Environnement

Tuer le registre des armes à feu? Duel entre bureaucrates et cowboys de l’ouest

L’actualité nous annonce régulièrement la mort du registre des armes à feu, mis en place en 1995 par les libéraux. Hérésie pour quelques propriétaires d’armes à feu mais nécessité incontournable pour les policiers, cette loi n’a jamais fait l’affaire des conservateurs (“Reformiste” et “Allianciste“).  Le puissant lobby des armes à feu, surtout de l’ouest et des régions rurales du Dominion profond, s’est toujours opposé à l’enregistrement obligatoire des armes de chasse.  Mais pourquoi cette obsession de nos rouges gorges (Red Necks)?

Fusil, carabine, pistolet et autre pétoire 101

Il faut tout d’abord faire une distinction. Il y a les armes de poing (pistolet, révolver…), qui sont interdites depuis 1934 au Canada, sinon fortement contrôlées pour le tir sportif.  Il y a aussi les armes automatiques, avec chargeurs contenant plusieurs cartouches, utilisées lors de conflits armés, aussi interdites (ou sévèrement contrôlés pour les collectionneurs).  Mais ces 2 types d’armes ne sont pas le cœur du problème, puisqu’elles sont interdites, sinon déjà encadrées dans un registre obligatoire.

Le vieux 303 sur la cheminée

Le problème, ce sont les armes de chasse.  Les canadiens possèdent 8 millions d’armes de chasse (fusils et carabines) pour une population de 34 millions d’habitants, soit une arme de chasse pour 4 canadiens.  Présentement plus de 85% des armes de chasse sont enregistrés (7 millions d’armes). En 2006, les conservateurs ont décidé de ne plus rendre obligatoire l’enregistrement des armes de chasse, amnistiant par le fait même le million de propriétaires contrevenants à l’ancienne loi.

Je suis un chasseur sanguinaire

Je suis un chasseur depuis mon adolescence.  Je fais parti du 10% de la population québécoise qui sont des chasseurs actifs  (750 000 détenteurs de certificat du chasseur, pour une population de 7 774 000).  Mon grand-père, mon père et plusieurs de mes oncles, cousins, cousines et amis sont des chasseurs.  Je suis propriétaire de plusieurs armes de chasse, enregistrées en bonne et due forme.  Je possède encore ma première 22 que j’utilisais pour la chasse au petit gibier.  Et un vieux 410 italien de mon grand-père (arrière grand-père?), pour le lièvre et la perdrix.  Deux calibres 12, pour le canard et l’oie.  Un calibre 308 pour le gros gibier.

Je ne comprends pas pourquoi il y avait une telle levée de boucliers contre l’enregistrement des armes , de la part des disciples de Nimrod.  Le gouvernement ne conteste pas le droit de posséder une arme de chasse, il désire seulement s’assurer que ces armes soient entre les mains de personnes mentalement stables et qui sont toujours en utilisation.

Il est étonnant de constater que 80% des décès par arme à feu au Canada découlent d’un suicide, 15% d’un homicide et 4% sont classés comme accidents.  Les conservateurs essayent de discréditer le registre en publiant de la publicité négative sur le site officiel du gouvernement .  Un paragraphe a attiré mon attention:

Statistiques sur la criminalité : Il y a près de 7 millions d’armes d’épaule enregistrées au Canada. Néanmoins, des 549 meurtres commis au Canada en 2003, seulement deux de ceux-ci ont été commis avec des armes d’épaule enregistrées (Centre canadien de la statistique juridique).   De plus, à Vancouver, 97% des armes utilisées pour la commission d’un crime provenaient de la contrebande.

Est-ce dû au registre que si peu de meurtres sont commis avec des armes enregistrées?  L’obligation d’enregistrement a-t-il enlevé des armes à ceux qui ne devaient pas en posséder?  Le gouvernement veut plutôt nous faire croire le contraire i.e. l’enregistrement obligatoire est inutile, puisque tous les meurtres sont causés par des armes illégales.

La Loi sur les armes à feu de 1995

La Loi sur les armes à feu a six objectifs principaux, forts louables :

  1. décourager l’utilisation des armes à feu dans la commission des infractions criminelles
  2. s’assurer que des personnes non compétentes ou dangereuses ne puissent obtenir d’armes à feu
  3. permettre aux autorités de confisquer aux personnes dangereuses leurs armes à feu
  4. permettre aux autorités de retirer à leurs propriétaires leurs armes à feu dangereuses
  5. permettre la réglementation du commerce, de l’utilisation, de l’entreposage et du transport des armes à feu
  6. aider la police à enquêter sur les crimes comportant l’utilisation des armes à feu et à prévenir la commission de ces crimes.

Pourquoi refuser d’enregistrer son arme ?   Une seule raison:  la bureaucratie crasse

Afin de pouvoir me servir de mon arme à feu pour la chasse, je dois posséder au moins 5 permis et cartes de certifications fédérales et provinciales.  Je dois les porter sur moi, en tout temps, lorsque je transporte mon arme, ou pendant que je chasse.  Si une seule de ces attestations est manquante, je suis passible d’une accusation criminelle grave et on peut me confisquer mes armes sur le champ.

Louis-Gilles Francoeur du Devoir, dans son article “Touche pas à mon gun…enregistré” du 27 mars 2009, se demande:

Or, toute infraction à ces trois obligations de nature administrative peut déboucher sur des accusations au criminel, avec toutes les conséquences qu’on imagine pour obtenir un passeport ou même renouveler ses permis de chasse en attendant un procès, pour ses voyages aux États-Unis, etc. En comparaison, celui qui a omis d’enregistrer un projectile de trois tonnes, comme un gros VUS, paiera simplement une amende et c’est logique, tout comme celui qui a oublié d’emporter avec lui la preuve d’immatriculation d’un véhicule.

