Rivière George 2005

Au pays de Yogi

24 juillet 2005
Au pays de Yogi

Benoît : Lorsque vous planifiez une expédition dans un pays aussi rude il faut vous fier à ceux qui y ont passé avant vous ou qui y habitent. Tous les textes disponibles sur le Web suggéraient fortement d’apporter une arme à feu, histoire de pouvoir négocier avec un problème avec lequel nous espérions ne pas avoir à négocier. Ce qui nous a finalement convaincus ce sont les quelques courriels reçus de pourvoyeurs sur la rivière ou dans les environs, qui avaient entendu parler de « Pagayer pour l’autisme » par les médias, et qui nous encourageaient à s’armer. Nous sommes allés consulter un marchand d’arme de Montréal, qui connaît bien la région, et qui suggérait un fusil de calibre 12, avec des cartouches de chevrotine (dixit : « au cas où vous n’auriez pas le temps de viser ! »). La chevrotine, aussi appelée « Buck Shot » se compose de 9 plombs de la grosseur d’un pois, qui se déploient sur une bonne largeur. Je possédais déjà une arme de calibre 12, mais je doutais encore de l’utilité de celle-ci en canot. Elle représente en plus un poids non négligeable de 11 livres, de forme difficile à placer dans un canot. Qu’à cela ne tienne, nous avons décidé de l’apporter.

Étienne, Pierre-Marc, Benoit et Gérald. Raymond est derrière la caméra.

Comme je l’avais déjà mentionné, à notre arrivée à Schefferville, nous avons fait la connaissance de Jos Miquelon, un pagayeur ontarien solitaire qui descend la rivière pour une 5e fois. Son équipement est rudimentaire et il ne transporte jamais d’arme. Sauf qu’à sa dernière descente, il a couché au Twin River Lodge, où nous avons aussi couché le premier soir. Pendant qu’il dégustait tranquillement son petit-déjeuner, un ours s’est introduit dans le bâtiment principal, par un trou qu’il avait creusé dans une autre pièce. Jos se trouva alors face à face avec l’intrus, dans la salle à manger. Sans arme ou répulsif, il commença à lui lancer tout ce qu’il lui tombait sous la main : assiette, tasse, chaudron. Il l’invectivait de quitter les lieux en criant de toutes ses forces. L’importun rebroussa chemin pour revenir, debout, à la porte principale. Jos put à ce moment voir l’animal dans toute sa splendeur. Pendant plusieurs minutes notre plantigrade lui donna des sueurs froides pour enfin quitter les lieux. En blague, nous lui avons suggéré, pour une meilleure compréhension par l’animal la prochaine fois, de s’adresser à lui en français plutôt qu’en anglais.

Cette histoire, et bien d’autres entendues depuis, nous oblige à sans cesse nous surveiller lorsque nous campons ou marchons en forêt. Plutôt que d’avoir à nous servir d’une arme en cas de face à face avec un ours, nous avons opté pour la prévention. Jamais de nourriture ou de déchets laissés sans surveillance et jamais rien d’odorant dans la tente (comme de la pâte dentifrice, du déodorant ou du savon). Nos barils sont constamment fermés et goupillés. Les poissons sont nettoyés dans la rivière à bonne distance du campement et les vêtements avec odeur de poisson lavés ou placés dans nos barils. Si jamais la prévention ne suffisait pas, et que Yogi décidait de venir nous chiper notre panier de pique-nique, nous avons trois autres options. Un sifflet constamment au cou, un répulsif de poivre de Cayenne à portée de main et dans chacune des tentes une corne de brume (genre de flûte assourdissante utilisée sur les bateaux ou dans les événements sportifs). Il nous reste encore 12 jours de descente. Les nombreuses pistes et excréments d’ours nous satisfont amplement. La rencontre du propriétaire de ces lieux n’est pas dans la grille d’activité.


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La « vague » à l’âme

23 juillet 2005
La « vague » à l’âme

Benoît : Enfin, c’est fait ! Nous avons finalement goûté aux fameux rapides de la rivière George. Après un an de préparation, de réunions, de planification, de lecture de récits, de grilles d’équipement, de menus, de courriels, de budget… nous avons dévalé ces légendaires rapides du Nouveau-Québec. Nous avions planifié une journée de repos aujourd’hui, mais le site où nous avons campé hier était loin d’être à la hauteur. Nous aurions préféré descendre les 5 derniers kilomètres, essentiellement des rapides de niveau 2 et 3, pour coucher dans un des nombreux bâtiments que possède Norpaq sur la George. On nous avait même mentionné que quelqu’un y serait et nous accueillerait. Mais ce n’était pas prudent. Nous avions pagayé nos 18 kilomètres prévus face à un vent franc nord. Il était tard, nous étions vannés et il était mieux d’attendre au lendemain. Malgré le niveau d’eau plutôt bas cette année, les vagues étaient effectivement impressionnantes. Tout autant que les paysages. Tellement que nous avons peu de temps pour les admirer. Spécialement une paroi rocheuse longue de 5 km, parsemée de neige, illuminée par un soleil qui perce des nuages gonflés de pluie. Ici le ciel nous semble plus large et plus haut que chez nous. Il semble s’éterniser. Arrêt vers 17 h 30 à un site entouré de montagnes dégarnies. Une jeune caribou solitaire nous regarde de la rive et s’avance pour satisfaire sa curiosité. Étienne s’arrête sur la rive pour l’approcher. Quand ce canoteur baraqué se lève, elle prend peur et quitte sans demander son reste. Une biche qu’il n’aura pas su séduire… Ayant manqué le trek en montagne de la dernière journée de pause, je me promets demain de faire le sommet qui surplombe cette vallée glaciaire. Ayant peu d’expérience dans ce type de randonnée, Raymond est partant pour m’accompagner.

