Autisme

Stériliser ou non sa fille lourdement handicapée ?

Parents d’une jeune adulte lourdement handicapé par le syndrome de l’autisme, j’ai longtemps hésité avant de discuter du sujet de la stérilisation avec mon médecin de famille.  Notre fille communique peu et mal.  Comme la majorité des autistes, elle a très peu d’inhibition.  Fréquemment elle sort de sa chambre complètement nue, parce qu’elle a une tache sur sa chemise et qu’elle veut se changer.  Même si la maison est remplie d’étrangers, elle se comporte comme si elle était seule, avec souvent des comportements associables.

Dans les classes d’autistes de son école, le ratio garçon/fille est de 5 pour 1.  Elle est très jolie.  Une petite fille de 3 ans, prisonnière d’un corps de femme.  Bien que notre fille soit continuellement dans un milieu ultra protégé, les attouchements intimes nous hantent, le danger de grossesse nous terrifie.

S’occuper des soins personnels d’une adulte lourdement handicapé est un exploit.  La douche ou le bain, la toilette, les selles et les changements de couches sont des activités qui peuvent s’avérer fort exigeantes.  Mais les soins personnels pendant les menstruations sont franchement difficiles pour les frères ou le papa.  Mais depuis que nous donnons des anovulants en continue, ceci a pour effet d’arrêter les menstruations.

La stérilisation, hors de question

Dès la puberté, notre médecin de famille nous a avisé qu’ici, on Québec, on ne stérilise pas, mais qu’il est possible d’opter pour la contraception.  Nous avons donc choisi les anovulants, bien que les injections de depo provera soient plus faciles d’utilisation, elles ont souvent des effets secondaires importants sur l’humeur, ce qui n’est pas particulièrement bienvenu à l’adolescence…

La stérilisation est bien certainement l’option idéale. Fini les anovulants, les menstruations, et la crainte de la grossesse. Bien qu’aucune loi n’interdise la stérilisation, la jurisprudence au Canada prend toujours la part de la personne handicapée, jamais celle des parents.  Si aucune condition médicale ne l’exige, il est hors de question d’autoriser la ligature des trompes ou l’hystérectomie d’une personne handicapée.

Les parents d’un enfant handicapé, léger ou lourd, désirent avant tout protéger son enfant de tout ce qui pourrait lui faire du mal.  Ils refusent même de considérer que leur enfant pourrait avoir des désirs sexuels ou le désir d’avoir un enfant.  Une étude publiée dans la “Revue européenne du Handicap Mental“, démontre que les parents ont tendance a fortement ignorer les besoins sexuels de leur enfant handicapé.  Ils ont comparé la perception des parents en général et celle des éducateurs, à celle des parents de personnes handicapés.  Les résultats sont étonnants :

sondage1

Parce que la stérilisation a été pratiquée pendant plusieurs décennies en occident pour nettoyer la race “d’esprits faibles”, elle est aujourd’hui strictement interdite.  Elle était souvent pratiquée chez les alcooliques, les tsiganes, les handicapés mentaux lourd ou léger, sans jamais demander de consentement.  Ce nettoyage génétique par la stérilisation est considéré comme un type d’eugénisme.

Le curateur publique du Québec publie un texte intéressant à ce propos:

“Avec l’eugénisme en toile de fond, il s’avère que la stérilisation contre la volonté de l’intéressé ou sans son consentement (stérilisation non volontaire) est d’emblée entachée d’un grief éthique sérieux, celui de la discrimination d’un groupe social supposé “inférieur” et de la prévention autoritaire d’anomalies héréditaires ou de maladies. De nos jours, la stérilisation eugénique passe à juste titre pour une violation des droits de la personne et une grave atteinte à la dignité humaine.”

Un excellent texte (en anglais) à lire, publié par Wikipedia sur l’histoire de la “Compulsory Sterilization” (stérilisation obligatoire).

Plusieurs cas célèbres ont étayé la jurisprudence

Prenons 2 cas de demande de stérilisation qui ont défrayé les manchettes, il y a une vingtaine d’année.

Jeannette en Grande-Bretagne, en 1987 :  une cause britannique où la Chambre des Lords (équivalent de notre Cour Suprême) avait autorisé la stérilisation de Jeannette, 17 ans, pour cause de déficience mentale.  Cette décision avait scandalisé beaucoup de parents de l’époque.

Voyez un court compte-rendu:

jeannette

Ève, au Canada, en 1986

Ce cas relativement important où une mère veuve, âgée de 60 ans, a demandé à la cour de l’Île du Prince-Édouard la permission de stériliser sa fille, lourdement handicapée, qui avait noué une relation avec un autre handicapé.  Après plusieurs refus des cours, la cour suprême du Canada lui refusa le droit de stériliser Ève pour 2 raisons (lire extrait):

La compétence parens patriae ne devrait donc jamais autoriser la stérilisation à des fins non thérapeutiques, “puisqu’en l’absence du consentement de la personne visée, on ne peut jamais déterminer d’une manière certaine que l’opération est à l’avantage de cette personne”. La Cour conclut également que “bien que les avantages puissent paraître intéressants (si les tribunaux canadiens permettaient la stérilisation pour des fins non médicales en vertu de leur pouvoir), ils sont contrebalancés par une infraction grave aux droits de la personne et à son intégrité physique”.  L’on constate que dans cette affaire, qui est une première en la matière puisqu’il n’y a aucun précédent, la Cour suprême opta pour donner préséance à la liberté de choix ainsi qu’aux droits de la personne.

J’ai même pu dénicher dans les archives de la CBC l’extrait du bulletin de nouvelles de l’époque annonçant le jugement de la Cour Suprême. De nombreuses références existent sur ce cas, sur le site des Droits de la personne, ou les sites de compte-rendu légaux.

Un projet de loi présenté en 2000

Le 12 mai 2000, un projet de loi traitant de la stérilisation des personnes handicapées a été adopté en première lecture.  Le projet est mort au feuilleton, faute d’appui et d’intérêt. Voici un bref résumé de ce projet de loi:

“Il prévoit que la ligature des trompes ou des canaux déférents à visée contraceptive ” (…) ne peut être pratiquée sur une personne handicapée mentale, majeure sous tutelle, que lorsqu’il existe une contre-indication médicale absolue aux méthodes de contraception ou une impossibilité avérée de les mettre en œuvre efficacement. Si la personne concernée est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision, son consentement doit être systématiquement recherché”.

Comme citoyen, nous comprenons le danger de donner, à tous et chacun, le droit de stériliser un être humain, quel qu’il soit.  Comme parent, le législateur nous refuse le droit de stériliser notre fille parce qu’il existe d’autre mode de contraception et que sa dignité est plus importante que notre peur de devenir grand-parents sans le vouloir.  Mais ce législateur doit aussi se mettre à la place des parents qui, en plus d’assumer le fardeau d’une adulte handicapée, se retrouvent, du jour au lendemain, avec un bébé alors qu’ils sont retraités.  Et toutes les études démontrent que ce bébé sera probalement autiste à son tour, autant sinon plus lourdement atteint que sa mère.


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6 excellents reportages radio sur l’autisme

Les familles confrontées à l’autisme ont désespérément besoin d’information.  De l’information, il y en a beaucoup et souvent contradictoire.  Des sommités, en passant par les modes et les faux prophètes, il n’est pas facile de s’y retrouver. À l’intérieur du spectre autistique, vous notez de nombreuses variations sur un même thème.  Vous  avez un monde de différences entre l’autisme lourd, avec retard mental, par rapport à l’autisme de haut-niveau.  Je vous avais déjà donné des liens vers quelques entrevues et reportages radios.  En voici 6 autres dont le dernier, mon préféré, où l’on traite de l’école “Le Tournesol”, que ma fille autiste fréquente maintenant depuis plus de 10 ans.  Merci à Radio-Canada, à qui j’ai emprunté tous ces reportages de qualité.

Une grande entrevue avec Michel Lemay, pédopsychiatre de Ste-Justine et spécialiste de l’autisme

Date : 14 novembre 2004
Émission : Les années lumières
Animateur : Yanick Villedieu
Durée : 51 min 26 sec

Sujet : Yanick Villedieu a rencontré Michel Lemay, pédopsychiatre à l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal. Il y dirige depuis 25 ans la clinique de l’autisme et des troubles envahissants du développement. Michel Lemay est aussi professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Il a suivi et soigné près de 600 enfants autistes.

Michel Lemay est un des spécialistes mondiaux dans le domaine. Il a écrit un livre “L’autisme aujourd’hui”, aux Éditions Odile Jacob. Il dresse le bilan de l’autisme. Que sait-on aujourd’hui sur cette maladie encore très mystérieuse? Comment soigner l’autisme? D’où vient cet étrange handicap?  “Nous sommes confronté à ce défi hors de proportion: Il faut accepter, écouter, essayer de rejoindre et dialoguer avec les enfants. ” – Michel Lemay

Yanick Villedieu nous parle de deux livres sur l’autisme: ” L’autisme aujourd’hui” de Michel Lemay, des Éditions Odile Jacob et “Le bizarre incident du chien pendant la nuit” de Mark Haddon, en français aux Éditions Nil (un roman policier avec un héros, et narrateur, autiste)

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Les gènes de l’autisme

Date : 25 février 2007
Émission : Les années lumières
Animateur : Yanick Villedieu
Durée : 9 min 47 sec

Sujet : Lorsque nous analysons les échantillons d’ADN de 1,200 familles avec au moins 2 enfants autistes, 135 chercheurs de 9 pays ont réalisé une des plus vaste étude jamais réalisé sur les fondements génétiques de ce syndrome. Ils évaluent que leur découverte fait naître l’espoir de la mise en place d’un test de dépistage prénatal, éventualité ne soulement pas l’unanimité dans cette communauté scientifique.  Il reste beaucoup de chemin à parcourir pour comprendre et cerner l’autisme.

