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La libération par l’avortement

Dans ma tendre jeunesse, je me rappelle d’une bien-aimée qui vivait avec sa sœur trisomique.  Pendant la partie de hockey du samedi soir, quand mon amie s’absentait pour quelques minutes, sa sœur étrange s’approchait de moi pour me demander d’être son amoureuse.  J’étais terrifié.  Ma flamme de l’époque m’a gentiment fait comprendre que malgré sa corpulence, ses traits asiatiques et ses problèmes d’élocutions, elle avait la naïveté et la spontanéité d’une fillette de 4 ans.  Même après plusieurs mois, j’étais toujours aussi inconfortable en sa présence.

Aujourd’hui, je vis avec ma fille autiste de 18 ans, qui possède le développement d’un enfant préscolaire. Dépendante de ses parents, elle ne pourra jamais vivre une vie autonome, sans supervision.

Test de dépistage systématique

Cette semaine, notre bienveillant premier ministre annonçait que son gouvernement offrira à toutes les femmes enceintes un test de dépistage de la trisomie 21.  Si ce premier test indique un risque, il défrayera le coût de l’amniocentèse, une test plus invasif et risqué, qui permettra de valider le premier test.

Nous proposons que toutes les femmes puissent se voir offrir un test de dépistage prénatal pour la trisomie 21 accompagné de l’information nécessaire à une prise de décision libre et éclairée, et ce, lors du suivi de grossesse. Si le test de dépistage indique un risque élevé de trisomie 21, une amniocentèse devra être menée pour le confirmer. Quels choix s’offrent alors aux parents? En présence de trisomie 21, ils doivent pouvoir décider, en toute connaissance de cause, s’ils choisissent ou non de poursuivre la grossesse.
Les parents doivent également être libres de faire ce choix et être soutenus, peu importe l’option retenue. La nature de l’information transmise aux parents et la manière de la transmettre seront primordiales.

Dans les jours suivants cette annonce, la droite religieuse et les activistes pro-vie ont rapidement récupéré la nouvelle pour vomir leur fiel réactionnaire contre le gouvernement honni.  Et Richard Martineau, de “varger” dans le tas avec des accusations d’eugénisme, de sélection génétique délibérée.

La plupart des auteurs de ces chroniques s’insurgent contre l’avortement, peu importe les raisons.  Viol, inceste, enfant non-viable ou lourdement handicapé.  Rien ne les ferait changer d’idée : “L’avortement est un meurtre”.

Amusez vous et tapez dans Google “avortement, trisomie et eugénisme” et revivez le retour à la grande noirceur.

Pour ma part, j’adore ma fille handicapée, tout autant que mes autres enfants.  Elle est toute ma vie.  Il est difficile pour un parent d’imaginer sa vie sans son enfant, même handicapé.  Un peu à l’image de celui qui vit avec un handicap:  il arrive à développer une certaine résistance, il s’en accommode et, étrangement,  il devient difficile de s’imaginer vivre sans son handicap, qu’il tente toujours d’oublier.

Ta grossesse en question

Vous osez quand même me posez LA question:  “Pendant la grossesse, si vous aviez su que votre fille allait être handicapée, auriez-vous opté pour l’avortement ?”

À mon tour de vous posez 4 questions :.

  • Est-ce que le handicap que vous me prévoyez sera léger ou lourd ?
  • Est-ce que mon enfant aura eu un certain degré d’autonomie ?
  • Est-ce que mon enfant connaîtra un certain degré de bien-être ou vivra-t-il avec de la douleur nécessitant une médication toute sa vie ?
  • Est-ce que mon enfant sera conscient de son handicap ?  Lorsqu’ils en sont conscients, ils nourrissent souvent des pulsions suicidaires.

Vos réponses dicteront ma décision d’opter ou non pour l’avortement.

Il est facile d’accuser les parents qui décident d’avorter suite à un dépistage. Vous n’aurez jamais à vivre avec cet enfant;  eux auront à le faire.

Je me souviens du jour où le diagnostic est tombé.  Un membre  de notre entourage, plein d’attention, nous a donné une carte “quétaine à souhait” avec la fameuse phrase: “Dieu vous a choisi comme parents pour avoir un enfant handicapé parce que vous êtes fort”.   Boulechite, matante.  Expliquez-moi pourquoi 90% des couples avec un enfant handicapé sont séparés ?  Est-ce aussi Dieu qui en a décidé ainsi ?  Faudrait peut-être qu’il se fasse une idée, votre Dieu…

La santé des parents et du couple sera fragilisée.  Lorsque les parents n’auront plus la force de combattre, l’enfant finira probablement “parké” en famille d’accueil ou en institution.  Le coût social est énorme.  Le choix est lourd. Laissons les choisir, sans remords.

En souhaitant que notre bon gouvernement investisse autant en avortement qu’en support aux familles naturelles qui décident de garder leur petit “mal parti”.


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La lente disparition du scoutisme

Récemment je lisais un sondage qui révélait que plus de 20% de la population du Québec avait déjà porté la chemise scout. Vraiment? 1,5 millions de québécois ont déjà été scouts ?  Pour paraphraser le sketch archi-connu de Ding et Dong du début des années 80 : “Ça fait beaucoup de têteux, qui attrape le vent et écoute les écureuils !”

Un peu d’histoire

Le scoutisme est une création d’inspiration paramilitaire d’un haut gradé britannique pendant la guerre des Boers, au début des années 1900.  Lord Baden Powell a récupéré plusieurs traditions acquises pendant ses campagnes en Afrique du Sud, pour structurer son mouvement.  À l’origine, on visait l’embrigadement des jeunes pour la vocation militaire en utilisant l’axe du plein-air, camping et survie en forêt.  D’ailleurs le mot “scout” signifie “éclaireur” : celui qui ouvre le sentier pour dénicher l’ennemi avant l’attaque.  Les insignes, le foulard, les badges, le salut, l’uniforme, la promesse, les nœuds… tout est plus ou moins inspiré du protocole militaire.  On y a aussi greffé des codes de chevalerie du Moyen-âge et des traditions amérindiennes, comme le Totem ou les clans.

Son adaptation au Québec a été plus difficile. Du fait de l’omnipotence de l’église, un mouvement inspiré de l’armée britannique était suspect.  On a intégré le scoutisme au Québec dans les années 30-40 mais inexorablement, sa philosophie se devait de baigner dans l’eau bénite.

Les années 60

C’est dans ce scoutisme catholique que j’ai grandi au milieu des années 60.  Nos chefs scouts étaient prêtres;  les frères nous accompagnaient dans les camps et assuraient notre sécurité et bonne conduite.  Je me souviens de mon premier camp “de survie” où les pères nous reconduisaient dans un boisé et relâchaient une douzaine de lapins frêles et effrayés.  Le but de l’opération avec ces lapins?  Les capturer, les tuer, les peler, les vider, les faire cuire sur un feu de bois et manger notre gibier.  Pour nous apprendre la survie en forêt.  Et nous avions seulement 10 ans.  Je me rappelle le petit lapin retrouvé au tournant d’un sentier, qui au lieu de se sauver, courait en notre direction pour que l’on s’occupe de lui.  Et fallait le bastonner avec un bout de branche pour obtenir notre badge.  Aujourd’hui ce camp aurait fait la première page du “Journal de Montréal”.  Je n’ai plus jamais remangé du lapin depuis.

Aspirateur de parents

Ma conjointe a aussi été “Guide” et par la suite, elle a été impliquée dans le comité de gestion des “Jeannettes” de sa paroisse.  Parce que 3 de mes enfants étaient impliqués dans le mouvement, et que j’étais qualifié en canot d’eau-vive, on m’a gentiment demandé d’accompagner un groupe de jeunes pour une descente de rivière.  Au printemps 1999, je me suis retrouvé animateur d’une douzaine de jeunes pionniers de 15 à 18 ans (11 filles et 1 garçon).  L’année suivante, on m’approcha pour devenir, en plus, chef d’unité de 10 éclaireurs (11 à 14 ans).   Sans trop me poser de questions, en quelques mois, ma vie ne tournait plus qu’autour du scoutisme. Pendant 9 ans.  Suite à des pressions de ma “dure” moitié, j’ai démissionné l’année où mon dernier enfant a atteint sa majorité et a quitté le mouvement.