Un soir sur la rivière George

Raymond : Journée fertile en émotions mais qui ne sera sûrement pas la dernière. J’avais un peu le trac à l’idée d’affronter les premiers rapides. Comment réagirait le canot avec tout son matériel à bord et comment moi, je réagirais devant ces rapides à fort débit. Il y avait une part d’inconnu, et c’est ce qui rend l’aventure si intéressante. J’oserais une analogie : la descente d’une rivière est comparable à une représentation théâtrale. La pièce débute lorsque nous mettons les canots à l’eau. Pendant que nous traversons les sections calmes de la rivière, je suis comme l’acteur en coulisse. À l’approche des rapides, j’entre en scène. Au moment d’attaquer les rapides, je donne la réplique à mon coéquipier. L’adrénaline et la concentration sont à leur comble. Même si je ne le vois pas de face, il me faut être attentif à ses moindres réactions. Être à l’écoute de ses instructions puisqu’il est celui qui aperçoit les obstacles en premier. Les yeux fixés sur la rivière, nous ne nous rendons pas compte de la vitesse à laquelle nous la dévalons. Nous n’avons pas de point de repère, sinon lorsque nous apercevons le fond de la rivière, qui est d’une grande limpidité, ou encore pendant un bref instant où nous jetons un regard sur la rive. Il est 22 h 30. Mes collègues jouent au poker et moi je vous laisse. Mes samedis soirs ont déjà pris fin plus tard… Mais demain, journée de repos. Questions ? Notre expédition ou nos textes suscitent des questions ou commentaires ? Posez-les nous, en moins de 50 mots si possible (technologie oblige) à l’adresse de courriel pagayerpourlautisme@vdl2.ca. Nous essayerons de répondre à une question par jour.


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105 kilomètres de lac

22 juillet 2005
105 kilomètres de lac

Étienne : 105 kilomètres de lac. En canot. En une semaine. Le premier rapide commence à quelques minutes de distance. Nous le ferons demain matin. 105 kilomètres de lac avant les rapides, c’est comme dire à un grimpeur, un passionné d’escalade, qu’il part de Montréal pour aller grimper à Val-David dans les Laurentides. Mais qu’il doit y aller à pied. Nous, c’est en canot. Mais là, nous sommes enfin rendus. La vraie rivière commence demain matin. Gérald, en fin d’après-midi, a posé LA question : il y a une semaine, l’hydravion nous a laissés à la tête du lac, pourquoi nous n’avons pas demandé au pilote de nous déposer à la fin du lac ? Pourquoi ? Parce qu’on est une belle gang de freaks, comme me le faisait gentiment remarquer une collègue avant mon départ. Elle ne comprenait pas pourquoi prendre ses vacances d’été quelques part où il fait 12 degrés (comme aujourd’hui) et où une centaine de mouches noires se collent au moustiquaire de la tente pour attendre que la viande fraîche sorte (comme je devrai le faire dans quelques minutes). Ça ne règle pas la question : pourquoi ne pas s’être fait déposer à la fin du lac de 105 kilomètres plutôt qu’au début ? Peut-être pour que les milliers de coup de pagaie répétés comme un mantra me permettent d’entrer dans ma bulle, de prendre des heures pour faire défiler les pensées et les souvenirs. Hier soir, l’humidité froide m’a rappelé un voyage de ski de fond en Gaspésie. J’ai donc pensé à Nathalie, qui aujourd’hui a un bébé. J’ai pensé à Sabine et Jean, qui eux aussi ont un bébé. Quand mes partenaires de canot se sont mis à chanter, j’ai pensé à Sylvie et Ida, qui elles chantent bien, j’ai aussi pensé à Isabelle et Robert, avec qui j’écoute de la musique.