Par contre, si un parti politique, quel qu’il soit, voulait enlever de la loi actuelle certains irritants inacceptables sans nuire à la sécurité publique, il maintiendrait l’enregistrement des armes de chasse actuel, mais annulerait ces dispositions qui font de simples infractions administratives de véritables actes criminels, d’où l’opposition d’un grand nombre de chasseurs à l’enregistrement lui-même, qui entraîne tout le reste.

Imbroglio “rond-de-cuiresque”

Voyons un peu le dédale administratif dans lequel doivent naviguer les chasseurs.  Voici les 5 niveaux que doivent compléter ces tenaces sportifs:

  1. Obtention du permis de possession et d’acquisition d’un arme à feu (PPA) (fédéral).  Pour avoir le droit de détenir, acheter, vendre ou transporter une arme de chasse, tu dois remplir des conditions strictes.  Entre autre ne pas être sous le coup de condamnation criminelle ou souffrir de maladie mentale avec violence.  Tu dois aussi obtenir l’autorisation écrite de tous tes conjoints-es depuis les 5 dernières années.  Ton permis est temporaire, valable pour 5 ans seulement. Tu dois le redemander, il ne t’es pas renvoyé automatiquement.
  2. Obtention d’un certificat du cours canadien de sécurité dans le maniement des armes à feu (fédéral):  tu dois suivre un cours sur le maniement des armes à feu, qui dure approximativement une vingtaine d’heure, offert le soir et la fin de semaine. Ta certification est permanente.
  3. Obtention du certificat d’enregistrement d’arme à feu (fédéral – GRC ou SQ):  toutes les armes (armes à autorisation restreinte et armes de chasse) doivent être enregistrées et le sont de façon permanente. La réglementation est sévère pour l’entreposage de ton arme dans un cabinet verrouillé, loin des cartouches. La gâchette de ton arme doit de plus être verrouillée avec un loquet spéciale.
  4. Certificat du chasseur (provincial):  pour obtenir ton permis de chasse ou avoir le droit d’acheter des munitions, tu dois obligatoirement posséder les 3 permis précédents, et en plus, ce certificat du chasseur délivré par le gouvernement du Québec.  Ce certificat est permanent.
  5. Permis de chasse (provincial):  une taxe indirecte pour chasser le petit ou le gros gibier.  Ce permis est renouvelable chaque année.

Pas facile de s’y retrouver.  Il est maintenant plus difficile de se qualifier pour la chasse, que de trouver du gibier.  On se demande pourquoi depuis quelques années, les chevreuils se promènent allègrement sur nos autoroutes, et qu’il se produit, chaque année au Québec, plus de 6 000 collisions impliquant un chevreuil ou un orignal (plus de 16 accidents par jour).  La récolte totale de gibiers, en 2008, était de 19 000 orignaux et 58 000 chevreuils.  Ce qui veut dire que 8% de ces animaux sont tués par des véhicules routiers.

Les policiers et le registre

Les policiers sont de grands promoteurs de ce registre.  Ils le consultent avant d’effectuer une arrestation ou une perquisition, pour savoir si l’intimé possède une arme à feu enregistrée.  Ce registre permet aussi de contrôler la revente légale ou non des armes de chasse.

Anecdote pour une histoire qui fini bien

Il y a quelques temps, dans mes montagnes du nord de Lanaudière, le chalet voisin a eu la visite de vilains cambrioleurs.  Ils se sont en”volés” avec des appareils électroniques, quelques bouteilles d’alcool et un vieux fusil de chasse, qui n’avait malheureusement pas été entreposé sous clef.  Quelques jours plus tard, les policiers ont mis le grappin sur les cambrioleurs qui tentaient de receler le fusil en question, à un brocanteur de la rive-sud de Montréal.  L’arme à feu avait heureusement été enregistrée par son propriétaire.

LG Francoeur conclut dans son article du Devoir du 27 mars dernier:

Mais cela étant dit, maintenant qu’on y a investi une fortune indécente de plus de deux milliards, la question n’est plus aujourd’hui «Faut-il enregistrer?» mais bien «Faut-il continuer d’enregistrer les armes de chasse?».  À mon avis, il faut maintenir l’enregistrement des armes de chasse, mais en limiter les effets pervers et inutiles dans l’intérêt même des chasseurs. Les tenants du «Touche pas à mon gun!» doivent accepter l’idée qu’il doit exister un équilibre entre le privilège d’utiliser une arme et les impératifs de la sécurité publique. Mais, à l’opposé, le discours des «anti-chasse» qui voudraient interdire toute utilisation d’armes, y compris les armes de chasse, constitue un intégrisme tout aussi inacceptable. Mais pas facile d’y voir clair, je l’admets.

Pour plus d’information, aller lire l’éditorial (en pdf) de L’association médicale canadienne : “Un contrôle raisonnable : l’enregistrement des armes à feu au Canada” et le document de la GRC concernant les mythes au sujet du contrôle des armes à feu


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De la coupe à blanc à la certification environnementale

À quelques reprises, j’ai traité des nouvelles coupes forestières qui sont maintenant sérieusement encadrées.  Après des décennies d’abus, de coupes à blanc et de destruction de nos forêts, les compagnies forestières ont pris leurs responsabilités et ont décidé de s’auto-réglementer.

Petite histoire du saccage de la forêt boréale

Jusqu’aux années 70, les concessions forestières étaient attribuées aux compagnies qui possédaient tout le territoire, toutes les terres publiques.  Leurs contrats s’étendaient jusqu’à 100 ans.

Dès le début du 20e siècle, ces compagnies ont fait des affaires d’or, sans rendre de compte à personne.  Pendant les décennies qui suivent, un grand nombre de travailleurs bûchent dans les chantiers d’hiver pour couper les arbres de façon traditionnelle.

Arrivent les années 70, et la grosse machinerie qui modifie en profondeur la coupe forestière.  Tous les arbres y passent, même les minuscules repousses. L’époque de la coupe à blanc est née.  Les coupes forestières se font alors à un rythme effréné.  Le Québec doit se réveiller : la forêt disparaît à un rythme alarmant.