Regrets ?

Loin de moi l’idée de me plaindre.  Effectivement les premières années d’apprentissage ont été frustrantes.  Après, j’ai mieux compris la philosophie du mouvement, l’utilité des formations, les jeunes, les parents, les méthodes de financement et la paperasserie.  J’ai eu des camps inoubliables en France (Picardie, Loire, Normandie, Bretagne, Paris).  J’ai visité les plus beaux parcs nationaux du Canada, dans les Rocheuses, en Gaspésie, au Saguenay, en Abitibi…  Nous avons résidé dans une communauté autochtone du nord du Québec, appris la plongée sous-marine, visité la Minganie et les Monts Groulx, descendu plusieurs rivières en canot… Mon camp le plus marquant ? probablement notre semaine avec une équipe de l’émission “Enjeux” de Radio-Canada avec 9 jeunes autistes en camp scout en forêt, en 2004 . D’ailleurs le reportage est toujours en ligne, même après 5 ans…

Jeunes de cœur

J’ai surtout côtoyé une centaine de jeunes courageux, souvent “poqués” par la vie, qui ne demandaient que de devenir de meilleurs citoyens, dans un mouvement rempli de grandes valeurs et d’intégrité.  Il faut beaucoup de détermination, en ces temps d’égoïsme, pour s’impliquer dans un mouvement aussi exigeant.

Je sais pertinemment que le mouvement scout est en forte décroissance.  En fait il est même en danger de disparition, hors des grands centres. Pas seulement à cause de la dénatalité mais par sa lenteur à s’adapter aux nouvelles réalités des jeunes de ce siècle.  Les adolescents ne veulent plus porter l’uniforme scout.  Beaucoup refusent aussi cette approche d’inspiration militaire dépassée.  Ils désirent s’impliquer à un groupe organisé mais dans l’anonymat.  Je rappelais souvent aux jeunes que leur uniforme était la première raison qui motivait la générosité des donateurs et de nos supporteurs (magasins, groupes sociaux, élus, etc). Je donnais l’exemple des travailleurs qui portent l’uniforme, comme les chauffeurs d’autobus, les infirmières, les avocats… Sans vraiment les convaincre.

Les animateurs en voie d’extinction

Il devient aussi difficile de trouver des parents qui veulent s’impliquer. Familles éclatés, vie professionnelle stressante, plusieurs heures de transport chaque jour et un certain sentiment de “chacun pour soi”.  Ce n’est pas facile de se taper des fins de semaine de formation, les camps, les assurances, la bureaucratie, les activités de financement, les enquêtes de la police sur ton passé ou les regards suspicieux des parents qui te voient partir avec leurs jeunes pendant 2 semaines.  Pas facile.

J’ai quitté le mouvement il y a maintenant 18 mois.  Lors de mon départ, nous avions encore 19 jeunes dans notre unité.  Ils ont essayé de me faire changer d’idée mais ma décision (et celle de l’être aimée) était prise.  De temps en temps, je croise un de mes jeunes chez Rona, à la station service ou au centre commercial.  Ils sont maintenant des adultes accomplis et heureux de me revoir.  Si j’ai pu mettre un peu de bonheur dans leur vie, tous ces efforts en auront valu la peine…

Pour vous réconcilier avec vos années de scoutisme, regardez le vidéo de 1m41sec de “Rock et Belles Oreilles”  sur youtube.  Attention, vous allez mouiller vos culottes courtes scoutes…


Moi Me Je ?
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Le rejet et l’humiliation

Ces dernières semaines, on a fait couler beaucoup d’encre et de salive sur les conséquences indélébiles de l’intimidation à l’école, le bullying et le taxage.

Originaire d’un coin de ville “petit bourgeois”, enclavé dans un secteur industriel, mon école primaire baignait dans cette saumure malsaine de “riche / pauvre”, “bolé / problème d’apprentissage”, “bum / fils à papa”.  Loin de moi l’idée d’associer systématiquement pauvreté, échec scolaire et délinquance.  Mais dans mon quotidien de petit grassouillet de 9 ans, les durs à cuire étaient presque toujours originaires de milieu défavorisé.

Dans mon école, il n’y avait que des gars de la 1ère à la 7e année.  Deux classes de 35 enfants, par année scolaire. Une école de quartier de 500 ti-culs des années 60.

Dans ma cour d’école, ça brassait.  Les patronnes avaient beau porter des cornettes de l’Immaculée Conception, les bagarres étaient monnaie courante.  Dans le coin le plus rapproché de la religieuse surveillante, les plus privilégiés s’échangeaient des cartes de hockey, des Beatles ou des Monkeys.  Les “trimpes”, élevés dans les cabanes sur le bord de la rivière, jouaient au ballon “coup de poing” ou au Mississippi.  Ceux qui osaient s’aventurer dans leur territoire, n’avaient qu’à bien tenir.

Plus petit que la moyenne des ours, étrangement, je recherchais la compagnie de ces voyous.  J’avais vite compris qu’il était important de les avoir de mon côté pour éviter d’être pris en otage.  Fort en gueule et pas peureux de recevoir des baffes (nous sommes 5 frères), je tentais souvent des approches furtifs avec ce groupe de durs.  Il fallait, comme le racontait, Stéphane Laporte cette fin de semaine dans son billet de La Presse, avoir la réplique facile, percutante et comique.  Ile ne fallait jamais laisser une insulte ou tentative d’intimidation sans réponse.  Et tu te devais d’être prêt à manger une taloche si tu n’avais pas réussi à désamorcer la torpille que l’on venait de t’envoyer. Ou courir vite.

La plupart des durs à cuire pratiquait l’intimidation pour obtenir l’attention de leurs pairs et pour s’affirmer.  Ils étaient souvent issus d’un milieu familial où l’estime de soi était peu valorisée.  Réussissant bien en classe, je me souviens d’avoir aidé à faire ses devoirs la terreur de l’école, Pit Laverdure, un petit bout de cul “prime”, qui cognait dur.  Il refusait que je l’aide en classe mais m’invitait chez lui, dans le modeste appartement familial.  Seul à seul, l’agresseur était méconnaissable de gentillesse.  De retour dans la cour, c’est à peine s’il me regardait. Mais je savais que je jouissais d’une certaine immunité politique parce que j’étais maintenant le copain de “Pit”, le redoutable.

Mais ma grande gueule était généralement un aimant à ecchymoses.  J’avais l’art de me foutre dans le pétrin.  Je me rappelle qu’à la fin d’une journée de classe, à 4 heures, il courait la rumeur qu’un méga-combat s’organisait dans le stationnement à l’arrière du salon mortuaire, pas très loin de l’école.  Les 2 matamores de l’école, Descoteaux et Granger allaient s’affronter dans un duel où tous les coups étaient permis.  Un combat extrême de morveux de 12 ans.  Des colosses baraqués comme des hommes, qui se battaient comme des chiens enragés.  Ça promettait. En revenant chez moi, la directrice me demandait d’où je venais comme ça.  Sans réfléchir, j’ai naïvement “stoolé” les 2 fêlés de l’école.  Mes jours d’indicateurs étaient comptés.  Pendant plusieurs semaines, afin de protéger l’intégrité de mon rondelet mais fragile anatomie, je n’ai pas mis les pieds dans l’arène des gladiateurs.  J’ai choisi de classer des livres dans la bibliothèque, nettoyer les brosses à tableau, compiler les feuilles de présence, et fait le lèche-cul dans le bureau de l’impressionnante sœur directrice.  Même sans procès, je purgeais déjà ma sentence…

Les cicatrices de l’humiliation

Ceux qui ont vécu la terreur du harcèlement, ne l’oublie jamais.  Comme une tache ineffaçable sur l’âme, on se rappelle toute notre vie de celui qui nous a empêché de dormir, celui par qui notre vie de gamin allait prendre fin.  Dans le subconscient d’un adolescent,  la fuite ou même la mort est souvent la seule issue possible pour sortir de cet enfer. C’est probablement ce qu’a vécu l’adolescent David Fortin, dont les parents sont sans nouvelles depuis plusieurs semaines.

