Environnement

Réponse d’un biologiste concernant le “Ruisseau de feu”

Voici une réponse fort révélatrice d’un biologiste qui travaille depuis une douzaine d’années à la restauration du ruisseau de feu, situé à la limite des municipalités de Lachenaie, Charlemagne et Repentigny.  Suite à la parution du texte publié le 13 octobre 2009 Comment éteindre sournoisement le “ruisseau de feu”, M Réjean Dumas a remis les pendules à l’heure.  Je vous invite à lire sa réponse, qui montre l’autre côté de la médaille, le côté que l’humble citoyen ne voit pas toujours.  En plus, il a fourni 5 nouvelles photos.

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BonjourRuisseau de de Feu - 1998

J’ai bien lu l’article … publié sur votre site. On pourrait en dire beaucoup sur les pertes de cours d’eau dans la plaine du St-Laurent en milieu agricole et urbain. Cependant, le ruisseau de Feu est plutôt l’exemple du contraire.

Quand on a commencé en 1998 (voir photos), on est parti d’un véritable fossé en milieu agricole (champs de grandes cultures). L’attention que l’on a porté au ruisseau de Feu porte d’avantage sur son potentiel de restauration que sa valeur faunique. Il ne faut pas perdre de vue que le ruisseau de Feu, tout comme le lac des Sœurs, a été creusé par l’homme. À l’origine, ça devait être comme le ruisseau du Marais Noir: un immense marécage drainé pour l’agriculture. D’ailleurs, le vrai nom du ruisseau de Feu est le Fossé de Feu.

champs ruisseau de Feu - 1998

Depuis, les partenaires du projet ont:

En bas de l’autoroute 40:

- reçu 130 ha valant (9 millions de $) en dons de terrains pour la restauration;

- planté 25 000 des 40 000 arbres prévus pour rétablir une forêt de 30 hectares;
- créé un marais de 45 ha;
- construit une des 4 passes migratoires;
- pour un total de 1,5 M$ en restauration d’ici la fin des travaux en 2012.

En haut de l’autoroute 40:

le ruisseau de Feu a été détourné et reconstruit en beaucoup mieux: on est passé d’un fossé rectiligne aux pentes abruptes sans bandes riveraines  (je me souviens de nos pêches sur le bord de l’autoroute – photo ci-dessous) à un cours d’eau de 35 mètres et plus de largeur (donné par les promoteurs à la ville) sur presque 2 km avec une station de pompage pour ramener l’eau pluviale dans le cours d’eau.

Photo du ruisseau de Feu en amont de l’autoroute 40, avant le détournement (le centre d’achat est maintenant construit sur cette section)

r de Feu - amont ponceau aut 40

Photo du ruisseau de Feu en amont de l’autoroute 40, après le détournement, dans son nouveau tracé (prise du même endroit que la précédente)

ruisseau de feu - nouveau nord 40

Vue ‘Google Map’ d’une section ‘détournée’ du ruisseau de Feu en amont de l’autoroute 40: à cet endroit, le cours d’eau et ses bandes riveraines ont plus ou moins 100 mètres de largeur.

r de Feu - amont 40 - google map

Vue ‘au sol’ de la même section que la photo précédente : l’emprise riveraine du cours d’eau est de  100 mètres dans la partie la plus large

Google Map - section détourné autoroute 40

Certainement que si nous étions assez nombreux et en moyen pour faire partout, ce qu’on a fait au ruisseau de Feu, la faune se porterait mieux dans la plaine du St-Laurent. En tous cas, nous sommes tous très fiers de ce qu’on fait là. Bien sûr que si on avait eu 1 milliards de dollar pour acheter les terrains et trouver un autre endroit pour construire l’hôpital et tout le développement autour, on aurait pu tout restaurer le bassin versant mais avoir eu 1 milliard de dollars, on l’aurait sûrement plutôt investi pour acheter des milieux naturels intacts au lieu de restaurer des champs agricoles.

Aussi l’article parle d’un ami biologiste sur le Comité du ruisseau de Feu: or, il y a cinq organismes qui siègent sur le Comité dont trois sont représentés par des biologistes: je doute qu’il s’agisse d’un de nous 3.

Le plus gros de projet de restauration d’habitats aquatiques au Québec

Bref, le ruisseau de Feu est probablement le plus gros de projet de restauration d’habitats aquatiques au Québec.  Si on veut critiquer le développement, ce n’est pas vraiment un bon exemple. Regardons plutôt ce qui se passe avec le ruisseau Pinière et le développement résidentiel, la rivière aux Chiens ou les barrages dans la rivière St-Jean, les enrochements de rives qui continuent dans le Richelieu et le St-Laurent, la plupart des cours d’eau agricole qui sont des soupes de phosphores…

Bref, on a du pain sur la planche et très peu de moyens pour y arriver. Nous allons investir 30 milliards de dollars pour les infrastructures routières au Québec, pour les améliorer bien sûr mais aussi pour contribuer à l’économie. Si nous avions, ne serait-ce que 1% de ce montant réinvesti dans la restauration des milieux naturels, nous ferions travailler des gens, souvent les mêmes entrepreneurs que ceux sur les routes, pour la faune et pour que les citoyens profitent de ces milieux naturels.

À bientôt

Réjean Dumas

PS. Si ça vous intéresse de lire notre approche sur les écosystèmes, j’ai publié un article dans la revue Urbanité du mois septembre (voir pages 24-26) attention fichier assez lourd PDF – 56 pages – 13 Mb.  Vous pouvez lire l’extrait de 3 pages, plus bas, intitulé Le maintien des écosystèmes dans le Québec habité – Un héritage pour les générations futures de Réjean Dumas

Le maintien des écosystèmes - page1

Le maintien des écosystèmes - page2

Le maintien des écosystèmes - page3

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Comment éteindre sournoisement le “ruisseau de feu”

Il était une fois un petit cours d’eau, bien anodin, qui représentait le site de reproduction le plus important du fleuve St-Laurent pour deux espèces de poissons vulnérables du fleuve St-Laurent, la perchaude et le grand brochet.  Ce ruisseau zigzaguait nonchalamment à l’intérieur de grandes municipalités de plus de 100 000 habitants. Le bon gouvernement avait depuis longtemps identifié ce lieu comme fragile.  Jusqu’au jour où de grands développeurs américains ont mis la main sur les terrains environnants, les ont asséchés, dans le but d’y construire d’immenses stationnements, des grandes surfaces, des routes et des bungalows.  Une histoire triste, assurément d’autant plus que ça se passe chez nous, plus exactement à Lachenaie (maintenant Terrebonne), Charlemagne et Repentigny.

Vous ignoriez l’existence de ce cours d’eau ?  Pourtant il coule à vos pieds pendant votre épicerie chez Costco, en entrant au cinéma, en sortant de chez Wal-Mart ou en roulant sur les autoroutes 640 et 40 pour accéder à l’île de Montréal, en venant de Lanaudière.

Vous n’avez probablement jamais entendu parlé du “ruisseau de feu” (quel nom noble) qui coulait libre de toute contrainte, il y a deçà une dizaine années. Il ne fait que 3 km de long, à partir de la jonction de l’autoroute 640 et de la 40, et serpente entre les magasins et l’autoroute jusqu’à la pointe sud de Charlemagne.  Pourtant vers la fin des années 90 le ministère des ressources naturelles et Faune (MRNF) avait signalé dans une étude sa fragilité et son désir de protéger ses berges, ses affluents et sa source.  La pression des entrepreneurs et des développeurs ont tôt fait de le dénaturer et la population qui le longe chaque jour est persuadée qu’il s’agit d’un vulgaire fossé, héritage d’une mauvaise planification urbaine.

Les cartes

Pour mieux comprendre, voyons 4 cartes.  La première carte situe le ruisseau de feu sur son territoire environnant, soit entre le pont Charles-de-Gaule, le pont LeGardeur, la pointe sud de Lachenaie et de Repentigny, au confluent du fleuve St-Laurent, de la rivière des prairies et de la rivière L’assomption.  Sur cette carte, il s’agit du cercle irrégulier violet identifié comme milieu humide potentiel en 2005.

carte territoire - Ruisseau de feu

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Examinons maintenant la deuxième carte, qui est fait un zoom de la première carte.  On voit clairement le tracé du ruisseau de feu en bleu et ses nombreux petits affluents en pointillé. On peut aussi voir la branche principale qui longe la 640, traverse l’échangeur, pour se connecter à sa source, l’immense marécage de 217 hectares située au nord de la même 640 (187,7 ha au nord et 27,9 ha au sud).  On peut aussi apercevoir un petit lac à l’ouest du marécage. Ce petit lac longe les nombreux sites d’enfouissement du dépotoir de BFI, en vert hachuré.

carte zoom territoire Ruisseau de feu

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La troisième carte est en fait la carte de Google en photo aérienne photographiée quelque part en 2008.  On peut voir que de nombreux petits affluents ont simplement été remblayés sous le gravier du stationnement. Il ne reste que quelques arbres qui  ont disparu au moment ou j’écris ces lignes.  Les dommages sont encore plus impressionnants aujourd’hui.

carte google - ruisseau de fer

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La quatrième carte est un zoom de la 3e carte (en bas à droite), du terrain asséché et récemment acquis par le concept gargantuesque Wal-Mart SuperCenter.zoom in Carte Google

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L’envie des vautours

La source du ruisseau fait l’envie du dépotoir de BFI, situé tout juste à côté.  Cette multinationale du déchet aimerait bien mettre la patte sur ces marécages pour y enfouir encore plus de déchets.  “Il n’y pas de danger de polluer la nappe phréatique, c’est de la glaise en dessous”.  C’est la raison pourquoi le marécage, cœur de la frayère, existe toujours et qu’il alimente ce petit ruisseau essentiel pour la survie de ces espèces.

Pourtant tous les intervenants sont d’accord pour sa protection.  La ville de Terrebonne, de Charlemagne et la MRC émettent depuis plusieurs années des communiqués de presse pour rassurer la population. Pourtant Wal-mart vient d’y ériger un gigantesque centre commercial et a coupé les arbres sur ses rives.  La haute valeur des terrains le long de l’autoroute 40 prédomine sur la volonté de protéger ce joyaux. Le ruisseau qui coule au nord de l’autoroute sur une longueur d’environ 500 mètres est enfermé entre des clôtures de 6 pieds.  Les hautes herbes poussent librement le long du peu de berges protégés. D’ailleurs l’on peut voir avec Google Street View, à quoi ressemble ce ruisseau au printemps 2009, à partir du chemin St-Charles et de l’autoroute 40, vers le sud.

Agrandir le plan


Agrandir le plan

L’an dernier le ministère des transports a fait construire sur l’autoroute 640 un immense viaduc en plein milieu des terres protégées “pour faciliter l’accès aux ambulances vers le nouvel hôpital”.  Vous pouvez d’ailleurs constater l’ampleur de la structure sur la photo de Google plus haut.  Bien faible argument quand on pense que ce viaduc aurait très bien pu être construit ailleurs sur la 40, mais à un coût plus élevé du fait de la grande valeur des terrains commerciaux maintenant propriétés de Wal-Mart.