Invités : Guy Rouleau, neurogénéticien, Centre d’étude sur les maladies du cerveau, Université de Montréal et Laurent Mottron, psychiatre, clinique des troubles envahissants du développement, Hôpital Rivière-des-Pariries, Montréal

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Le psychiatre Laurent Mottron nous parle des mythes de l’autisme

Date : 16 mars 2009
Émission : Christiane Charette
Animateur : Christiane Charette
Durée : 11 min 30 sec (de 1h 14m 30s jusqu’à 1h 26m 00s)

Sujet : Entrevue avec Dr Laurent Mottron, psychiatre à l’hôpital Rivières de Prairies, auteur du livre “l’Autisme, une autre intelligence“.  Il nous parle de l’explosion du nombre d’enfants diagnostiqués d’autisme aujourd’hui par rapport à autrefois.  Il explique ce mythe par le fait qu’aujourd’hui le spectre de l’autisme est beaucoup plus large qu’autrefois.  Il parle d’un autre mythe concernant l’anomalie digestive des protéines du lait et du gluten chez les enfants atteints d’autisme.

Ballado diffusion (Fichier mp3 de 60 mo) (reportage disponible à partir de 1h 14m 30s jusqu’à 1h 26m 00s, environ à 75% du cours de l’émission).

Elle s’appelait Sabine : regard d’une sœur

Date : 17 octobre 2007
Émission : C’est bien meilleur le matin
Animateur : René Homier-Roy
Durée : 7 min 19 sec

Sujet : Une entrevue avec Sandrine Bonnaire qui discute du film sur sa soeur autiste “Elle s’appelle Sabine“.  De son évolution à sa déchéance, elle parle du parcours difficile de sa sœur, à travers des dizaines de films qu’elle a fait sur elle au cours de sa vie.

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Johanne Prince discute des résultats de l’étude avec le Dr Éric Fombonne sur les vaccins et l’autisme

Date : 5 juillet 2006
Émission : Desautels
Animatrice : Johanne Prince
Durée : 8 min 14 sec

Sujet : Une entrevue avec le Dr Eric Fombonne, directeur de la pédopsychiatrie à l’Hôpital de Montréal pour enfants et directeur de l’impressionnate enquête sur 28 000 autistes du Québec.  Les résultats sont que contrairement à l’hypothèse échaffaudée dans les années 1990, la vaccination RRO (rubéole, oreillons et rougeole) n’est pas aucunement responsable de l’explosion des cas d’autisme. Cet étude publiée dans la revue Pediatrics, conclut que ce vaccin, avec du thimérosal, agent de conservation à base de mercure, n’est absolument pas un facteur de risque.

Les troubles envahissants du développement (TED), dont fait partie l’autisme, ont une prévalence plus grande chez les enfants non-vaccinés entre 96 et 98 que les enfants vaccinés entre 87 et 95.  Dans les années 1990, des chercheurs des Étas-Unis avaient soulignés la quantité de mercure que contenait les vaccins.  Beaucoup de  parents ont refusé de faire traiter leurs enfants depuis cet annonce, entraînant une explosion des cas de rougeole dans le monde.

Le Dr Éric Fombonne, directeur de la pédopsychiatrie à l’Hôpital de Montréal pour enfants et directeur de l’enquête, enjoint les parents à continuer de vacciner les enfants et ignorer ces craintes inutiles.  Johanne Prince discute de cet étude avec le médecin.

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Une école spécialisée pour les enfants autistes à Montréal

Date : 27 juin 2007
Émission : L’été du monde
Reporter : Christine Limoges
Durée : 10 min 11 sec

Sujet : Reportage touchant sur l’école Le Tournesol“, dans Pointe-aux-Trembles, à Montréal, où 60 enfants autistes, avec retards mentaux, de 4 à 21 ans, se voit offrir la scolarisation du primaire et du secondaire.

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Je prépare un prochain texte sur les meilleurs reportages télé sur ce même sujet.  Si vous avez des suggestions de reportages ou d’entrevues (radio ou télévision), n’hésitez pas à me les communiquer.


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Discussion avec Christiane Charette sur la vie d’un enfant autiste de haut niveau

Une autre entrevue captée sur les ondes de la radio de Radio-Canada, pendant l’émission de Christiane Charette, aujourd’hui le 29 avril 2009 à 10h13.   On discute avec l’auteure du livre et mère d’un enfant autiste de haut niveau, qui a pu se rendre jusqu’à l’université. Pour l’entrevue, Rosanne Aubé est accompagnée du frère de cette personne autiste, Patrice Corriveau.  On y traite du défi de ces familles et la réussite de cette personne autiste. Le livre en question est Le labyrinthe de Jean-Michel.

Je partage avec vous les 2 photos, le lien, l’extrait texte et audio de l’émission (25 min 23 sec), ne sachant pas si ces documents seront conservés longtemps par Radio-Canada.

Rosanne Aubé et Patrice Corriveau

Rosanne Aubé et Patrice Corriveau

« La force de Jean-Michel est qu’il est très fort académiquement. Mais ne lui demandez pas d’inventer une histoire, il n’en est pas capable. » Patrice Corriveau parle en des termes admiratifs de son frère autiste. La mère des deux garçons, Rosanne Aubé, présente son livre sur son expérience avec Jean-Michel.

Rosanne Aubé a écrit Le labyrinthe de Jean-Michel: mon fils autiste de la maternelle à l’université. Au départ, son récit, elle le destinait à ses proches. Depuis qu’il est publié, le livre connaît un joli succès.

Jean-Michel a été diagnostiqué autiste de haut niveau. Il mène des études universitaires à Québec.

Généralement on ne parle que du côté sombre et affligeant de ce syndrome.  Il est rafraichissant d’entendre enfin d’heureux dénouement… À la fin de l’entrevue, Rosanne Aubé cite Albert Jacquard:

« Nous sommes ce que le regard fait de nous. Quand le regard des autres nous méprise, nous devenons méprisables. Et quand le regard des autres nous rend merveilleux, eh ! bien, nous sommes merveilleux. L’important, c’est de se voir merveilleux dans le regard des autres »

Lien vers le site de Radio-Canada – Discussion sur la vie avec un enfant autiste

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Les héros du quotidien – Reportage de Radio-Canada sur les services de répits pour enfants handicapés

En revenant du travail aujourd’hui, j’ai capté à 18h13, sur la première chaîne de Radio-Canada, un reportage radio touchant et très réaliste sur le défi des parents d’enfants handicapés.  On traite spécifiquement des services de répits sur semaine, après les heures de classes, pour les familles qui n’ont plus droit aux services de garde, parce que leurs enfants handicapés sont âgés de plus de 12 ans.  Vivez le quotidien des parents de Jasmine, une jeune fille multi-handicapée en chaise roulante et Colin, un adolescent autiste lourd, de 17 ans.  Le reportage est d’une durée de 10m 13 sec.

Je vous offre le lien vers l’émission de Michel Desautels avec l’introduction (cliquez sur le 23 avril 2009 dans le calendrier) .  Étant donné que j’ignore combien de temps Radio-Canada conserve ses reportages radio, je vous offre l’extrait du texte et aussi le reportage en fichier wave.

Services de garderies spécialisées: pour soulager enfants et parents

On estime que 44 000 jeunes Canadiens sont lourdement handicapés. Leurs familles doivent composer avec un quotidien parfois lourd, parsemé d’obstacles de tout ordre.

Plusieurs d’entre elles souhaitent l’implantation de services de garde spécialisés après les heures de classe, une denrée rare au Québec.

Rencontre avec des familles pour qui ces services de garde pour enfant handicapé sont essentiels, et ce, pour le bien-être de l’enfant et des parents.

icône audio Un reportage de Christine Limoges du 23 avril 2009 et autre lien

Ce lien s'ouvre dans un autre navigateur Tricoter avec amour: une étude sur la vie de familles avec enfant handicapé
Le conseil de la famille et de l’enfance (format PDF – 4,3 Mo – 273 pages)

Ce lien s'ouvre dans un autre navigateur École des Érables situé à Deux-Montagnes, Québec et son site web officiel

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Vidéos d’illusionnistes en autisme

En navigant sur youtube, à la recherche de vidéos intéressants traitant d’autisme, j’ai été étonné du nombre des documents qui galvaudent des discours erronés et des traitements d’arnaqueurs en autisme.  Spécialement les vidéos de Jenny McCarthy (playmate de Playboy, actrice de série B, et conjointe du comédien Jim Carrey) qui prétend avoir guéri son fils de l’autisme. Elle a réussi quand même à commettre un  livre dont elle fait la promotion, avec détermination.  Constatez par vous-même, en visionnant 2  de ses multiples films auto-promo, entre autre avec le PEOPLE Magazine (1m22s).  Ça sent l’Oscar…

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Un autre chef d’œuvre promotionnel avec Jenny McCarthy pour “TACA (Talk About Curing Autism), An Introduction For New Parents” (4 :54)

“Larry King Live” à CNN

J’ai ensuite rapidement inventorié les apparitions de Jenny McCarthy, à “Larry King Live”, émission phare de CNN.  En moins de 2 ans, cette diva du dépouillement, y a fait au moins 5 apparitions, afin de partager la recette de son miracle.  J’ai réussi à trouver sur le site de CNN, les retranscriptions de ses (longues) entrevues.  Elle profite souvent de la journée internationale de l’autisme (2 avril) pour débiter son baratin.