Un caribou

À raison d’un mètre par coup de pagaie, ça fait 105 000 coups de pagaie. Les pensées ont tout leur temps. Dans les rapides, mes pensées auraient été occupées par les rapides. Et puis, dans les rapides, nous n’aurions pas pu passer nos journées si près les uns des autres (nous avons attaché les trois canots en trimaran), et je n’aurais pas pu profiter du délire déconnant de la gang de freaks qui m’accompagne. 105 kilomètres donnent amplement le temps de déconner. Je ne vous ferai pas part des rêves érotiques de Gérald, des jokes de communistes de Pierre-Marc, des répliques plus rares mais souvent plus salées de Raymond, et des vitesses et distances mesurées en temps réel par le GPS de Benoît. Roger (le sixième membre de notre expédition que des responsabilités ont obligé à rester au sud), tu nous manques. Et si nous n’avions pas fait ces 105 kilomètres, nous n’aurions pas vu la centaine de caribous qui ont traversé le lac juste devant nous cet après-midi.


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Branle-bas de combat !

21 juillet 2005
Branle-bas de combat !

Pierre-Marc : C’est confortablement assis à une table et surtout à l’abri des mouches et autres bestioles que je vais vous relater les détails trépidants et surtout croustillants de cette journée. Avant de vous expliquer la table et l’abri, je dirais que cette journée a commencé beaucoup plus tôt que d’habitude. Vous l’avez sans doute lu dans la chronique d’hier de Benoît, nous avons été confinés dans nos tentes, battues par un vent constant et fort, durant toute une journée. Gérald, Étienne et moi avons passé la journée à inventer mille et une variantes du poker (et à laver Gérald). Le vent a duré jusqu’au soir et après un bref conciliabule, nous avons décidé de nous coucher tôt pour être sur la rivière de bonne heure le lendemain matin. Ce qui m’amène à ce matin 6 h. Tout le monde debout, un rapide déjeuner et branle-bas de combat, on décampe à 8 h 40. Le temps n’était pas superbe, comme nous en avons eu dans les premiers jours, mais il n’y avait aucun vent et il ne faisait pas froid. Nous avions une certaine pression quant à la distance à parcourir. Nous avions perdu une journée et pour éviter de prendre du retard, il fallait rattraper les kilomètres. Nous avons donc passé une journée à pagayer. En fait, nous sommes restés dans nos canots, sans nous lever, jusqu’à 15 h 45 (7 heures sans arrêt). Ce fut tout de même une journée agréable, agrémentée de discussions peu sérieuses et de chansons rétro. Mais bonne nouvelle ! Nous avons réussi à faire les 18 kilomètres d’hier (mercredi) en plus de tous ceux que nous avions prévus aujourd’hui, soit un grand total de 33 kilomètres.

Nous avons élu domicile dans un des nombreux camps de chasse de Norpaq et relaxons depuis lors (peut-être un peu grâce aux installations à l’abri des mouches qui rendent la civilisation si douce…). Pour le souper, Raymond et Benoît ont pêché trois truites grises dont une de 2 lb pour Raymond. Pour moi, les points forts des deux derniers jours ont été le poker, l’imitation d’un mime par Raymond et l’avant-midi où Benoît a été notre tête de turc.

Troupeau de caribous

Raymond : Un peu avant-midi nous avons aperçu ce qui semblait être des rochers à la surface de l’eau. Nous avons rapidement constaté qu’il s’agissait de caribous traversant la rivière. Ils étaient une douzaine, jeunes et moins jeunes, insouciants de notre regard. Nous les avons regardés passer, émerveillés par leur présence. Un retardataire s’est retrouvé entre nous et le reste du troupeau, ne sachant si nous représentions une menace ou une simple distraction. Il rebroussa chemin puis se ravisa. C’était très certainement les premiers humains qu’il rencontrait. Le troupeau de la George compte 500 000 individus. Nous entrons au pays du caribou. Après le dîner, Benoît et Pierre-Marc nous ont servi leurs répertoires de chansons des années soixante et autres classiques des Classel. Faut-il y voir une relation de cause à effet, mais nous n’avons plus revu de caribou ni d’autres animaux de la taïga. Demain nous affrontons nos premiers rapides. Étienne a des fourmis dans les bras.

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Qui sème le vent (2e partie)…

20 juillet 2005
Qui sème le vent (2e partie)…

Benoît : Je vous écris exceptionnellement en matinée plutôt qu’en fin de journée. Notre plage que nous croyions idyllique se révèle moins séduisante ce matin. Je suis prostré dans ma tente et tape avec le lap top posé sur ma valise Pélican, entre mes deux jambes. Notre journée a commencé à 0 h 36 ce matin. Des vents violents pliaient notre tente de façon disons inquiétante. Raymond et moi avons vidé les deux vestibules pour nous assurer que rien ne s’envole. Le bruit du vent sur la tente était assez assourdissant pour que nous ayons à crier pour nous entendre. Avant de nous coucher, malgré le calme, nous avions pris soin de défaire les poteaux de coin de la tente moustiquaire et d’y déposer les bagages les plus lourds. Grâce à Internet, nous savions que la journée du lendemain serait épique et espérions que notre équipement puisse tenir le coup (voir la météo de Kangiqsualujjuaq ).