Le dernier clou de cercueil

La semaine dernière je roulais le long du fleuve, croyant que les terrains restants au sud du ruisseau seraient protégés. Que d’illusions.  Les arbres abattus, les rues déjà tracées et les lots en friche jouxtes les centaines de piquets.  Et le petit ruisseau qui coule entre les piquets, se demandant quand un contracteur, par inadvertance, remplira ce fossé pour y faire passer une rue.  Il écopera d’une amende de quelques milliers de dollars et s’en sera fait de ce ruisseau embêtant.

Dans un article de Louis-Gilles Francoeur, Guy Garant du CRE Laval disait en mai 2008:  “Terrebonne…rêve de remblayer au moins 17 ha de milieux humides dans le territoire fédéral de la Défense nationale, un ministère qui semble prêt à étudier la proposition même s’il lui est interdit d’aliéner ce type d’habitat à des fins de développement en vertu de la politique actuelle. Et c’est sans compter les empiétements au ruisseau de Feu, où les compensations n’enrayent pas les pertes nettes.”

J’ai un ami biologiste qui siège sur le comité de sauvegarde de ce ruisseau.  Il se bat corps et âme pour la préservation de ce cours d’eau mais son comité ne lutte pas à arme égale. Les pelles mécaniques contre une bande de “Tree Huggers“.  Devinez la suite ?

Photo ruisseau de feu Canard illimitéUne dernière photo ?

Voici une photo, gracieuseté de Canards Illimités Canada, montrant le territoire autrefois inondé du ruisseau de feu.  Ce territoire a été asséché grâce au contrôle des débordements directement dans le marécage.  Devinez où va la crue des eaux nécessaire à la fraye ?  Tout droit dans les égouts de la ville de Lachenaie -Terrebonne.

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Le nouveau remède pour soulager la gueule de bois de l’industrie forestière

On assiste depuis quelques années à l’effondrement de l’industrie de la coupe de bois, qui sert de matière première aux usines de pâtes et papier et de bois d’œuvre.  Principalement dû à la baisse de la demande pour les médias imprimés, vers l’internet, nous vivons la lente agonie des publicités imprimées, des journaux, des magazines, entraînant dans sa chute l’industrie du papier.  L’augmentation et souvent l’obligation d’utiliser de la pâte de papier recyclée a sonné le glas de cette industrie qui avait déjà un genou à terre.

coupe de boisLa crise des papiers commerciaux adossés à des actifs non-bancaires PCAA a fait chuter le marché de l’immobilier aux États-Unis et au Canada, stoppant les chantiers de construction domiciliaire et commercial partout à travers la planète. Suite à la longue crise du bois d’œuvre (lire bois de construction) avec les USA, la demande en bois d’œuvre  a continué à péricliter pour finalement entraîner la fermeture de la majorité des “moulins à scie” au Québec et au Canada.

Pour enfoncer le dernier clou dans le cercueil de bois de ce secteur moribond, l’interdiction dans plusieurs municipalités de l’utilisation du foyer a fait perdre des millions en revenus aux producteurs de bois de chauffage.

Adieu veau, vache, cochon, papier, construction et bois de chauffage

Pour survivre: ne construire qu’en bois

Les compagnies forestières avec l’aide de plusieurs étoiles du monde du spectacle et des affaires ont décidé de se prendre en main et de lancer une campagne publicitaire pour augmenter la demande pour le bois.  Sous le thème Toucher du bois, la coalition Bois Québec a comme mandat d’accroître l’utilisation du bois au Québec.

Vous avez sans doute vu les publicités pleine page dans les grands quotidiens. Pour ma part je n’avais pas trop porté attention ni essayé de comprendre l’essence du message.  Le soir du 22 septembre dernier, en rediffusion, j’ai écouté attentivement une entrevue à l’émission de Dominique Poirier avec François Tanguay, le porte parole de cette coalition où il tentait tant bien que mal d’expliquer les objectifs et les motivations derrière ce battage médiatique.

Je n’en croyais pas mes oreilles. Cet apôtre de la scie mécanique nous enjoint de continuer à raser nos forêts pour diminuer l’effet de serre.  Selon ce Spin Doctor, un arbre même mort continue d’emmagasiner du CO2,  argument justifiant la valse des Timberjack dans ce qui reste de forêt au Québec.  Son entrevue ne dit pas si des “2 x 4″ enfermés entre 2 panneaux de gypse (placo-plâtre) continuent longtemps à aspirer la méchante pollution.  Est-ce que des planchers en bois franc couvert de 3 couches de Varathane fait le même travail de nettoyage que des arbres qui poussent dans la forêt ? Le violon du chef d’orchestre, ou le bâton du joueur de baseball peuvent-il vraiment sauver la couche d’ozone ? Ne devrions nous pas plutôt reboiser et stopper la déforestation?  L’argument me semble bien mince pour justifier tout cette dépense d’énergie.  Selon le communiqué de presse il semblerait que le béton, la pierre, le ciment et la brique détruisent nos écosystèmes et que la survie de notre espèce repose sur encore plus de «pitounes», de brans de scie et le blanchiment de la pâte de papier.

Païens, rangez vos articles de jardinage en plastique, fibre de verre ou graphite et revenez aux bons vieux manches de pelles en bois.  Sportifs, ressortez vos bâtons de hockey en bois, vos vrais “bois” de golf ou la raquette de tennis de grand-papa.

D’abord une industrie mésadaptée

De toute façon l’industrie a depuis longtemps cessé de fabriquer des produits en bois.  Les tables sont en panneaux de particules, les portes sont moulées avec du bran de scie et les moulures sont faites en MDF.  L’industrie a « créé » ces produits pour récupérer leurs déchets, tout en diminuant le coût d’achat des matériaux et ultimement le coût de construction des maisons.

Quand avez-vous vu la dernière fois la construction d’un édifice commercial avec un plancher, des murs ou des plafonds en bois ?  Les églises, musées et restaurants haut de gamme sont les derniers dinosaures où l’ont peut encore toucher du vrai bois.  Même les résidences qui ont pendant longtemps utilisé de la “marqueterie” bas de gamme comme plancher, n’a plus le choix aujourd’hui que d’utiliser du “plancher flottant” fabriqué avec des résidus de sciage de  bois.  Si votre plancher a le malheur d’entrer en contact avec de l’eau, vous constaterez que l’expression “plancher flottant” est erroné et que l’on devrait plutôt parler de “plancher gonflant”.

La solution ?

J’ai rénové ma maison et j’ai remplacé mon linoléum par du plancher en érable, acheté chez un marchand local.  Le bois était originaire de Colombie-Britannique, scié et emballé en Chine et transporté de nouveau par bateau jusqu’au Québec! Quand j’ai voulu installer un recouvrement en cèdre sur ma maison, personne n’offrait ce produit. J’ai fait affaire avec un artisan qui m’a tout scié sur un banc de scie artisanal.  Je n’ai pu trouver de marchand ou scierie qui pouvait m’alimenter.  J’ai construit une immense galerie en cèdre, plutôt qu’en PVC ou fibre de verre.  J’ai attendu 2 mois pour la livraison de mon cèdre qui provenait du Nouveau-Brunswick et qui m’a coûté les 2 bras et les 2 jambes parce que j’aime le cèdre, son odeur, son touché, sa durabilité….

La solution: miser sur la qualité.  Du bois de qualité dans les meubles, les boiseries, les armoires, les planchers…  Il faut se remettre à fabriquer des meubles en frêne, en érable, en chêne.  Mais le problème c’est que depuis 25 ans l’industrie n’a replanté que de l’épinette, sciant à la racine tout ce qui ne ressemblait pas à un arbre de “2 x 4″.  Plus aucun feuillus, plus de bois franc.

Le bois bas de gamme

Il y a quelques années je me suis rendu dans une communauté autochtone du nord de la Mauricie où l’on enseignait à la polyvalente locale des métiers traditionnels amérindiens pour motiver les jeunes à demeurer en classe.  Raquettes, canots d’écorce, traîneaux à chien, toboggans… mais le problème majeur était l’approvisionnement en bois.  Toute la région n’était replantée qu’en épinette et il fallait importer le cèdre, le bouleau ou le merisier par train de Montréal !…

Le problème réside plus dans l’infrastructure industrielle de ce secteur que dans la demande.  Si une offre de qualité y est, le consommateur suivra.

Noble cause

Au premier abord, la cause est noble.  Permettre aux dizaines d’usines fermées depuis plusieurs mois de réouvrir pour redonner des emplois, et de la fierté, à tous ces petits villages sans autres ressources.  Mais l’argumentaire est erroné.  Hugo Joncas de Lesaffaires.com, réfute plusieurs des arguments de la coalition, experts à l’appui.  Je vous invite à lire l’article.

Une solution serait de convaincre Barack Obama de réinstaller les panneaux de bois sur les “pick-ups” ou les “Station-Wagon” des deux nouvelles compagnies automobiles qu’il vient d’acquérir…  Autrement je ne pense pas que cette industrie “ressorte du bois”, eux qui ont été les artisans de leur propre malheur.

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Les sacs de plastique et l’hypocrisie de l’industrie du commerce de détail

Récemment je me suis offert plusieurs produits spécialisés au magasin La Cordée, haut-lieu du plein-air autopropulsé, comme la randonnée, le canot, l’escalade, le vélo ou le ski de fond.  À l’heure du lunch, je me suis payé une longue virée afin de compléter mes emplettes, avant les vacances.  Je me suis procuré des articles assez imposant que j’ai dû transporter jusqu’au bureau.  Un investissement d’une centaine de beaux dollars.  Je dépense, bon an mal an, une petite fortune à ce magasin québécois qui, depuis le début des années 50, est propriété des scouts du Québec.  De plus, ce magasin privilégie plusieurs gammes de produits fabriqués au Québec.

Hors donc, je paye mes nombreux items que le caissier laisse en plan sur le comptoir.  Je lui demande si ma transaction est terminée.  Il acquiesce.  Pourrais-je avoir un sac?  Je n’en ai pas.  Pourquoi ? C’est pour l’environnement.  L’environnement ? Quel environnement ?  Celui de votre magasin ou celui de vos clients ?  Votre environnement financier ?  Ne croyez vous pas que vous devriez compléter ma transaction en m’offrant un contenant quelconque pour transporter tous mes achats ?  J’ai 3 kilomètres à marcher avec ce matériel!!!

Il me suggère d’acheter un sac “vert” (!) à quelques dollars.  Je lui rétorque que je ne vais pas en plus m’encombrer de 3 sacs supplémentaires prétendument “vert” pour vous encourager dans votre quête de profit…  Sacs que je vais laisser traîner dans un tiroir au bureau,  et finiront “à usage unique”.

Le pauvre caissier est malheureusement devenu le bouc émissaire de ma frustration. Je lui ai montré l’emballage de plastique autour de ma nouvelle boussole, plastique qui se retrouvera dans un site d’enfouissement.  Je lui pointai aussi l’immense sac de plastique (!) qui emballe le sac imperméable pour le canot, qui lui aussi ira au rebut ; aussi le contenant de carton autour de la petite valise Pélican, le “blister pack” autour de ma chandelle Hi-Tech etc.  Plus du 2/3 de ce que je viens d’acheter ira au dépotoir.  Vous me dites que la seule raison pour laquelle vous refusez de me donnez un sac (et rendre ma vie de consommateur impossible) est pour l’environnement ?  C’est un fieffé mensonge.