11 avril 2009, 3 avril 2009, 2 avril 2008, 7 octobre 2007 et 26 septembre 2007

Plusieurs dizaines de vidéos de ces entrevues, avec Larry King, sont disponibles en ligne.  J’ai cru intéressant de me concentrer sur ses 2 dernière apparitions (11 avril 2009 et 3 avril 2008) pour bien cerner l’ampleur du débat.  Plusieurs médecins et spécialistes tentent de réfuter les allégations de Mme McCarthy. Je vous recommande de vous installer confortablement et de vous farcir ces 2 séries de 50 minutes, divisées en 5 parties chacune. Malheureusement, Jim Carrey n’y fait aucune grimace…

3 Avril 2009

Jenny McCarthy and Jim Carrey on Autism – Larry King – Part 1 (7 :02)

Jenny McCarthy and Jim Carrey on Autism – Larry King – Part 2 (7 :17)

Jenny McCarthy and Jim Carrey on Autism – Larry King – Part 3  (6 :57)

Jenny McCarthy and Jim Carrey on Autism – Larry King – Part 4  (7:16)

Jenny McCarthy and Jim Carrey on Autism – Larry King – Part 5 (8 :48)

2 avril 2008

Vaccines & Autism 1/5 Jenny McCarthy on Larry King Live (7:06)

Vaccines & Autism 2/5 Jenny McCarthy on Larry King Live (9:14)

Vaccines & Autism 3/5 Jenny McCarthy on Larry King Live (7:55)

Vaccines & Autism 4/5 Jenny McCarthy on Larry King Live (9:56)

Vaccines & Autism 5/5 Jenny McCarthy on Larry King Live (7:23)

D’autres charlatans utilisent des techniques tout aussi farfelues, parrainées par une secte (Energetic Matrix) (regardez les 30 premières secondes).  Remarquez les mots clefs utilisés dans le titre de la vidéo, pour berner les moteurs de recherche.  Suivra une entrevue avec Larry King (encore lui) avec une autre famille d’un enfant autiste, causé, supposément par un vaccin.

Larry King Autism w/Jon Poling not w/ jenny mccarthy. AIM

Malgré tout, quelques bons coups

Je ne peux pas terminer ce billet sans vous offrir quelques coups de cœur.  Il n’y a pas seulement de la médiocrité sur le web ;-) .  J’ai évité les vidéos d’autistes  “chiens savants” ou dotés de facultés extraordinaires, dignes des “freaks shows” de cirque.

Un excellent vidéo racontant le quotidien des familles (Aucune fenêtre de disponible – cliquez sur ce lien): Autism Every Day is a film produced by Lauren Thierry and Jim Watkins of October Group and Eric Solomon of Milestone Video. A 13-minute version of the film was screened at A New Decade for Autism, a fundraising event held May 9, 2006 in New York City. Autism Every Day – 7 minute version – Autism Speak (7:35)

Un autre excellent reportage sur les symptômes de l’autisme (3:56)

99 mamans en Grande-Bretagne qui s’affichent nues pour l’autisme (!). Voyez ce reportage jusqu’à la dernière image.

Et finalement un discours de 2007, du sénateur Barack Obama, à propos de l’autisme et des personnes handicapées (3:40)

Si vous connaissez d’autres vidéos de qualité sur l’autisme, n’hésitez pas à me les faire parvenir

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J’aime bien aider mon père et l’arroser un peu

C’est la fin du carême, les enfants.  On enlève les catafalques mauves sur nos statuts, et pour en finir avec le poisson, on se vautre dans les grands-pères dans l’sirop et la tête fromagée.  En digérant, investissez 30 secondes dans le visionnement de cette courte vidéo de 25 secondes où Gabrielle, ma fille autiste, s’amuse à rincer son père et le véhicule familiale.  Maman avait prévu le coup avec sa caméra…

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Guérir l’autisme? débat d’idées

Voici un commentaire reçu d’Antoine D-L, étudiant universitaire en Microbiologie et Immunologie, qui échange son point de vue avec Évelyne Claessens, l’auteur du livre mentionné dans mon dernier texte : “L’autisme n’est pas irréversible! Comment mon fils a été guéri”.  Pour le bénéfice des lecteurs, plutôt que de laisser cette correspondance en commentaire, je vous propose l’intégrale de l’argumentation des 2 côtés de la médaille. Prenez le temps de lire les 5 courriels.  Vous remarquerez qu’au fil des échanges, les propos deviennent plus acerbes.
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Dimanche, 5 avril 2009,    16h27

De : Antoine D-L
À : Evelyne Claessens

Objet: Au sujet de votre témoignage

Bonjour Mme Claessens,

Je serai bref, et j’ose vous demander de pardonner la franchise de mes  propos, mais j’ai peine à les retenir.  Je suis moi-même le grand frère d’une enfant autiste de 18 ans, atteinte du Syndrome de Kanner.  Je suis aussi étudiant en Immunologie et Microbiologie à l’Université de Montréal.

N’avez-vous pas pensé une seule seconde à la possibilité que le diagnostique posé sur votre fils (alors qu’il n’était âgé que de quinze mois!) pouvait être inexact ?  L’autisme est un mal extrêmement complexe, et comme dans le cas de bien d’autres atteintes pédopsychiatriques, à cet âge, seuls quelques symptômes diffèrent entre un simple retard de développement et un “vrai” diagnostique d’autisme.

Je serais bien hypocrite de vous blâmer d’avoir tenté de trouver tous les moyens possibles et imaginables de “guérir” votre fils.  Cependant, de là à proclamer à qui veut bien l’entendre qu’une diète spéciale a réussi à “guérir” (excusez les guillemets, mais j’ai énormément de difficulté à employer de terme lorsqu’on parle d’autisme) une atteinte extrêmement grave du système nerveux central, qui provoque bien souvent des troubles de coordination, de motricité fine, globale, des troubles de socialisation, de la parole, ainsi qu’un retard mental souvent prononcé, je ne peux m’empêcher de m’enrager.

Peut-être vous aurait-il fallu modérer vos propos, admettre d’autres possibilités quant à ce qui s’est passé dans le cas de votre fils.  Votre approche ne provoquera, selon moi, que d’encore plus violentes déceptions chez les dizaines de parents autistes qui vous donneront leur entière confiance.  L’espoir creux que vous leur fournissez est cruel, plus cruel encore que le gouvernement, qui, avec ses rares services gouvernementaux, ne vous offrent “seulement” que d’aider la famille et l’enfant à apprivoiser ce fléau.

Votre histoire est touchante, et le fait que votre fils ait prit du mieux est merveilleux.  Je condamne par contre la candeur avec laquelle vous plongez tête première dans un univers d’enfants et de parents fragiles, qui luttent à chaque instant pour que chacun des deux partis ne soit trop blessé.  Un univers que vous ne semblez pas connaître le moins du monde, selon ce que j’ai pu comprendre.

Je dis cela, car si vous compreniez, ne serait-ce qu’une seconde, ce que peut représenter le fait d’être dans la famille immédiate d’un enfant autiste (ou trisomique, aphasique, etc.), vous n’auriez même pas songé à écrire un livre aussi dangereux que celui que vous avez écrit.  Un livre qui pourrait être fatal pour l’espoir et la patience des proches d’enfants autistes, qui n’est souvent guère plus solide qu’un fil de soie.

Antoine D-L

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Dimanche, 5 avril 2009,  19h43

De: Evelyne Claessens
À : Antoine D-L

Objet: L’ignorance est contagieuse

Bonjour,

Je comprends que vous avez donc beaucoup souffert étant jeune puisque vous avez grandi avec un frère autiste qui devait prendre toute l’attention de vos parents, et vous vous êtes sans doute senti être mis de côté.  De là provient toute votre colère.

Étant étudiant en immunologie et puisque vous semblez être touché par l’autisme, pourquoi n’iriez vous pas suivre une formation du DAN (Defeat Autism Now) données par des médecins chercheurs américains qui sont 20 ans en avance de ce qu’on veut bien vous enseigner à l’université.  Vous comprendrez mieux encore le phénomène de l’autisme et le fonctionnement du système immunitaire.  La génération à venir a besoin de médecins compétents et vous avez la chance d’en devenir un en allant chercher les réponses aux questions que vous vous posez là où elles le sont vraiment.  Les livres que j’ai lu ont été écrit par des médecins américains qui parlent de guérison d’autisme: Changing The Course Of Autism du Dr. Bryan Jepson, Healing the New Childhook Epidemics du Dr. Kenneth Bock, Healing and Preventing autism du Dr. Jerry Kartzinel.  Ainsi qu’un article du Magazine Discover d’avril 2007 disponible encore sur internet : Understanding autism: the answer may lie in the gut, nut in the head. Mon cher Monsieur, vous avez devant vous la chance d’améliorer la qualité de vie de votre frère, et des futurs patients-enfants que vous aurez.  Si vous êtes encore jeune: sautez sur cette occasion.