Au milieu des années 80, les règles de gestion de la forêt sont modifiées.  Les compagnies forestières en plus de couper, doivent reboiser.  La forêt est redistribuée par CAAF, les Contrats d’Approvisionnement et d’Aménagement Forestiers qui leurs donnent le droit de couper une essence spécifique et une quantité précise, sur un territoire donné. Ces contrats sont renouvelables aux cinq ans et les compagnies doivent maintenant se partager les terres publiques.

La CPRS:  solution à tous les maux ?

Suive l’imposition par Québec des nouvelles méthodes de coupes, la CPRS,  “la Coupe avec Protection de la Régénération et des Sols”, destinées à protéger les repousses d’arbres et empêcher la compactage du sol.  Mais le bon peuple doute beaucoup de l’efficacité de ces coupes puisque les rasages à blanc continuent.  En 2002, la vérificatrice générale du Québec dénonce “la mauvaise gestion de nos forêts publiques et de la surévaluation de la possibilité forestière de la forêt publique”.

On s’imagine alors qu’en faisant attention lors des coupes, aucun reboisement ne sera nécessaire. Mais les résultats sont tout autres;  les impacts sur les sols sont important, on observe une augmentation du niveau d’érosion et de la température ainsi qu’une accélération dans la perte de matières organiques.  On tente de minimiser les dommages de la machinerie en empruntant toujours les mêmes sentiers.  On utilise des machines à longs bras, qui récoltent tous les arbres à valeur commerciale, mais sans toucher le sol où ils se trouvent, pour en limiter l’impact écologique.

Les certifications environnementales

Depuis quelques années les entreprises adoptent les certifications  de bonne gestion forestière de type CSA, moins crédibles, puisque que ce sont les compagnies qui fixent les règles, ou FSC (Forest Steward Council), certification dictée par les mouvements environnementalistes. Puisque la grande majorité de ces récoltes de bois finiront chez les américains, les exploitants doivent dorénavant respecter un code de conduite sévère pour que leur bois soit exporté.

Mon constat

Depuis quelques semaines, je me ballade sur un autre chantier de coupe, à proximité de mon havre forestier.  J’inspecte avec soin l’évolution des travaux avec un œil critique, puisque ce chantier est accrédité FSC.

Je note l’installation de ponceau d’acier de 5 pieds, de la coupe sélective avec un impact modéré sur le sol, résidu limité au sol, respect des essences non-coupées…  Je vous laisse juger par les photos.  Il semble, à première vue, que l’impact soit majeur mais c’est une grande évolution par rapport aux coupes passées.

J’ai aussi inclus une vidéo de 79 sec. pour que vous constatiez la récolte de qualité de nos amis forestiers.


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40 ans à attendre le train

Depuis 23 ans, j’habite Repentigny, joyau de la couronne nord de Montréal.  Avant d’y élire domicile, j’ai grandi plus au nord, à Joliette, coquet hameau tressé dans les méandres de la rivière L’Assomption.  J’ai complété mon cours universitaire sur le Mont-Royal et occupé plusieurs postes l’été, au centre-ville de Montréal, tout en habitant chez mes parents à Joliette.  Je connais bien le défi des banlieusards et surtout le stress de “navetter” matin et soir vers la grande ville.

Chaque année, pour me rendre au travail, je parcoure une distance de 17,000 km (46 semaines x 5 jours x 74 km). J’égrène en moyenne plus de 2h30 quotidiennement en transport, soit l’équivalent de 575 heures, représentant 14 semaines de 40 heures de travail non rémunérés. Si je recevais un maigre 10$ pour chacune de ces heures perdues, je serais plus riche de 5 750$ par année. Un coût énorme pour moi et pour toute la société.

Depuis quelques années, j’ai découvert le transport en commun à partir du stationnement incitatif de Pointe-aux-Trembles, une véritable bénédiction des Saintes-Évangiles.  Ce mode de transport me permets de ménager ma monture et mes nerfs.  Cette autobus express transporte les pâles cols blancs de leurs banlieues dorées vers le centre-ville.  Malgré le goulot d’étranglement de la “cahotique” rue Notre-Dame, c’est le meilleur moyen de préserver ma santé mentale et mon système nerveux, rudement éprouvé pendant toutes ces années.

Ce demi-cauchemar se terminera dans moins de 18 mois. Tous en voiture, le train arrive ! Le “train de l’Est” que l’on nous promet depuis que j’habite dans Lanaudière (i.e. depuis toujours) arrive en gare.  On planifie 5 départs le matin, un le midi, 5 le soir avec un autre en fin de soirée.  Je me pince sans encore sentir une sensation. Mon esprit suspicieux n’arrive pas à y croire.

La conspiration

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le train de banlieue dans Lanaudière existait jusqu’au début des années 70.  Il a été démantelé dans la foulée du scandale du démembrement des réseaux de trains, orchestrée par l’industrie des fabricants d’autobus, d’essence et de pneus, vers la fin des années 50.  Suite à ce complot, connu sous le nom de “Great American Streetcar Scandal“, Montréal a détruit tout son infrastructure de tramways et une partie de des trains de banlieue.  Comme récompense GM offrait en échange de beaux autobus flambants neufs et gratuits et par le fait même encourageait la consommation d’essence et de pneus.  Par contre les villes devaient se débarrasser des voies ferrées, tramways et trains en les empilant avant de les brûler.  C’est payant pour l’industrie: un train dure 50 ans mais un autobus, la moitié moins.  Un scandale qui a été révélé dans plusieurs reportages et livres.

•    “The Great GM Conspiracy Legend: GM and the Red Cars”, Stan Schwarz
•    “Conflict of Transportation Competitors”, Akos Szoboszlay
•    “The StreetCar Conspiracy: How General Motors Deliberately Destroyed Public Transit”, Bradford Snell
•   ” Paving the Way for Buses – The Great GM Streetcar Conspiracy, Part I – The Villains”, Guy Span, baycrossings.com

Impact social

L’arrivée du train aura un impact majeur sur cette banlieue homogène, à peu près sans quartier défavorisé et industrie lourde.  Le prix des maisons grimpera rapidement, au même rythme que leurs taxes.  Sa trame sociale changera et perturbera la quiétude des “Bungalow Bill”.  Mais en revanche ils subiront moins de bouchon, de pollution et de retard. Des familles abandonneront leur 3e ou 2e bagnoles. Des jeunes qui auraient déménagés en ville pour étudier, demeureront dans leur douillet faubourg.