En anglais, il existe l’expression “Walk the Talk” ou “Mettez en pratique ce que vous prêchez”.  Si “La Cordée” veut vraiment aider l’environnement, pourquoi ne pas réduire au minimum l’emballage de leurs produits et d’imposer cette politique à tous leurs fournisseurs?

Les alternatives

Pourquoi ne pas offrir des sacs biodégradables, ou des sacs de papier, à leurs bienheureux clients qui ne peuvent traîner leur gigantesque sac “vert” dans leur poche de chemise.  Ou qui les ont simplement oubliés.  Un comportement ne se change pas en quelques mois.

La réutilisation

Pourquoi ne pas faire comme MEC qui offre à ses clients égarés des sacs réutilisés ou des sacs de retours.  À ce que je sache Costco n’offre aucun sac de plastique et réutilise ses boîtes d’emballage, en gardant ses clients heureux et dépensiers.  Et nos amis de chez MEC offriront prochainement des sacs biodégradables à tous ses clients. MEC a compris que ce n’est pas en frustrant leurs clients qu’ils aideront qui ou quoi que ce soit.

La filière bio-dégradable

Wikipédia nous explique en menus détails les 3 alternatives actuellement utilisées par l’industrie pour produire des sacs biodégradables:  Les polyéthylénes oxo-biodégradables, le Néosac et l’amidon de maïs.

Mais notre gourou de l’environnement du Devoir, Louis-Gilles Francoeur, dans son article  Et si les bons vieux sacs de plastique étaient les plus écologiques? nous avise que les sacs recyclables ne sont pas la solution ultime parce qu’ils polluent les sacs de plastiques recyclables et autres plastiques, en ajoutant des molécules instables qui pourraient dégrader les plastiques recyclés.

Le gros BS se questionne aussi

D’ailleurs un blogueur,  S. Martel, mieux connu sous le pseudonyme du “Gros Bon Sens”, se pose la question  pourquoi on distribue encore des tonnes de sacs de plastique pour acheter nos légumes mais pas pour rapporter nos achats à l’auto ?  Probablement parce que les épiceries savent très bien que s’ils n’offraient pas de sacs au comptoir des fruits et légumes, leur ventes baisseraient de façon importante et que l’impact de ne pas les offrir après que la transaction est complétée, est somme toute mineur sur les ventes.  En lisant les réponses sur son blogue, même les épiciers questionnés se perdent en conjecture…

Ce même blogueur avait “chroniqué” récemment aussi sur le cas des sacs de plastique :

Peut-être que si les commerces n’avaient pas opté, il y a plusieurs années, pour une seule taille de tout petits sacs en plastique d’une qualité douteuse, on en aurait consommé moins, n’ayant pas à répartir notre épicerie dans 15 sacs doublés. J’utilise mes sacs réutilisables le plus souvent possible, mais s.v.p. qu’on cesse de m’embêter avec une morale à deux sous en prétendant la bonne conscience environnementale alors que la réalité c’est qu’on a simplement décidé de surfer sur une vague permettant de faire un peu plus de profit en réduisant les coûts, prétextant ainsi s’attaquer à un problème qui est assurément inexistant en y opposant une solution futile et inefficace.

Sacs de poubelles

J’ai toujours recyclé mes sacs de plastique en les utilisant pour y mettre mes trop rares déchets domestiques.  Avec la disparition chronique des sacs de plastique, pour la première fois de ma vie, j’achète des sacs de plastique pour y mettre mes détritus.  À moins que bientôt on nous interdise aussi les sacs de plastique pour les vidanges, pour nous forcer à mettre nos déchets en tas, à la rue.

Les sacs de papier

Quand j’étais petit les sacs de plastique n’existaient pas.  Tous les achats étaient placés dans des sacs de papier brun recyclé, de la viande chez le boucher, aux clous à la ferronnerie ou la commande chez “Dominion”.  Même les grands magasins comme Eaton, Simpsons ou Morgan, offraient de grand sacs en papier, à poignées, qui pouvaient facilement transporter une charge d’une vingtaine de livres.  Les sacs de plastique sont apparus au milieu des années 60 et sont rapidement devenu une véritable plaie, à la grandeur de la planète.  Pas qu’ils étaient meilleurs que les sacs de papier mais beaucoup moins coûteux.

Lors d’un voyage au Maroc en 20007, sur la route du désert entre Casablanca et Marrakech, partout on apercevait des sacs de plastique accrochés aux frêles bosquets ou roulant dans le désert.  Partout.

Laver plus vert en baissant les coûts

Aujourd’hui nous sommes passés d’un extrême à un autre.  Les entreprises de ventes aux détails ont flairé le filon en retirant les sacs et en épargnant des millions chaque année. D’ailleurs la vague de retrait des sacs n’est étrangement pas venu des consommateurs ou du gouvernement, mais des marchands eux mêmes.  Et curieusement au même moment où le coût du plastique a explosé l’an dernier.  En plus ils nous vendent des sacs de plastiques plus épais, qui encombrent les coffres arrière des automobiles et sont devenus, en très peu de temps, une autre véritable nuisance… Ma tendre moitié en possède plusieurs douzaines qu’elle dissémine aux 4 vents, au fil des véhicules, du garage ou des garde-robes de notre nid d’amour.

Le respect de sa clientèle

Le magasin de plein-air “Sail-Le Baron“, qui a encore à cœur sa clientèle, offre toujours des sacs de qualité que la grande majorité des gens réutiliseront.  D’ailleurs vous vous souvenez des légendaires sacs indestructibles de la SAQ que tous réutilisaient pendant des années parce qu’ils étaient solides et de belle grandeur.

Tout dernièrement RONA a aussi retiré tous ses sacs.  Une quincaillerie sans sac!.  Essayé de transporter vos ampoules, clous, vis, outils ou pinceaux, si vous avez oublié vos sacs.  Une politique à bien courte vue, quand on sait qu’ils jettent au recyclage des centaines de boîtes de carton chaque jour.

Les entreprises prennent souvent des décisions en ne pensant qu’à leur portefeuille et en omettant l’impact sur leurs clients.  De grâce, revenez aux sacs réutilisés, recyclés ou biodégradables.  Notre industrie du papier recyclé pourrait en bénéficier, elle qui ne sait que faire des tonnes de papier recyclé qui s’empilent.  Et surtout pensez à vos clients…

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Les réserves fauniques du Québec, un modèle à repenser

En décembre dernier, mon ami Richard a décidé de participer au tirage au sort organisé par la SÉPAQ pour “gagner” l’accès à un lac très convoité, ouvert seulement une semaine par année, dans la réserve faunique Mastigouche.  La fin de semaine dernière, notre chanceux allait profiter de son prix, accompagné de François et de votre humble serviteur.  Et j’avais tout intérêt à y être.  Debout à 3h30 du matin, après quelques centaines de km de routes pavés, de terre, de route de bois et de sentier de VTT (Quad), nous étions sur “notre” lac à 8h00 pile.

Cet immense territoire de 300 lacs, serti entre St-Zénon, St-Michel-des-Saints, Mandeville et St-Alexis-des-Monts est un paradis sur terre pour qui aiment la pêche et la chasse.  Mais la route d’accès, entre autre celle du Lac Bouteille, est dans un état pitoyable.  Sur le site de la SEPAQ, on nous avise que cette route est déconseillée au commun des mortels, désirant conserver l’intégrité de leur véhicule automobile.

Détérioration inadmissible

Par le passé, j’avais déjà remarqué un laisser-allez notable dans le maintien de l’infrastructure routier et l’entretien du mobilier extérieur dans quelques autres réserves fauniques.  J’avais déjà écrit au directeur de la SEPAQ concernant la détérioration du site de la chute Chaudière de la réserve faunique Ashuapmushuan (toilettes sèches qui débordent, tables de pique nique pourries, poubelles pleines et éventrées par les animaux…) lors d’une descente en canot de la rivière du même nom. J’avais aussi fait ce triste constat dans la réserve faunique de Portneuf lors de la descente de la rivière Batiscan et de La Vérendrye, lors de la descente de la Rivière Capitachouane (pdf 1,4 ko).

Une réserve “sans réserve”

La mission des réserves fauniques est étrange.  Malgré son nom, il ne s’agit malheureusement pas de territoires protégés puisqu’on y permet l’exploitation de mines et les coupes forestières, dans un cadre présumément contrôlé.  Les 21 réserves fauniques du Québec couvrent 67 000 km2  vs  49 000 km2 pour les Zecs, 14,000 km2 pour les 23 parcs nationaux du Québec et 25,000 km2 pour les réserves de parcs nationaux (territoires protégés au Nunavik mais avec peu ou pas d’infrastructures)..

En fait une réserve faunique s’apparente à une ZEC (zone d’exploitation contrôlée), mais sans chalets privés. Au lieu d’être administré et autogéré (sans subvention) par les chasseurs et pêcheurs comme une Zec,  les réserves et parcs sont gérés grâce aux taxes des contribuables. Nous bénéficions de tarifs très abordables de location de chaloupes, de campings, d’accès et de chasse et pêche, très semblables aux tarifs offerts par les ZECs.  En fait beaucoup de ces réserves fauniques sont nées des premières vagues de “déclubage” dans les années 60 et 70, issues des clubs privés appartenant en grande majorité à des américains et grandes compagnies papetières. On y retrouve la réserve faunique Saint-Mauricie (1963), Portneuf (1968), Papineau-Labelle (1971), ou Mastigouche (1971).  Les autres plus importantes, existaient depuis plus d’un siècle comme la réserve faunique des Laurentides (1895), La Vérendrye (1935), Rouge-Mattawin (1935) ou Ashuapmuchuan (1946)…

Bas tarifs = Bas de gamme

En fait, la tarification dérisoire pratiquée par le gouvernement est-elle la bonne façon de gérer les parcs et réserves ? Par exemple : notre  journée de pêche, avec la location d’une grande embarcation, nous a coûté la somme extravagante de 31,50$ par personne (taxes incluses).  Est-ce normal ? Les routes défoncées ne sont praticables que par VUS ou pick-up.  Les sentiers donnant accès au lac sont tellement détériorés que l’accès n’est possible que par Quad (VTT).

sentier reserve faunique Mastigouche

sentier reserve faunique Mastigouche

sentier 2 reserve faunique Mastigouche

sentier 2 reserve faunique Mastigouche

Le pauvre pêcheur qui ne possède aucun de ces jouets ne peut pas penser accéder à ces joyaux.  En fait, techniquement, ce ne sont que les riches qui peuvent accéder à ces territoires. Ne vaudrait-il pas mieux  d’imposer des prix comparables à ceux que les pourvoiries imposent (entre 50$ et 65$ par jour), tout en améliorant l’accès à ce territoire, afin de permettre à toute la population d’en profiter ?

Un pêcheur effrayé

Pendant notre route difficile en moto quad vers notre lac, nous avons croisé au petit matin un pêcheur seul, en vélo de montagne, armé d’un fusil de chasse chargé, transportant lignes, puise et gréments (sans moteur).  Il était heureux de rencontrer ses semblables.  Ne possédant pas de moto et abandonné à la dernière minute par son compagnon de pêche, il avait pris la décision d’y aller seul.  Il avait perdu le sentier d’accès et cherchait son lac.  Il avait abandonné son vélo devant un gigantesque trou de boue. Son sentier était sans indication et les affiches des lacs en mauvais état.  Il était terrorisé d’être seul en forêt, égaré et sans ressources.  Son regard était rempli de frayeur.  Il a répété le mot “ours” à 6 ou 7 reprises, pendant notre courte conversation.  Nous lui avons indiqué la route.  Il deviendra surement notre nouvel ami sur facebook.