Ce matin nous étions debout à 6 h 30 afin d’être sur la rivière assez tôt. En sortant de la tente, la température était de 9 degrés et le vent avait tourné plein nord. Il souffle de façon constante à près de 40 km/h. Sous-vêtements en polar, veste, coupe-vent, gants, cache-cou et tuque sont de mise. Finalement la vraie température du Nunavik ! Avec un vent pareil, aucune chance de pagayer aujourd’hui, ni de ravitailler nos voisins par hydravion. Après un copieux déjeuner de musli, nous nous dirigeons vers nos voisins américains pour leur offrir notre aide ou de la nourriture. Peter a les yeux cernés et Alana est affairée avec une jeune. Il me raconte que leur nuit a été fort occupée avec deux tentes détruites, des canots qui ont roulé sur la plage comme des fétus de paille et une adolescente qui a eu une crise inexpliquée, qu’ils ont dû traiter avec une seringue « épipen ». Ils attendent des nouvelles du pilote de l’hydravion parce qu’ils doivent évacuer la jeune fille, accompagnée d’une animatrice et de tout leur équipement. Peter m’avoue qu’ils ont eu très peur après les premiers symptômes (problèmes respiratoires, vomissements, maux de ventre, lèvres enflées et décolorées).

En écrivant ces lignes (11 h 30) j’entends le bruit d’un avion qui s’approche. À la suite de la lecture des nombreux récits de descentes de la George disponibles sur Internet, nous savions que les vents pouvaient être assez violents et nous garder dans notre tente pendant plusieurs jours. Citation optimiste : « Le bon côté à tout ça est que pour la première fois nous pouvons nous balader sans protection contre les mouches ». J’ai une pensée toute spéciale pour mon fils Antoine, qui célébrera demain, le 21 juillet, ses 16 ans. Il a toujours été l’ange gardien de notre fille Gabrielle et sans son soutien constant, elle n’aurait sûrement pas fait la moitié des progrès qu’elle a accomplis ces dernières années, malgré son autisme. Gabrielle et Antoine ont seulement 18 mois de différence.

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Qui sème le vent…

19 juillet 2005
Qui sème le vent…

Qui sème le vent

Benoît : Aujourd’hui c’était jour de vacances, dans nos vacances. Pas d’heure de levée prédéterminée, pas de navigation, pas de stress. Après un déjeuner au muffin au chocolat à la Gérald, nous nous sommes divisés en deux groupes. Un groupe s’est dirigé vers le sommet de la montagne au nord de la petite pointe de la rivière Natikamaukau et l’autre vers les flots émeraude de cette rivière, histoire de ramener un souper de poissons. Pendant l’excursion, un rideau noir de pluie apparut sur le haut des montagnes de l’autre côté du lac. Nous étions déjà trop loin pour revenir au campement lorsqu’un vent, qu’on évalue à environ 80 km/h, se leva. Sur le bord du lac les vagues d’un mètre se brisaient sur la grève. Lorsque l’orage se calma, j’entrepris de marcher jusqu’au campement pour constater les dégâts. Et dégâts il y avait ! Les trois tentes Mountain Hardwear, réputées pour leur résistance au grand vent, avaient tenu le coup. Par contre la tente de Gérald et Pierre-Marc, moins bien ancrée que les deux autres, avait roulé sur plusieurs dizaines de mètres, pour se réfugier à l’abri dans la forêt, sans aucun dommage. Il y avait cependant blessures du côté de notre amie la tente moustiquaire. Celle-ci s’est repliée sur elle-même, sans quitter ses ancrages. Quelques poteaux ont plié, mais avec la magie du fameux Duck Tape nous arrivons à réparer les bris, tant bien que mal.

L'union fait la force

En jetant un coup d’œil à l’horizon nous apercevons ce que nous pensons être nos premiers caribous. Avec une lunette d’approche nous constatons que c’est une armada de 7 canots dont un est équipé d’une voile. Il s’agit de 2 groupes distincts de 6 et 1 canots. Le premier groupe du Maine, composé de 3 adultes et 9 adolescents, est à sa 12e journées de descente, depuis la rivière De Pas. Ils font partie d’un centre pour jeunes The Chewonki Foundation. Peter Ingram et Alana Beard supervisent cette descente d’un mois. Demain un avion viendra leur larguer des provisions pour les 18 jours à venir. L’autre canot, avec une voile de fortune, abrite Stéphane Genest et Yves Martin (pas la marque de sous-vêtement, nous fait-il remarquer). Ces derniers ont eu maille à partir avec un ours, un peu plus haut sur la rivière. À leur retour de la pêche, ils ont constaté que leur tente avait été déchirée par leur visiteur inopiné. La magie du gros ruban gris, si chère aux canot-campeurs, opéra de nouveau…

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Quelle mouche vous a piqué ?

