Le saut de l’ange

14 juillet 2005

14 juillet 2005
Le saut de l’ange

Le saut de l'ange

Benoît : Debout à 6 h, la pluie bat son plein. Un triste 14 degrés nous attend. Notre bon samaritain, Dr. Urgel Pelletier, propriétaire du chalet où nous dormons à Sept-Îles, nous raccompagne jusqu’à la gare de train de la QNSLR. Je laisse ma camionnette sous la garde de M. Pelletier pour éviter des surprises lors de notre retour. Nous arrivons à la gare en Cadillac, contraste frappant avec nos barbes de 4 jours, nos barils et nos crânes rasés. En effet, avant le départ, Raymond et moi avons décidé de nous raser la chevelure à son plus simple appareil. On nous avait prévenus que le train serait plein et de nous pointer tôt pour avoir de bonnes places. On nous avise de nous asseoir à gauche si les paysages de la rivière Moisie nous intéressent. Et quels paysages !

Hier les gens du train ont été très chics avec nous. Parce qu’il y a 4 groupes de canot-campeurs à bord du train, les patrons ont décidé de placer un box-car spécial sur le train de passagers. Une expédition sur la « De Pas-George », une autre sur la Romaine, une troisième sur une série de lacs près du lac Menihek et nous sur la George à partir du lac Résolution. Une quantité impressionnante de canots sur ce train, tous de marque Esquif, le manufacturier numéro 1 de canots au Québec. Assis dans le train, avant le départ, nous téléphonons une dernière fois à l’être aimée pendant que nous avons encore un contact cellulaire. Nous nous sentons comme le plongeur au bout du tremplin qui dans quelques secondes n’aura plus le choix et devra couper le contact avec la terre ferme et faire ce que doit. Evelyn, notre hôtesse de fer innu, comme elle s’amuse à se définir, nous rappelle le slogan qu’elle a créé pour ce train : « Destination garantie ou argent remis ». Un sourire dans les yeux, elle vient nous indiquer les plus beaux points de vue le long de la voie. Un voyage inouï dans une contrée unique.

Raymond : À bord du train les paysages défilent sous nos yeux. Non, c’est plutôt nous qui défilons devant des paysages immobiles qui semblent indifférents à notre regard. Un long travelling de 570 km. La scène se joue en une seule prise de douze heures rythmée par le roulis du train. Le décor ponctué de lacs et de montagnes est magnifique. Le coucher du soleil se décline en rose et ocre tandis que la nuit s’installe dans le moyen nord. Alors que nos collègues de Montréal viennent nous rejoindre à Schefferville en avion, en à peine trois heures, Benoît et moi avons mis trois jours pour y arriver. Mais c’est encore rien si l’on pense à ceux qui ont exploré le territoire bien avant nous. Le personnel du train a été très avenant envers nous. Merci à Éric Thibault et son équipe. Demain le grand départ pour 23 jours de rivière pour compléter notre saut de l’ange…

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