Au retour, nous avons aperçu en bordure du sentier de nombreux pots de plants de marijuana, montrant que ce territoire, comme partout au Québec, est utilisé par les cultivateurs de pot.  Il est symptomatique de constater qu’un territoire, prétendument contrôlé et patrouillé par les représentants de la SEPAQ, sert de terreau aux producteurs de dope.  Il est évident que ce n’est pas seulement l’infrastructure de ces réserves fauniques qui est sous-financé, mais aussi la surveillance de ces territoires par les patrouilleurs. .

Le pêcheur égaré devrait peut-être craindre plus des planteurs de cannabis que les ours…

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Être responsable de la disparition d’une espèce animale

On cite très souvent les prophètes de malheur qui nous annonce la disparition de l’homme à court terme.  De Nostradamus, en passant par Stephen Hawking jusqu’à Hubert Reeves,  on utilise comme épée de Damoclès annonciatrice, la disparition prévue de centaines d’espèces de mammifères, de reptiles, de plantes et de poissons.  Ma génération, mue par son désir “bulldozeresque” de développer à tout prix, à fait disparaître des milliers de km2 de forêt, de rives, de rivières, de tourbière et de marécages, en feignant ignorer les conséquences.  On peut citer l’épandage de DDT dans les années 50 et 60, qui a fait des dommages tels qu’aujourd’hui nous en retrouvons encore les traces dans le lait maternel des femmes Inuits, malgré son interdiction depuis près de 50 ans.  Ou encore le réchauffement climatique qui perturbe les écosystèmes en accélérant la fonte des glaciers et la multiplication des perturbations atmosphériques comme les ouragans et les typhons.

Les espèces menacées au Québec

Je ne vous dresserais pas la liste des espèces menacés ou vulnérables au Québec.  Vous en avez entendu parlé maintes fois dans les médias qui pleuraient devant la disparition imminente de l’ours blanc, du carcajou, du caribou des bois de la Gaspésie, du chevalier cuivré ou de la tortue des bois.  Plutôt que de s’apitoyer sur le triste sort de ces espèces, notre bon gouvernement devrait prendre ses responsabilités et sécuriser de plus grandes aires protégées, pour assurer la survie de ces derniers spécimens, dans une immense arche de Noé environnementale.  Mais le gouvernement Charest se traîne les pieds en valse hésitation, guidé par les pressions de ses sous-fifres d’Hydro-Québec, d’inonder encore plus de territoire, et de ses amis des papetières, de bûcher tout ce qui reste de la forêt boréale.

Les rongeurs de mangeoires

Maintenant que ma montée de lait est terminée, passons aux choses sérieuses.  Amateur d’ornithologie depuis plusieurs années, je tente d’éloigner avec peu de succès les rongeurs de mes mangeoires.  L’achat de coupoles de protection, de poteaux sophistiqués, de nichoirs de l’ère spatiale n’ont pu contrer ce fléau, cauchemar du contemplateur de la gente ailée.  J’ai aussi examiné la possibilité d’utiliser le canon à eau, la clôture électrique et la bombe à fragmentation, mais la convension de Genève me l’interdisait.

Généralement il est assez facile de faire fuir ces grignoteurs à poil, en cognant dans la fenêtre ou en les apostrophant de vive voix.  Si l’animal ignore mes avances ou semble agressif, je m’approche et tente de le faire fuir par la méthode forte.  Moi un disciple de la conservation, j’avoue avoir déjà précipité dans la mort ce sympathique (!) rongeur en l’expédiant avec force de mes mangeoires.  Mais que celui qui n’a jamais exterminé un rongeur me lance la première pierre…

Le bourreau de la solution finale

Une nuit l’an dernier, j’entends brasser à l’extérieur.  J’allume le lampadaire pour apercevoir un écureuil, tête en bas, qui bouffe à qui mieux mieux ma précieuse réserve de tournesol.  J’essaie de le dissuader mais il ignore mes récriminations.  Je décide donc de pratiquer ma technique éprouvé de la catapulte.  Le lendemain matin, en descendant l’escalier, j’aperçois ce bizarre spécimen d’écureuil gisant plusieurs dizaines de mètres plus bas.  Yeux protubérants, peau flasque, ventre blanc, oreilles pointues, griffes impressionnantes…  Après consultation auprès d’un ami biologiste, on me confirme que je viens d’assassiner une espèce rare et menacée, le polatouche, connu sous le nom familier d’écureuil volant ou par son nom scientifique “Glaucomys Volans”, les “grand yeux” qui volent…

Écureuil volant - Glaucomys Volans - Polatouche

Écureuil volant - Glaucomys Volans - Polatouche

Cette espèce est menacée par la déforestation puisqu’elle vit principalement dans les cavités des grands arbres.  Elle se déplace en planant d’arbre en arbre, et vit exclusivement la nuit, en se guidant en vol par écholocation (par ultrason, comme les chauve souris).

Mon ami Spip

Annonçant cette triste nouvelle à mes enfants, ils me confirment que cet animal est le meilleur compagnon de Spirou,  SPIP.  Les remords me rongent;  je me promets de ne plus jamais exterminer de rongeurs, souris, mulots ou rats de ce monde, pour éviter que je ne passe à l’histoire comme responsable de la disparition d’un spécimen rare de la surface du globe.

Le fantôme est de retour

Samedi soir vers 23 heures.  Je me détends sur mon PC quand j’aperçois une bête étrange “atterrir” en douceur sur la rampe, à proximité des mangeoires.  Je savais que c’était le retour de cet étrange animal qui revenait me hanter.  Après avoir beaucoup lu sur ce spécimen, je me déplace à l’extérieur pour prendre plusieurs photos dont une que je partage aujourd’hui avec vous (en haute résolution).

Polatouche

Le polatouche ou "écureuil volant"

Après m’être senti coupable de crime contre l’humanité, je rends maintenant service à la communauté scientifique en publiant une rare photo de cette étrange créature en péril. Finalement je n’avais pas exterminé le dernier polatouche de la planète…  Pour me déculpabiliser, ce sera dorénavant “bar ouvert” dans le tournesol, sur mon bras, à tous les polatouches des environs.

Environnement

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10 vidéos tirées des flots bleus agités de l’imprudence

Les membres des forums de discussions en environnement, conservation et plein-air, généralement très engagés dans la défense de leurs droits et privilèges, sont très enclins à dénoncer les comportements déviants.

Ma petite chronique d’aujourd’hui m’a été inspirée par plusieurs faits et vidéos que j’ai vu circuler, au cours des dernières années, sur la descentes en eaux vives. Du fait de la qualité et la prodigieuse durabilité des embarcations actuelles (canots et kayak en Royalex, PVC, Cross-Link…) par rapport à ce qui existait il y a 20 ans, les amateurs d’émotions fortes sur les rivières se surpassent d’habileté, et de débilité, pour tenter de faire mieux mais souvent pires que tous les autres.  Ces esclandres amènent son lot de “débordements”, d’accidents bêtes et trop souvent la mort…

Loin de moi l’idée de faire la promotion de tels comportements.  Nous devons les dénoncer pour que ce sport retrouve ses lettres de noblesses.  Voici ma liste de 10 meilleurs (pires?) vidéos de comportement en eaux vives à proscrire…

1. Ici on peut voir un kayakiste pris dans un rappel pendant de longue minutes. La grande peur de tous les amateurs d’eau vive.  Remarquez le 2e kayak qui lui tombe dessus, pendant qu’il essaie de s’en sortir…

2. En voici un qui s’est fait prendre dans un gigantesque rappel, et ne s’en est pas tiré. Une histoire et un vidéo à vous glacer le sang.

3. Deux amateurs qui désalent dans un rapide.  Un exemple de ce que vous ne devez pas faire:  éloignez vous de votre canot pour ne pas que celui-ci ne vous écrase…

4. Des descentes infernales de chutes et de canyons en kayak.  Il faut vraiment avoir l’esprit suicidaire.

5. Deux idiots qui sautent en kayak d’un pont.  La fois où ils ont eu l’air les plus fous…

6. La mort en direct de Tim Gross, après le saut d’une chute de 100 pieds, tête première. Triste spectacle. On peut voir un reportage et vidéos de celui qui a battu son record, Crazy Ed, avec un saut de 105 pieds, des chutes Alexandria, aux Territoires du Nord-Ouest..

7. Une descente gigantesque sur le “White Nile” en Ouganda.  Le vidéo et sa suite raconte qu’un des 2 pagayeurs n’en est pas sorti vivant.

8. Un montage intense de comportements intrépides en kayak.  La musique rap derrière est un peu envahissante. On peut y saisir la culture “trash” de quelques amateurs de kayak qui entachent la réputation de ce sport.

9.  Vous aimez les descentes en raft en groupe ? Après ce vidéo vous changerez d’idée… La scène des 2 rafts en sandwich, par dessus une douzaine de personnes, est intenable.

10. Le summum de la bêtise.  Vidéo inspiré des Jackass.  Comme de raison, ça va mal finir…

Pour finir, 2 très beaux montages, dont celui-ci de la descente d’une série de rivières en Gaspésie en 2006.

Et ce montage, de qualité, d’une série de descentes intermédiaires en canot-camping.  De quoi vous réconcilier avec ce noble sport. Fallait au moins terminer ça en beauté.

Environnement
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La lente privatisation d’un fleuron québécois de la conservation: les zones d’exploitation contrôlées (ZEC)

Je lisais un sondage de Léger et Léger (pdf – 10 mo – page 10) qui révélait qu’en 2007 plus de 58% des québécois ont pratiqué des activités en forêt (plein air, chasse ou pêche).  Impressionnant.  Presque 2 québécois sur 3.  On y découvre que 26% de ces amateurs de plein-air ont pratiqué leurs activités dans une zone d’exploitation contrôlée (ZEC),  i.e. 15% de la population (1 québécois sur 6), soit 1,2 millions d’adeptes.  On peut y lire que les réserves fauniques et parcs (Québec et Canada), fortement subventionnés par nos taxes,  attirent près de 45% de ces adeptes (25% de la population) et 10% pour les pourvoiries (les autres fréquentant les terres publiques ou privées).

Étonnamment, ce même sondage soulignait que 60% des québécois connaissait l’existence des Zecs. Pourtant ces Zecs ne font peu ou pas de publicités et sont rarement dans l’actualité, comparativement aux organismes fauniques gouvernementaux ou la centaine de pouvoiries, à but lucratif,  détenant un énorme pouvoir d’influence, grâce à leurs tarifs élevés.

Les zecs, créations québécoises, uniques au monde

Mais qu’est-ce qu’une Zec au juste ? Les Zecs sont nés du démantèlement des clubs privés de chasse et de pêche le 22 décembre 1977. Le “déclubage” des territoires avait débuté doucement sous le gouvernement de l’Union Nationale dans les années 60 et a discrètement continué sous le premier gouvernement de Robert Bourassa dans les années 70. Jusqu’à son apogée au milieu des années 60, on comptait au Québec environ 2 200 clubs privés, couvrant 78 000 km2, soit près de 5% du territoire du Québec.  On y comptait alors près de 33 000 membres, soit moins de 0,05% de la population.