Je trouve que le système médical  souffre du syndrome de l’autruche, et c’est très dommage, car des milliers d’enfants souffrent pour rien puisqu’ils ne reçoivent pas les soins appropriés.  J’espère que vous savez lire l’anglais.

Mes salutations

Evelyne Claessens

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Dimanche, 5 avril  2009,   20h52

De: Evelyne Claessens
À : Antoine D-L

Objet: retirez vos œillères

Cher Monsieur,

Dans “Google” rentrez: autism recovery video hope, et vous allez voir le témoignage de plusieurs parents qui ont réussi aussi à sortir leur enfant du spectre autistique, ainsi que sur le site de TACA ( Talk About Curing Autism), Autism DAN et sur le site de Generation Rescue. Commandez-vous aussi le documentaire Autism Yesterday… et vous allez tout comprendre.  Vous allez aussi pouvoir permettre à vos camarades d’études d’ouvrir un peu leurs horizons.

Je comprends que vous pouvez être fâché à savoir que si votre frère aurait été mieux traité, vous auriez eu vous aussi une meilleure enfance, mais sachez qu’il y a des milliers d’enfants qui souhaitent avoir aussi une meilleure qualité de vie. Ce sont des personnes comme vous qui peuvent changer les choses.

à bientôt peut-être

sans rancune du tout

Evelyne Claessens
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Dimanche, 5 avril 2009   22h35

De : Antoine D-L
À : Evelyne Claessens

Objet: retirez vos œillères

Mme Claessens,

Je ne crois pas que vous ayez saisi l’essence et la raison du message que je vous ai envoyé.  En premier lieu, je tiens à clarifier un point : nous sommes quatre enfants, et avons tous joui d’une enfance merveilleuse, grâce à des parents dynamiques, qui ont su s’adapter à la dure nouvelle qu’a été le diagnostic final d’autisme.  Ce diagnostic a été posé alors que ma soeur (et non “frère”…) était âgée de 4 ans et demi, âge auquel les nombreux psychiatres qui l’ont suivi ont pu déterminer qu’un nombre suffisant de symptômes étaient présents pour être certains de ce qu’ils avançaient.

Je n’ai d’ailleurs ni colère, ni rancune envers quoi que ce soit ; je peux même avancer, avec certitude, que ma sœur, plus jeune que moi de 17 mois, m’a apporté énormément sur tous les plans.  Elle m’a procuré une maturité à laquelle je n’aurais eu accès que bien plus tard au cours de mon développement.  Elle m’a insufflé la passion des sciences, ainsi que le scepticisme qui se doit de venir de pair.   J’ai aussi beaucoup de difficulté à établir le lien que vous semblez effectuer entre l’immunologie et l’autisme.  Il ne s’agit pas là d’une infection, ou même d’une maladie : l’autisme est un trouble de développement du système nerveux, duquel découlent tous les symptômes que vous semblez si bien connaître.  Vous semblez parler de l’autisme comme d’un rhume (“mon fils est devenu autiste”, “mon fils perd ses symptômes autistiques”).  On naît et meurt autiste, madame.  Vous ne semblez par cerner cette dure réalité et nourrissez les parents naïfs de nuages.

Vous fondez tous vos espoirs sur chercheurs, Docteur en gastronomie auto-proclamé.  Regardez plutôt ce qu’en pense le Dr Jay L Hoecker de la clinique Mayo;

Voici aussi l’explication de médecins qualifiés: Allergy induced Autism and Casein/Gluten

“In allergy induced Autism, the symptoms usually become apparent during the first three years of life. Some children have autism that appears to have been triggered by intolerance to many foods and/or chemicals, the main offenders being wheat, cow’s milk, corn, sugar and citrus fruits, although each child may be affected by different substances. The children also have many almost unnoticeable physical problems, namely excessive thirst, excessive sweating, especially at night, low blood sugar, diarrhea, bloating, rhinitis, inability to control temperature, red face and/or ears and dark circles under the eyes.

It has been reported that a high percentage of autistic children had a “mutant” protein in their urine that was created by eating gluten (found in wheat, oats, barley and rye grains) and/or casein (milk protein) containing food. The mutant protein was the gluten and casein protein bound to a morphine like substance. It’s believed that this was what was causing the kids to become spacey and addicted to these foods. It won’t cure autism, but may help with some secondary problems. “

Je me considère comme quelqu’un de très ouvert aux nouvelles recherches, aux théories de tous genres.  J’ai cependant besoin de cerner un minimum de crédibilité pour me laisser convaincre, ou même approcher ; je crois que c’est ce qui vous fait défaut.  Ce n’est pas une attaque personnelle, loin de là, que je tente de faire ici : je n’ai aucun doute que vous n’avez eu que des bonnes intentions, tout au long du cheminement qui a mené à l’écriture de votre livre.  Vous dites fièrement et pompeusement que l’ignorance est contagieuse ; les mensonges que vous scandez le sont tout autant.

Antoine D-L

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Lundi, 6 avril 2009   6h17

De: Evelyne Claessens
À : Antoine D-L

Objet : Cécité

Rebonjour,

L’autisme est une maladie physique et non mentale.  Il s’agit d’un désordre du métabolisme, causé par des troubles gastro-intestinaux qui influencent le fonctionnement du système immunitaire donnant des désordres neurologiques.

Comme je peux voir, l’ignorance, le syndrome de l’autruche, et la cécité dont plusieurs comme vous sont atteints est vraiment incurable. Mettez vos horloges à l’heure et vos connaissances à jour. Si vous préférez faire partie de cette mafia médicale qui se laisse contrôler comme des marionnettes au nom des profits des compagnies pharmaceutiques qui gèrent même le contenu de vos formations universitaires: c’est votre problème. La médecine hallopathique qui ne fait que prescrire des médicaments qui ne font que camoufler les symptômes sans régler le problème à sa source. L’autisme n’est pas inné.  Ça prend une prédisposition génétique et un impact environnemental.  On nait cependant “borné” et on le demeure pour la vie à ce que je peux constater.

Évitez à l’avenir de rentrer de nouveau en contact avec moi, car cela sera considérer comme étant du harcèlement et de l’intimidation.  Je n’ai pas de temps à perdre avec des gens comme vous.  J’ai beaucoup mieux à faire.  Mon but n’est pas de convaincre les sceptiques, mon but est d’aider les gens qui veulent se faire aider.

Bonne chance dans vos études médiocres

Evelyne Claessens

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Guérir l’autisme? ou vendre des livres en profitant du désespoir

Nous connaissons tous ces infopubs d’inspiration américaine qui prétendent te faire perdre 50 livres en un mois,  guérir toutes tes souffrances, te redonner un corps d’Adonis ou te transformer en millionnaire.  On retrouve ces pigeons, qui se font habituellement plumer par ces vendeurs du temple, chez les gens avec peu d’instruction, les personnes âgées et les nouveaux arrivants.

Mais où j’en ai c’est quand ces fourbes jouent avec la naïveté des parents d’enfants handicapés.  J’ai un profond dégoût pour ces marchands de remèdes miracles.

Je me calme.  Je prends une marche.  Je vous explique.  Il y a quelques semaines, accompagné de mon fidèle compagnon “contrôle à distance”, je trébuchais sur une émission de LCN, animé par l’ineffable Denis Lévesque.  Une certaine Évelyne Claessens, trompète que son fils est soudainement devenu autiste  à l’âge de 15 mois, et en a ensuite été guéri, quelques mois plus tard, grâce à une diète miracle.  La recette est simple: on élimine dans la diète de l’enfant les produits laitiers (la caséine) ainsi que le blé, le seigle et l’orge (le gluten) et le tour est joué.  Son interlocuteur, émerveillé, lui demande plus de détails et elle renchérit en “plugant” son livre “L’autisme n’est pas irréversible! Comment mon fils a été guéri” et ses conférences.  Ça pue l’arnaque et la publicité gratuite. Voyez la vidéo de l’entrevue d’une quinzaine de minutes, débutant à 28:55.

Gluten et caséine

Je ne doute pas que plusieurs personnes, autistes ou non, puissent souffrir d’intolérances au gluten et à la caséine.  Lorsque que ce problème est identifié, le retrait de ces substances de sa diète améliore beaucoup sa santé et sa vie en général.  Mais de là à guérir un enfant d’un syndrome aussi important que l’autisme, il y a une marge.

Cette théorie de diète sans caséine et sans gluten, n’est pas nouvelle. Un organisme américain DAN “Defeat Autism Now” fait ses choux gras avec cette approche controversée.  Pourquoi les plus grandes universités américaines et européennes,  qui possèdent des centaines de chercheurs en autisme, discréditent-ils cette approche ?  C’est un peu comme les bidules “économiseurs  d’essence”  qui prétendent vous faire épargner des centaines de $ en pétroles, quand les grands de l’industrie automobiles réfutent leur prétentions.