18 juillet 2005
Quelle mouche vous a piqué ?

Benoît : La plage où nous avons couché hier soir était littéralement infestée d’insectes piqueurs. Plus précisément de ces mouches avec un corps d’abeille que plusieurs reconnaîtront à leur opiniâtreté à nous survoler malgré le vent et les coups qu’on leur porte. Mais nous avions omis de vous parler d’une arme déterminante pour combattre cet ennemi particulièrement envahissant sur la George. Notre tente moustiquaire, élément on ne peut plus essentiel. En fait, on lui porte une dévotion sans borne. Elle nous permet de manger en paix, de fouiller dans nos bagages sans devenir fou, d’écrire ces lignes tranquillement en sirotant un scotch et de discuter avec nos compagnons sans constamment s’auto-frapper. Elle nous offre un répit un peu à la manière des « Répits de Gaby » pour ces enfants autistes qui nous inspirent dans cette escapade.

Grâce à notre technologie portative et imperméable, nous pouvons chaque soir aller chercher sur le Web la météo des 2 points les plus près du lieu de l’expédition, soit Schefferville et Kangiqsualujjuaq. Malgré notre éloignement de 350 km de ces 2 points, nous arrivons assez bien à prévoir la météo du lendemain. Hier on annonçait des vents de 30 km/h sud-est. Nous nous frottions les mains en prévision d’une journée avec vent dans le dos, notre trimaran et sa voile de 6 x 8. Déception : le vent ne s’est pas levé ou à peine. Nous avons pagayé quand même nos 18 km prévus en moins de 4 h 30. Notre site à Wedge Point est paradisiaque. Une plage de sable de 100 m de large et de 1 km de long. Aussitôt campés, le vent se lève, comme pour nous narguer. Détail intrigant sur notre site : des débris de crash aérien jonchent le sol (moteur, carlingue et cabine); un Cessna qui s’est sans doute abîmé dans la baie il y a plusieurs années. Cette rivière n’est assurément pas de tout repos.

Raymond : Ces 18 kilomètres, il nous a fallu les pagayer. Est-ce les crêpes au sucre à la crème, préparées par Anne, la conjointe de Benoît, qui nous donna l’énergie de nous rendre à destination ? En tout cas elles étaient délicieuses. Comme nos canots sont regroupés, nous avons l’occasion de jaser ensemble de tout et de rien. Après la pause dîner, sans que personne ne se concerte, nous nous sommes mis à pagayer en silence, concentrés sur la mécanique du mouvement nous permettant d’avancer, la pagaie devenant une extension de la main. On réussit à faire le vide autour de soi et on a l’impression que l’on pourrait tenir des heures. Ceux qui font du jogging savent de quoi je parle. Le lac de la Hutte sauvage est un élargissement de la rivière George d’une centaine de kilomètres. Cet après-midi, comme il n’y avait pas de vent, nous avons pu voir les poissons venir se nourrir d’insectes à la surface de l’eau. Nous apercevions la nageoire dorsale fendre l’eau avant de disparaître aussitôt. Arrivés à 16 h 30, nous avons pris le temps de nous baigner, ce que nous ne pourrons certainement pas faire dans 2 semaines. Demain, notre premier jour de pause, où nous planifions marcher sur la montagne qui surplombe le campement. Ce devrait être assez facile puisque celle-ci ne comporte aucune végétation, si ce n’est les aulnes sur la rive.

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L’union fait la force

17 juillet 2005
L’union fait la force

Pierre-Marc : Après la journée du 16 juillet où nous avons réussi à parcourir une distance aussi surprenante qu’incroyable de 27 kilomètres au lieu des 18 prévus, nous avons commencé notre journée de dimanche avec des idées plein la tête pour améliorer notre système de voiles plus que rudimentaires formées de pagaies et de petites toiles. Après un déjeuner exquis composé exclusivement de gruau (mmmm du gruau !), nous nous sommes mis à construire un trimaran avec nos trois canots, solidement attachés les uns aux autres avec des perches. Nous avons installé notre nouvelle voile constituée cette fois de deux très longues perches et d’une immense toile que Raymond a sortie d’on ne sait où. Nous sommes demeurés très confiants à l’égard de notre système malgré le vent qui soufflait sur notre flanc, soit du côté nord-ouest. Après une heure de dérive mouvementée, de tentative aussi héroïque que vaine pour faire fonctionner notre voile, histoire de se la couler douce comme la veille, nos cinq pagayeurs se sont donc résignés à faire ce pourquoi ils avaient parcouru plus de 1 500 km, pagayer.