Il faut comprendre que les Zecs ont été créées pour démocratiser l’accès au territoire jusque là accessible qu’à un petit groupe de membres privilégiés. À partir de 1885, le gouvernement québécois offrait en baux exclusif une partie du territoire à des groupes qui désiraient en gérer la faune.  Le gouvernement, en collaboration avec les compagnies forestières, omnipotentes sur ces grand territoires de coupe, ont voulu préservé ces territoires des braconniers, des squateurs et rodeurs qui pourraient y mettre le feu et endommager le potentiel de coupe.  Sans argent à y investir, ils ont alors donné en baux exclusifs ces immenses territoires à des groupes d’individus qui possédaient les ressources et l’intérêt de les gérer.  Généralement des amateurs de chasse et pêche relativement à l’aise qui, regroupés en organismes, établissaient une charte avec des règlements sévères pour préserver la ressource et empêcher les non-membres d’y entrer.  Ces clubs étaient souvent formés par des membres de syndicats, d’associations professionnels, de familles, clubs sociaux ou compagnies.  Ces baux étaient aussi offerts à des américains influents, souvent propriétaires de grandes entreprises installés au Québec. La plupart des rivières à saumon étaient la propriété de grandes familles et entreprises américaines. On percevait alors ces clubs privés d’anglophones comme une invasion clandestine du territoire québécois, déjà colonisé plusieurs siècles auparavant.

La raison du plus fort est toujours la meilleure

On recommandait généralement 1 membre par mille carré (1,6 km2) de territoire exclusif.  Si votre territoire était de 30 milles2, alors seulement 30 membres étaient autorisés à y pêcher ou chasser. Chaque club possédait son gardien, qui entretenait les infrastructures et faisait office de garde pêche et de chasse.  On pouvait y construire un chalet et y offrir des services autogérés (rebuts, eau, électricité, déneigement…).  Il était possible d’y amener des invités mais la réglementation était sévère.  Par exemple les épouses ne pouvaient s’y rendre seul, comportement qui pouvait inciter à l’adultère.  Il était aussi interdit aux enfants adultes du membre de s’y rendre, sans la présence du membre mâle. Pour calmer la grogne dans les années 70, les clubs privés ont commencé à autoriser aux habitants autour de ces territoires à pêcher et à chasser.

Des milliers de clubs privés alors présents au Québec, sont nés 85 Zecs au printemps 1978.  Ces Zecs couvrent un territoire de 48 356 km2 soit la grandeur des états du Vermont et du New-Hampshire réunis.  Les 21 rivières à saumon protégés dans des Zecs, représentent une longueur 1 678 km, situés aux Iles de la Madeleine, Gaspésie, Cote Nord, Saguenay et Bas St-Laurent).  On y compte aussi une Zec de sauvagine. Près de 9,000 baux de villégiatures (chalets) sont présentement autorisés sur ces territoires, 99% de ces chalets datant de l’époque des clubs privés. Des nouveaux terrains “à chalet” sont maintenant offerts par le gouvernement Charest, après 30 ans de moratoire.

Un “miracle permanent” géré par ses utilisateurs

Ces Zecs sont autogérés par les membres.  N’importe qui peut en devenir membre (pour environ 20$), s’y faire élire et devenir gestionnaire de ce territoire. On y compte 40 000 membres et un peu moins d’un million d’utilisateurs. Les Zecs génèrent 500 emplois directs, administrés par 600 membres bénévoles.

Le mandat des Zecs se limitait à l’origine à la gestion de la faune (chasse et pêche) mais s’est ajouté à leur mandat l’hébergement et l’offre d’activité de plein-air (randonnée pédestre, camping, canotage…).  Les Zecs ont récemment demandé au gouvernement d’élargir leur responsabilité en leur permettant de gérer leurs routes, d’appliquer la réglementation en matière de camping et de gérer les territoires de chasses à l’orignal.

Un cancer qui ronge ce paradis:  la “chaletisation”

Ces territoires vierges subissent une forte pression des municipalités et des MRCs qui désirent s’approprier des morceaux de ce gâteau des anges.  Tous et chacun veulent “déZECquer” ces forêts et lacs protégés pour y bâtir des condos, des “monster-house” et des chalets de boomers retraités.   On motive cette décision par le sempiternel “moteur de développement régional” et autres “retombées économiques”.  Dans l’optique de la crise économique qui frappe fort les régions ressources, les fermetures de scieries, la stagnation de la coupe de bois et la fermeture de la pêche commerciale, on voit les Zecs comme un trésor non réclamé à défricher…

L’héritage de nos enfants

Il faut protéger ces territoires à tout prix.  Il faut empêcher le gouvernement et ses organismes délégués de s’emparer de ce patrimoine unique au monde pour l’asphalter, le “motomariner” et d’en faire des banlieues de riches, en forêt.  C’est le seul territoire vierge qui demeure encore accessible, à un coût abordable au Québec. Il faut qu’il demeure intact pour nos enfants, et les enfants de nos enfants.

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Compléments médiatiques

Je vous propose 2 reportages radio, un reportage télé, de Radio-Canada, qui vous éclaireront sur la problématique des Zecs.  J’ai ajouté, en bonus, un article de Louis Gilles Francoeur, tiré du journal Le Devoir.

RADIO:  Louis-Gilles Francoeur et les Zecs – par Marie-France Bazo – Indicatif Présent, le 8 juin 2005 (16m40s)
Les enjeux environnementaux des ZECS

Les zones d’exploitation contrôlées sont un véritable miracle permanent. Elles ont remis sur pied tous les territoires exploités par le secteur privé jusqu’en 1975. Le mouvement de nationalisation s’est amorcé sous le règne de l’Union nationale, pour se terminer sous Robert Bourassa. Au plan social, la nationalisation a ouvert l’accès des forêts aux Québécois.

RADIO:  Entrevue avec le ministre des Ressource naturelles et Faune, Pierre Corbeil, par Pierre Maisonneuve, le 20 mars 2006 (19m52s)
L’avenir des ZECS

Les Zones d’exploitation contrôlée (ZECS) sont des territoires administrés par des organismes sans but lucratif sur lesquels sont pratiquées diverses activités de plein air.  En 1978, les Zones d’exploitation contrôlée (ZECS) ont été créées pour remplacer les clubs privés, afin de rendre ces territoires accessibles pour tous.  Les ZECS sont des organismes à but non lucratif, gérés par des administrateurs élus par ses membres. Ces organismes voient à la gestion et à la conservation de la faune sur les territoires. On y pratique principalement la chasse et la pêche, mais aussi des activités récréatives comme la randonnée pédestre, le canot, l’escalade et le camping.

Certains craignent que dans le cadre d’un nouveau plan d’affectation du territoire public, la vocation récréotouristique de ces territoires soit encouragée en confiant la gestion d’activités au secteur privé. Pierre Corbeil, ministre des Ressources naturelles et de la Faune, ne nie pas que cela pourrait se produire, mais que le tout serait fait en concertation avec le milieu, et non de façon anarchique. Pierre Maisonneuve en discute avec Pierre Corbeil, ministre des Ressources naturelles et de la Faune et député d’Abitibi-Est, Stéphane Bergeron, député péquiste de Verchères, porte-parole de l’opposition officielle en matière de faune et de parcs, et Jean-Claude D’Amours, directeur général de la Fédération québécoise des gestionnaires de ZECS (Zones d’exploitation contrôlée).

TÉLÉVISION:  Reportage de La semaine verte – 27 mai 2007 – 10m37s : Bilan des Zecs

Créées il y a 30 ans dans le but de démocratiser l’accès aux plus beaux sites de chasse et de pêche, les ZEC doivent aujourd’hui relever un défi de taille; celui de préserver le milieu naturel tout en restant ouvert au plus grand nombre.

Elles ne sont plus la chasse gardée des pêcheurs et des chasseurs. Tous ceux qui rêvent d’un coin de paradis pour se construire un chalet, faire de la motoneige ou du véhicule tout terrain sont également séduits.  Par ailleurs, les ZEC doivent composer avec les forestières, depuis longtemps activent sur leur territoire et les promoteurs de parcs éoliens qui lorgnent ces grands espaces. Leurs gestionnaires, des bénévoles, doivent désormais concilier ces multiples intérêts. Claude Fortin, Michel Poirier et Raynald Daoust dressent un bilan des ZECs après trois décennies d’existence.

JOURNAL: Un article percutant de Louis Gilles Francoeur, Le Devoir,  18 mars 2005 – La dépossession tranquille de l’héritage des Zecs

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Les aires protégées du Québec et la protection des rivières

Prologue:  mon affection pour les rivières

Au CEGEP, devant la grille des choix de cours, je cherchais un petit “45 heures” d’éducation physique pas trop pénible.  Je n’aimais pas beaucoup l’athlétisme (surtout la course en rond), ni les sports de piscine, encore moins les sports de balles et ballons.  Il me restait très peu d’alternatives.  J’avais déjà complété la plupart des sports “relax” dont le tir à l’arc, le badmington et le curling.  Pour boucler mon 4e choix, j’opte pour le canot-camping, en compagnie de mes copains d’infortune, François et Richard.  Assis dans un canot, nous allions nous la couler douce.  Plein de filles en bikini, du soleil, la plage, la baignade, la dolce vita sur les flots bleus de la fainéantise.

Comment organiser un voyage de misère

Erreur.  Le cours nous impose des pratiques en piscine pour effectuer des récupérations en “T”, du bouche à bouche avec un prof poilu, et d’interminables pratiques en rivière, devant le collège, où la couleur et l’odeur de l’eau s’apparentait plus à celui des égouts qu’à une plage de Tahiti.  En bonus:  moustiques, ampoules, bouffe brûlée, portages, vêtement mouillés à 5 degrés et sac à dos dans un sac à poubelle…Mais l’examen final allait être coooool.  Pas de livres ou d’étude.  Le test s’effectue en forêt, sur la rivière l’Assomption, section du Parc Mont-Tremblant (à l’époque “Parc Joliette”).

Malgré la pluie, l’équipement déficient, le froid et les canots chavirés, cette fin de semaine a été déterminante pour moi.  En ce printemps de 1975, du haut de mes 18 ans, le canot-camping fut une véritable révélation. J’étais quand même génétiquement prédisposé : mon père, mes oncles et mon grand-père étaient des fanatiques de pêche et de chasse. Au grand dam de ma mère, père, oncles et grand-père passaient plusieurs semaines par année dans les bois.  Ils étaient membres de plusieurs clubs de pêche (truite et saumon) et de chasse (outarde, oie blanche, chevreuil et orignal, à Godbout, entre autre).  Mes oncles possédaient un chalet isolé en Haute-Mauricie sur un gigantesque lac vierge, où nous nous rendions plusieurs fois par été.