L’autisme n’est pas une maladie

Je ne doute pas qu’elle soit persuadée que son enfant ait été miraculé.  Ce qui me subjugue, c’est qu’elle en fasse la promotion.  Tout d’abord, on ne devient pas autiste, on naît autiste.  L’autisme n’est pas une maladie qui s’attrape et se guérie.  C’est un syndrome du système nerveux central qui affecte le comportement social et le développement sensori-moteur de l’enfant.  L’autisme est une pathologie due à une anomalie du développement neurologique pendant la période de maturation du cerveau.

Docteur IGA

Un individu, qui s’auto-qualifie de chercheur en gastronomie (!) et docteur en sciences des aliments (sic), Rony Nizard, est le maître d’œuvre de ce miracle.  Voici un compte rendu d’une entrevue de l’hebdomadaire “Nord Info” de St-Thèrese-de Blainville du 27 février 2009. Je vous laisse juger par vous-même.

Il faut savoir que depuis 40 ans, l’homme n’a jamais cessé ses recherches sur les maladies chroniques et dégénératives. S’il soutient avoir guéri 1 128 enfants autistes de par le monde, par une diète stricte sans gluten et sans caséine, il prône une médecine non allergène qui s’avérerait la plus efficace pour remédier à l’autisme, le cancer (sans métastase), le diabète (sans prise d’insuline), la sclérose en plaques, etc.

«Je suis le seul au monde à soigner l’autisme, soutient-il fermement. L’autisme est une maladie gastro-intestinale avec empoisonnement du sang à la suite de l’administration du vaccin RRO (rubéole-rougeole-oreilles), celui que l’on administre aux enfants de 18 mois.»

Abuser des familles en détresse

Ce qui me désole, c’est que ce genre d’histoire à dormir debout cause beaucoup de tords aux intervenants en autisme, en offrant de vain espoir de guérison miraculeuse aux parents. Ces théories de modification de l’alimentation, de chambres hyperbares, de communication facilitée, de chélation ou autres bébelles de charlatans n’ont, pour le moment, aucune base scientifique.  Éric Schopler, un des grands chercheurs en autisme de l’université de la Caroline du Nord et artisan de la technique TEACCH pour le traitement de ce syndrome,  nous dit dans son livre Stratégies éducatives de l’autisme :

Aujourd’hui, nul ne prétend savoir guérir l’autisme. En revanche, il faut enseigner comment ne pas surhandicaper l’enfant autistique et comment ne pas stresser ou agresser inutilement un groupe familial déjà soumis à une très grande épreuve. Dans son ouvrage, M. Schopler et ses collaborateurs nous livrent une méthodologie qui permet d’atténuer l’immense détresse des individus autistiques et de leurs proches, en enseignant aux uns et aux autres comment communiquer, comment partager, et comment vivre ensemble dans les meilleures conditions possibles.

Une guérison hollywoodienne

On a aussi parlé d’une starlette d’Hollywood, Jenny McCarthy, conjointe du comédien Jim Carrey, célébre pour ses apparitions doubles dans Playboy…non je ne donne pas de lien ;-( .  Elle a aussi écrit un livre (c’est la mode) où elle prétend avoir guéri son fils de l’autisme.  La page couverture du magazine US, avec un titre percutant, a ressuscité son fils tout autant que sa carrière.

Son cas est assez grave.  Pas le cas de l’enfant mais celui de la mère.  Elle prétend que grâce à sa diète miracle et à un “pacte avec Dieu”, elle a pu guérir son fils… Elle a promis au “grand patron à barbe blanche” d’écrire un livre, s’il daignait guérir son fils.  Je me demande si, en même temps, elle ne lui a pas aussi demandé de relancer sa carrière chancelante d’actrice.  À cause de sornettes de ce type, les parents qui devraient s’investir à la stimulation précoce de leurs enfants, mettront leurs efforts à acheter des concoctions de charlatans, en mettant tous leurs espoirs dans un régime prétendument prodigieux.

Ma conjointe et moi avons ouvert une maison offrant du répit pour les familles d’enfants autistes et TED, dans Lanaudière, les Répits de Gaby.  L’organisme vient en aide à plus de 87 familles.  Notre fille est aussi autiste, lourde.  Le meilleur service que l’on peut rendre à ces familles est de leur donner des ressources pour souffler et un soutien pour les guider vers les services d’aide et de réadaptation (comme Autisme de Lanaudière).  Pas de prétendre guérir leur enfant en les empêchant de manger du pain et du lait.

Mais sommes-nous dans l’erreur? Prétendre “guérir l’autisme” est beaucoup plus spectaculaire, et permets la relance de sa carrière, et de mousser la vente de livres et de conférences…

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La libération par l’avortement

Dans ma tendre jeunesse, je me rappelle d’une bien-aimée qui vivait avec sa sœur trisomique.  Pendant la partie de hockey du samedi soir, quand mon amie s’absentait pour quelques minutes, sa sœur étrange s’approchait de moi pour me demander d’être son amoureuse.  J’étais terrifié.  Ma flamme de l’époque m’a gentiment fait comprendre que malgré sa corpulence, ses traits asiatiques et ses problèmes d’élocutions, elle avait la naïveté et la spontanéité d’une fillette de 4 ans.  Même après plusieurs mois, j’étais toujours aussi inconfortable en sa présence.

Aujourd’hui, je vis avec ma fille autiste de 18 ans, qui possède le développement d’un enfant préscolaire. Dépendante de ses parents, elle ne pourra jamais vivre une vie autonome, sans supervision.

Test de dépistage systématique

Cette semaine, notre bienveillant premier ministre annonçait que son gouvernement offrira à toutes les femmes enceintes un test de dépistage de la trisomie 21.  Si ce premier test indique un risque, il défrayera le coût de l’amniocentèse, une test plus invasif et risqué, qui permettra de valider le premier test.

Nous proposons que toutes les femmes puissent se voir offrir un test de dépistage prénatal pour la trisomie 21 accompagné de l’information nécessaire à une prise de décision libre et éclairée, et ce, lors du suivi de grossesse. Si le test de dépistage indique un risque élevé de trisomie 21, une amniocentèse devra être menée pour le confirmer. Quels choix s’offrent alors aux parents? En présence de trisomie 21, ils doivent pouvoir décider, en toute connaissance de cause, s’ils choisissent ou non de poursuivre la grossesse.
Les parents doivent également être libres de faire ce choix et être soutenus, peu importe l’option retenue. La nature de l’information transmise aux parents et la manière de la transmettre seront primordiales.

Dans les jours suivants cette annonce, la droite religieuse et les activistes pro-vie ont rapidement récupéré la nouvelle pour vomir leur fiel réactionnaire contre le gouvernement honni.  Et Richard Martineau, de “varger” dans le tas avec des accusations d’eugénisme, de sélection génétique délibérée.

La plupart des auteurs de ces chroniques s’insurgent contre l’avortement, peu importe les raisons.  Viol, inceste, enfant non-viable ou lourdement handicapé.  Rien ne les ferait changer d’idée : “L’avortement est un meurtre”.

Amusez vous et tapez dans Google “avortement, trisomie et eugénisme” et revivez le retour à la grande noirceur.

Pour ma part, j’adore ma fille handicapée, tout autant que mes autres enfants.  Elle est toute ma vie.  Il est difficile pour un parent d’imaginer sa vie sans son enfant, même handicapé.  Un peu à l’image de celui qui vit avec un handicap:  il arrive à développer une certaine résistance, il s’en accommode et, étrangement,  il devient difficile de s’imaginer vivre sans son handicap, qu’il tente toujours d’oublier.

Ta grossesse en question

Vous osez quand même me posez LA question:  “Pendant la grossesse, si vous aviez su que votre fille allait être handicapée, auriez-vous opté pour l’avortement ?”

À mon tour de vous posez 4 questions :.

  • Est-ce que le handicap que vous me prévoyez sera léger ou lourd ?
  • Est-ce que mon enfant aura eu un certain degré d’autonomie ?
  • Est-ce que mon enfant connaîtra un certain degré de bien-être ou vivra-t-il avec de la douleur nécessitant une médication toute sa vie ?
  • Est-ce que mon enfant sera conscient de son handicap ?  Lorsqu’ils en sont conscients, ils nourrissent souvent des pulsions suicidaires.

Vos réponses dicteront ma décision d’opter ou non pour l’avortement.

Il est facile d’accuser les parents qui décident d’avorter suite à un dépistage. Vous n’aurez jamais à vivre avec cet enfant;  eux auront à le faire.

Je me souviens du jour où le diagnostic est tombé.  Un membre  de notre entourage, plein d’attention, nous a donné une carte “quétaine à souhait” avec la fameuse phrase: “Dieu vous a choisi comme parents pour avoir un enfant handicapé parce que vous êtes fort”.   Boulechite, matante.  Expliquez-moi pourquoi 90% des couples avec un enfant handicapé sont séparés ?  Est-ce aussi Dieu qui en a décidé ainsi ?  Faudrait peut-être qu’il se fasse une idée, votre Dieu…

La santé des parents et du couple sera fragilisée.  Lorsque les parents n’auront plus la force de combattre, l’enfant finira probablement “parké” en famille d’accueil ou en institution.  Le coût social est énorme.  Le choix est lourd. Laissons les choisir, sans remords.

En souhaitant que notre bon gouvernement investisse autant en avortement qu’en support aux familles naturelles qui décident de garder leur petit “mal parti”.