Personnellement, je suis de ceux qui préfèrent le vent à la pluie. Malgré une journée éreintante à combattre les rafales, les vagues et la dérive incontrôlable de notre embarcation, c’est toujours mieux qu’une %#* journée de pluie. Nous avons passé ainsi toute la journée à pagayer à quatre avec Étienne à la barre de notre fierté, aussi frêle soit-elle. Au bout de plusieurs heures de canot et de 12,5 km, nous nous sommes installés sur une langue de sable qui s’avance dans l’immense lac de la Hutte sauvage. Est-ce que nos héros étaient arrivés au bout de leurs peines ? Non… encore des traces d’ours, mais cette fois d’un petit de l’année. Il s’agira de bien faire attention pour l’entreposage de la nourriture et de bien brûler les déchets. Pendant que j’écris ces lignes, Étienne arrive justement avec deux superbes truites grises qu’il vient tout juste de pêcher et qui pourront agrémenter le riz de ce soir. Malgré la grande difficulté que représentait la traversée du lac avec un vent de face, nous avons mis à contribution la célèbre maxime : l’union fait la force.

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Le vent en poupe !

16 juillet 2005
Le vent en poupe !

Vous pouvez aussi écouter l’entrevue (format MP3) réalisée par le FM103,5 - la radio du grand Lanaudière.

Benoît : Hier, en arrivant sur la George je m’attendais à subir un choc météorologique. Ce fut le cas. Il faisait dans les trente degrés malgré les taches de neige, que j’imagine éternelle, sur la montagne d’en face. Nous avons campé près d’un lodge qui a déjà connu ses heures de gloire et à l’intérieur il faisait une chaleur d’enfer. Nous avons monté nos tentes à la brunante, qui se pointe généralement vers les 22 h 30, pour que nos 3 tentes ne soient pas trop chaudes. Remarquez qu’à cette hauteur du Québec l’obscurité totale ne se fait pas et le soleil retape à nouveau vers 3 h 30. Pour bien dormir, vous avez tout intérêt à porter un cache-yeux ou encore une grande tuque. Au petit matin un vent du sud s’est levé, représentant une bénédiction pour un canot qui se dirige vers le nord. Les préparatifs du premier matin sur la rivière sont toujours longs et ardus. Dans nos canots en fin d’avant-midi nous avons beaucoup de mal à garder nos bateaux stables. Les vagues et le vent font bifurquer nos frêles embarcations. Soudain, coup de génie collectif. Nous sortons nos toiles de tente de nos sacs et montons une voile improvisée. Gilligan et ses joyeux naufragés traversent 27 kilomètres à la voile en 6 heures. Nous avions planifié parcourir 18 kilomètres aujourd’hui.

Vers 16 h 30 nous arrivons sur un site coté comme « idéal »sur la carte. Après examen des lieux, nous quittons sans demander notre reste. Des visiteurs y ont déjà élu domicile. Des centaines de pistes d’ours fraîches et moins fraîches couvrent la plage. Nous remarquons aussi de nombreuses pistes de loups de taille impressionnante. La popularité de ce site s’explique sans doute par la présence d’une petite rivière à proximité qui regorge de truites mouchetées. Quelque 90 minutes plus tard nous apercevons une île rocheuse en plein milieu d’un élargissement du lac. Sans trop espérer y trouver un site potable, nous grimpons tout en haut des rochers pour apercevoir une terrasse digne des cartes postales pour vendre le Nunavik. Bordée de fleurs, l’île est balayée par le vent et surplombe les montagnes, esker et plages environnantes. Celle-ci me rappelle l’image que je me faisais de L’île noire de Tintin. Un paysage irréel de bande dessinée.

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Enfin la « George » !

15 juillet 2005
Enfin la « George » !

Enfin la George !

Benoît : Hier soir, le train s’est arrêté à Schefferville et des centaines de personnes attendaient, agglutinées autour du fourgon à bagages, de récupérer leurs biens. Je ne sais pas pourquoi mais une odeur de fête flottait dans l’air. Sans doute parce que le dépaysement est total alors que la majorité des gens que nous croisons sont Innus ou Naskapis. Sur le quai, Claude St-Amant, notre guide jusqu’au départ en hydravion demain, cherche du regard les gens qui ont l’air de canot-campeurs. Les bagages enregistrés sont vite engouffrés dans la camionnette, mais la récupération des canots et barils est plus problématique. Pendant que Raymond et moi essayons tant bien que mal d’ouvrir le box-car, il ne reste que l’autre groupe de canot-campeurs pour nous donner un coup de main. Finalement, après plusieurs minutes d’efforts, nous réussissons à ouvrir le wagon avec une tige d’acier. En deux temps trois mouvements, la trentaine de barils sont chargés et nous nous dirigeons vers notre campement. Dans notre humble cabane se trouve déjà un drôle de numéro, Jos Miquelon, de Toronto. À 57 ans, il en est à sa cinquième descente de la George en solo. Pendant un mois il pagaie seul dans son noble canot Blue Hole de 1984. Un phénomène !