Quand mes enfants ont eu à faire face à cette situation, je leur ai conseillé la négociation.  Mais pas à outrance.  Si le taupin ne voulait rien entendre, fallait alors faire face à l’agresseur et prendre le taureau par les cornes.  Même si ça devait se terminer par du “brasse camarade”.  Suite à un accrochage, je me souviens d’avoir été convié par la directrice de l’école d’un de mes garçons.  On m’accusait de glorifier la violence auprès de mes enfants.  On me conseillait même de consulter un psychologue pour qu’il m’explique qu’il existe d’autres solutions que la violence pour résoudre un problème.  “Avez-vous aussi donné cette directive au gros fanfaron qui harcèle mon fils dans les casiers depuis des semaines ?”

La force par la force

Suite à une série d’événements de harcèlement dans l’autobus, mon autre fils refusait de retourner au collège.  Je lui ai alors conseillé de contacter un ami policier qui, quelques heures plus tard, allait cogner à la résidence du harceleur, revêtu de son uniforme constabulaire.  La visite à eu un effet “bœuf” chez l’abuseur.  La guérilla se termina.

Ma plus grande fierté.  Mais que je n’ai jamais admis, à cause de la peur du psychologue.  Ma fille ainée se fait harceler dans l’autobus.  On l’insulte en se moquant de sa sœur “mongole”.  D’un bond, elle se dirigea vers son prédateur, et d’un solide uppercut bien enfilé, lui fit regretter ses propos injurieux.  L’humiliation avait cessé.  Il y avait un territoire où il ne fallait pas s’aventurer, sans avoir à payer le prix.


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The Day the Music Died

Il y a quelques temps je traitais de l’impact du web sur les publications imprimées, magazines et quotidiens.  Nous assistons à [cref c%e2%80%99est-assez-je-te-quitte la fermeture inexorable des imprimés] qui ne se sont pas adaptés au rouleau compresseur du Web.

La musique est une autre institution qui n’est pas épargnée par l’Internet.  Dès les premiers balbutiements des fichiers MP3, les adopteurs précoces (early adopters) ont compris que la diffusion de ce format venait de signer l’arrêt de mort de la distribution traditionnelle de la musique.

MP3

Après de nombreuses expérimentations, les firmes de recherches impliquées dans l’élaboration de fichiers musicaux plus légers que les traditionnels WMA WAV ont donné naissance, au milieu des années 90, aux fichiers MP3.  Au mileu des années 80, les mélomanes qui n’ont pas cru à la froideur du CD ont encore plus levé le nez sur ce format musical synthétique.  J’étais un de ceux là.  Parce qu’en fait les fichiers MP3 ne sont pas compressés mais amputés des composantes basses et aigues que l’oreille ne détecte pas (ou peu).  Mais je vous garanti que la première fois que j’ai écouté “Time”  de Pink Floyd ou encore “She’s leaving home” des Beatles, je savais que ce n’était pas la vraie chanson, mais une version édulcorée de l’originale.  Quand tu as écouté 100 fois la même chanson, tu es en mesure d’identifier une version tronquée.  Un peu comme un plat que tu déguste plusieurs fois par semaine depuis ta naissance;  tu peux facilement déceler si quelqu’un retire une épice ou modifie la qualité d’une composante de ton plat préféré.

Disque vinyle

J’ai longtemps boudé les MP3.   Il faut comprendre que j’ai grandi dans la vague Beatles, du vinyle, de la stéréophonie, des hauts-parleurs de la grandeur des autos d’aujourd’hui et des messes mystiques d’Harmonium;  la musique froide, codée en bites 1-2-1-2, me rebutait.

Un jour mon fils ainé m’offrit d’acheter un disque dur portatif où chacun de mes enfants me copia leurs albums (mal acquises?).  En une seule soirée, je me suis retrouvé avec plus de 10 000 albums dans le creux de ma main. En quarante ans j’avais, de peine et de misère, acheté plus de 5 000 vinyles (et 2 000 “45 tours”) et 3,000 CD;  mes enfants m’ont copié la même quantité de musique en quelques minutes.

Il n’y avait plus de doute, la fin était proche.

Itunes

L’acquisition d’un IPod Touch l’an dernier a ébranlé mes convictions.  Finalement Apple respectait les droits d’auteurs en ne permettant pas à quelqu’un qui achetait un fichier sur Itunes de le partager.  Itunes bloquait la distribution en créant des fichiers propriétaires (AAC) avec mot de passe.  Il y avait de l’espoir.

Cette semaine, je lis qu’Itunes abandonne cette croisade.  Les fichiers pourront être partagés.  Le dernier bastion de résistants s’effondre.  La guerre est finie.  Les utilisateurs ont gagné.  Vraiment.  Peut-être ont-ils tué la poule aux œufs d’or ?

Sirius

La musique est essentielle à mon équilibre vital.  Pendant que je travaille dehors, dans mon garage, mon sous-sol, que je marche, pense, dors, peinture, mange, relaxe, pellete mon toit ou fend une corde de bois, la musique m’accompagne. Dans ma bagnole, je me suis équipé de Sirius, la seule radio par satellite disponible.  Elle m’offre un nombre dément de stations, sans pub et de qualité exceptionnelle.  Vous aimez le “rap-métal-électronique-trash-symphonique” ? Il y a surement une station qui l’offre.  De la segmentation de marché insensée.  Il y a même des stations 24 heures/7 jours de musique d’Elvis, de Sinatra, de Bruce Springsteen, de Led Zeppelin et de Grateful Dead !  Je ne savais même pas que les “Dead” avaient suffisamment d’albums pour couvrir 24 heures de diffusion.

Mais étrangement le canal Rolling Stones a été retiré  et aucune station “Beatles” n’existe.  Probablement que les détenteurs des droits, assoiffés de profits, refuse d’offrir leurs trésors en pâture aux minables de la radio satellite.

Mes soirées avec Tom & Bob

J’ai découvert une station qui rencontre mes critères d’auditeurs blasés. Un poste qui m’offre des artistes de qualité mais des pièces que personne ne connaît.  Deep Tracks offre des spectacles non-disponibles en magasin, des compositions d’auteurs des 60 et 70, des bijoux inconnus de Steely Dan ou Simon & Garfunkel mais aussi des pièces de groupes undergrounds comme MC5, Humble Pie, Status Quo, Yardbirds ou Uriah Heep.  Du bonbon pour nostalgique. Plein de nouvelles recettes de mets que j’adore.

Hier soir, notre DJ était Tom Petty avec son émission “Buried Treasure“.  Il n’était pas en entrevue.  Il était l’animateur en direct et « me » parlait directement dans mes hauts-parleurs.   À chaque 3 pièces il nous racontait des anecdotes de ses gigs avec Georges Harrison, AC/DC, U2 ou autres bluesmans américains.  Un moment de radio comme il en exsite peu.  Il y a aussi son pote Bob Dylan qui vous accueille, 4 fois par semaine ,avec son “Theme Time Radio Hour”.  De la musique, directement de la bouche du cheval…

La fin ?

Mais ce matin en lisant mes nouvelles, j’eu un choc comme Don McLean lorsqu’il a vu, sur le pas de sa porte, que Buddy Holy venait de mourir.  Sirius est en faillite! Même avec 20 millions d’abonnés, Sirius croule sous une dette de $3,25 milliard et ne peut plus survivre.  Pas étonnant avec le salaire de 100$ millions versé au minable Howard Stern pour ses propos scato, racistes et “French Bashing”.

On fait disparaitre la musique de qualité, pour la remplacer par des MP3 qui sonne comme du “AM”.  On ferme les chaînes par satellite de qualité.  Sommes-nous condamnés à écouter de la radio médiocre qui crache un son de piètre qualité ? Sommes-nous finalement prisonniers du nivellement par le bas ?

Internet et Web
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40 ans à attendre le train

Depuis 23 ans, j’habite Repentigny, joyau de la couronne nord de Montréal.  Avant d’y élire domicile, j’ai grandi plus au nord, à Joliette, coquet hameau tressé dans les méandres de la rivière L’Assomption.  J’ai complété mon cours universitaire sur le Mont-Royal et occupé plusieurs postes l’été, au centre-ville de Montréal, tout en habitant chez mes parents à Joliette.  Je connais bien le défi des banlieusards et surtout le stress de “navetter” matin et soir vers la grande ville.