Quatre années déterminantes

L’année suivante, en 1976, François et moi réussissons à convaincre 4 autres courageux poissons d’effectuer une autre descente. Sans connaître réellement le niveau de difficulté du cours d’eau, nous décidons de descendre la même rivière l’Assomption mais la section plus au sud de St-Côme, jusqu’au Domaine des Rentiers.  Sans encadrement et formation, notre expédition était fort risquée. En effet, elle se révéla être un fiasco de désallages et d’erreurs de débutants.   L’autre section plus au sud a aussi été tenté, l’année suivante en 1977, et le résultat fut tout aussi catastrophique dû à notre inexpérience. Canots défoncés, équipement noyés ou perdus, participants qui quittent en plein milieu de la rivière ou en pleine nuit…

La quatrième année, en 1978, nous décidons de donner le grand coup.  On s’attaque à la rivière Ouareau, au sud de Rawdon, sans vraiment consulter la carte puisque nous avions “marché” les rapides.  Une section gigantesque avec des rapides de niveau 3 (experts). Dans les 100 premiers mètres de la rivière, au pied des chutes Dorwin, les 3 canots loués se sont fracassés sur les rochers.  Nous avons perdu plusieurs bagages et quitté la rivière en milieu de journée, à la hauteur de  St-Liguori, n’ayant plus aucune nourriture et plusieurs éclopés….  L’entreprise de location nous a obligé à racheter de nouveaux canots.  Nous n’avions d’autres choix que de faire réparer les canots endommagés, et d’essayer de les revendre.  Une petite journée très dispendieuse….  Mais le mal était fait.  J’avais la piqure…

Le club “Les portageurs” et la découverte des grandes rivières

Déménagé pour mes études à Montréal, j’ai par la suite suivi des cours de perfectionnement avec le club de canots Les Portageurs.  Groupe social de haut-calibre, j’ai, avec eux, parcouru les plus belles rivières du Québec.  Plusieurs dizaines des plus beaux cours d’eau au Québec, autour du Lac St-Jean, en Mauricie, en Abitibi, en Gaspésie, en Outaouais et dans le Grand Nord du Québec.  Depuis 30 ans, à raison de 2-3 rivières par année, j’estime avoir parcouru plus d’une soixantaine de plus intéressantes rivières du Québec.   J’ai aussi tenté quelques infidelités en Ontario et au Nouveau-Brunswick, qui sont fort avancés en conservation de rivières.

Le pillage de nos rivières

Mais plusieurs de ces joyaux ont disparus ou sur le point de l’être. En se réfugiant derrière le faux discours de “l’Énergie Verte“, le gouvernement harnache à qui mieux mieux les dernières rivières vierges du Québec. Comme le disait Louis Gilles Francoeur dans son article du Devoir du  13 mars 2009 :  “Rivières vierges: une espèce menacée“.

Pour nos voisins du sud, c’est là que réside le problème que nous occultons au Québec: les rivières vierges sont de moins en moins nombreuses, au point de devenir assimilables à une espèce menacée. Voilà pourquoi plusieurs États entendent préserver au moins le tiers des cours d’eau, quitte à en restaurer.

La valeur que les États-Uniens attribuent à ce patrimoine témoigne d’une prise de conscience que notre indécrottable sentiment d’abondance mythique nous empêche de faire à notre tour. On en voit les résultats avec la morue, avec la forêt et bientôt avec nos dernières grandes rivières sauvages. C’est pourquoi le gouvernement fédéral des États-Unis et la plupart des États voient dans la construction des grands barrages et de leurs indispensables réservoirs un enjeu majeur de conservation.

Ils en tirent des conclusions concrètes. Ainsi, ils accordent aux barrages des autorisations limitées dans le temps — de 25 à 50 ans en général — afin de ne pas lier les mains aux générations futures. Ici, les permis sont éternels. À l’échéance des permis, nos voisins débattent de la pertinence de maintenir ces ouvrages, ce qui explique qu’ils vont en démolir 27 en 2009, dont plusieurs importants…. [...]

Il établit que le nombre de rivières bétonnées par des barrages et des centrales hydroélectriques est en croissance fulgurante. En 1996, il existait 106 centrales sur 30 rivières. Quatre ans plus tard, leur nombre était passé à 145, et le nombre de rivières touchées, de 30 à 50. L’an dernier, 162 centrales artificialisaient 115 rivières. Avec les projets en préparation, on aura bientôt 174 centrales installées sur 121 rivières! En clair, en 15 ans, le nombre de centrales aura augmenté de 64 % et celui des rivières harnachées, de 400 %.

Disparition des rivières et simulacre de protection

Le gouvernement Charest avait pourtant promis de protéger 12% du territoire en 2012.  Avec les dernières annonces de mars 2009, on atteint à peine 8%, objectif que nous devions atteindre en 2005.  Le gouvernement a surtout protégé des territoires non-menacés, principalement situés dans le Grand Nord. Quelques rivières seront protégées (comme le nord de la rivière Rouge en Outaouais) mais les efforts sont trop faibles, trop tard…  L’annonce du 29 mars dernier protège pour toujours des troncons de rivières de qualité, mais en territoire inoccupée comme la rivière Delay, la rivière George, la rivière Vachon…

Voyez la carte mise-à-jour des aires protégées et la politique des aires protégées du gouvernement du Québec

Scott MacKay, le député “vert” du Bloc Québécois de Repentigny, faisait remarquer dans un récent article intitulé “Aires protégées : pas de quoi pavoiser” dans l’Hebdo Rive-Nord

Quand on sait que la Californie protège 16 % de son territoire alors qu’elle dispose d’une superficie qui ne fait même pas 40 % de celle du Québec et que sa densité de population est d’environ 20 fois supérieure, j’ai envie de dire que  “quand on se regarde, on se console, mais quand on se compare, on se désole!”

Je vous invite aussi à lire l’article de Martin Croteau de La Presse : Québec met 8% du territoire à l’abri de l’exploitation

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Moi Me Je ?

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Rendez-vous d’eau vive 2009

Succès inespéré de la 5e classique de la descente de la rivière L’Assomption en crue, à la hauteur de la ZEC Lavigne (secteur Pourvoirie Lavigne jusqu’au village de St-Côme). Une descente effectuée dans un torrent de vagues et de rayons de soleil, le mercure oscillant à 30 degrés. Un débit idéal de 120 mètres/sec, une centaine de participants, plusieurs bénévoles et l’organisation professionnelle du Canot Volant ont comblé les participants.

Carte rivière L'Assomption Canot Volant

Carte rivière L'Assomption du Canot Volant

J’en ai profité pour filmer quelques descentes en canot et en kayak. Voici 7 courts vidéos.






J’ai aussi capté plusieurs photos de la journée.
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Sur les 16 km de descente, 11 km s’effectue en territoire protégé dans la ZEC Lavigne et les 5 derniers km, en territoire municipalisé de St-Côme. Je vous offre le meilleur et le pire de ce que nous pouvons y trouver.  Vous pourrez constater qu’en matière de protection des berges, nous avons beaucoup de travail à faire, avec des terrains privés complètement déboisés, qui empiètent dans la rivière, en enrochement ou en béton armé…

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Tuer le registre des armes à feu? Duel entre bureaucrates et cowboys de l’ouest

L’actualité nous annonce régulièrement la mort du registre des armes à feu, mis en place en 1995 par les libéraux. Hérésie pour quelques propriétaires d’armes à feu mais nécessité incontournable pour les policiers, cette loi n’a jamais fait l’affaire des conservateurs (“Reformiste” et “Allianciste“).  Le puissant lobby des armes à feu, surtout de l’ouest et des régions rurales du Dominion profond, s’est toujours opposé à l’enregistrement obligatoire des armes de chasse.  Mais pourquoi cette obsession de nos rouges gorges (Red Necks)?

Fusil, carabine, pistolet et autre pétoire 101

Il faut tout d’abord faire une distinction. Il y a les armes de poing (pistolet, révolver…), qui sont interdites depuis 1934 au Canada, sinon fortement contrôlées pour le tir sportif.  Il y a aussi les armes automatiques, avec chargeurs contenant plusieurs cartouches, utilisées lors de conflits armés, aussi interdites (ou sévèrement contrôlés pour les collectionneurs).  Mais ces 2 types d’armes ne sont pas le cœur du problème, puisqu’elles sont interdites, sinon déjà encadrées dans un registre obligatoire.

Le vieux 303 sur la cheminée

Le problème, ce sont les armes de chasse.  Les canadiens possèdent 8 millions d’armes de chasse (fusils et carabines) pour une population de 34 millions d’habitants, soit une arme de chasse pour 4 canadiens.  Présentement plus de 85% des armes de chasse sont enregistrés (7 millions d’armes). En 2006, les conservateurs ont décidé de ne plus rendre obligatoire l’enregistrement des armes de chasse, amnistiant par le fait même le million de propriétaires contrevenants à l’ancienne loi.

Je suis un chasseur sanguinaire

Je suis un chasseur depuis mon adolescence.  Je fais parti du 10% de la population québécoise qui sont des chasseurs actifs  (750 000 détenteurs de certificat du chasseur, pour une population de 7 774 000).  Mon grand-père, mon père et plusieurs de mes oncles, cousins, cousines et amis sont des chasseurs.  Je suis propriétaire de plusieurs armes de chasse, enregistrées en bonne et due forme.  Je possède encore ma première 22 que j’utilisais pour la chasse au petit gibier.  Et un vieux 410 italien de mon grand-père (arrière grand-père?), pour le lièvre et la perdrix.  Deux calibres 12, pour le canard et l’oie.  Un calibre 308 pour le gros gibier.

Je ne comprends pas pourquoi il y avait une telle levée de boucliers contre l’enregistrement des armes , de la part des disciples de Nimrod.  Le gouvernement ne conteste pas le droit de posséder une arme de chasse, il désire seulement s’assurer que ces armes soient entre les mains de personnes mentalement stables et qui sont toujours en utilisation.

Il est étonnant de constater que 80% des décès par arme à feu au Canada découlent d’un suicide, 15% d’un homicide et 4% sont classés comme accidents.  Les conservateurs essayent de discréditer le registre en publiant de la publicité négative sur le site officiel du gouvernement .  Un paragraphe a attiré mon attention:

Statistiques sur la criminalité : Il y a près de 7 millions d’armes d’épaule enregistrées au Canada. Néanmoins, des 549 meurtres commis au Canada en 2003, seulement deux de ceux-ci ont été commis avec des armes d’épaule enregistrées (Centre canadien de la statistique juridique).   De plus, à Vancouver, 97% des armes utilisées pour la commission d’un crime provenaient de la contrebande.

Est-ce dû au registre que si peu de meurtres sont commis avec des armes enregistrées?  L’obligation d’enregistrement a-t-il enlevé des armes à ceux qui ne devaient pas en posséder?  Le gouvernement veut plutôt nous faire croire le contraire i.e. l’enregistrement obligatoire est inutile, puisque tous les meurtres sont causés par des armes illégales.

La Loi sur les armes à feu de 1995

La Loi sur les armes à feu a six objectifs principaux, forts louables :

  1. décourager l’utilisation des armes à feu dans la commission des infractions criminelles
  2. s’assurer que des personnes non compétentes ou dangereuses ne puissent obtenir d’armes à feu
  3. permettre aux autorités de confisquer aux personnes dangereuses leurs armes à feu
  4. permettre aux autorités de retirer à leurs propriétaires leurs armes à feu dangereuses
  5. permettre la réglementation du commerce, de l’utilisation, de l’entreposage et du transport des armes à feu
  6. aider la police à enquêter sur les crimes comportant l’utilisation des armes à feu et à prévenir la commission de ces crimes.