Chicane dans la cabane

Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines.  Les villes au nord de Repentigny sont insatisfaites du fait que le train ne s’arrêtera pas chez eux, bien que la voie ferrée y soit disponible et en bon état. Le gouvernement a opté pour la construction d’une voie ferrée entre les 2 voies de la 640 pour rejoindre Mascouche. Un projet selon moi complètement inutile, puisqu’une voie ferrée existe déjà à Mascouche (appartenant au CP) et qui serait disponible aux trains de banlieue.

Espérons que ces tractations intestines ne retardent pas le lancement de ce train.  Un train qui desservira chaque jour plus de 5 500 voyageurs, présentement prisonniers de la circulation pendant 14 semaines de 40 heures chaque année.


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Le commerce équitable: quand le sud convoite le nord

J’ai croisé l’autre soir une horde de très jeunes gens, disséminés sur plusieurs coins de rue à Toronto.  Habillés de “jumpsuit” orange fluorescent, ils avaient l’air de beaucoup s’amuser.  Ils distribuaient des tracts en interpelant amicalement les badauds.  Il y en avait partout et n’avaient pas l’air de nos habituels quêteux et illuminés de coin de rue.

Après plusieurs pâtés de maison, j’ai finalement succombé et ramassé ce dépliant.  Pas de bande de Gaza, de couche d’ozone, de baleines, de fonte d’iceberg ou de sida.  On y traitait seulement d’un sujet « Le Fair Trade », de commerce équitable.

J’ai eu de nombreuses discussions avec mes grands enfants sur ce sujet.  Papa tu ne devrais pas acheter chez WalMart, tu ne devrais rien acheter chez Costco, encore moins dans les magasins à rabais;   ils ne pratiquent pas le commerce équitable et exploitent leurs employés.  Au début je riais de leur lubie, que je comparais à nos campagnes pour la paix de la fin des années 60 ou encore du « No Nukes » de la fin des années 70.

Économiste de formation, je comprends pourquoi les pays émergents et pays en développement (autrefois appelés “sous développés” et y a pas si longtemps “Tiers Monde”) n’obtiennent pas leur part de la tarte du commerce international.  Ce sont généralement de petits producteurs isolés de biens de consommation peu transformés,  cultivés ou produits à grande échelle dans plusieurs autres pays émergeants, que l’on destinent aux pays riches.  Ces petits pays se heurtent à de déraisonnables quotas ou des tarifs douaniers exorbitants pour les empêcher d’accéder à ces grands marchés.  Quand il y a peu ou pas de barrières tarifaires ou de quotas, ces petits pays se battent alors contre des systèmes organisés de subventions offerts aux agriculteurs du nord et aux producteurs de matières premières ou manufacturées.

Peut-on vraiment espérer fissurer cette forteresse immuable en achetant du chocolat, du café ou des vêtements à des prix plus élevés que le prix du marché? J’en doute. Mais je me permets de rêver.

J’achète très peu de biens de consommation importés de ces pays en développement.  Ma consommation de tam-tams, burnous, masques vaudous, burka et jalaba ont beaucoup diminué ces dernières années ;-) .  Ma courbe de demande ne croise pas souvent  la courbe de leur offre. C’est ce que je croyais.  Mais en examinant attentivement ma consommation de tous les jours, il y a beaucoup de produits de ces régions sur le tapis roulant de ma “grocerie” préférée.  Bananes, café (beaucoup), riz, mangue, cacao, coton, sucre, noix, quinoa, épices, farine, miel, vin (Chili), poisson, tapis, meubles…

Mais peut-on vraiment influencer le développement de ces pays et diminuer la pauvreté en achetant ces produits supposément équitables ?   D’abord le sont-ils vraiment équitables?  Y’a-t-il vraiment un label fiable?

Il existe plusieurs standards mais ce label n’est pas unique. Il n’existe pas d’organisme indépendant qui certifie ces produits.  Ce sont ceux la même qui dresse les standards qui certifient ces mêmes produits. Il existe même des labels “équitable et biologique”.  Grosse commande.  Beaucoup doutent que ce soit vraiment surveillé et contrôlé.

Il y a aussi les prix artificiellement élevés de ces produits.  Ces prix dopés font entrer plusieurs producteurs sur le marché et font baisser les prix des producteurs non-équitables en les appauvrissant encore plus. Ces prix plus élevés ont le même effet qu’une subvention et créés encore plus d’insatisfaction entre les producteurs d’un même pays.

Il y a aussi la qualité douteuse de beaucoup de ces produits.  Il vous suffit de visiter une boutique de produits dits équitables comme il en existe sur le Plateau Mont-Royal.  Café qui goute la cendre, chandail en coton qui se déforme au premier lavage, chemise qui ressemble à un torchon aussitôt portée, meubles chambranlants… Ce n’est pas toujours vrai mais c’est la perception.

Si demain matin nous faisions disparaitre tous nos quotas agricoles ou nos barrières tarifaires,  de grand pans de mur de l’économie du nord s’écrouleraient.  Au Québec, par exemple, les industries laitière et aviaire disparaitraient probablement pour laisser entrer les producteurs des pays pauvres, avec des prix plus bas. Rappelez-vous quand les barrières ont été levées sur les vêtements, les souliers ou le textile dans les années 70.  L’Inde, la Chine, le Vietnam et beaucoup de pays orientaux ont aussitôt fait perdre des milliers d’emplois à ce secteur traditionnel de notre économie, maintenant moribond.

Finalement tout le débat sur l’achat local et l’impact du transport de ces biens sur les gaz à l’effet de serre doit aussi être considéré lorsque l’on achète un produit du sud versus un produit local.