Chaque année, pour me rendre au travail, je parcoure une distance de 17,000 km (46 semaines x 5 jours x 74 km). J’égrène en moyenne plus de 2h30 quotidiennement en transport, soit l’équivalent de 575 heures, représentant 14 semaines de 40 heures de travail non rémunérés. Si je recevais un maigre 10$ pour chacune de ces heures perdues, je serais plus riche de 5 750$ par année. Un coût énorme pour moi et pour toute la société.

Depuis quelques années, j’ai découvert le transport en commun à partir du stationnement incitatif de Pointe-aux-Trembles, une véritable bénédiction des Saintes-Évangiles.  Ce mode de transport me permets de ménager ma monture et mes nerfs.  Cette autobus express transporte les pâles cols blancs de leurs banlieues dorées vers le centre-ville.  Malgré le goulot d’étranglement de la “cahotique” rue Notre-Dame, c’est le meilleur moyen de préserver ma santé mentale et mon système nerveux, rudement éprouvé pendant toutes ces années.

Ce demi-cauchemar se terminera dans moins de 18 mois. Tous en voiture, le train arrive ! Le “train de l’Est” que l’on nous promet depuis que j’habite dans Lanaudière (i.e. depuis toujours) arrive en gare.  On planifie 5 départs le matin, un le midi, 5 le soir avec un autre en fin de soirée.  Je me pince sans encore sentir une sensation. Mon esprit suspicieux n’arrive pas à y croire.

La conspiration

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le train de banlieue dans Lanaudière existait jusqu’au début des années 70.  Il a été démantelé dans la foulée du scandale du démembrement des réseaux de trains, orchestrée par l’industrie des fabricants d’autobus, d’essence et de pneus, vers la fin des années 50.  Suite à ce complot, connu sous le nom de “Great American Streetcar Scandal“, Montréal a détruit tout son infrastructure de tramways et une partie de des trains de banlieue.  Comme récompense GM offrait en échange de beaux autobus flambants neufs et gratuits et par le fait même encourageait la consommation d’essence et de pneus.  Par contre les villes devaient se débarrasser des voies ferrées, tramways et trains en les empilant avant de les brûler.  C’est payant pour l’industrie: un train dure 50 ans mais un autobus, la moitié moins.  Un scandale qui a été révélé dans plusieurs reportages et livres.

•    “The Great GM Conspiracy Legend: GM and the Red Cars”, Stan Schwarz
•    “Conflict of Transportation Competitors”, Akos Szoboszlay
•    “The StreetCar Conspiracy: How General Motors Deliberately Destroyed Public Transit”, Bradford Snell
•   ” Paving the Way for Buses – The Great GM Streetcar Conspiracy, Part I – The Villains”, Guy Span, baycrossings.com

Impact social

L’arrivée du train aura un impact majeur sur cette banlieue homogène, à peu près sans quartier défavorisé et industrie lourde.  Le prix des maisons grimpera rapidement, au même rythme que leurs taxes.  Sa trame sociale changera et perturbera la quiétude des “Bungalow Bill”.  Mais en revanche ils subiront moins de bouchon, de pollution et de retard. Des familles abandonneront leur 3e ou 2e bagnoles. Des jeunes qui auraient déménagés en ville pour étudier, demeureront dans leur douillet faubourg.

Chicane dans la cabane

Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines.  Les villes au nord de Repentigny sont insatisfaites du fait que le train ne s’arrêtera pas chez eux, bien que la voie ferrée y soit disponible et en bon état. Le gouvernement a opté pour la construction d’une voie ferrée entre les 2 voies de la 640 pour rejoindre Mascouche. Un projet selon moi complètement inutile, puisqu’une voie ferrée existe déjà à Mascouche (appartenant au CP) et qui serait disponible aux trains de banlieue.

Espérons que ces tractations intestines ne retardent pas le lancement de ce train.  Un train qui desservira chaque jour plus de 5 500 voyageurs, présentement prisonniers de la circulation pendant 14 semaines de 40 heures chaque année.

Environnement
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Le commerce équitable: quand le sud convoite le nord

J’ai croisé l’autre soir une horde de très jeunes gens, disséminés sur plusieurs coins de rue à Toronto.  Habillés de “jumpsuit” orange fluorescent, ils avaient l’air de beaucoup s’amuser.  Ils distribuaient des tracts en interpelant amicalement les badauds.  Il y en avait partout et n’avaient pas l’air de nos habituels quêteux et illuminés de coin de rue.

Après plusieurs pâtés de maison, j’ai finalement succombé et ramassé ce dépliant.  Pas de bande de Gaza, de couche d’ozone, de baleines, de fonte d’iceberg ou de sida.  On y traitait seulement d’un sujet « Le Fair Trade », de commerce équitable.

J’ai eu de nombreuses discussions avec mes grands enfants sur ce sujet.  Papa tu ne devrais pas acheter chez WalMart, tu ne devrais rien acheter chez Costco, encore moins dans les magasins à rabais;   ils ne pratiquent pas le commerce équitable et exploitent leurs employés.  Au début je riais de leur lubie, que je comparais à nos campagnes pour la paix de la fin des années 60 ou encore du « No Nukes » de la fin des années 70.

Économiste de formation, je comprends pourquoi les pays émergents et pays en développement (autrefois appelés “sous développés” et y a pas si longtemps “Tiers Monde”) n’obtiennent pas leur part de la tarte du commerce international.  Ce sont généralement de petits producteurs isolés de biens de consommation peu transformés,  cultivés ou produits à grande échelle dans plusieurs autres pays émergeants, que l’on destinent aux pays riches.  Ces petits pays se heurtent à de déraisonnables quotas ou des tarifs douaniers exorbitants pour les empêcher d’accéder à ces grands marchés.  Quand il y a peu ou pas de barrières tarifaires ou de quotas, ces petits pays se battent alors contre des systèmes organisés de subventions offerts aux agriculteurs du nord et aux producteurs de matières premières ou manufacturées.

Peut-on vraiment espérer fissurer cette forteresse immuable en achetant du chocolat, du café ou des vêtements à des prix plus élevés que le prix du marché? J’en doute. Mais je me permets de rêver.

J’achète très peu de biens de consommation importés de ces pays en développement.  Ma consommation de tam-tams, burnous, masques vaudous, burka et jalaba ont beaucoup diminué ces dernières années ;-) .  Ma courbe de demande ne croise pas souvent  la courbe de leur offre. C’est ce que je croyais.  Mais en examinant attentivement ma consommation de tous les jours, il y a beaucoup de produits de ces régions sur le tapis roulant de ma “grocerie” préférée.  Bananes, café (beaucoup), riz, mangue, cacao, coton, sucre, noix, quinoa, épices, farine, miel, vin (Chili), poisson, tapis, meubles…

Mais peut-on vraiment influencer le développement de ces pays et diminuer la pauvreté en achetant ces produits supposément équitables ?   D’abord le sont-ils vraiment équitables?  Y’a-t-il vraiment un label fiable?

Il existe plusieurs standards mais ce label n’est pas unique. Il n’existe pas d’organisme indépendant qui certifie ces produits.  Ce sont ceux la même qui dresse les standards qui certifient ces mêmes produits. Il existe même des labels “équitable et biologique”.  Grosse commande.  Beaucoup doutent que ce soit vraiment surveillé et contrôlé.

Il y a aussi les prix artificiellement élevés de ces produits.  Ces prix dopés font entrer plusieurs producteurs sur le marché et font baisser les prix des producteurs non-équitables en les appauvrissant encore plus. Ces prix plus élevés ont le même effet qu’une subvention et créés encore plus d’insatisfaction entre les producteurs d’un même pays.

Il y a aussi la qualité douteuse de beaucoup de ces produits.  Il vous suffit de visiter une boutique de produits dits équitables comme il en existe sur le Plateau Mont-Royal.  Café qui goute la cendre, chandail en coton qui se déforme au premier lavage, chemise qui ressemble à un torchon aussitôt portée, meubles chambranlants… Ce n’est pas toujours vrai mais c’est la perception.