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Le rocher de Sisyphe des familles de personnes handicapées

Au collège, l’Iliade et l’Odyssée d’Homère faisaient partis des lectures obligatoires.  J’étais déjà familier avec l’histoire fantastique d’Ulysse que j’avais vu le samedi après-midi, au décadent cinéma Vénus de mon quartier, à Joliette.  Pour 0,25$ on avait droit à un film de Samson, Hercule et Spartacus contre les gorgones aux cheveux de serpents, Goliath, cyclope ou cerbère des enfers, réfugié derrière un popcorn et d’une boisson gazeuse.  Les films de “sandales et d’épées” étaient mes préférés. On mélangeait allègrement les genres : mythologie grecque, romaine, les contes d’Homère, les “mille et une nuit”, mêlés à quelques références bibliques, le tout mariné dans la sauce hollywoodienne.  On n’y voyait que du feu… Mon acteur préféré était Steve Reeves, qui a fait des douzaines de films de série B dans les années 60, en Italie, en personnifiant Hercules, Samson et les autres héros musculaires de mon enfance.  Un espèce de Schwarzenegger avant l’heure.

Je me souviens des marins obligés de se ligoter au mat du bateau pour les empêcher de se jeter à l’eau pour aller rejoindre les sirènes qui chantaient sur les rochers.  Du haut de mes 10 ans, je les trouvais très séduisantes avec leurs algues sur les seins et leur queue de poisson.  Je comprenais ces marins qui plongeaient dans la mer pour goûter ces appétissants fruits de mer.  Ça devait les changer du hareng fumé.

Mais Sisyphe était plus sombre. Il avait défié le méchant dieu Tanathos, gérant de la morgue, qui emportait les humains en enfer.  Sisyphe était rusé et avait enchaîné le méchant Tanathos pour l’empêcher d’assouvir ses bas instincts.  Pour avoir défié les dieux, il fut condamné à rouler un rocher au haut d’une montagne, la voir redescendre et la rouler de nouveau au sommet.  Et ce éternellement.  En fait c’était une apologie sur la vie, qui nous oblige à travailler fort, prendre un peu de repos (quand la roche redescend) et ensuite rouler notre bosse de nouveau jusqu’au sommet.  Pendant un méchant bout de temps.

Ce préambule introduit mon propos sur le fardeau des parents d’enfants handicapés.  Ma réflexion portera principalement sur les familles monoparentales, plus fréquentes chez ces familles que la moyenne.

Pour notre part, élever un enfant handicapé nous a causé de nombreux soucis mais pas de façon exagérée.  Ma conjointe a laissé un emploi rémunérateur pendant 9 ans pour s’occuper intensivement de notre fille, en même temps que nos 3 autres enfants.  Elle occupe maintenant un emploi à temps partiel, à proximité de la maison, pour être disponible le matin et en fin d’après-midi.  Malgré des périodes difficiles, notre couple est resté uni.  Le fait d’être deux nous a aidé à négocier avec ce stress supplémentaire.

Depuis 10 jours, ma douce moitié a quitté le nid conjugal, pour rendre visite à notre fils aîné, qui termine sa maitrise en Suède.  Avec une amie, elle en profite pour faire le tour des pays scandinaves, en bourlinguant entre le Danemark, la Finlande et la Suède, en passant par l’Estonie et la Russie.  Pendant ce temps, je suis père célibataire.

J’ai heureusement de l’aide de jeunes gardiennes, tôt le matin, et pour son retour de l’école.  Et un coup de main de mon fils cadet, qui étudie à l’université. Je quitte habituellement vers 7h00 pour être de retour vers 19h00.  En milieu de journée, une grand-maman vient préparer le souper, faire un peu de lavage, l’épicerie et donner un coup de chiffon.  Le soir, en plus de finir quelques dossiers du bureau qui traînent, je la change, la cajole et la borde.

MAIS depuis le départ de sa mère, elle ne dort plus.  Notre fille qui normalement dort comme une buche, se promène toute la nuit comme une âme en peine.  Elle ouvre le téléviseur, fouille dans le garde-manger, fout le bordel dans sa bibliothèque et mène un boucan d’enfer.  Comme si elle me disait “Tu as laissé partir maman, tu vas payer pour ça”.

Je comprends maintenant la mère ou le père qui est seul avec une personne handicapée et qui n’en peut plus.  Et qui demande de l’aide, rendu au bout du rouleau.  Parce que leur nuit est aussi courte que leur patience, ces parents n’ont souvent aucun autre recours que de placer leur enfant en institution ou en famille d’accueil.  Leurs santé physique et mentale en dépend.

Suite à la mise sur pied de services de répits de fin de semaine et de vacances scolaires, offerts par les Répits de Gaby, Anne et moi travaillons sur un projet d’envergure où nous offririons du répit la semaine, pour des courts ou des longs séjours.  Un peu comme l’organisme Philou, nous aimerions offrir une bouée pour les parents qui n’en peuvent plus et qui n’ont plus aucune autre ressource que de placer leur enfant autiste. Il est primordial de sauvegarder la santé du couple, qui permet souvent de préserver le milieu de l’enfant autiste.

Il faut absolument empêcher que le rocher ne devienne si lourd, qu’il vous écrase, faute d’énergie et de ressource.

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La cicatrice dans la tête

La semaine dernière, vous avez peut-être été témoin d’images éprouvantes au bulletin de nouvelle.  Le joueur américain de hockey junior Garrett Klotz, des Phantoms de Philadelphie, a livré un violent combat  face à Kevin Westgarth, des Monarchs de Manchester.  Après plusieurs coups reçus à la tête le jeune Klotz a convulsé sur la glace, une crise d’épilepsie vraisemblablement causée par les coups reçus à la tête.  Des images troublantes pour qui n’est pas familier avec ce défectuosité neurologique.  Difficile, même pour ceux qui vivent avec elle depuis longtemps.

Le combat avant la crise apparaît sur youtube ainsi que le reportage où l’on  aperçoit, pendant quelques secondes, le jeune joueur en convulsion.

Ma compagne de vie, qui a souffert d’un solide traumatisme en moto à l’adolescence, a vécu par la suite des périodes épileptiques.  Pendant qu’elle était enceinte de nos enfants, cette étrange manifestation neurologique a réapparu à quelques reprises, surtout dans de grandes surfaces, causée par l’effet stroboscopique de néons défectueux.  Ce phénomène bénin est suffisant pour déclencher une surcharge électrique du cerveau et entrainer le comportement convulsif spectaculaire associé à l’épilepsie.

Mais il y a plusieurs types d’épilepsie et plusieurs manifestations de cette affection neurologique. Celle que je connais bien est l’épilepsie tonico-clonique, ou communément appelé le “Grand mal”.

Ma fille autiste, de son côté, n’a eu aucun épisode épileptique avant l’adolescence. Du moins aucune crise dont nous avons été témoins. Il y a 3 ans, un soir où elle était dormait entre nous, elle a soudainement hurlé de douleur, s’est arqué, la contraction a coupé son souffle, ses yeux ont tourné et sa figure s’est bleutée. Comme un drapeau sur son mat, son petit corps fragile s’est mis à trembler par secousses courtes et fermes. Pendant 30 secondes, un court-circuit a traversé son corps.  Qui nous a paru 30 minutes. Ma compagne, en contrôle, l’a retourné sur le flanc et l’a laissé faire en évitant que ses secrétions buccales ne bloquent sa respiration.  Moi j’étais étourdi, incapable de me calmer.

Quinze minutes après l’événement, elle semblait morte. Blême, amorphe et sourde à nos appels. Son souffle court et rauque était gêné par les sécrétions dans ses voies respiratoires. Elle gisait comme inconsciente.

Le lendemain matin, dès les premiers rayons de soleil, elle s’est glissée dans notre lit en réclamant ses éternelles toasts “brunes”.  Elle était calme et souriante;  comme si rien ne s’était produit.

Récemment, nous avons vécu un autre incident où, somnolante sur le divan, elle a encore convulsé devant nous.  Tout aussi traumatisant.  Le neurologue qui traite notre fille, lui a finalement prescrit des anticonvulsivants, un médicament qui contrôle bien ce type de crises, sans trop d’effets secondaires. Ce médicament contrôle tout aussi efficacement l’autre type d’épilepsie le “Petit mal”, dont Gabrielle a aussi souffert, caractérisée par un court moment où son corps s’arrête, figé dans l’espace, et qui repart après quelques secondes. Le jour où cette absence s’est produite dans l’escalier, nous avons compris que sa vie était en danger et qu’il nous fallait agir rapidement.

Si vous voulez en savoir un peu plus sur l’épilepsie, il existe une excellente vidéo (en anglais) expliquant les différents types d’épilepsie, avec des images saisissantes.

Le corps est une étrange machine. Il monte les plus hautes montagnes sans oxygène, descend sur 2 planches à une centaine de km à l’heure, plonge à plusieurs dizaines de mètres sous l’eau et résiste à des froids intenses. Pendant votre vie, il vous témoigne des comportements qui vous transcendent, et d’autres qui vous dépassent.  Comme l’épilepsie d’un enfant.

Le titre réfère au livre “La cicatrice dans la tête” de Valérie Pineau-Valencienne, traitant de l’épilepsie.

