The Day the Music Died

13 février 2009

Il y a quelques temps je traitais de l’impact du web sur les publications imprimées, magazines et quotidiens.  Nous assistons à [cref c%e2%80%99est-assez-je-te-quitte la fermeture inexorable des imprimés] qui ne se sont pas adaptés au rouleau compresseur du Web.

La musique est une autre institution qui n’est pas épargnée par l’Internet.  Dès les premiers balbutiements des fichiers MP3, les adopteurs précoces (early adopters) ont compris que la diffusion de ce format venait de signer l’arrêt de mort de la distribution traditionnelle de la musique.

MP3

Après de nombreuses expérimentations, les firmes de recherches impliquées dans l’élaboration de fichiers musicaux plus légers que les traditionnels WMA WAV ont donné naissance, au milieu des années 90, aux fichiers MP3.  Au mileu des années 80, les mélomanes qui n’ont pas cru à la froideur du CD ont encore plus levé le nez sur ce format musical synthétique.  J’étais un de ceux là.  Parce qu’en fait les fichiers MP3 ne sont pas compressés mais amputés des composantes basses et aigues que l’oreille ne détecte pas (ou peu).  Mais je vous garanti que la première fois que j’ai écouté « Time »  de Pink Floyd ou encore « She’s leaving home » des Beatles, je savais que ce n’était pas la vraie chanson, mais une version édulcorée de l’originale.  Quand tu as écouté 100 fois la même chanson, tu es en mesure d’identifier une version tronquée.  Un peu comme un plat que tu déguste plusieurs fois par semaine depuis ta naissance;  tu peux facilement déceler si quelqu’un retire une épice ou modifie la qualité d’une composante de ton plat préféré.

Disque vinyle

J’ai longtemps boudé les MP3.   Il faut comprendre que j’ai grandi dans la vague Beatles, du vinyle, de la stéréophonie, des hauts-parleurs de la grandeur des autos d’aujourd’hui et des messes mystiques d’Harmonium;  la musique froide, codée en bites 1-2-1-2, me rebutait.

Un jour mon fils ainé m’offrit d’acheter un disque dur portatif où chacun de mes enfants me copia leurs albums (mal acquises?).  En une seule soirée, je me suis retrouvé avec plus de 10 000 albums dans le creux de ma main. En quarante ans j’avais, de peine et de misère, acheté plus de 5 000 vinyles (et 2 000 « 45 tours ») et 3,000 CD;  mes enfants m’ont copié la même quantité de musique en quelques minutes.

Il n’y avait plus de doute, la fin était proche.

Itunes

L’acquisition d’un IPod Touch l’an dernier a ébranlé mes convictions.  Finalement Apple respectait les droits d’auteurs en ne permettant pas à quelqu’un qui achetait un fichier sur Itunes de le partager.  Itunes bloquait la distribution en créant des fichiers propriétaires (AAC) avec mot de passe.  Il y avait de l’espoir.

Cette semaine, je lis qu’Itunes abandonne cette croisade.  Les fichiers pourront être partagés.  Le dernier bastion de résistants s’effondre.  La guerre est finie.  Les utilisateurs ont gagné.  Vraiment.  Peut-être ont-ils tué la poule aux œufs d’or ?

Sirius

La musique est essentielle à mon équilibre vital.  Pendant que je travaille dehors, dans mon garage, mon sous-sol, que je marche, pense, dors, peinture, mange, relaxe, pellete mon toit ou fend une corde de bois, la musique m’accompagne. Dans ma bagnole, je me suis équipé de Sirius, la seule radio par satellite disponible.  Elle m’offre un nombre dément de stations, sans pub et de qualité exceptionnelle.  Vous aimez le « rap-métal-électronique-trash-symphonique » ? Il y a surement une station qui l’offre.  De la segmentation de marché insensée.  Il y a même des stations 24 heures/7 jours de musique d’Elvis, de Sinatra, de Bruce Springsteen, de Led Zeppelin et de Grateful Dead !  Je ne savais même pas que les « Dead » avaient suffisamment d’albums pour couvrir 24 heures de diffusion.

Mais étrangement le canal Rolling Stones a été retiré  et aucune station « Beatles » n’existe.  Probablement que les détenteurs des droits, assoiffés de profits, refuse d’offrir leurs trésors en pâture aux minables de la radio satellite.

Mes soirées avec Tom & Bob

J’ai découvert une station qui rencontre mes critères d’auditeurs blasés. Un poste qui m’offre des artistes de qualité mais des pièces que personne ne connaît.  Deep Tracks offre des spectacles non-disponibles en magasin, des compositions d’auteurs des 60 et 70, des bijoux inconnus de Steely Dan ou Simon & Garfunkel mais aussi des pièces de groupes undergrounds comme MC5, Humble Pie, Status Quo, Yardbirds ou Uriah Heep.  Du bonbon pour nostalgique. Plein de nouvelles recettes de mets que j’adore.

Hier soir, notre DJ était Tom Petty avec son émission « Buried Treasure« .  Il n’était pas en entrevue.  Il était l’animateur en direct et « me » parlait directement dans mes hauts-parleurs.   À chaque 3 pièces il nous racontait des anecdotes de ses gigs avec Georges Harrison, AC/DC, U2 ou autres bluesmans américains.  Un moment de radio comme il en exsite peu.  Il y a aussi son pote Bob Dylan qui vous accueille, 4 fois par semaine ,avec son « Theme Time Radio Hour ».  De la musique, directement de la bouche du cheval…

La fin ?