Si demain matin nous faisions disparaitre tous nos quotas agricoles ou nos barrières tarifaires,  de grand pans de mur de l’économie du nord s’écrouleraient.  Au Québec, par exemple, les industries laitière et aviaire disparaitraient probablement pour laisser entrer les producteurs des pays pauvres, avec des prix plus bas. Rappelez-vous quand les barrières ont été levées sur les vêtements, les souliers ou le textile dans les années 70.  L’Inde, la Chine, le Vietnam et beaucoup de pays orientaux ont aussitôt fait perdre des milliers d’emplois à ce secteur traditionnel de notre économie, maintenant moribond.

Finalement tout le débat sur l’achat local et l’impact du transport de ces biens sur les gaz à l’effet de serre doit aussi être considéré lorsque l’on achète un produit du sud versus un produit local.

En règle générale, j’achète des produits de qualité, en payant le meilleur prix possible.  À prix égal, je privilégierai un produit québécois ou fabriqué près du Québec.  Si aucun produit local n’est offert, à qualité égale, j’achèterai un produit qui porte un label “d’équitabilité”, même si je dois payer une petite surprime.  Malgré que je n’ai aucune garanti que ce label soit valable.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, lisez cet excellent texte tiré de “Ecolo Asso”, un site français, s’intitulant “10 objections majeures au commerce équitable”

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Sarkozy, le petit

J’ai fait un rêve.  J’ai rêvé que le Québec intervenait dans les affaires de la France en les accusant de maltraiter ses minorités  dans les banlieues incendiées de Paris.  Un brasier qu’a nourri leur nabot de président en les traitants de “racailles à nettoyer au Karcher” (nettoyeur à pression).

J’ai aussi rêvé que M. Bruni insultait les québécois (du moins la moitié d’entres-eux) en les qualifiants de “sectaires”.  En me réveillant, j’ai ouvert le dictionnaire.  Je vous laisse juger par vous même:

Définition de sectaire (n. m.): Adhérent d’une secte religieuse qui, désavouée par une Église, s’insurge contre elle.  Un sectaire fougueux, opiniâtre. La doctrine de ces nouveaux sectaires est fort dangereuse.  Il se dit aussi, dans le langage courant, de Ceux qui professent des opinions étroites, intolérantes et violentes. Adjectivement, Un esprit sectaire.

Definition du mot “sectaire” selon : Dictionnaire de L’Académie française

En espérant qu’il ne me fera pas virer de mon emploi.


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A fed animal is a dead animal

Cet avertissement apparaît partout dans les campings des Rocheuses. Si vous nourrissez un animal sauvage il s’habituera à l’homme, ne le craindra plus et deviendra une nuisance.  Si c’est un chevreuil, il s’approchera des habitations, se nourrira de vos arbres et arbustes et finira sur l’autoroute où il causera des accidents souvent graves. Si c’est un ours, alors les dommages seront souvent plus à la propriété de l’homme et finalement à l’intégrité de l’animal.

Dernièrement j’ai acheté une poche de pommes et de carottes en pensant naïvement attirer les chevreuils derrière mon havre forestier. En lisant cet article du Devoir, du toujours pertinent Louis Gilles Francoeur, j’ai finalement réalisé que mon idée était mauvaise.  En fait l’affiche vue dans les Rocheuses s’applique aussi chez nous.

La semaine dernière, accompagné de ma fille, je suis arrêté près du village de St-Côme où l’on nourrit les chevreuils en déposant des tonnes de carottes dans un champ.  Il n’y avait plus de carottes. Une douzaine de chevreuils hagards s’y tenaient, immobiles, ne reculant même pas à l’arrivée des automobiles.  Cette nourriture avait dénaturé leur instinct.  Ils étaient devenus dépendants de cette manne qui faisait maintenant défaut. On aurait dit des chevreuils de plâtre.

Lisez cet article qui vous fera réfléchir (en pdf)  vous_ne_les_aimez_pas1

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Les barrages d’Hydro-Québec seraient responsables du déclin des populations marines du fleuve St-Laurent

Telle est la conclusion d’un rapport de Nature Québec et révélé par un article de Louis-Gilles Francoeur dans l’édition du 12 décembre dernier du Devoir.

« Le mémoire du groupe environnemental estime que 90 % des eaux douces qui atteignent le Saint-Laurent y sont désormais déversées en dehors des cycles naturels dont les espèces ont besoin pour se reproduire et s’alimenter. Et ce sont les barrages et la production d’électricité qui sont à l’origine de cette modification déterminante, jamais évaluée globalement par Hydro-Québec, qui pourrait expliquer le déclin de plusieurs espèces du golfe. »

En contrôlant l’apport des flux des rivières dans de gigantesques bassins et en les déversant de manières régulières et non selon les saisons, comme cela se fait depuis plusieurs millions d’années, Hydro-Québec amplifie la déprédation des espèces qui survivent grâce à ces cycles.

Une comparaison boiteuse mais imagée: C’est un peu comme si Hydro-Québec, pour éviter les variations de températures saisonnières, décidaient qu’au Québec il ferait toujours 12 degrés Celcius à longueur d’année. L’impact sur les écosystèmes serait catastrophique. Et ils le sont.

À force d’harnacher sans vergogne nos attraits naturels et de ne penser qu’au profit, notre national vache à lait tue le St-Laurent, un héritage précieux qui a assuré, pendant plusieurs siècles, la survie singulière de notre peuple.

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Un peu de pitié pour Mario

J’ai toujours eu un sentiment d’indulgence envers Mario. Un peu comme tu en as pour le grand laideron qui se présente comme président de ta classe et essaie de te convaincre, dans son discours de mise en candidature, que lorsqu’il sera président nous aurons une fantastique classe neige au Colorado. Dès sa scission à 21 ans avec le Parti Libéral de Robert Bourassa, au lendemain de l’avortement de l’accord du Lac Meech en 1991, jusqu’à sa démission cette semaine, il m’a toujours fait un peu pitié.

Au printemps 2007, malgré un discours de droite, il a su profiter de l’écoeurantite chronique contre Charest et de la peur du « gay, ancien drogué, qui parle drôle ». Comment un ti-cul « fils de fermier » du Bas du fleuve, frais émoulu de l’Université Concordia en économie, a pu faire élire 41 députés avec 36% des votes ? Ça relève de l’opportunisme politique.

Ces dernières semaines, je l’écoutais discourir en répétant à toutes les 2 phrases “la classe moyenne” et “la famille”; il me décontenançait. Personne n’est contre la famille, la grande majorité des citoyens en ont une, même si elle n’est pas «traditionnelle» mais souvent «crémeuse». Personne non plus n’est contre la classe moyenne, qui couve à peu près tout l’espace sous la cloche démographique, laissant les riches et les pauvres aux 2 extrémités de la courbe.

Mais son discours le plus démagogue il l’a tenu pendant les audiences Taylor-Bouchard où il alimentait la hargne contre ceux qui veulent nous empêcher de fêter Noël. Il a aussi dépassé les bornes la semaine dernière avec ses propos odieux devant les personnes âgées (en fait très âgées), hautement dépendantes de leur pension et de leur résidence administrée en grande partie par le gouvernement. De la politique indigne et un véritable déshonneur pour la vocation de politicien.

Mario a pourtant des idées de réforme intéressantes. Il voulait réformer “les gouvernements” à l’intérieur du gouvernement (commission scolaire, SAQ, Hydro-Québec, hôpitaux…). Beaucoup de payeurs de taxes étaient d’accord pour amincir l’appareil d’état et redonner les institutions aux citoyens. Mais là où il perdait sa crédibilité, c’est lorsqu’il voulait tout bulldozer au profit d’un état sans substance. Au lieu d’y aller au scalpel, il aurait dépecé notre état providence à coup de hache. Un discours à la Thatcher-Reagan qui fait peur à ceux qui ont déjà vu neiger.