En règle générale, j’achète des produits de qualité, en payant le meilleur prix possible.  À prix égal, je privilégierai un produit québécois ou fabriqué près du Québec.  Si aucun produit local n’est offert, à qualité égale, j’achèterai un produit qui porte un label “d’équitabilité”, même si je dois payer une petite surprime.  Malgré que je n’ai aucune garanti que ce label soit valable.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, lisez cet excellent texte tiré de “Ecolo Asso”, un site français, s’intitulant “10 objections majeures au commerce équitable”

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C’est assez, je te quitte !

Après 30 ans d’irréprochable fidélité, la décision a été difficile à prendre, mais j’ai décidé de te laisser.  Tu étais pourtant toujours disponible pour moi très tôt le matin.  Je prenais toujours mon café en ta compagnie. Nous passions des heures ensembles au retour du bureau et de longs dimanches matins au lit.  Mais tout ça c’est bien fini.  Plus jamais je ne te prendrai avec moi, plus jamais tu ne laisseras ta marque sur mes mains, plus jamais tu ne me feras réfléchir ou sourire.   Ma décision est irréversible.  Je résilie mon abonnement à mon quotidien préféré.

Cette décision me trottait dans la tête depuis quelques temps.  Depuis que ma compagne de vie et moi, le matin, sautions la clôture avec nos laptops, pour lire nos nouvelles dans nos agrégateurs RSS ou encore sur nos sites de nouvelles préférés.  Je t’ai même trompé, chez ma dentiste, en lisant des articles sur mon “Ipod Touch”.  Je peux maintenant lire les grands journaux américains, des webzines spécialisés, feuilleter les quotidiens “canadians”, les grandes publications européennes, Libération, Le Monde et même le blog de Barrack ou celui de Seth Godin.  Je n’ai plus besoin de toi, media maintenant obsolète.

Chaque fois que je te jetais dans le grand bac bleu, j’avais un pincement au cœur. Tu restais souvent intacte, avec tes couteuses pubs glacées au centre.  Le samedi, un kilogramme de papier, à peine feuilleté, se retrouvait dans le grand glouton à roulette. En pure perte.

La lente disparition des imprimés

Cette fin de semaine, j’ai vu les usines de récupération encombrées de centaines de tonnes de papier dont personne ne veux.  J’ai vu dans un coin le ballot de papier que j’ai généré cette année.

J’ai vu des journaux britanniques, vieux de 200 ans, fermés leurs portes ou migrés vers le web.  J’ai vu la fermeture du San Franscisco Chronicle, du LA Times et la banqueroute des 2 grands quotidiens de Détroit (Detroit Free Press et Detroit News).  J’ai vu les votes de grève au Journal de Montréal (et de Québec) et à La Gazette.  J’ai vu la déchéance des « moulins à papier » au Québec et partout dans le monde.  J’ai vu les imprimeries du géant Quebecor World fermées une à une, pour finalement se refugier sous la loi de la faillite.

J’ai honte mais je n’ai pas le choix,  Je ne peux plus payer 500$ par année pour soutenir une industrie moribonde.  Je sais que le papier que je n’achèterai plus empêchera de couper plusieurs arbres. Mais coupera plusieurs emplois. Mais je dois m’adapter et l’industrie, de même.

L’apparition des quotidiens gratuits ont planté le dernier clou de ce divorce de société.  En nivelant par le bas, ces nouvelles feuilles de choux ont jeté le discrédit sur ces jadis nobles journaux, en traitant l’information comme du “fast food publicitaire”.  L’absence de dossier de fond, d’éditorialiste et de réflexion,  nous a mené tout droit au site d’enfouissement.  Celui là même où nous enterrerons cette vénérable institution, née du rêve de Gutenberg.

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A fed animal is a dead animal

Cet avertissement apparaît partout dans les campings des Rocheuses. Si vous nourrissez un animal sauvage il s’habituera à l’homme, ne le craindra plus et deviendra une nuisance.  Si c’est un chevreuil, il s’approchera des habitations, se nourrira de vos arbres et arbustes et finira sur l’autoroute où il causera des accidents souvent graves. Si c’est un ours, alors les dommages seront souvent plus à la propriété de l’homme et finalement à l’intégrité de l’animal.

Dernièrement j’ai acheté une poche de pommes et de carottes en pensant naïvement attirer les chevreuils derrière mon havre forestier. En lisant cet article du Devoir, du toujours pertinent Louis Gilles Francoeur, j’ai finalement réalisé que mon idée était mauvaise.  En fait l’affiche vue dans les Rocheuses s’applique aussi chez nous.

La semaine dernière, accompagné de ma fille, je suis arrêté près du village de St-Côme où l’on nourrit les chevreuils en déposant des tonnes de carottes dans un champ.  Il n’y avait plus de carottes. Une douzaine de chevreuils hagards s’y tenaient, immobiles, ne reculant même pas à l’arrivée des automobiles.  Cette nourriture avait dénaturé leur instinct.  Ils étaient devenus dépendants de cette manne qui faisait maintenant défaut. On aurait dit des chevreuils de plâtre.

Lisez cet article qui vous fera réfléchir (en pdf)  vous_ne_les_aimez_pas1

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Chevreuils en vacances

Mes blanches vacances des derniers jours m’ont permis de me familiariser avec notre nouvelle caméra, en filmant un “meeting” avec une famille de chevreuils, suivi de 3 courtes ballades en motoneige. Pour Bambi et ses amis, ce sont de courts vidéos de quelques secondes. Les 3 vidéos en motoneige donnent un peu le mal de coeur mais les paysages en valent la peine. Tous ces vidéos sont disponibles en haute résolution (cliquez le lien en bleu “WATCH IN HIGH QUALITY” sous la fenêtre de visonnement dans youtube.com)…






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Ma caméra

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Les barrages d’Hydro-Québec seraient responsables du déclin des populations marines du fleuve St-Laurent

Telle est la conclusion d’un rapport de Nature Québec et révélé par un article de Louis-Gilles Francoeur dans l’édition du 12 décembre dernier du Devoir.

