Mon inoubliable soirée avec Jean Béliveau

3 décembre 2014

J’ai toujours admiré ce grand sportif. Il patinait lentement, et ses grandes enjambées étourdissaient ses adversaires. Je me rappelle de son 500e but, deux jours après mon 14e anniversaire de naissance. Il avait compté 3 buts. J’ai même photographié la reprise de ce but à la télé avec ma petite caméra. J’ai encore la photo dans mon album. Un vrai fanatique.

Lorsqu’il était interviewé, il était un homme de peu de mots. Chacun de ses propos était soupesé. L’organisation de ses phrases et son vocabulaire recherché étaient inhabituels pour un joueur de hockey. Il était un érudit et lisait beaucoup, une denrée rare dans le monde du hockey de l’époque.

jb

Un cadeau surprise “pot-de-bière”?

En 2007, après la signature d’un important contrat avec un fournisseur influant, le grand patron de l’entreprise m’a offert un billet de hockey dans la section rouge au Centre Bell. C’était contre les Devils du New Jersey. J’étais très excité de savoir que je serai assis à quelques pieds de la baie vitrée et de Martin Brodeur. J’étais persuadé que j’allais passer la soirée avec des représentants de la compagnie.

En arrivant en haut du gradin, une hôtesse me prend par le bras pour me conduire dans la première rangée. Aucune trace des grands patrons de l’entreprise. Un colosse me regarde et me sert la main de sa patte d’ours. Je rêvais. J’allais être assis à côté de mon idole de jeunesse Jean Béliveau. Un bonus de signature incroyable. J’aurais peut-être dû en parler à la commission Charbonneau.

Malgré ma difficulté légendaire à engager la conversation (!), j’ai passé le plus clair du temps à discuter de politique avec M. Béliveau. Un gentleman. À la fin du match, une cinquantaine d’admirateurs faisait la file pour quémander un autographe. Il prenait le temps de signer avec gentillesse, avec un petit mot à chacun. Avec une vraie signature, pas un gribouillis comme les athlètes d’aujourd’hui. Je conserve précieusement mon billet d’entrée, avec sa signature à l’arrière.

Je l’ai croisé à quelques autres reprises au centre-ville de Montréal, à la gare Centrale et à la Place Ville-Marie. Tiré à quatre épingles, il marchait lentement et semblait en perte d’autonomie. Les gens s’arrêtaient pour lui parler et il leur souriait. Il était difficile de le manquer avec son chapeau de feutre, sa carrure et ses 6‘4″.

Des athlètes comme lui, il y en a peu.

Bon voyage, M. Béliveau

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