Hier matin, j’ai entendu le maire d’Huntingdon, l’avocat « Té-cul-esseque » polémiste facho, qui tâte le terrain et reluque la chefferie de cette poule maintenant sans tête. Si ce gars là prend la tête de l’ADQ, cette organisation aura disparu de la carte en moins de 2 … ans. Il entraînera dans son sillage tous les réactionnaires à la Gilles Proulx, André Arthur ou Benoit Filion, qui nous feront quand même rire un bon coup. Du bon manger pour les humoristes et caricaturistes.

Tu me manqueras Mario. Je m’étais tant bien que mal habitué de voir tous les jours ta face de méchant “fâché” redresseur de tort. Je te souhaite bonne chance et espère te revoir un jour dans un rôle plus sympathique, peut-être dans une émission de variétés, la perruque t’allait si bien.

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Ministère de la Santé et des Services à la clientèle

Nos services de santé ont mauvaise presse depuis leur nationalisation il y a 35 ans. Hôpitaux engorgés, liste d’attente interminable, infirmières débordées, médecins rares et plafonnés, chambres qui tuent, CHUM qui s’éternise…

J’ai le privilège d’avoir dans ma famille quelques disciples d’Esculape, en plus d’une assurance santé privée qui me permet d’avoir accès à la 2e vitesse de la médecine. Alors je n’ai jamais vraiment vécu l’expérience du québécois moyen qui utilise les services de santé, offert par notre bon gouvernement.

Lors de ma plus récente mise-au-point annuelle, offert par ma clinique « de riche », le médecin me recommande, principalement à cause de mon âge vénérable et l’historique de ma famille, d’aller passer une colonoscopie. Colonoscopie ? Comme dans « Colon et télescope ? ». J’ai alors senti mes entrailles se serrer. Était-ce causé par la peur de l’examen ou par le fait que j’aurai à affronter le labyrinthe des services publics de santé?

Une colonoscopie (ou coloscopie) se compare à l’envoi de la sonde « Voyager » dans 6 pieds de ta tuyauterie intime, tunnel exigu et sinistre. Comme l’aurait dit le capitaine Kirk : « La mission: Explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d’autres civilisations, et au mépris du danger, reculer l’impossible”

En fait cette sonde, qui ressemble à un long tuyau flexible de lumières de Noël, se ballade à partir de ta sortie des artistes jusqu’à l’intestin grêle. Départ vers le sud, ensuite virage plein nord, en zigzaguant de gauche à droite dans tes viscères. Pour faciliter la traversée, on lubrifie l’orifice du client tout en lui gonflant la chambre à air, procédure qui engendrera des désagréments dont je vous reparlerai.

Pour diminuer l’inconfort du client, et surement du médecin, cet examen se fait sous anesthésie légère, l’équivalent d’une sieste, plutôt qu’un gros somme. La veille, pour vous motiver à vidanger vos canalisations, on vous oblige à ingurgiter, pendant 4 heures, l’équivalent d’un gallon d’eau de javel d’un produit infecte. Le mal de cœur accompagne vos allers-retours sur le trône. La nuit qui précède ce voyage intérieur, votre sommeil s’accompagne de rots, ballonnements et dans mon cas d’une migraine carabinée.

Habitué au tapis feutré de la médecine privée, aux sourires artificiels des infirmières boostées, au buffet continental, expresso et journaux du matin, j’appréhendais ma visite à St-Luc avec une certaine anxiété. Je me voyais me cogner à une réceptionniste à moustache, trop occupée par son magazine «Bonne semaine» qui me lancerait, sans me regarder « prenez un numéro » même si je suis le seul en ligne.

Mais en fait les gens ont été d’une gentillesse exemplaire. La réceptionniste a été accueillante et souriante. Les infirmiers ont tout fait pour nous mettre à l’aise, malgré le fait que d’être flambant nu, avec ses bas, drapé d’une jaquette bleu poudre, assis côte à côte avec une dizaine de tes semblables dans une petite salle d’attente, n’est pas l’expérience la plus valorisante de ma vie. Un peu espiègle, il passait devant nous en nous demandant si le chauffage était à notre goût. Le préposé responsable de l’installation de la quincaillerie pour l’anesthésie, a été tout aussi attentif, en me rassurant sur l’examen et en faisant des blagues sur une infirmière à nos côtés qui était de toute évidence à la recherche de l’âme sœur. Il lui dit « Tu n’auras pas de chance avec lui, sa femme vient le chercher après l’examen ».

La petite infirmière hispanique qui m’installa sur la civière, et me conduisit au gibet, a été elle aussi une petite perle. Voyant que j’avais un mal de tête olympique, elle diminua l’éclairage et me chuchota que l’anesthésie m’enlèverait ma migraine. La douce et petite gastro-entérologue, Dr Carole Richard, une acadienne avec l’accent du large, a été tout aussi agréable et respectueuse de ma position foetale, l’arrière-train à l’air.

Deux heures après mon arrivée, je sortais de ma torpeur en salle de réveil, en klaxonnant une symphonie digne de l’« Au clair de la lune » de Joseph Pujol, le célèbre pétomane du Moulin-Rouge.

À ma gauche et à ma droite gisaient 2 corps inertes et verdâtres, qui m’ont motivé à ne pas trop trainer en ces lieux sinistres. Évaporé comme lors d’activités carnavalesques au Cegep, j’étais vite sur pied, rhabillé et sorti de ce centre, somme toute, hospitalier. Je sautai dans le premier métro pour rapidement sauter dans les bras de Morphée. Réveillé en fin de journée, toujours gonflé et le cœur sur le bord des lèvres, j’étais quand même heureux que l’examen n’ait révélé aucune anomalie. « Une plomberie de bébé » concluait ma toubib cajun.

Je ne crains absolument pas de vieillir. J’ai encore mon âme d’adolescent et la « drive » de mes 20 ans. Ma plus grande crainte, comme pour une maison, c’est que l’on me déniche un vice caché, qui m’obligerait à laisser ma famille sans ressources. En attendant je profite de mes vices connus et assumés…

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Plaisantin

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Les autocrates assoiffés du flot de vos rivières

Cette semaine, j’entendais Pauline Marois épiloguer sur la position de son parti concernant l’harnachement de la rivière Romaine, une des dernières grandes rivières intactes au Québec.

Visiblement mal à l’aise, elle a passé un bon moment à osciller entre la conservation et le développement. Ignorant encore où elle se dirigeait avec ses raquettes aux pieds, sa réponse est digne des grandes tergiversations des gouvernements qui se sont succédés depuis la fin des années 50. Elle nous a servit son grand laïus d’occasion pour justifier la disparition de cette grande rivière: outil de développement régional, autonomie énergétique, source de revenue, énergie propre et renouvelable, absence de gaz à effet de serre, technologie québécoise de pointe, accord avec le milieu…

La vérité c’est que les rivières du Québec sont une implacable machine à imprimer de l’argent, comme l’étaient les océans ou les forêts avant la disparition des poissons et la raréfaction du bois. La disparition d’une centaine de majestueuses rivières au cours des 40 dernières années n’attriste personne d’autre que quelques romantiques amants du bruit des chutes et du clapotis des vagues.

La carte du Québec d’avant

En voyage, j’aime bien visiter les boutiques de cartes topographiques. J’apprécie particulièrement les vieilles cartes du Québec, du Canada et de l’Amérique du début de la colonie. Un jour à Toronto, j’aperçu une immense carte du Québec des années 20, du temps où la couronne britannique venait de lui attribuer les territoires du Nord du Québec. Pour la première fois je voyais mon pays avant le saccage : aucun réservoir au sud, surtout construit pour la drave et les papetières tel le Basketong, Cabonga, Dozois, Gouin ou Taureau; aucun détournement de rivière, comme la Rupert, la Caniapiscau ou la Pékan; aucune inondation de territoire vécue sur La Grande ou Manic 5. Le Québec tel qu’il était avant sa gigantesque chirurgie plastique du dernier siècle et ses 200 centrales hydroélectriques.

Hydro-Québec est un gouvernement à l’intérieur du gouvernement qui n’a, en fait, qu’un seul objectif : faire travailler ses nombreux ingénieurs syndiqués pour construire de plus en plus de barrages, pour vendre encore plus aux Ontariens et Américains, peu importe la demande intérieur ou les économies d’énergies potentiellement réalisables. La preuve: le gouvernement a enlevé à Hydro-Québec le mandat de faire promotion de l’économie d’énergie en créant une agence gouvernementale distincte. Hydro Québec n’était pas très bien placée pour dire aux Québécois de moins consommer d’électricité. Un peu comme si Shell ou Esso avaient pour mandat de nous faire acheter moins d’essence.