« Le mémoire du groupe environnemental estime que 90 % des eaux douces qui atteignent le Saint-Laurent y sont désormais déversées en dehors des cycles naturels dont les espèces ont besoin pour se reproduire et s’alimenter. Et ce sont les barrages et la production d’électricité qui sont à l’origine de cette modification déterminante, jamais évaluée globalement par Hydro-Québec, qui pourrait expliquer le déclin de plusieurs espèces du golfe. »

En contrôlant l’apport des flux des rivières dans de gigantesques bassins et en les déversant de manières régulières et non selon les saisons, comme cela se fait depuis plusieurs millions d’années, Hydro-Québec amplifie la déprédation des espèces qui survivent grâce à ces cycles.

Une comparaison boiteuse mais imagée: C’est un peu comme si Hydro-Québec, pour éviter les variations de températures saisonnières, décidaient qu’au Québec il ferait toujours 12 degrés Celcius à longueur d’année. L’impact sur les écosystèmes serait catastrophique. Et ils le sont.

À force d’harnacher sans vergogne nos attraits naturels et de ne penser qu’au profit, notre national vache à lait tue le St-Laurent, un héritage précieux qui a assuré, pendant plusieurs siècles, la survie singulière de notre peuple.

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Les autocrates assoiffés du flot de vos rivières

Cette semaine, j’entendais Pauline Marois épiloguer sur la position de son parti concernant l’harnachement de la rivière Romaine, une des dernières grandes rivières intactes au Québec.

Visiblement mal à l’aise, elle a passé un bon moment à osciller entre la conservation et le développement. Ignorant encore où elle se dirigeait avec ses raquettes aux pieds, sa réponse est digne des grandes tergiversations des gouvernements qui se sont succédés depuis la fin des années 50. Elle nous a servit son grand laïus d’occasion pour justifier la disparition de cette grande rivière: outil de développement régional, autonomie énergétique, source de revenue, énergie propre et renouvelable, absence de gaz à effet de serre, technologie québécoise de pointe, accord avec le milieu…

La vérité c’est que les rivières du Québec sont une implacable machine à imprimer de l’argent, comme l’étaient les océans ou les forêts avant la disparition des poissons et la raréfaction du bois. La disparition d’une centaine de majestueuses rivières au cours des 40 dernières années n’attriste personne d’autre que quelques romantiques amants du bruit des chutes et du clapotis des vagues.

La carte du Québec d’avant

En voyage, j’aime bien visiter les boutiques de cartes topographiques. J’apprécie particulièrement les vieilles cartes du Québec, du Canada et de l’Amérique du début de la colonie. Un jour à Toronto, j’aperçu une immense carte du Québec des années 20, du temps où la couronne britannique venait de lui attribuer les territoires du Nord du Québec. Pour la première fois je voyais mon pays avant le saccage : aucun réservoir au sud, surtout construit pour la drave et les papetières tel le Basketong, Cabonga, Dozois, Gouin ou Taureau; aucun détournement de rivière, comme la Rupert, la Caniapiscau ou la Pékan; aucune inondation de territoire vécue sur La Grande ou Manic 5. Le Québec tel qu’il était avant sa gigantesque chirurgie plastique du dernier siècle et ses 200 centrales hydroélectriques.

Hydro-Québec est un gouvernement à l’intérieur du gouvernement qui n’a, en fait, qu’un seul objectif : faire travailler ses nombreux ingénieurs syndiqués pour construire de plus en plus de barrages, pour vendre encore plus aux Ontariens et Américains, peu importe la demande intérieur ou les économies d’énergies potentiellement réalisables. La preuve: le gouvernement a enlevé à Hydro-Québec le mandat de faire promotion de l’économie d’énergie en créant une agence gouvernementale distincte. Hydro Québec n’était pas très bien placée pour dire aux Québécois de moins consommer d’électricité. Un peu comme si Shell ou Esso avaient pour mandat de nous faire acheter moins d’essence.

Le projet archipel

Les gens de ma génération se souviennent du fameux « projet Archipel » qui projetait la construction d’un gigantesque barrage au pied du pont Champlain, pour inonder les rapides de Lachine pour, nous disaient-on, éviter les inondations au printemps… Nous sommes presque tombé dans le panneau. À la suite d’une levée de boucliers des verts de l’époque, les rapides de Lachine ont été préservés. En plus, depuis 20 ans, en brisant les glaces avant la fonte des neiges, il n’y a plus aucune inondation autour de l’île de Montréal. On ne peut aujourd’hui imaginer Montréal sans ses majestueux rapides.

Il existe des dizaines d’histoires heureuses où les « locaux » se sont battus afin d’éviter que le malin voleur de rivières s’accapare de leur patrimoine. On peut penser aux rivières sauvées in extrémis comme la Batiscan, Malbaie, Jacques Cartier ou Ashuapmouchouane (4 rivières maintenant protégées et enclavées dans des parcs). Hydro ne se repose pas et plusieurs rivières sont encore dans les cartons de l’ogre de la turbine comme la rivière aux Feuilles, probablement une des plus belles rivières au Canada.

M. Charest a signalé que les aires protégées n’empêcheront pas des entreprises de réaliser des projets ailleurs dans le Grand Nord. Hydro-Québec n’abandonne pas pour autant son projet d’ériger des barrages sur la rivière aux Feuilles, a-t-il répondu.

Centre hydrique, BAP et Environnement durable

Pour endormir la population, notre gouvernement des rivières a créé des instances pour contrôler, régir et écouter les doléances des chialeurs, rétrogrades et empêcheurs du progrès. Ces organismes n’ont pas beaucoup de pouvoir, étant menotté par ceux qui les ont créés. Des instances sans recours, pour se donner bonne conscience devant la contestation. Le détournement de la Pékan dans la Moisie, la dérivation de la Rupert et finalement la Romaine en sont de belles exemples.