Pourquoi refuser d’enregistrer son arme ?   Une seule raison:  la bureaucratie crasse

Afin de pouvoir me servir de mon arme à feu pour la chasse, je dois posséder au moins 5 permis et cartes de certifications fédérales et provinciales.  Je dois les porter sur moi, en tout temps, lorsque je transporte mon arme, ou pendant que je chasse.  Si une seule de ces attestations est manquante, je suis passible d’une accusation criminelle grave et on peut me confisquer mes armes sur le champ.

Louis-Gilles Francoeur du Devoir, dans son article “Touche pas à mon gun…enregistré” du 27 mars 2009, se demande:

Or, toute infraction à ces trois obligations de nature administrative peut déboucher sur des accusations au criminel, avec toutes les conséquences qu’on imagine pour obtenir un passeport ou même renouveler ses permis de chasse en attendant un procès, pour ses voyages aux États-Unis, etc. En comparaison, celui qui a omis d’enregistrer un projectile de trois tonnes, comme un gros VUS, paiera simplement une amende et c’est logique, tout comme celui qui a oublié d’emporter avec lui la preuve d’immatriculation d’un véhicule.

Par contre, si un parti politique, quel qu’il soit, voulait enlever de la loi actuelle certains irritants inacceptables sans nuire à la sécurité publique, il maintiendrait l’enregistrement des armes de chasse actuel, mais annulerait ces dispositions qui font de simples infractions administratives de véritables actes criminels, d’où l’opposition d’un grand nombre de chasseurs à l’enregistrement lui-même, qui entraîne tout le reste.

Imbroglio “rond-de-cuiresque”

Voyons un peu le dédale administratif dans lequel doivent naviguer les chasseurs.  Voici les 5 niveaux que doivent compléter ces tenaces sportifs:

  1. Obtention du permis de possession et d’acquisition d’un arme à feu (PPA) (fédéral).  Pour avoir le droit de détenir, acheter, vendre ou transporter une arme de chasse, tu dois remplir des conditions strictes.  Entre autre ne pas être sous le coup de condamnation criminelle ou souffrir de maladie mentale avec violence.  Tu dois aussi obtenir l’autorisation écrite de tous tes conjoints-es depuis les 5 dernières années.  Ton permis est temporaire, valable pour 5 ans seulement. Tu dois le redemander, il ne t’es pas renvoyé automatiquement.
  2. Obtention d’un certificat du cours canadien de sécurité dans le maniement des armes à feu (fédéral):  tu dois suivre un cours sur le maniement des armes à feu, qui dure approximativement une vingtaine d’heure, offert le soir et la fin de semaine. Ta certification est permanente.
  3. Obtention du certificat d’enregistrement d’arme à feu (fédéral – GRC ou SQ):  toutes les armes (armes à autorisation restreinte et armes de chasse) doivent être enregistrées et le sont de façon permanente. La réglementation est sévère pour l’entreposage de ton arme dans un cabinet verrouillé, loin des cartouches. La gâchette de ton arme doit de plus être verrouillée avec un loquet spéciale.
  4. Certificat du chasseur (provincial):  pour obtenir ton permis de chasse ou avoir le droit d’acheter des munitions, tu dois obligatoirement posséder les 3 permis précédents, et en plus, ce certificat du chasseur délivré par le gouvernement du Québec.  Ce certificat est permanent.
  5. Permis de chasse (provincial):  une taxe indirecte pour chasser le petit ou le gros gibier.  Ce permis est renouvelable chaque année.

Pas facile de s’y retrouver.  Il est maintenant plus difficile de se qualifier pour la chasse, que de trouver du gibier.  On se demande pourquoi depuis quelques années, les chevreuils se promènent allègrement sur nos autoroutes, et qu’il se produit, chaque année au Québec, plus de 6 000 collisions impliquant un chevreuil ou un orignal (plus de 16 accidents par jour).  La récolte totale de gibiers, en 2008, était de 19 000 orignaux et 58 000 chevreuils.  Ce qui veut dire que 8% de ces animaux sont tués par des véhicules routiers.

Les policiers et le registre

Les policiers sont de grands promoteurs de ce registre.  Ils le consultent avant d’effectuer une arrestation ou une perquisition, pour savoir si l’intimé possède une arme à feu enregistrée.  Ce registre permet aussi de contrôler la revente légale ou non des armes de chasse.

Anecdote pour une histoire qui fini bien

Il y a quelques temps, dans mes montagnes du nord de Lanaudière, le chalet voisin a eu la visite de vilains cambrioleurs.  Ils se sont en”volés” avec des appareils électroniques, quelques bouteilles d’alcool et un vieux fusil de chasse, qui n’avait malheureusement pas été entreposé sous clef.  Quelques jours plus tard, les policiers ont mis le grappin sur les cambrioleurs qui tentaient de receler le fusil en question, à un brocanteur de la rive-sud de Montréal.  L’arme à feu avait heureusement été enregistrée par son propriétaire.

LG Francoeur conclut dans son article du Devoir du 27 mars dernier:

Mais cela étant dit, maintenant qu’on y a investi une fortune indécente de plus de deux milliards, la question n’est plus aujourd’hui «Faut-il enregistrer?» mais bien «Faut-il continuer d’enregistrer les armes de chasse?».  À mon avis, il faut maintenir l’enregistrement des armes de chasse, mais en limiter les effets pervers et inutiles dans l’intérêt même des chasseurs. Les tenants du «Touche pas à mon gun!» doivent accepter l’idée qu’il doit exister un équilibre entre le privilège d’utiliser une arme et les impératifs de la sécurité publique. Mais, à l’opposé, le discours des «anti-chasse» qui voudraient interdire toute utilisation d’armes, y compris les armes de chasse, constitue un intégrisme tout aussi inacceptable. Mais pas facile d’y voir clair, je l’admets.

Pour plus d’information, aller lire l’éditorial (en pdf) de L’association médicale canadienne : “Un contrôle raisonnable : l’enregistrement des armes à feu au Canada” et le document de la GRC concernant les mythes au sujet du contrôle des armes à feu

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De la coupe à blanc à la certification environnementale

À quelques reprises, j’ai traité des nouvelles coupes forestières qui sont maintenant sérieusement encadrées.  Après des décennies d’abus, de coupes à blanc et de destruction de nos forêts, les compagnies forestières ont pris leurs responsabilités et ont décidé de s’auto-réglementer.

Petite histoire du saccage de la forêt boréale

Jusqu’aux années 70, les concessions forestières étaient attribuées aux compagnies qui possédaient tout le territoire, toutes les terres publiques.  Leurs contrats s’étendaient jusqu’à 100 ans.

Dès le début du 20e siècle, ces compagnies ont fait des affaires d’or, sans rendre de compte à personne.  Pendant les décennies qui suivent, un grand nombre de travailleurs bûchent dans les chantiers d’hiver pour couper les arbres de façon traditionnelle.

Arrivent les années 70, et la grosse machinerie qui modifie en profondeur la coupe forestière.  Tous les arbres y passent, même les minuscules repousses. L’époque de la coupe à blanc est née.  Les coupes forestières se font alors à un rythme effréné.  Le Québec doit se réveiller : la forêt disparaît à un rythme alarmant.

Au milieu des années 80, les règles de gestion de la forêt sont modifiées.  Les compagnies forestières en plus de couper, doivent reboiser.  La forêt est redistribuée par CAAF, les Contrats d’Approvisionnement et d’Aménagement Forestiers qui leurs donnent le droit de couper une essence spécifique et une quantité précise, sur un territoire donné. Ces contrats sont renouvelables aux cinq ans et les compagnies doivent maintenant se partager les terres publiques.

La CPRS:  solution à tous les maux ?

Suive l’imposition par Québec des nouvelles méthodes de coupes, la CPRS,  “la Coupe avec Protection de la Régénération et des Sols”, destinées à protéger les repousses d’arbres et empêcher la compactage du sol.  Mais le bon peuple doute beaucoup de l’efficacité de ces coupes puisque les rasages à blanc continuent.  En 2002, la vérificatrice générale du Québec dénonce “la mauvaise gestion de nos forêts publiques et de la surévaluation de la possibilité forestière de la forêt publique”.

On s’imagine alors qu’en faisant attention lors des coupes, aucun reboisement ne sera nécessaire. Mais les résultats sont tout autres;  les impacts sur les sols sont important, on observe une augmentation du niveau d’érosion et de la température ainsi qu’une accélération dans la perte de matières organiques.  On tente de minimiser les dommages de la machinerie en empruntant toujours les mêmes sentiers.  On utilise des machines à longs bras, qui récoltent tous les arbres à valeur commerciale, mais sans toucher le sol où ils se trouvent, pour en limiter l’impact écologique.

Les certifications environnementales

Depuis quelques années les entreprises adoptent les certifications  de bonne gestion forestière de type CSA, moins crédibles, puisque que ce sont les compagnies qui fixent les règles, ou FSC (Forest Steward Council), certification dictée par les mouvements environnementalistes. Puisque la grande majorité de ces récoltes de bois finiront chez les américains, les exploitants doivent dorénavant respecter un code de conduite sévère pour que leur bois soit exporté.

Mon constat

Depuis quelques semaines, je me ballade sur un autre chantier de coupe, à proximité de mon havre forestier.  J’inspecte avec soin l’évolution des travaux avec un œil critique, puisque ce chantier est accrédité FSC.

Je note l’installation de ponceau d’acier de 5 pieds, de la coupe sélective avec un impact modéré sur le sol, résidu limité au sol, respect des essences non-coupées…  Je vous laisse juger par les photos.  Il semble, à première vue, que l’impact soit majeur mais c’est une grande évolution par rapport aux coupes passées.

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J’ai aussi inclus une vidéo de 79 sec. pour que vous constatiez la récolte de qualité de nos amis forestiers.

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40 ans à attendre le train

Depuis 23 ans, j’habite Repentigny, joyau de la couronne nord de Montréal.  Avant d’y élire domicile, j’ai grandi plus au nord, à Joliette, coquet hameau tressé dans les méandres de la rivière L’Assomption.  J’ai complété mon cours universitaire sur le Mont-Royal et occupé plusieurs postes l’été, au centre-ville de Montréal, tout en habitant chez mes parents à Joliette.  Je connais bien le défi des banlieusards et surtout le stress de “navetter” matin et soir vers la grande ville.

Chaque année, pour me rendre au travail, je parcoure une distance de 17,000 km (46 semaines x 5 jours x 74 km). J’égrène en moyenne plus de 2h30 quotidiennement en transport, soit l’équivalent de 575 heures, représentant 14 semaines de 40 heures de travail non rémunérés. Si je recevais un maigre 10$ pour chacune de ces heures perdues, je serais plus riche de 5 750$ par année. Un coût énorme pour moi et pour toute la société.

Depuis quelques années, j’ai découvert le transport en commun à partir du stationnement incitatif de Pointe-aux-Trembles, une véritable bénédiction des Saintes-Évangiles.  Ce mode de transport me permets de ménager ma monture et mes nerfs.  Cette autobus express transporte les pâles cols blancs de leurs banlieues dorées vers le centre-ville.  Malgré le goulot d’étranglement de la “cahotique” rue Notre-Dame, c’est le meilleur moyen de préserver ma santé mentale et mon système nerveux, rudement éprouvé pendant toutes ces années.