Le projet archipel

Les gens de ma génération se souviennent du fameux « projet Archipel » qui projetait la construction d’un gigantesque barrage au pied du pont Champlain, pour inonder les rapides de Lachine pour, nous disaient-on, éviter les inondations au printemps… Nous sommes presque tombé dans le panneau. À la suite d’une levée de boucliers des verts de l’époque, les rapides de Lachine ont été préservés. En plus, depuis 20 ans, en brisant les glaces avant la fonte des neiges, il n’y a plus aucune inondation autour de l’île de Montréal. On ne peut aujourd’hui imaginer Montréal sans ses majestueux rapides.

Il existe des dizaines d’histoires heureuses où les « locaux » se sont battus afin d’éviter que le malin voleur de rivières s’accapare de leur patrimoine. On peut penser aux rivières sauvées in extrémis comme la Batiscan, Malbaie, Jacques Cartier ou Ashuapmouchouane (4 rivières maintenant protégées et enclavées dans des parcs). Hydro ne se repose pas et plusieurs rivières sont encore dans les cartons de l’ogre de la turbine comme la rivière aux Feuilles, probablement une des plus belles rivières au Canada.

M. Charest a signalé que les aires protégées n’empêcheront pas des entreprises de réaliser des projets ailleurs dans le Grand Nord. Hydro-Québec n’abandonne pas pour autant son projet d’ériger des barrages sur la rivière aux Feuilles, a-t-il répondu.

Centre hydrique, BAP et Environnement durable

Pour endormir la population, notre gouvernement des rivières a créé des instances pour contrôler, régir et écouter les doléances des chialeurs, rétrogrades et empêcheurs du progrès. Ces organismes n’ont pas beaucoup de pouvoir, étant menotté par ceux qui les ont créés. Des instances sans recours, pour se donner bonne conscience devant la contestation. Le détournement de la Pékan dans la Moisie, la dérivation de la Rupert et finalement la Romaine en sont de belles exemples.

Les parcs de rivières en Ontario

L’Ontario a protégé la majorité de ses grandes rivières en parcs linéaires, empêchant la construction de barrages, de quais ou la vente de terrains le long des rives. En plus 50% de son territoire nordique est protégé de l’exploitation minière ou forestière. Mais il y a un prix à cette protection. L’Ontario produit son énergie principalement grâce à des centrales thermiques (au charbon) et nucléaires C’est leur choix de société.

Carte des parcs de l'Ontario

Parcs de l'Ontario

Les barrages comme outil de développement des régions

À la fin des années 90, j’ai fait la descente de la rivière Portneuf au nord de Forestville. Dix ans auparavant, j’avais découvert ce bijou bordé de plages, blotti au coeur de montagnes magnifiques. Mais depuis, avec l’aide d’une entreprise privée, Hydro y a construit plusieurs mini-centrales au dessus des 3 plus beaux rapides de la rivière. Vous devez maintenant portager ces rapides le long d’un étroit trottoir de béton, en plein milieu de la forêt boréale. Pas de gardien, pas d’employé. Simplement une rivière qui entre dans un immense ponceau de 15 pieds de haut et qui ressort 500 mètres plus loin, accompagnée du grésillement de transformateurs et de câbles de 750kw. Ces centrales sont vraiment de grands moteurs de développement régional.

La rivière St-Maurice, que j’ai dévalé à plusieurs reprises, est agrémentée de 13 barrages soit le nombre le plus élevé de barrages sur une seule rivière. Assez paradoxalement, la communauté Atikamekw de Weymontachie, avec une population de 1 500 âmes enclavée entre 2 barrages, n’a même pas accès à l’électricité d’Hydro ! Elle produit son courant grâce à des génératrices et de l’essence… On repassera pour le développement des communautés locales.

Projets d’envergure

Afin de calmer notre castor nationale, je suggère 2 projets qui devraient occuper nos fourmis étatiques pour les 10 prochaines années. Je propose de construire un immense barrage en face de la ville de Québec et un autre à Tadoussac, à l’embouchure du Saguenay. De plus ces 2 barrages pourraient servir à remplacer les 2 traversiers de Québec-Lévis et Tadoussac-Charlevoix, générateurs de tonnes de gaz à effet de serre. Nous pourrons alors constater de visu les avantages des constructions hydroélectriques comme le développement des régions, l’énergie propre et renouvelable et l’expertise technologique unique de leurs ingénieurs et ce, à deux pas de nos élus…

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Les coupes forestières peuvent-elles réellement être compatibles avec le respect de l’environnement?

Nous lisons chaque semaine des commentaires dans les médias sur les coupes abusives des compagnies forestières, le manque de diversité du reboisement de la forêt boréale et l’éloignement grandissant de la matière première pour les papetières. Tous ces maux naissent du besoin des régions-ressources d’assurer des emplois à leurs habitants afin d’empêcher l’exode des forces vives de ces coins de pays.

Dans les années 60, mon père et mon grand-père m’amenaient à la pêche et je me souviens très bien des coupes à blanc sur les flancs des montagnes avec les immenses cicatrices de la machinerie dans le paysage. Dans les années 90, les coupes ont repris sur ce même territoire. Malgré qu’aujourd’hui les bordures des lacs et les paysages autour des habitations de villégiature sont préservés, les coupes à blanc étaient la norme jusqu’à tout dernièrement. Sans être un expert, je pense que le fait de laisser des amoncellements de branches sur le sol jusqu’à 10 pieds de haut, sur plusieurs kilomètre est encore plus dommageable que cette coupe rase drastique. Sur plusieurs routes de bois, 20 ans après les coupes, rien n’a encore repoussé du fait que ces immenses tas de branches ne se sont pas encore décomposés. Dans les années 2000 les coupes ont continués mais en privilégiant les rasages en rangés, technique probablement supérieure, surtout pour les animaux et la regénération mais avec un résultat tout aussi disgracieux pour la forêt.

Aujourd’hui, suite aux pressions populaires, les entreprises forestières qui veulent vendre leur bois à grande échelle se doivent de respecter des règles précises afin d’obtenir leur certification « écolabel». Dans le cas de l’entreprise qui buche dans mon coin de pays, il s’agit de l’accréditation FSC (Forest Stewardship Council). Pour l’obtenir ils doivent se plier à plusieurs normes précises pendant la planification du territoire, la construction des routes et des ponts, la récolte, le transport et la régénération de la matière ligneuse. Il existe d’autres certifications écolabel, en Europe entre autre, comme la PEFC (Program for the Endorsement of Forest Certification schemes) qui insiste plus sur la conservation de la diversité biologique des plus petites forêts d’Europe.

J’ai voulu savoir si effectivement les résultats de ces nouvelles techniques de coupes étaient à la hauteur des promesses. Cette fin de semaine je me suis baladé en moto sur un chantier de coupe qui vient tout juste de fermer. J’ai pris plusieurs photos et même réalisé un court vidéo en roulant sur ma monture (52sec).

J’ai constaté des progrès notables sur les anciennes techniques. Même si les dégâts à la forêt sont quand même importants, du fait que le couvert forestier est demeuré relativement présent, la régénération se fera plus rapidement et pas seulement dans une seule essence de bois (épinette!) comme auparavant.

Malgré le coût supplémentaire que ce type de coupe entraîne, ces entreprises ont tout intérêt à collaborer avec les habitants locaux, les membres des Zecs, les pourvoiries, les villégiateurs, les premières nations et même les groupes de pression afin de redorer leur blason. D’ailleurs, tous ces gens là sont les véritables propriétaires de cette forêt parce qu’ils en ont l’usufruit. Des années d’abus de ces entreprises, jumelées au laxisme du gouvernement ont emmené le saccage de l’héritage de nos enfants. Je suis persuadé qu’il est possible de récolter une forêt mature sans hypothéquer son utilisation par ceux qui veulent en profiter. Les compagnies forestières ont enfin compris le message, grâce aux consommateurs qui ont exigé un minimum de respect de leur patrimoine.