Debout à 7 h, nous déjeunons à la cantine de Claude. Une entrevue radio par téléphone satellite nous attend vers 9 h avec Jacques Plante, du 103,5 FM. Aussitôt après, nous nous rendons à la base d’hydravion de Jean Paquet, de Norpaq. Claude nous glisse un petit cadeau dans nos bagages : de la truite grise fraîchement fumée. Le matériel est déchargé et la pesée du matériel nous stresse. On nous avait permis pas plus de 1 200 livres pour pouvoir décoller et nous faisons osciller la balance à 1 020 lb… Les trois autres larrons atterrissent à 11 h 30. Ils arrivent directement de Montréal, du travail, des responsabilités… Étienne a fini de préparer ses bagages à 2 h 15 ce matin, et il s’est levé à 4 h pour finir une soumission. Quelques heures plus tard, sur le bord de la rivière au milieu de la toundra, le choc est majeur. Et très agréable.

Raymond : Pour transporter le groupe, les canots et le matériel, deux avions ont été nécessaires. Un Beaver et un Single Otter. Le canot d’Étienne a été placé à l’intérieur du plus gros des avions et les deux autres sur les flotteurs. J’aurais aimé discuter avec le pilote Denis Vansterthen, mais le bruit assourdissant du moteur a rendu la chose impossible. J’ai quand même su qu’il était originaire de Lanoraie dans notre région de Lanaudière. Nous avions prévu nous faire déposer sur la lac Résolution, un élargissement de la George, mais après quelques discussions il fut décidé de commencer la descente à partir du Twin Lodge un peu plus en aval parce que le site était plus propice à un atterrissage. Sage décision, le site est magnifique. Un plateau sablonneux qui surplombe la majestueuse rivière. Désolé, il est 18 h 15 et on m’annonce que le souper est servi. Un bœuf aux légumes livré directement de Montréal par nos trois collègues. Les mouches bourdonnent, mais nous sommes en sécurité sous notre tente moustiquaire modifiée pour la George…

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Le saut de l’ange

14 juillet 2005
Le saut de l’ange

Le saut de l'ange

Benoît : Debout à 6 h, la pluie bat son plein. Un triste 14 degrés nous attend. Notre bon samaritain, Dr. Urgel Pelletier, propriétaire du chalet où nous dormons à Sept-Îles, nous raccompagne jusqu’à la gare de train de la QNSLR. Je laisse ma camionnette sous la garde de M. Pelletier pour éviter des surprises lors de notre retour. Nous arrivons à la gare en Cadillac, contraste frappant avec nos barbes de 4 jours, nos barils et nos crânes rasés. En effet, avant le départ, Raymond et moi avons décidé de nous raser la chevelure à son plus simple appareil. On nous avait prévenus que le train serait plein et de nous pointer tôt pour avoir de bonnes places. On nous avise de nous asseoir à gauche si les paysages de la rivière Moisie nous intéressent. Et quels paysages !

Hier les gens du train ont été très chics avec nous. Parce qu’il y a 4 groupes de canot-campeurs à bord du train, les patrons ont décidé de placer un box-car spécial sur le train de passagers. Une expédition sur la « De Pas-George », une autre sur la Romaine, une troisième sur une série de lacs près du lac Menihek et nous sur la George à partir du lac Résolution. Une quantité impressionnante de canots sur ce train, tous de marque Esquif, le manufacturier numéro 1 de canots au Québec. Assis dans le train, avant le départ, nous téléphonons une dernière fois à l’être aimée pendant que nous avons encore un contact cellulaire. Nous nous sentons comme le plongeur au bout du tremplin qui dans quelques secondes n’aura plus le choix et devra couper le contact avec la terre ferme et faire ce que doit. Evelyn, notre hôtesse de fer innu, comme elle s’amuse à se définir, nous rappelle le slogan qu’elle a créé pour ce train : « Destination garantie ou argent remis ». Un sourire dans les yeux, elle vient nous indiquer les plus beaux points de vue le long de la voie. Un voyage inouï dans une contrée unique.

Raymond : À bord du train les paysages défilent sous nos yeux. Non, c’est plutôt nous qui défilons devant des paysages immobiles qui semblent indifférents à notre regard. Un long travelling de 570 km. La scène se joue en une seule prise de douze heures rythmée par le roulis du train. Le décor ponctué de lacs et de montagnes est magnifique. Le coucher du soleil se décline en rose et ocre tandis que la nuit s’installe dans le moyen nord. Alors que nos collègues de Montréal viennent nous rejoindre à Schefferville en avion, en à peine trois heures, Benoît et moi avons mis trois jours pour y arriver. Mais c’est encore rien si l’on pense à ceux qui ont exploré le territoire bien avant nous. Le personnel du train a été très avenant envers nous. Merci à Éric Thibault et son équipe. Demain le grand départ pour 23 jours de rivière pour compléter notre saut de l’ange…

Rivière George 2005

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Le septième ciel à Sept-Îles !

13 juillet 2005 – 22 h
Le septième ciel à Sept-Îles !