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Rêvez-vous d’être bénéficiaire de l’aide sociale ?

Je vous ai parlé à 2 reprises de mon bébé qui a célébré ses 18 ans. On peut sentir que cet événement m’a un peu, beaucoup, remué. Ce jalon évoque généralement un moment mémorable pour tous les adolescents de l’univers qui rêvent d’accéder au statut de grande personne, au droit de visiter sans stress les débits de boisson, d’acheter des plaisirs éphémères au dépanneur ou de sauter dans le vide, sans filet parental.

Pour notre fille autiste, Anne et moi, cet anniversaire sera tout aussi inoubliable, dans sa tourmente. Nous apprenions, il y a quelques mois, que même une jeune fille lourdement handicapée n’a pas le choix de devenir majeure. Peu importe si elle possède un âge mental de 3 ou 4 ans, elle ne peut plus demeurer un enfant aux yeux de la loi.  Plus aucune allocation familiale, plus de prestation pour enfant handicapé, plus de déduction fiscale. “Effifi Enne Nini, Fini”. Aussi bizarre que cela puisse paraître, l’état oblige notre enfant à recevoir des prestations d’aide sociale; à devenir une BS, en bonne et due forme !

Vraiment. Ma fille recevra une allocation d’aide sociale ?  Mais elle vit avec nous, ne travaillera probablement jamais et ne participera pas à la croissance du produit intérieur brut de mon pays.  Alors monsieur le pommier ministre et son verger, pourquoi l’obliger à devenir une prestataire de ce service de dernier recours ? Une de plus.

Attention, cœur sensible s’abstenir.  Les prochains paragraphes peuvent entraîner de graves hauts le cœur. Éviter de conduire de la machinerie agricole en le lisant.

Pour obtenir cette allocation d’aide sociale, comme dans un jeu vidéo, vous devez franchir 4 épreuves, parsemées de pièges bureaucratiques et de mines anti-personnelles “ronds-de-cuiresques” :

1.    Effectuer une demande de prestation d’aide sociale au nom de votre enfant au bureau du ministère de l’emploi et de la solidarité sociale du Québec  (bizarre comme nom).  Probablement l’étape la plus facile. Les parents d’enfants handicapés sont généralement moins traités en « Bougon » que la moyenne des demandeurs d’aide sociale.

2.    Obtenir une demande de numéro d’assurance social
à Services Canada. Pour effectuer une demande pour une tierce personne, tu dois posséder 3 items dont 2 pièces d’identité.  Si l’enfant est encore mineure, hourra, ce sera rapide, tu peux encore agir en son nom.

a)    une copie valide de l’acte de naissance émis par le directeur de l’État civil du Québec.

b)    une copie de la prestation pour enfant handicapé que nous recevions auparavant (un impressionant 1200$ par année). Ils ne me l’ont pas demandé, seulement l’acte de naissance puisqu’elle était encore mineure.

c)    un passeport avec photo (les handicapés n’ont pas toujours de photos sur leur carte RAMQ et ne possède heureusement pas de permis de conduire).

Après une seule visite, le NAS a été obtenu rapidement surtout grâce au passeport récemment émis lors d’un voyage aux USA, en octobre, avec notre fille. Nous sommes chanceux. Très peu d’enfants handicapés possèdent un passeport ou une pièce d’identité avec photo.  Et je ne vous parle pas de la difficulté d’obtenir un passeport pour une personne qui ne peut pas signer son nom (et d’obtenir une photo légale avec les 2 oreilles visibles, pas de dents, la tête droite…).  Ouf !

3.    Compléter le formulaire médical (celui du BS) attestant que ma fille possède une contrainte sévère à l’emploi, i.e. handicap lourd et permanent.

Le certificat médical, habituellement obtenu après plusieurs mois d’attente, l’a été après seulement quelques jours du fait que la Sainte Providence m’a donné une petite sœur médecin.  Merci St-Jude.

4.    Ouvrir un compte de banque exclusivement à son nom. C’est dans cette épreuve que tu perds beaucoup de vies dans ce jeu. Si tu déposes son chèque dans ton propre compte et que celui-ci montre un solde positif, le montant de la prestation sera réduit de la valeur de cette somme.

Pour ouvrir ce compte, tu dois posséder un document signifiant que tu es l’administrateur des biens de cette personne sous un des 3 régimes de protection existant au Québec.   Pour l’obtenir tu dois présenter :

a)    une évaluation psychosociale généralement faite par un travailleur social, démontrant le handicap sévère et permanent de ma fille (en souhaitant qu’il y en ait déjà une au dossier, sinon,  il y a un an d’attente avec le CLSC). Tu peux aller au privé, mais ça coûte entre 500$ et 750$.
b)    obtenir un certificat médical rédigé par un médecin (voir épreuve 3).

Une fois ces 2 documents en main, il y a ouverture d’un régime de protection, avec 3 issues possible, selon les évaluations et la volonté du conseil de famille:

•    la tutelle : Si l’incapacité est partielle ou temporaire, du fait qu’il y a espoir de guérison, comme suite à un ACV par ex.
•    la curatelle : Si l’incapacité est totale et permanente. Si la famille ne peut plus s’occuper de l’handicapé, il y aura alors nomination d’un curateur public, ou dans notre cas, un curateur privé.
•    le conseiller au majeur : Pour une personne légèrement inapte, qui a besoin d’assistance.

Tout ça pour obtenir les papiers, en sachant très bien que ce sera une curatelle privée, du fait de son état lourd et permanent et qu’elle demeurera avec nous.

Mais revenons à notre fameux compte de banque. Nous avions été prévenus que son ouverture serait truffée d’embuche.  Effectivement la Banque Royale, notre banque de tous les jours, a été intransigeante : les conditions détaillées plus haut sont inflexibles. Comme le disait la madame de la RBC: « C’est pas nous qui demandons ça, c’est le “consciencieux” (lire contentieux) de la banque, c’est une loi ». De lui répondre: ” SVP, dites à votre “consciencieux” d’aller se faire royalement …”.

Après vérification, notre petite Caisse Pop de quartier ne posait aucune question pour l’ouverture d’un compte de ce type, pour une personne handicapée, même si nous n’avions pas encore complété toutes les étapes de la curatelle.  Alors que le diable emporte la Banque Royale et son consciencieux.

Note : Après vérification, ce n’est pas une loi, mais un règlement qui peut être appliqué ou non. En principe, ils ne peuvent pas le faire, mais vu les pièces en main, c’était possible, avec un peu de discernement.  Mais le discernement ce n’est pas l’apanage des banques.

Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines. Nous étions les tuteurs légaux de cet enfant avant 18 ans, mais après, ça se complique. Ce n’est pas automatique, il faut en faire la demande auprès d’un conseil de famille de 5 personnes.  C’aurait été beaucoup plus facile de « donner » notre enfant à l’État pour qu’il la prenne en charge. Tout un paradoxe…

Lisez les autres chroniques sur ce propos: [cref il-y-a-18-ans-le-11-01-91 IL Y A 18 ANS, LE 11-01-91] et [cref l%e2%80%99autisme-ou-l%e2%80%99origine-de-la-raison L'AUTISME OU L'ORIGINE DE LA RAISON]

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Leur plus grand handicap, c’est notre regard

Un commercial télé que j’avais vu en 2006 et qui m’avait profondément ému.  Je l’ai retrouvé sur youtube. Beaucoup de gens pensent que les personnes possédant un handicap sont malheureux et souffrent profondément de leur état.  Ce n’est pas nécessairement le cas.  La grande majorité des gens enfermés dans un corps qui ne fonctionnent pas comme il devrait sont aussi heureux que la moyenne des ours, qui se tapent des heures de transport en commun et 30-40 ans d’un travail souvent frustrant.

Regardez attentivement ce vidéo de 30 secondes, préférablement en version pleine écran (cliquez sur le rectangle en bas à droite).

Je ne suis pas un grand fan du titre  “Disability means possibility”.  C’est un peu vide comme phrase.  Ce n’est pas tous les handicapés qui gagnent des médailles à Pékin et passent à “Tout le monde en parle”.  Par contre le premier énoncé me touche beaucoup plus  “Voyez la personne, pas son handicap”.  Cette perle a été produite par l’organisation britannique Scope, qui prone l’égalité pour les handicapés.  La musique de Radiohead vous jette par terre.

Autisme

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L’autisme ou l’origine de la raison

Dans quelques semaines, mes 4 enfants seront «légalement» adultes. Le 11 janvier 2009, ma fille cadette aura 18 ans. Elle est belle, souriante et autiste. J’écris «et autiste» plutôt que «mais autiste» parce qu’au fil des années Anne et moi avons accepté son état, accepté ce qu’elle est et ce qu’elle ne sera jamais, sans compromis. Après les étapes de questionnement, de diagnostic, de déni, de remise en question et de combat, nous avons finalement rejoint la phase la plus difficile à atteindre, l’acceptation. Après cette paix de l’âme retrouvée, il fait bon vivre avec ce rayon de soleil constamment posé sur nous. Tout comme cet astre céleste, elle nous éblouie souvent beaucoup trop, brûle notre énergie, nous épuise mais réchauffe notre cœur sans ménagement.