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Terre-plein de la bêtise

Vous roulez tranquillement sur une route de campagne. Vous traversez des villages pittoresques. Vos êtres chers naviguent avec vous et exceptionnellement vous respectez les limites de vitesse. Vous trouvez même amusante cette vieille barque qui s’éternise devant vous, conduite par un chapeau. Pas de conducteur en vue, seulement un chapeau de feutre brun.

Pour ralentir les « étranges » pressés, ces petits maires de villages font preuve d’acrobaties et d’ingéniosité pour contenter leurs contribuables: dos d’âne, ventres de bœuf, immense affiche électronique avec radar vous rappelant votre vitesse et même voiture de police inoccupée stationnée pendant des heures à l’entrée du village. Mais la municipalité de Sainte-Marcelline de Kildare, qui étrangement s’appelait Ste-Marcelline de Radstock il y a quelques années, se mérite la palme de la plus mauvaise cochonnerie pour ralentir la circulation. Tout juste après une courbe à 90km, bien avant l’entrée du village, l’érection d’un terre plein mal éclairé de 10 pieds de large, qui vous oblige à bifurquer de façon dangereuse à la dernière minute. Voyez le synopsis complet.

L’hiver dernier mon fils revient de ski avec sa copine et un ami. À la brunante, fatigué et distrait, il ne remarque pas cet improbable terre-plein de ciment à l’entrée du village et il le chevauche. Aucun dommage à la voiture. Le poteau de la balise de signalisation est à peine plié. Il ne peut dégager sa voiture qui est soulevé par la neige. Pendant qu’il appelle le CAA pour obtenir de l’aide, un représentant de la force constabulaire se présente sur les lieux. Ce dernier, après une dure journée à lutter contre les bandes criminalisées du village, recherche un autre truand à coffrer. Après avoir douté des facultés de mon fils, il se met à douter de ses talents de conducteur. Je vous épargne les insipidités d’usage que nous avons tous eu à subir, à un moment donné de notre vie, de la part d’un blasé représentant de l’ordre. Les jeunes réussissent finalement à dégager leur voiture, sans l’aide du policier, et mon fils quitte sans autre cérémonie.

La suite, 6 mois plus tard : il reçoit une facture de la voirie du village, de plus de 200$, pour le remplacement du poteau. Probablement qu’avec la hausse du prix de l’acier, ces poteaux sont maintenant hors de prix, et impossible à déplier. Il paye sans broncher puisqu’il reconnaît qu’il est responsable du dommage causé à cet innocent poteau.

10 mois plus tard, cette semaine : Surprise. Une autre lettre enregistrée. Une contravention de $250 pour avoir « probablement » traversé une ligne double. C’est le libellé exact du billet. Comment peut-on recevoir une contravention 10 mois après un événement quand le policier ne nous en a jamais remis pendant l’événement? Comment peut-il avoir traversé une ligne double en glissant sur un terre-plein tout neuf et sans éclairage, installé en plein milieu d’une route de campagne. Est-ce que l’automobiliste qui quitte la route pour s’échouer dans un fossé reçoit une contravention pour avoir traversé une ligne continue ? J’imagine le même policier en train d’invectiver le conducteur mal en point au lieu de lui porter secours. Où est-il le policier qui a le devoir de nous protéger et de servir ?

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La promotion de la langue française au Canada sous la tutelle de Calgary

Depuis que je suis père j’ai découvert une télévision francophone de grande qualité, produite hors du Québec depuis 1987, « TFO » connu sous le vocable de la « Télé Française de l’Ontario ». Le succès de TFO dans ma chaumière s’explique surtout par la grande qualité de ses émissions pour enfants. Ma fille Gabrielle est une véritable accro de l’émission « Mini-TFO » une sorte de « Passe-Partout » intelligent, ludique et plein d’originalité. Une émission en ondes quotidiennement pendant 8 heures, soit de 6h30 à midi, de 15h00 à 16h30 et de 18h00 à 19h00, essayez de battre ça !

Depuis 1998, du fait de l’éloignement de mon chalet des grands centres, je n’ai pas eu le choix d’utiliser un diffuseur par satellite soit la compagnie Starchoice, propriété de Shaw Communications de Calgary. Pour limiter les frais, j’utilise aussi Starchoice chez moi à Repentigny. Et hors de question d’utiliser l’Express-Vu de Bell Canada, compagnie arrogante avec un service à la clientèle tout aussi condescendant.

Il y a une semaine ma fille qui sélectionnait machinalement son émission préférée, n’arrivait plus à la trouver. Finalement j’apprends avec stupéfaction que Starchoice a retiré TFO de sa grille de canaux. La raison affichée à l’écran : «Pour faire place à plus de canaux HD, Starchoice retire TFO de sa programmation… ». Aussitôt je me réfère à Google pour trouver cet article de Cyberpresse qui me signale que Starchoice n’a pu s’entendre avec TFO sur le paiement de droits de redevance et que pour mettre de la pression sur ces derniers, a retiré TFO de sa grille « manu militari».

J’écris alors à Starchoice qui me répond laconiquement la même bouillie pour les chats «la raison du retrait se justifie par l’ajout de canaux HD et bla, bla, bla». Devant le manque de transparence de Starchoice je mets en action mon clavier inquisiteur pour porter plainte au CRTC, à l’Office des affaires francophones du gouvernement de l’Ontario, à TFO, à l’Association des francophones de l’Ontario et tutti quanti…

Finalement mes démarches ont porté fruit, bien que ce ne soient que de petits fruits pour le moment. Je vous invite à lire la réponse par courriel du gouvernement de l’Ontario et surtout plus bas, leur lettre envoyée à Starchoice. Impressionnant.

Bonjour Monsieur Laporte,

Dossier Nº 08-09-002

Pour faire suite à votre courriel d’hier, il me fait plaisir de vous informer que nous avons effectivement fait une recherche sur le dossier que vous nous avez présenté. Avant de mener une enquête sur une plainte, le commissariat doit d’abord établir s’il a juridiction. Le commissariat a droit d’enquête sur les services en français offerts par les ministères et les organismes du gouvernement de l’Ontario assujettis à la Loi sur les services en français cependant la loi ne s’applique pas aux sociétés privées comme c’est le cas pour Starchoice.

Le commissaire partage toutefois votre déception quant à la décision de l’entreprise de ne plus diffuser la programmation produite par la chaîne TFO. C’est pourquoi nous avons communiqué avec Starchoice pour leur faire part de nos inquiétudes. Vous trouverez en pièce jointe une copie de la lettre qui leur a été envoyée.

Si vous le désirez, vous pouvez aussi entrer en contact avec eux aux coordonnées ci-dessous.

Mme Cynthia Rathwell
Vice-présidente, Affaires réglementaires et programmation
Star Choice Communications Inc.
440 Laurier avenue ouest, bureau 200
Ottawa ON K1R 7X6
Phone: (613) 234-6265 Fax: (613) 234-7502
Email: cynthia.rathwell@starchoice.com

En vous remerciant d’avoir pris le temps de porter cette question à l’attention du Commissariat, je vous prie d’agréer. Monsieur, mes salutations distinguées.

Jocelyne Samson

Commissariat aux services en français
Analyste principale, enquêtes
700, rue Bay Street, bureau 2401
Toronto (ON) M7A 2H8
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Voici plus bas une copie en PDF de la lettre expédiée par le gouvernement de l’Ontario à Starchoice. C’est vachement impressionnant de lire qu’un gouvernement à 95% anglophone fasse des remontrances à une entreprise anglophone sur la survie de la langue française au Canada. Une lettre solide, bien étoffée et qui me donne encore espoir de revoir TFO en ondes.

De plus ils ont fait parvenir ma plainte à Graham Fraser, le commissaire aux langues officielles du Canada. C’était un gros morceau que j’avais oublié. Merci au gouvernement de l’Ontario qui finalement défend mieux les intérêts des francophones que nos bœufs de l’Ouest.

08-09-002-starchoice-tfofr

« Ne doutez jamais qu’un groupe de personnes puisse changer le monde. En réalité, c’est toujours ce qui s’est passé » Margaret Mead (1901-1978)

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