De la coupe à blanc à la certification environnementale

21 mars 2009

À quelques reprises, j’ai traité des nouvelles coupes forestières qui sont maintenant sérieusement encadrées.  Après des décennies d’abus, de coupes à blanc et de destruction de nos forêts, les compagnies forestières ont pris leurs responsabilités et ont décidé de s’auto-réglementer.

Petite histoire du saccage de la forêt boréale

Jusqu’aux années 70, les concessions forestières étaient attribuées aux compagnies qui possédaient tout le territoire, toutes les terres publiques.  Leurs contrats s’étendaient jusqu’à 100 ans.

Dès le début du 20e siècle, ces compagnies ont fait des affaires d’or, sans rendre de compte à personne.  Pendant les décennies qui suivent, un grand nombre de travailleurs bûchent dans les chantiers d’hiver pour couper les arbres de façon traditionnelle.

Arrivent les années 70, et la grosse machinerie qui modifie en profondeur la coupe forestière.  Tous les arbres y passent, même les minuscules repousses. L’époque de la coupe à blanc est née.  Les coupes forestières se font alors à un rythme effréné.  Le Québec doit se réveiller : la forêt disparaît à un rythme alarmant.

Au milieu des années 80, les règles de gestion de la forêt sont modifiées.  Les compagnies forestières en plus de couper, doivent reboiser.  La forêt est redistribuée par CAAF, les Contrats d’Approvisionnement et d’Aménagement Forestiers qui leurs donnent le droit de couper une essence spécifique et une quantité précise, sur un territoire donné. Ces contrats sont renouvelables aux cinq ans et les compagnies doivent maintenant se partager les terres publiques.

La CPRS:  solution à tous les maux ?

Suive l’imposition par Québec des nouvelles méthodes de coupes, la CPRS,  « la Coupe avec Protection de la Régénération et des Sols », destinées à protéger les repousses d’arbres et empêcher la compactage du sol.  Mais le bon peuple doute beaucoup de l’efficacité de ces coupes puisque les rasages à blanc continuent.  En 2002, la vérificatrice générale du Québec dénonce « la mauvaise gestion de nos forêts publiques et de la surévaluation de la possibilité forestière de la forêt publique ».

On s’imagine alors qu’en faisant attention lors des coupes, aucun reboisement ne sera nécessaire. Mais les résultats sont tout autres;  les impacts sur les sols sont important, on observe une augmentation du niveau d’érosion et de la température ainsi qu’une accélération dans la perte de matières organiques.  On tente de minimiser les dommages de la machinerie en empruntant toujours les mêmes sentiers.  On utilise des machines à longs bras, qui récoltent tous les arbres à valeur commerciale, mais sans toucher le sol où ils se trouvent, pour en limiter l’impact écologique.

Les certifications environnementales

Depuis quelques années les entreprises adoptent les certifications  de bonne gestion forestière de type CSA, moins crédibles, puisque que ce sont les compagnies qui fixent les règles, ou FSC (Forest Steward Council), certification dictée par les mouvements environnementalistes. Puisque la grande majorité de ces récoltes de bois finiront chez les américains, les exploitants doivent dorénavant respecter un code de conduite sévère pour que leur bois soit exporté.

Mon constat

Depuis quelques semaines, je me ballade sur un autre chantier de coupe, à proximité de mon havre forestier.  J’inspecte avec soin l’évolution des travaux avec un œil critique, puisque ce chantier est accrédité FSC.

Je note l’installation de ponceau d’acier de 5 pieds, de la coupe sélective avec un impact modéré sur le sol, résidu limité au sol, respect des essences non-coupées…  Je vous laisse juger par les photos.  Il semble, à première vue, que l’impact soit majeur mais c’est une grande évolution par rapport aux coupes passées.

J’ai aussi inclus une vidéo de 79 sec. pour que vous constatiez la récolte de qualité de nos amis forestiers.

Garamond mars 22, 2009 à 07:40

Cette approche est-elle généralisée ? ou est-ce un petit secteur «expérimental»?
Où est-ce situé ? Dans la région de St-Michel des Saints ?

Benoit mars 23, 2009 à 21:52

Ce chantier est situé sur la ZEC Lavigne dans Lanadière, sur 2 chantiers à date en 2008-2009, près des pourvoiries du Lac Croche et de la pourvoirie Coin Lavigne. La scierie Jean Riopel de Chertsey est le maître d’oeuvre. Vous pouvez lire un excellent reportage sur cette scierie et son accréditation eco-label FSC dans l’hebdomadaire LES AFFAIRES, il y a un an (mars 2008)

http://www.lesaffaires.com/article/1/publication–lesaffaires/2008-03-22/474315/riopel-mise-sur-une-norme-environnementale.fr.html

Il n’en tient qu’aux scieries de votre coin de pays à se plier à ces nouvelles normes. S’ils ne le font pas, personne n’achètera leur production.

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