Je ne suis pas psychologue, ni intervenant en autisme et je n’aspire pas à le devenir. Je ne suis qu’un simple parent. Un parent en contact avec plusieurs enfants autistes, grâce à l’organisme que nous avons mis sur pied il y a 10 ans et qui offre du répit aux familles d’enfants autistes dans Lanaudière. « Les Répits de Gaby » nous a permis de mieux connaître les comportements atypiques de ces enfants, que l’ont retrouvent souvent à des degrés moindres chez les gens dits «normaux». Mon commentaire d’aujourd’hui tentera de faire le parallèle entre le comportement de ces enfants et celui du reste de la société. Vous verrez que nous avons tous, à différents degrés, des comportements autistiques.

L’autisme est fascinant à plusieurs égards. En examinant leurs agissements, j’ai dénoté plusieurs traits autistiques chez mes amis, connaissances, collègues, membres de ma famille et bien sur, chez ma propre personne.

Le DSM IV (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) dresse une liste de critères diagnostiques pour aider les professionnels de la santé à étiqueter ces enfants bizarres. Ce livre a été déterminant pour nous dans la découverte du syndrome de notre fille. Peu importe la compétence du médecin, les parents sont les seuls à pouvoir valider ou invalider cette liste auprès de leur enfant.

Voici cette liste de 12 éléments, en langage simple, regroupés en 3 blocs. Je vous donne quelques agissements d’autistes et d’autres exemples de comportements semblables (de mon cru) qui existent chez les “non-autistes”.

1. Altération qualitative des interactions sociales

A. Difficulté à décoder le langage non-verbal (mimiques faciales, contact oculaire, gestes ou postures corporel)

  • Autiste : Impossibilité de décoder les émotions chez les gens comme la tristesse ou la douleur. Incompréhension des conventions sociales comme donner une poignée de main ou saluer.
  • Non-autiste : Refus de regarder les gens dans les yeux, qui est une forme de communication. Absence d’empathie face aux émotions ou à la souffrance des autres

B. Difficulté d’interagir avec les autres

  • Autiste : les individus sont des meubles. Ils n’ont de l’intérêt qu’à cause de leurs bijoux, vêtements ou gadgets électroniques
  • Non-autiste : les gens interagissent souvent avec d’autres par convention, en parlant de la météo mais sans vraiment vouloir entrer en relation.

C. Difficulté à partager ses intérêts avec les autres ou même à désigner du doigt ce qu’il l’intéresse

  • Autiste : Refus de parler de leur journée ou de ce qui les tracassent.
  • Non-autiste : ce trait se retrouve chez beaucoup d’hommes qui refusent de partager ce qu’ils ressentent.

D. Refus de participer à des jeux en groupe

  • Autiste : le simple fait d’être en groupe créée une très grande anxiété parce qu’il n’arrive pas à décoder les autres.
  • Non-autiste : Nos symptômes fréquents d’agoraphobie dans une foule, à un spectacle ou dans un centre commercial.

2. Altération qualificative de la communication

A. Retard ou absence du langage

  • Autiste : on pense souvent à tort qu’ils sont sourds ou muets. Pour éviter l’anxiété de communiquer, même le langage gestuel est sous utilisé.
  • Non-autiste : le mutisme dans lequel se réfugient beaucoup de personnes dépressives ou épuisées.

B. Pour ceux possédant le langage, incapacité d’entretenir un dialogue

  • Autiste : Un long monologue, souvent déjanté, sans égard au fait que vous êtes ou non intéressé par ce dont il parle.
  • Non-autiste : les gens qui parlent sans arrêt, sans écouter les autres. Si jamais vous réussissez à placer un mot, il continue comme si vous n’existiez pas.

C. Utilisation déficiente du langage (répétition, écholalie, sons ou bruits)

  • Autiste : langage obsessif sur un sujet, une expression ou une idée fixe.
  • Non-autiste : la personne qui a peu de sujet de conversation et répète sans arrêt ce même sujet ou expressions (par ex. les sports).

D. Absence de jeu « de faire semblant »

  • Autiste : l’impossibilité de saisir ce qui est abstrait ou ce que l’on ne voit pas. La difficulté de comprendre que les gens qui quittent une pièce ne les abandonnent pas
  • Non-autiste : Ceux qui ont de la difficulté avec le théâtre, le cinéma ou même la religion qui nécessitent un assez haut degré d’abstraction.

3. Caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, intérêts et activités

A. Centres d’intérêts limités, anormaux dans son intensité et leur orientation

  • Autiste : la fascination des autistes pour les modes de transport (avion, train, automobile, camion).
  • Non-autiste : Tous les collectionneurs d’objets sans buts d’investissement (cartons d’allumettes, assiettes, bouchons de bière…).

B. Attaché à une routine répétitive et dysfonctionnelle

  • Autiste : Doit constamment manger la même chose, à la même heure avec un horaire planifié d’avance.
  • Non-autiste : Ceux qui s’adaptent mal à un changement d’horaire soudain ou des situations nouvelles non-planifiées.

C. Maniérismes répétitifs et associables

  • Autiste : l’autostimulation avec des objets hétéroclites comme des feuilles mortes, des billes de couleurs ou le son des clefs.
  • Non-autiste : les ongles que l’on ronge, le tremblement de jambe et tous les comportements associables dans les lieux de travail, sans égard aux autres…

D. Préoccupations persistantes pour des parties d’objets

  • Autiste : fixation pour les roues des véhicules, les murs de briques, l’eau qui coule.
  • Non-autiste : les obsessions pour les cellulaires, les bibelots, les souliers, sa haie de cèdre, ses vidanges :-)

À force de lire sur l’autisme et d’analyser le comportement de ces enfants (même adultes, ils demeurent des enfants) je me suis rendu compte que ces enfants ressemblent probablement à ce qu’était le genre humain à ses débuts, avant son évolution, avant l’apparition de la raison. La raison qui dicte maintenant les comportements sociaux, l’interaction entre les individus dans une société, les membres d’un groupe ou d’une famille. Cette raison semble inexistante chez un autiste. Elle y est surement mais atrophiée, par je ne sais quel problème. Comme les animaux, ils agissent beaucoup plus par instinct que par raisonnement.

Lisez les autres chroniques sur ce propos: RÊVEZ-VOUS D’ÊTRE BÉNÉFICIAIRE DE L’AIDE SOCIALE

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Une soirée tout à votre bénéfice!

Depuis 10 ans, je seconde ma compagne de vie pour assurer le bien-être immédiat et l’avenir de notre fille cadette. Notre fille, tout comme des dizaines d’autres familles d’enfants autistes de notre région, sont incapables de se défendre seule contre l’autisme. Aujourd’hui ces familles sont maintenant solidement épaulées par des dizaines d’intervenants, bénévoles, donateurs, supporteurs et commanditaires.

Tous ces bienfaiteurs se sont regroupés hier soir lors de notre 4e soirée bénéfice et 3e dégustation “vins et fromage” au profit de l’organisme les Répits de Gaby. Cette année, afin d’assurer plus de confort à nos invités, l’événement avait lieu pour la première fois à Joliette, plutôt qu’à Repentigny. Une salle plus grande, équipée des dernières technologies, avec des espaces de travail mieux adaptées, entourée d’un décor champêtre, à deux pas de la rivière l’Assomption.

Ma partenaire, Anne Deschamps, présidente et co-fondatrice de l’organisme nous a informé des dernières réalisations de l’organisme et du défi de l’autisme. Vous pouvez lire son texte ou regarder la vidéo de son allocution (7m30s).

Mon humble rôle se limitait à trouver quelques prix pour l’encan, préparer des présentations multimédias pour la soirée (vins et fromages en vedette, et travaux effectués à la maison des Répits de Gaby), et seconder François, notre encanteur vedette. J’ai dû par contre me plier aux fantasmes de François en me déguisant en Skippy le temps de la présentation de l’assiette de viande de kangourou et du vin australien. J’en saute encore de plaisir.

Plusieurs bénévoles ont travaillé d’arrache pieds pour, entre autres, vendre les billets, solliciter les commanditaires, choisir les accompagnements, les vins et fromages, préparer les plats de service, placer la salle, servir les invités pour ensuite tout ramasser aux petites heures du matin. Sans toute cette armée d’âmes dévouées, il va sans dire que jamais cette soirée n’aurait eu lieu.

Je ne me trompe pas en affirmant que les 225 personnes présentes ont apprécié leur soirée. De plus les 26 prix encantés ont trouvé preneur à très bon prix. Des œuvres d’art, forfaits voyages, alcools fins, équipements électroniques et billets de hockey se sont généreusement envolés au profit de nos fragiles anges. Pour l’encan 2006 nous avions offert 8 prix, l’an dernier 13 prix et cette année 26 prix, pour une valeur de 12 000$. Avec la contribution du billet d’entrée et les dons, la soirée a permis d’amasser 24 300$ en profit, somme qui ira en totalité en service direct aux familles et à leurs enfants souffrant d’autisme.

Nous remercions le comité organisateur, les bénévoles, les donateurs, participants et commanditaires pour le succès éclatant de cet événement. Venez vous inscrire sur le site des Répits de Gaby si vous désirez être contacté lors du prochain événement. En vous amusant vous découvrirez de nouvelles saveurs, et permettrez à plusieurs familles accablées de reprendre son souffle.

Allez lire un article du journal L’action sur cette soirée

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