Ce demi-cauchemar se terminera dans moins de 18 mois. Tous en voiture, le train arrive ! Le “train de l’Est” que l’on nous promet depuis que j’habite dans Lanaudière (i.e. depuis toujours) arrive en gare.  On planifie 5 départs le matin, un le midi, 5 le soir avec un autre en fin de soirée.  Je me pince sans encore sentir une sensation. Mon esprit suspicieux n’arrive pas à y croire.

La conspiration

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le train de banlieue dans Lanaudière existait jusqu’au début des années 70.  Il a été démantelé dans la foulée du scandale du démembrement des réseaux de trains, orchestrée par l’industrie des fabricants d’autobus, d’essence et de pneus, vers la fin des années 50.  Suite à ce complot, connu sous le nom de “Great American Streetcar Scandal“, Montréal a détruit tout son infrastructure de tramways et une partie de des trains de banlieue.  Comme récompense GM offrait en échange de beaux autobus flambants neufs et gratuits et par le fait même encourageait la consommation d’essence et de pneus.  Par contre les villes devaient se débarrasser des voies ferrées, tramways et trains en les empilant avant de les brûler.  C’est payant pour l’industrie: un train dure 50 ans mais un autobus, la moitié moins.  Un scandale qui a été révélé dans plusieurs reportages et livres.

•    “The Great GM Conspiracy Legend: GM and the Red Cars”, Stan Schwarz
•    “Conflict of Transportation Competitors”, Akos Szoboszlay
•    “The StreetCar Conspiracy: How General Motors Deliberately Destroyed Public Transit”, Bradford Snell
•   ” Paving the Way for Buses – The Great GM Streetcar Conspiracy, Part I – The Villains”, Guy Span, baycrossings.com

Impact social

L’arrivée du train aura un impact majeur sur cette banlieue homogène, à peu près sans quartier défavorisé et industrie lourde.  Le prix des maisons grimpera rapidement, au même rythme que leurs taxes.  Sa trame sociale changera et perturbera la quiétude des “Bungalow Bill”.  Mais en revanche ils subiront moins de bouchon, de pollution et de retard. Des familles abandonneront leur 3e ou 2e bagnoles. Des jeunes qui auraient déménagés en ville pour étudier, demeureront dans leur douillet faubourg.

Chicane dans la cabane

Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines.  Les villes au nord de Repentigny sont insatisfaites du fait que le train ne s’arrêtera pas chez eux, bien que la voie ferrée y soit disponible et en bon état. Le gouvernement a opté pour la construction d’une voie ferrée entre les 2 voies de la 640 pour rejoindre Mascouche. Un projet selon moi complètement inutile, puisqu’une voie ferrée existe déjà à Mascouche (appartenant au CP) et qui serait disponible aux trains de banlieue.

Espérons que ces tractations intestines ne retardent pas le lancement de ce train.  Un train qui desservira chaque jour plus de 5 500 voyageurs, présentement prisonniers de la circulation pendant 14 semaines de 40 heures chaque année.

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Le commerce équitable: quand le sud convoite le nord

J’ai croisé l’autre soir une horde de très jeunes gens, disséminés sur plusieurs coins de rue à Toronto.  Habillés de “jumpsuit” orange fluorescent, ils avaient l’air de beaucoup s’amuser.  Ils distribuaient des tracts en interpelant amicalement les badauds.  Il y en avait partout et n’avaient pas l’air de nos habituels quêteux et illuminés de coin de rue.

Après plusieurs pâtés de maison, j’ai finalement succombé et ramassé ce dépliant.  Pas de bande de Gaza, de couche d’ozone, de baleines, de fonte d’iceberg ou de sida.  On y traitait seulement d’un sujet « Le Fair Trade », de commerce équitable.

J’ai eu de nombreuses discussions avec mes grands enfants sur ce sujet.  Papa tu ne devrais pas acheter chez WalMart, tu ne devrais rien acheter chez Costco, encore moins dans les magasins à rabais;   ils ne pratiquent pas le commerce équitable et exploitent leurs employés.  Au début je riais de leur lubie, que je comparais à nos campagnes pour la paix de la fin des années 60 ou encore du « No Nukes » de la fin des années 70.

Économiste de formation, je comprends pourquoi les pays émergents et pays en développement (autrefois appelés “sous développés” et y a pas si longtemps “Tiers Monde”) n’obtiennent pas leur part de la tarte du commerce international.  Ce sont généralement de petits producteurs isolés de biens de consommation peu transformés,  cultivés ou produits à grande échelle dans plusieurs autres pays émergeants, que l’on destinent aux pays riches.  Ces petits pays se heurtent à de déraisonnables quotas ou des tarifs douaniers exorbitants pour les empêcher d’accéder à ces grands marchés.  Quand il y a peu ou pas de barrières tarifaires ou de quotas, ces petits pays se battent alors contre des systèmes organisés de subventions offerts aux agriculteurs du nord et aux producteurs de matières premières ou manufacturées.

Peut-on vraiment espérer fissurer cette forteresse immuable en achetant du chocolat, du café ou des vêtements à des prix plus élevés que le prix du marché? J’en doute. Mais je me permets de rêver.

J’achète très peu de biens de consommation importés de ces pays en développement.  Ma consommation de tam-tams, burnous, masques vaudous, burka et jalaba ont beaucoup diminué ces dernières années ;-) .  Ma courbe de demande ne croise pas souvent  la courbe de leur offre. C’est ce que je croyais.  Mais en examinant attentivement ma consommation de tous les jours, il y a beaucoup de produits de ces régions sur le tapis roulant de ma “grocerie” préférée.  Bananes, café (beaucoup), riz, mangue, cacao, coton, sucre, noix, quinoa, épices, farine, miel, vin (Chili), poisson, tapis, meubles…

Mais peut-on vraiment influencer le développement de ces pays et diminuer la pauvreté en achetant ces produits supposément équitables ?   D’abord le sont-ils vraiment équitables?  Y’a-t-il vraiment un label fiable?

Il existe plusieurs standards mais ce label n’est pas unique. Il n’existe pas d’organisme indépendant qui certifie ces produits.  Ce sont ceux la même qui dresse les standards qui certifient ces mêmes produits. Il existe même des labels “équitable et biologique”.  Grosse commande.  Beaucoup doutent que ce soit vraiment surveillé et contrôlé.

Il y a aussi les prix artificiellement élevés de ces produits.  Ces prix dopés font entrer plusieurs producteurs sur le marché et font baisser les prix des producteurs non-équitables en les appauvrissant encore plus. Ces prix plus élevés ont le même effet qu’une subvention et créés encore plus d’insatisfaction entre les producteurs d’un même pays.

Il y a aussi la qualité douteuse de beaucoup de ces produits.  Il vous suffit de visiter une boutique de produits dits équitables comme il en existe sur le Plateau Mont-Royal.  Café qui goute la cendre, chandail en coton qui se déforme au premier lavage, chemise qui ressemble à un torchon aussitôt portée, meubles chambranlants… Ce n’est pas toujours vrai mais c’est la perception.

Si demain matin nous faisions disparaitre tous nos quotas agricoles ou nos barrières tarifaires,  de grand pans de mur de l’économie du nord s’écrouleraient.  Au Québec, par exemple, les industries laitière et aviaire disparaitraient probablement pour laisser entrer les producteurs des pays pauvres, avec des prix plus bas. Rappelez-vous quand les barrières ont été levées sur les vêtements, les souliers ou le textile dans les années 70.  L’Inde, la Chine, le Vietnam et beaucoup de pays orientaux ont aussitôt fait perdre des milliers d’emplois à ce secteur traditionnel de notre économie, maintenant moribond.

Finalement tout le débat sur l’achat local et l’impact du transport de ces biens sur les gaz à l’effet de serre doit aussi être considéré lorsque l’on achète un produit du sud versus un produit local.

En règle générale, j’achète des produits de qualité, en payant le meilleur prix possible.  À prix égal, je privilégierai un produit québécois ou fabriqué près du Québec.  Si aucun produit local n’est offert, à qualité égale, j’achèterai un produit qui porte un label “d’équitabilité”, même si je dois payer une petite surprime.  Malgré que je n’ai aucune garanti que ce label soit valable.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, lisez cet excellent texte tiré de “Ecolo Asso”, un site français, s’intitulant “10 objections majeures au commerce équitable”

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C’est assez, je te quitte !

Après 30 ans d’irréprochable fidélité, la décision a été difficile à prendre, mais j’ai décidé de te laisser.  Tu étais pourtant toujours disponible pour moi très tôt le matin.  Je prenais toujours mon café en ta compagnie. Nous passions des heures ensembles au retour du bureau et de longs dimanches matins au lit.  Mais tout ça c’est bien fini.  Plus jamais je ne te prendrai avec moi, plus jamais tu ne laisseras ta marque sur mes mains, plus jamais tu ne me feras réfléchir ou sourire.   Ma décision est irréversible.  Je résilie mon abonnement à mon quotidien préféré.

Cette décision me trottait dans la tête depuis quelques temps.  Depuis que ma compagne de vie et moi, le matin, sautions la clôture avec nos laptops, pour lire nos nouvelles dans nos agrégateurs RSS ou encore sur nos sites de nouvelles préférés.  Je t’ai même trompé, chez ma dentiste, en lisant des articles sur mon “Ipod Touch”.  Je peux maintenant lire les grands journaux américains, des webzines spécialisés, feuilleter les quotidiens “canadians”, les grandes publications européennes, Libération, Le Monde et même le blog de Barrack ou celui de Seth Godin.  Je n’ai plus besoin de toi, media maintenant obsolète.

Chaque fois que je te jetais dans le grand bac bleu, j’avais un pincement au cœur. Tu restais souvent intacte, avec tes couteuses pubs glacées au centre.  Le samedi, un kilogramme de papier, à peine feuilleté, se retrouvait dans le grand glouton à roulette. En pure perte.

La lente disparition des imprimés

Cette fin de semaine, j’ai vu les usines de récupération encombrées de centaines de tonnes de papier dont personne ne veux.  J’ai vu dans un coin le ballot de papier que j’ai généré cette année.

J’ai vu des journaux britanniques, vieux de 200 ans, fermés leurs portes ou migrés vers le web.  J’ai vu la fermeture du San Franscisco Chronicle, du LA Times et la banqueroute des 2 grands quotidiens de Détroit (Detroit Free Press et Detroit News).  J’ai vu les votes de grève au Journal de Montréal (et de Québec) et à La Gazette.  J’ai vu la déchéance des « moulins à papier » au Québec et partout dans le monde.  J’ai vu les imprimeries du géant Quebecor World fermées une à une, pour finalement se refugier sous la loi de la faillite.

J’ai honte mais je n’ai pas le choix,  Je ne peux plus payer 500$ par année pour soutenir une industrie moribonde.  Je sais que le papier que je n’achèterai plus empêchera de couper plusieurs arbres. Mais coupera plusieurs emplois. Mais je dois m’adapter et l’industrie, de même.

L’apparition des quotidiens gratuits ont planté le dernier clou de ce divorce de société.  En nivelant par le bas, ces nouvelles feuilles de choux ont jeté le discrédit sur ces jadis nobles journaux, en traitant l’information comme du “fast food publicitaire”.  L’absence de dossier de fond, d’éditorialiste et de réflexion,  nous a mené tout droit au site d’enfouissement.  Celui là même où nous enterrerons cette vénérable institution, née du rêve de Gutenberg.

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Internet et Web

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