Benoit, Raymond et notre inspiration Gabrielle
Benoît, Raymond et notre inspiration Gabrielle

Benoît : Douze longues heures de route sous une température accablante nous ont fait désirer notre arrivée à Sept-Îles. Ville accueillante où les gens nous sourient pour tout et pour rien. Au poste d’essence, à l’épicerie, au restaurant, même les policiers nous ont souri. Est-ce l’air salin du golfe ou la joie de vivre de ces nords-côtiers qui les rendent si plaisant ? À leur rencontre on se sent déjà en vacances. Le père d’un ami originaire d’ici, Louis Pelletier, nous a prêté son humble chalet situé à 20 minutes au nord de Sept-Îles. Calme, propre et en pleine nature. Quoi demander de mieux… Raymond voulait absooooolument que nous allions casser la croûte CHEZ OMER, le restaurant prisé de fruits de mer de la place. Un horaire chargé d’emplettes de dernière minute et de transbordement de bagages au train de la Québec North Shore & Labrador Railway nous a éloignés de notre objectif. Ce ne sera que partie remise. Après tout, Sept-Îles c’est tout près… du paradis.

Le septième ciel à Sept-Îles !

Raymond : De son côté, Benoît tenait à faire un arrêt dans un grand magasin, celui où la madame est contente. Il a trouvé ce qu’il cherchait; lui aussi était content. Comme mentionné ci-dessus, notre première activité de la journée fut de nous rendre à la gare livrer les canots et le matériel pour le transport en train jusqu’à Schefferville, un trajet d’environ 570 kilomètres qui devrait nous prendre une douzaine d’heures. Benoît, qui est passionné par les trains, ne se contenait plus. Il tenait à photographier de vieux wagons de train qui se trouvaient en retrait sur une voie secondaire. J’ai dû lui rappeler que nous étions ici pour une expédition de canot. Le temps est venu de partir, car Benoît ne cesse de fouiller dans son baril, s’escrimant à replacer son matériel dans l’espoir de gagner quelques centimètres pour éviter de renoncer à une paire de bas supplémentaire ou un chandail qu’il chérit depuis ses premières expéditions. Demain le train et vendredi l’arrivée de nos autres comparses, en avion SVP, à Schefferville. Nous serons à ce moment en plein enregistrement de notre première entrevue radio au 103,5 FM de Lanaudière. Vous pouvez également nous écouter sur Internet. Nos reportages seront diffusés en direct de la rivière entre midi et 13 h le vendredi 15 juillet, mardi 19 juillet, mercredi 27 juillet, lundi 1er août et vendredi le 5 août. Si jamais vous les manquez, vous pourrez réécouter les capsules en différé sur notre site. Allez, nous allons nous coucher…

Rivière George 2005

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Ensacher des aliments déshydratés, vous dites ?

1er juillet 2005
Ensacher des aliments déshydratés, vous dites ?

Le 1er juillet dernier, nos aventuriers ont célébré la fête du Canada en ensachant 300 livres de nourriture déshydratée nécessaire à l’expédition. Notre commanditaire IGA de L’Assomption a payé en grande partie le coût de notre ration quotidienne de pâtes, de riz et sauces variés. Il n’y avait aucun poisson séché au menu…

Cliquez sur ces quelques photos…

Rivière George 2005

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Fin de semaine avec les mouches. Dur retour à la réalité.

30 mai 2005
Fin de semaine avec les mouches. Dur retour à la réalité.

Comme nous l’avions planifié, nous avons testé notre matériel d’expédition en fin de semaine sur les rapides de la rivière Rouge dans la  Rouge-Matawin (connus sous le nom « des 21 milles de la Rouge »). Beaucoup de mouches, beaucoup de pluie, beaucoup de rapides et trop d’équipement. Il faut réajuster notre équipement et se mettre au régime… Cliquez ici pour voir quelques photos de ce week-end laboratoire de « team building ».

Rivière George 2005

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Testé en laboratoire

14 avril 2005
Testé en laboratoire

Nous planifions faire une première « descente-laboratoire » au début juin afin de tester notre équipement. Et il faut se l’avouer, la descente permettra aussi de tester la cohésion du groupe. On s’entend bien quand vient le temps de discuter bouffe déshydratée dans un sous-sol de banlieue, mais qui sera volontaire pour sortir de la tente à la pluie battante et partir le déjeuner ? Pourquoi ce test au début juin alors que mai est si beau ? Pour les mouches ! Il nous faudra en effet vérifier si notre abri nucléaire nous gardera véritablement à l’écart des insectes piqueurs et mordeurs. Cet « abri nucléaire » est une tente moustiquaire qui nous offrira 12 x 14 pieds de quiétude, ce qui sera particulièrement apprécié lors des repas. Transporter 19 livres supplémentaires nous semble un prix raisonnable à payer.

  Descente laboratoire pour les pagayeurs

Rivière George 2005

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