Les parcs de rivières en Ontario

L’Ontario a protégé la majorité de ses grandes rivières en parcs linéaires, empêchant la construction de barrages, de quais ou la vente de terrains le long des rives. En plus 50% de son territoire nordique est protégé de l’exploitation minière ou forestière. Mais il y a un prix à cette protection. L’Ontario produit son énergie principalement grâce à des centrales thermiques (au charbon) et nucléaires C’est leur choix de société.

Carte des parcs de l'Ontario

Parcs de l'Ontario

Les barrages comme outil de développement des régions

À la fin des années 90, j’ai fait la descente de la rivière Portneuf au nord de Forestville. Dix ans auparavant, j’avais découvert ce bijou bordé de plages, blotti au coeur de montagnes magnifiques. Mais depuis, avec l’aide d’une entreprise privée, Hydro y a construit plusieurs mini-centrales au dessus des 3 plus beaux rapides de la rivière. Vous devez maintenant portager ces rapides le long d’un étroit trottoir de béton, en plein milieu de la forêt boréale. Pas de gardien, pas d’employé. Simplement une rivière qui entre dans un immense ponceau de 15 pieds de haut et qui ressort 500 mètres plus loin, accompagnée du grésillement de transformateurs et de câbles de 750kw. Ces centrales sont vraiment de grands moteurs de développement régional.

La rivière St-Maurice, que j’ai dévalé à plusieurs reprises, est agrémentée de 13 barrages soit le nombre le plus élevé de barrages sur une seule rivière. Assez paradoxalement, la communauté Atikamekw de Weymontachie, avec une population de 1 500 âmes enclavée entre 2 barrages, n’a même pas accès à l’électricité d’Hydro ! Elle produit son courant grâce à des génératrices et de l’essence… On repassera pour le développement des communautés locales.

Projets d’envergure

Afin de calmer notre castor nationale, je suggère 2 projets qui devraient occuper nos fourmis étatiques pour les 10 prochaines années. Je propose de construire un immense barrage en face de la ville de Québec et un autre à Tadoussac, à l’embouchure du Saguenay. De plus ces 2 barrages pourraient servir à remplacer les 2 traversiers de Québec-Lévis et Tadoussac-Charlevoix, générateurs de tonnes de gaz à effet de serre. Nous pourrons alors constater de visu les avantages des constructions hydroélectriques comme le développement des régions, l’énergie propre et renouvelable et l’expertise technologique unique de leurs ingénieurs et ce, à deux pas de nos élus…

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Les coupes forestières peuvent-elles réellement être compatibles avec le respect de l’environnement?

Nous lisons chaque semaine des commentaires dans les médias sur les coupes abusives des compagnies forestières, le manque de diversité du reboisement de la forêt boréale et l’éloignement grandissant de la matière première pour les papetières. Tous ces maux naissent du besoin des régions-ressources d’assurer des emplois à leurs habitants afin d’empêcher l’exode des forces vives de ces coins de pays.

Dans les années 60, mon père et mon grand-père m’amenaient à la pêche et je me souviens très bien des coupes à blanc sur les flancs des montagnes avec les immenses cicatrices de la machinerie dans le paysage. Dans les années 90, les coupes ont repris sur ce même territoire. Malgré qu’aujourd’hui les bordures des lacs et les paysages autour des habitations de villégiature sont préservés, les coupes à blanc étaient la norme jusqu’à tout dernièrement. Sans être un expert, je pense que le fait de laisser des amoncellements de branches sur le sol jusqu’à 10 pieds de haut, sur plusieurs kilomètre est encore plus dommageable que cette coupe rase drastique. Sur plusieurs routes de bois, 20 ans après les coupes, rien n’a encore repoussé du fait que ces immenses tas de branches ne se sont pas encore décomposés. Dans les années 2000 les coupes ont continués mais en privilégiant les rasages en rangés, technique probablement supérieure, surtout pour les animaux et la regénération mais avec un résultat tout aussi disgracieux pour la forêt.

Aujourd’hui, suite aux pressions populaires, les entreprises forestières qui veulent vendre leur bois à grande échelle se doivent de respecter des règles précises afin d’obtenir leur certification « écolabel». Dans le cas de l’entreprise qui buche dans mon coin de pays, il s’agit de l’accréditation FSC (Forest Stewardship Council). Pour l’obtenir ils doivent se plier à plusieurs normes précises pendant la planification du territoire, la construction des routes et des ponts, la récolte, le transport et la régénération de la matière ligneuse. Il existe d’autres certifications écolabel, en Europe entre autre, comme la PEFC (Program for the Endorsement of Forest Certification schemes) qui insiste plus sur la conservation de la diversité biologique des plus petites forêts d’Europe.

J’ai voulu savoir si effectivement les résultats de ces nouvelles techniques de coupes étaient à la hauteur des promesses. Cette fin de semaine je me suis baladé en moto sur un chantier de coupe qui vient tout juste de fermer. J’ai pris plusieurs photos et même réalisé un court vidéo en roulant sur ma monture (52sec).

J’ai constaté des progrès notables sur les anciennes techniques. Même si les dégâts à la forêt sont quand même importants, du fait que le couvert forestier est demeuré relativement présent, la régénération se fera plus rapidement et pas seulement dans une seule essence de bois (épinette!) comme auparavant.

Malgré le coût supplémentaire que ce type de coupe entraîne, ces entreprises ont tout intérêt à collaborer avec les habitants locaux, les membres des Zecs, les pourvoiries, les villégiateurs, les premières nations et même les groupes de pression afin de redorer leur blason. D’ailleurs, tous ces gens là sont les véritables propriétaires de cette forêt parce qu’ils en ont l’usufruit. Des années d’abus de ces entreprises, jumelées au laxisme du gouvernement ont emmené le saccage de l’héritage de nos enfants. Je suis persuadé qu’il est possible de récolter une forêt mature sans hypothéquer son utilisation par ceux qui veulent en profiter. Les compagnies forestières ont enfin compris le message, grâce aux consommateurs qui ont exigé un minimum de respect de leur patrimoine.

