The Day the Music Died

Il y a quelques temps je traitais de l’impact du web sur les publications imprimées, magazines et quotidiens.  Nous assistons à [cref c%e2%80%99est-assez-je-te-quitte la fermeture inexorable des imprimés] qui ne se sont pas adaptés au rouleau compresseur du Web.

La musique est une autre institution qui n’est pas épargnée par l’Internet.  Dès les premiers balbutiements des fichiers MP3, les adopteurs précoces (early adopters) ont compris que la diffusion de ce format venait de signer l’arrêt de mort de la distribution traditionnelle de la musique.

MP3

Après de nombreuses expérimentations, les firmes de recherches impliquées dans l’élaboration de fichiers musicaux plus légers que les traditionnels WMA WAV ont donné naissance, au milieu des années 90, aux fichiers MP3.  Au mileu des années 80, les mélomanes qui n’ont pas cru à la froideur du CD ont encore plus levé le nez sur ce format musical synthétique.  J’étais un de ceux là.  Parce qu’en fait les fichiers MP3 ne sont pas compressés mais amputés des composantes basses et aigues que l’oreille ne détecte pas (ou peu).  Mais je vous garanti que la première fois que j’ai écouté “Time”  de Pink Floyd ou encore “She’s leaving home” des Beatles, je savais que ce n’était pas la vraie chanson, mais une version édulcorée de l’originale.  Quand tu as écouté 100 fois la même chanson, tu es en mesure d’identifier une version tronquée.  Un peu comme un plat que tu déguste plusieurs fois par semaine depuis ta naissance;  tu peux facilement déceler si quelqu’un retire une épice ou modifie la qualité d’une composante de ton plat préféré.

Disque vinyle

J’ai longtemps boudé les MP3.   Il faut comprendre que j’ai grandi dans la vague Beatles, du vinyle, de la stéréophonie, des hauts-parleurs de la grandeur des autos d’aujourd’hui et des messes mystiques d’Harmonium;  la musique froide, codée en bites 1-2-1-2, me rebutait.

Un jour mon fils ainé m’offrit d’acheter un disque dur portatif où chacun de mes enfants me copia leurs albums (mal acquises?).  En une seule soirée, je me suis retrouvé avec plus de 10 000 albums dans le creux de ma main. En quarante ans j’avais, de peine et de misère, acheté plus de 5 000 vinyles (et 2 000 “45 tours”) et 3,000 CD;  mes enfants m’ont copié la même quantité de musique en quelques minutes.

Il n’y avait plus de doute, la fin était proche.

Itunes

L’acquisition d’un IPod Touch l’an dernier a ébranlé mes convictions.  Finalement Apple respectait les droits d’auteurs en ne permettant pas à quelqu’un qui achetait un fichier sur Itunes de le partager.  Itunes bloquait la distribution en créant des fichiers propriétaires (AAC) avec mot de passe.  Il y avait de l’espoir.

Cette semaine, je lis qu’Itunes abandonne cette croisade.  Les fichiers pourront être partagés.  Le dernier bastion de résistants s’effondre.  La guerre est finie.  Les utilisateurs ont gagné.  Vraiment.  Peut-être ont-ils tué la poule aux œufs d’or ?

Sirius

La musique est essentielle à mon équilibre vital.  Pendant que je travaille dehors, dans mon garage, mon sous-sol, que je marche, pense, dors, peinture, mange, relaxe, pellete mon toit ou fend une corde de bois, la musique m’accompagne. Dans ma bagnole, je me suis équipé de Sirius, la seule radio par satellite disponible.  Elle m’offre un nombre dément de stations, sans pub et de qualité exceptionnelle.  Vous aimez le “rap-métal-électronique-trash-symphonique” ? Il y a surement une station qui l’offre.  De la segmentation de marché insensée.  Il y a même des stations 24 heures/7 jours de musique d’Elvis, de Sinatra, de Bruce Springsteen, de Led Zeppelin et de Grateful Dead !  Je ne savais même pas que les “Dead” avaient suffisamment d’albums pour couvrir 24 heures de diffusion.

Mais étrangement le canal Rolling Stones a été retiré  et aucune station “Beatles” n’existe.  Probablement que les détenteurs des droits, assoiffés de profits, refuse d’offrir leurs trésors en pâture aux minables de la radio satellite.

Mes soirées avec Tom & Bob

J’ai découvert une station qui rencontre mes critères d’auditeurs blasés. Un poste qui m’offre des artistes de qualité mais des pièces que personne ne connaît.  Deep Tracks offre des spectacles non-disponibles en magasin, des compositions d’auteurs des 60 et 70, des bijoux inconnus de Steely Dan ou Simon & Garfunkel mais aussi des pièces de groupes undergrounds comme MC5, Humble Pie, Status Quo, Yardbirds ou Uriah Heep.  Du bonbon pour nostalgique. Plein de nouvelles recettes de mets que j’adore.

Hier soir, notre DJ était Tom Petty avec son émission “Buried Treasure“.  Il n’était pas en entrevue.  Il était l’animateur en direct et « me » parlait directement dans mes hauts-parleurs.   À chaque 3 pièces il nous racontait des anecdotes de ses gigs avec Georges Harrison, AC/DC, U2 ou autres bluesmans américains.  Un moment de radio comme il en exsite peu.  Il y a aussi son pote Bob Dylan qui vous accueille, 4 fois par semaine ,avec son “Theme Time Radio Hour”.  De la musique, directement de la bouche du cheval…

La fin ?

Mais ce matin en lisant mes nouvelles, j’eu un choc comme Don McLean lorsqu’il a vu, sur le pas de sa porte, que Buddy Holy venait de mourir.  Sirius est en faillite! Même avec 20 millions d’abonnés, Sirius croule sous une dette de $3,25 milliard et ne peut plus survivre.  Pas étonnant avec le salaire de 100$ millions versé au minable Howard Stern pour ses propos scato, racistes et “French Bashing”.

On fait disparaitre la musique de qualité, pour la remplacer par des MP3 qui sonne comme du “AM”.  On ferme les chaînes par satellite de qualité.  Sommes-nous condamnés à écouter de la radio médiocre qui crache un son de piètre qualité ? Sommes-nous finalement prisonniers du nivellement par le bas ?

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