Mais ce matin en lisant mes nouvelles, j’eu un choc comme Don McLean lorsqu’il a vu, sur le pas de sa porte, que Buddy Holy venait de mourir.  Sirius est en faillite! Même avec 20 millions d’abonnés, Sirius croule sous une dette de $3,25 milliard et ne peut plus survivre.  Pas étonnant avec le salaire de 100$ millions versé au minable Howard Stern pour ses propos scato, racistes et « French Bashing ».

On fait disparaitre la musique de qualité, pour la remplacer par des MP3 qui sonne comme du « AM ».  On ferme les chaînes par satellite de qualité.  Sommes-nous condamnés à écouter de la radio médiocre qui crache un son de piètre qualité ? Sommes-nous finalement prisonniers du nivellement par le bas ?

Pat février 13, 2009 à 21:28

Salut Benoit, bien intéressant… par contre je crois que la grande majorité des auditeurs n’ont pas ton sens musicale et je peux t’assurer que j’ai bien de la difficulté à personnellement entendre la différence. De plus, si tu veux plus de qualité, il est possible d’encoder avec une plus haute qualité… ça pèse plus lourd, mais au prix du giga aujourd’hui on s’en fou.

P.S. Dans ton paragraphe sur les MP3, le bon vieux format c’est WAV, pas WMA qui est un format compressé aussi, mais version windows (mp3 version universelle et aac version apple)

Garamond février 14, 2009 à 08:46

J’aime la musique moi aussi mais pas n’importe quoi ! Juste du classique et de la chanson française (France, belge et québécoise).
Pas de MP3 ou si peu… Pas de iPod ni disque dur plein des tunes de mes enfants1
On nivelle par le bas, c’est évident ! même Radio-Canada radio passe de la m….
Je me rabats sur mes CD et mes transcriptions de vinyls sur bandes magnétiques. Mais pas quand je vais pelleter mon toit !

Benoit Laporte février 14, 2009 à 09:12

@PAT

merci des correctifs. Je fais la modification dans le texte. De plus on m’a écrit directement pour me dire que la pièce « The Day the Music DieD » était au passé, correction que j’ai aussi faite.

Quant au son des MP3, je suis d’accord avec toi que l’on peut jouer sur la compression et améliorer le son de façon notable en augmentant le poids du fichier. Généralement avec une paire d’écouteur de bonne qualité nous remarquons moins la perte de fréquence, mais sur une excellent chaîne stéréo, plus souvent qu’autrement vous remarquerez la diminiution de qualité puisque une grande majorité « d’échangiste » musicaux se contente de « voler » de la musique avec les « Bit Torrent » plutôt que de l’encoder eux même directement de leurs propres CD. Et je ne te parle pas des innombrables méta-données erronées attachées à ses chansons.

@Garamond Il y a une table tournante que vous pouvez vous procurer (pas chere du tout) avec un port USB où vous pouvez encoder vos disques en vinyle sur votre ordianteur et les charger sur un lecteur MP3 que vos enfants pourraient vous offrir. Je vais faire ça à ma retraite: 5,000 vinyles, ça va m’occuper quelques années…

Garamond février 14, 2009 à 11:27

J’utilise ma vieille table et Garage Band, sur Mac.. C’est ardu mais ça marche !

Chrystian Guy février 16, 2009 à 15:28

« Drove my Chevy to the levee, but the levee was dry »

Il n’y a plus d’eau pour les producteurs de disques. Je suis de ceux qui croient (espèrent) que les artistes sortiront gagnants de cet épisode. Cependant, enfin, la sélection naturelle risque de s’opérer davantage… On n’achètera que les pièces qui valent la peine. Les artistes qui sont médiocres s’effaceront, les artistes qui font du « remplissage » d’album ne vendront qu’une tune et les autres, meilleurs, seront reconnus à leur juste valeur.

Maintenant, à propos du piratage… Le web n’est qu’un accélérateur… dans mon temps (!) on achetait un 45 tours pis on le copiait sur quelques cassettes pour le distribuer à nos chums… Je me souviens même d’avoir attendu pendant des heures l’oreille rivée sur la radio pour enregistrer les tunes de l’heure!

Mais si nous évoluons vers une société du partage (l’ère du réseau) il va de soi que les artistes trouveront leur bien. Ce bien ne passera plus par les mains crapuleuses de profiteurs, voilà tout…

Et, note technique, les MP3 ne sonnent plus AM depuis longtemps… 😉

Benoit Laporte février 18, 2009 à 23:14

Chrystian

Je sais que l’internet est une mine d’or surtout pour les Indie, les indépendants qui sont découverts grâce à ce canal de distribution. Mais après ce n’est pas évident pour eux. Ils doivent se rabattre sur les tournées pour ne pas crever de faim. Un groupe ou artiste qui ne fait pas de spectacle crèvera de faim malgré sa popularité parce que sa vente de disque ne suffira plus à le nourrir.

Hormis le fait que les MP3 ne sonnent plus AM, une grande majorité de ce que tu trouves sur les sites d’échange « pirate » et autre Bit Torrent sont de piètre qualité, selon moi. Peut-être que je ne magasine pas au bon endroit.

Mon sport préféré pendant une vingtaine d’année: passer des soirées à glaner la perle rare dans les boutiques de disques usagés sur Mont-Royal ou St-Denis. Je suis repassé devant l’autre jour et ils sont à peu près tous fermés. Je vous parle d’un temps que les gens de 20 ans ne peuvent pas connaître…

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