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Chronique d’une catastrophe annoncée

Au fil de mes explorations forestières, j’ai su faire amende honorable en fermant les yeux sur les massacres répétés des « exploitants de matières ligneuses ». Des coupes à blanc du début des années 90, en passant par les prometteuses coupes en lisières et jusqu’aux coupes sélectives bidons, on ne s’habitue jamais aux cicatrices encore présentes, souvent 20 ans après le saccage. En voulez vous des pneus, des réservoirs d’huile hydraulique ou encore des pièces de machineries abandonnées ? Venez faire un tour dans mon humble coin de pays.

En me baladant dernièrement dans un recoin de chemin forestier, je suis arrivé nez à nez avec une camionnette blanche, propre et flambant neuve. Surprenant de rencontrer un véhicule de route immaculé sur ces anciens sentiers de coupes de bois, rongés par des années d’érosion. En fait cette « trail » allait sans doute devenir impraticable à court terme, ce qui est une bonne chose. Les chemins forestiers qui ne mènent nulle part sont souvent sillonnés par des braconniers, planteux de pot et autres défonceurs de chalet. Un chemin de bois devrait être refermé aussitôt qu’il ne sert plus.

Mais revenons à notre camionnette suspecte. Coup d’œil rapide : aucune trace de lignes à pêche, glacière ou embarcation… Je les salue discrètement en m’enquérant de leur itinéraire. Ils se présentent: “Please allow me to introduce myself, I a man of wealth and taste…”. Mon dieu, je les reconnais. Plusieurs les considèrent comme les disciples de la solution finale, les maîtres d’œuvre de l’apocalypse ou encore les jardiniers de l’hécatombe. En fait ce sont des employés d’une compagnie forestière qui examinent l’état du chemin afin de le réparer. De le réparer ? m’inquiétais-je… Oui, nous planifions de le réutiliser au début d’août afin de « bucher » de ce qui reste de « bois deboute » en haut de la rivière McGee… Le canyon de la rivière (en fait le gros ruisseau) McGee ? mais c’est à 20 km d’ici…

Les forestiers doivent récupérer de vieux chemins forestiers du fait que le ministère (Ressources naturelles et Faune) refuse systématiquement la construction de nouveau pont ou de nouvelles routes en forêt. Une bonne chose mais qui impose beaucoup de pression sur le réseau routier existant. D’autant plus que ces routes sont généralement laissées en fort mauvais état à la fin de la “récolte” (buzzword créé par l’industrie – le mot “jardinage” est aussi très tendance pour décrire le plantage d’épinette et l’élimination systématique des pousses de feuillus).

Un paysage exceptionnel que ce petit cours d’eau, pris en étau entre 2 crans rocheux. Ce ruisseau s’alimente à partir d’un chapelet de grands lacs dans le Parc du Mont-Tremblant et se jette en fin de course dans la rivière l’Assomption. C’est triste pour ce ruisseau et son canyon. Mais il faut que les travailleurs de la région rentabilisent leurs débusqueuses pour que les américains puissent acheter des 2×4 pas chers. C’est comme les barrages de l’Hydro; on anarche allégrement les plus belles rivières de notre patrimoine (la Rupert comme la Romaine) pour vendre l’entièreté de l’électricité à nos voisins du sud.

Nous avions eu un répit des faucheurs de forêts depuis l’hiver 2006-2007. Pas de camion à 5h00 du matin, de poussière de transport de bois ou de rencontres de camions de 45 pieds avec doubles remorques. Si par malchance vous les croisez, ils vous obligent à reculer souvent de plusieurs centaines de mètres sur une route qu’ils ne partagent pas. Nous avions réglé une partie du problème en s’équipant d’un récepteur « CB » et d’une antenne afin d’intercepter les conversations des camionneurs qui y relaient sans cesse leur position afin d’éviter de s’auto-rencontrer dans un détour de rangs croches. Ces petites conversations espionnées sont souvent savoureuses; ces coureurs des bois discutent de tout et de rien, de leur couple, de leurs “jobs” ou encore d’une jeune fille se faisant bronzer sur un quai… Je me sentais un peu comme un voyeur auditif.

Il y a quelques jours, Serge et moi avons pêché sur un petit lac en haut d’une montagne, en y accédant par un sentier escarpé à moitié arraché, devenu un ruisseau suite aux pluies intenses des dernières semaines. De bains de boue à arbres tombés, nous avons parcouru 12 km en 1h45 minutes. À pied nous aurions probablement été aussi rapides. Mais nous transportions un canot, un moteur électrique, sciotte, hache et tout le matériel de circonstance. Entouré d’une immense érablière, ce lac unique ressemble à un cratère volcanique. Les feuilles vertes pâles contrastant avec les quelques rares épinettes, ces montagnes ressemblent à un écrin où baigne ce petit lac de rêve. Une immense paroi rocheuse surplombe ce paradis. Après 3 heures de pêche nous avions déjà 18 belles truites indigènes. Serge me dit que nous ne pourrons pas reprendre le même sentier pour revenir, du fait que la boue nous empêchera de remonter le cran rocheux que nous avions descendu le matin. Qu’à cela ne tienne, je connais un autre sentier mais il nous allongera d’au moins 45 minutes. Après une balade de retour de plus de 2h30, nous commencions à manquer de pétrole. Et Anne commençait à s’inquiéter, il était déjà plus de 20h00… Copieusement consommé par les mouches, le bas du dos endolori, nous avions finalement pêché ce lac dont tant de gens nous ont parlé.

En discutant de ce fameux lac avec les forestiers du « pick-up » blanc, le conducteur me dit qu’il le connait mais qu’il n’a aucun intérêt pour eux. « Rien que de l’érable, pas de résineux, ce lac n’a aucune valeur ». Dieu merci. Nous devrions planter des érables partout. Ça nous permettrait de léguer quelques arbres “deboutes” à nos enfants.

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