumatisant.  Le neurologue qui traite notre fille, lui a finalement prescrit des anticonvulsivants, un médicament qui contrôle bien ce type de crises, sans trop d’effets secondaires. Ce médicament contrôle tout aussi efficacement l’autre type d’épilepsie le « Petit mal », dont Gabrielle a aussi souffert, caractérisée par un court moment où son corps s’arrête, figé dans l’espace, et qui repart après quelques secondes. Le jour où cette absence s’est produite dans l’escalier, nous avons compris que sa vie était en danger et qu’il nous fallait agir rapidement.

Si vous voulez en savoir un peu plus sur l’épilepsie, il existe une excellente vidéo (en anglais) expliquant les différents types d’épilepsie, avec des images saisissantes.

Le corps est une étrange machine. Il monte les plus hautes montagnes sans oxygène, descend sur 2 planches à une centaine de km à l’heure, plonge à plusieurs dizaines de mètres sous l’eau et résiste à des froids intenses. Pendant votre vie, il vous témoigne des comportements qui vous transcendent, et d’autres qui vous dépassent.  Comme l’épilepsie d’un enfant.

Le titre réfère au livre « La cicatrice dans la tête » de Valérie Pineau-Valencienne, traitant de l’épilepsie.

Garamond janvier 29, 2009 à 10:19

Je suis contre TOUTE FORME DE VIOLENCE au hockey; mais il semble que je suis le seul au monde.
Je suis devenu moi aussi épileptique, suite à un accident de voiture.
Crises de grand mal plusieurs fois par année jusqu’au jour où j’essaie le Tegretol. Miracle ! fin des crises ! ça fait 10 ans que je prends du tégrétol et je n’ai plus jamais fait de crises !

Benoit février 1, 2009 à 09:14

Les médicaments pour prévenir les crises sont très efficaces. En fait une vraie bénédiction. Aujourd’hui il en existe des douzaines de marques différentes qui n’ont à peu près pas d’effets secondaires.

Laisser un commentaire

 

Previous post:

Next post: