Opinion

Deux économistes qui ont su faire l’apologie de notre richesse

En 1976, je quittais ma savane pour me transplanter dans « la grande ville » et apprendre à devenir un homme.  On m’avait conseillé de tisser mon nid au sein d’une grande école universitaire. Une belle école toute neuve, en béton, sans fenêtre, équipée d’amphithéâtres aussi gigantesques qu’inhumains.  Par chance, le café Campus, mon hâvre de paix, n’était qu’à un jet de bière.

Jacques Parizeau

Un des professeurs aux HEC était l’imposant Jacques Parizeau.  Malgré mes 19 ans, stimulé par mon père, politicien d’estrade, j’ai toujours suivi les débats de l’assemblée nationale comme d’autres suivaient le hockey.  À la bibliothèque du collège, je lisais en cachette le journal “Le jour” publication séparatiste à l’index.   Mon paternel, fervent activiste libéral, détestait avec passion ce journal de “Piquiou” et ses artisans : René Lévesque, Yves Michaud et Jacques Parizeau.  Quand ce journal a finalement fermé ses portes deux ans plus tard, papa souriant me lançait:

« Lévesque et Parizeau ne peuvent même pas gérer un journal et ils veulent gérer un pays ! ».

Écoutez une entrevue radio de Simon Durivage avec Yves Michaud, éditeur du journal qui discute du lancement du nouveau journal en janvier 1974.

Ce que je connaissais de Jacques Parizeau était son parcours en zigzag, un profil atypique de brillant économiste, qui avait mal tourné.  Issu de la petite bourgeoisie francophone, gradué à Paris en droit, PhD de la London School of Economics, il allait finir ses jours dans un parti de gauche, de barbus, de socialistes. Il parlait l’anglais comme un « British », portait le complet noir trois pièces, avec les doigts placés stratégiquement dans sa veste, qui détonait avec le « complet Safari » ringard de René Lévesque.

Election L'Assomption Jacques Parizeau 1976Les élections du Parti Québécois en 1976

Mon nouveau professeur vedette nous annonce dès le début de la session d’automne 1976 qu’il sera candidat à l’élection du 15 novembre.  Mais d’ajouter de ne pas s’en faire puisqu’il avait déjà été battu deux fois aux élections de 1970 et 1973 et qu’il finira sans aucun doute la session avec nous. Promesse qu’il n’a pu tenir, suite à son élection avec plus de 14 500 votes de majorité dans le comté de l’Assomption, voisin de mon comté de Joliette.

Robert Bourassa et un petit membre de la commission jeunesse

Lors de mes premiers mois à l’université, par ami interposé, je me suis joint aux jeunes libéraux.  Quelques mois plus tard j’étais élu (!) au poste de trésorier de la commission jeunesse.  Je devins alors membre du conseil général du parti Libéral puisque les membres de la commission jeunesse participent aux conseils généraux du Parti Libéral.  J’ai eu l’opportunité de discuter avec Robert Bourassa à plusieurs reprises de septembre à novembre 1976 (avant sa grande débâcle).  C’était un homme que j’admirais intensément, de par son calme, sa détermination et sa très grande connaissance des défis du Québec.

Le référendum de 1980

J’ai recroisé Jacques Parizeau et Robert Bourassa, 4 ans plus tard, au printemps 1980 alors que j’étudiais au département de sciences économiques de l’Université de Montréal. Garnotte legionnaireDans le cadre des événements préparatoires du premier référendum sur l’indépendance du Québec en avril 1980, l’association étudiante du département d’économie avait alors organisé un débat contradictoire «toutes étoiles» entre deux grands économistes de l’époque,  Jacques Parizeau et Robert Bourassa.

Après l’amère défaite de novembre 76, Robert Bourassa s’était exilé en Belgique où il enseignait à la réputé université de Louvain.  À l’occasion, il réapparaissait dans l’actualité le temps d’un commentaire ou d’une entrevue.  Parce qu’il était lui-même économiste, il avait accepté notre invitation et s’était déplacé pour participer à cette activité de notre association.

Changement de cap

Lors de ce débat Jacques Parizeau nous avait raconté qu’en octobre 67, alors fervent fédéraliste, en route vers l’Ouest canadien à bord d’un train pour une conférence ministérielle, il avait profondément changé d’opinion sur la place du Québec au sein du Canada.  Il était monté dans le train fédéraliste à Montréal et descendu à Banff, 3 jours plus tard comme indépendantiste convaincu.  Visionnez ce document d’archive du 19 septembre 1969 à Format 60 où il explique son cheminement politique (cliquez sur l’onglet “Le saviez-vous”)

bourassa parizeau gymLe combat de boxe

Malgré ma grande admiration pour Robert Bourassa, lors de ce débat de 1980, Parizeau a été le meilleur tribun.  Convaincu et obséquieux, il mitraillait l’audience de statistiques, de concepts économiques à la mode et impressionnait les jeunes blancs becs que nous étions. Il parlait fort, se tenait droit et ne lisait jamais son texte.  Robert Bourassa, effacé, avec le dos un peu vouté, parlait doucement et portait d’affreuses lunettes de nerd.  L’argumentation était tout aussi solide.  Mais au final, l’ours impétueux avait gagné sur le trotteur, tranquille et infatigable.  Bourassa a gagné le référendum et est redevenu premier ministre en décembre 1985.  Jacques Parizeau a de nouveau croisé le fer avec Robert Bourassa entre mars 1988, lorsqu’il est devenu chef du parti Québécois, et 1994, quand il a remplacé ce dernier comme premier ministre du Québec.  Robert Bourassa mourait en octobre 1996, à 63 ans, d’un fulgurant cancer de la peau.

Et aujourd’hui

Bourassa-Parizeau, Radio-CanadaIl y a quelques semaines, j’ai regardé avec attention l’entrevue qu’a donné Jacques Parizeau à « Tout le monde en parle ». À l’aube de ses 80 ans, et 33 ans après ma première rencontre avec lui, je suis encore sous le charme.  Malgré sa voix tremblotante et son regard vitreux, il n’a rien perdu de sa verve et de son bagout.  Un grand politicien, comme il n’en reste plus.  Aujourd’hui les leaders de qualité préfèrent rester en retrait pour compter leur fortune plutôt que d’affronter les projecteurs des objecteurs de conscience.  Lisez cette entrevue avec Nathalie Petrowsky de La Presse du 21 novembre 2009. J’aurais aussi aimé revoir Robert Bourassa, un autre grand politicien qui a su prouver que nous étions finalement un grand peuple, riche et capable de se prendre en main.

* Les 2 caricatures sont tirées du site web du Musée McCord.

Opinion

Comments (2)

Permalink

Un petit mercredi soir avec le FLQ

Je connaissais Pierre Falardeau comme tout le monde.  Par ses films, documentaires, par Elvis et ses entrevues enflammées dans les médias.  Selon moi ses propos incendiaires de gauche avaient autant de pertinence que les propos d’extrême droite des polémistes médias comme Gilles Proulx, André Arthur, Benoit Filion ou Stéphane Gendron.  Ce n’est pas en blasphémant ou en injuriant les élus en place et les mieux nantis que l’on arrive à faire avancer une cause…

Falardeau, je l’ai rencontré une seule fois. En fait pendant toute une soirée. C’était un mercredi soir, presque 15 ans jour pour jour, plus exactement le 28 septembre 1994. Anne et moi se rendions au cinéma “Le Parisien” sur Sainte-Catherine pour y voir notre hebdomadaire film à la mode, en couple, loin de l’effervescence familiale.  Nous montions le grand escalier mobile pour accéder à notre écran au 3e étage.  Avant d’entrer dans la salle sombre, j’entrevois un petit attroupement dans un coin, devant une autre petite salle. Intrigué, je m’approche. J’aperçois alors dans le groupe un visage familier, poilu, étriqué et vieillissant.  C’est Paul Rose, le felquiste de la cellule Chénier. Je connaissais bien le FLQ pour avoir suivi assidûment leurs frasques des années 60-70 et ensuite lu à peu près tout ce qui existait sur leurs motivations, leurs buts et leurs façons d’y arriver.  Au Cégep, lors d’un cours en sciences politiques, j’avais effectué un travail de moine sur ce sujet.

Je m’approche de Paul Rose pour le saluer, quand j’entrevois Pierre Vallières, écrivain felquiste dont j’ai lu quelques livres, dont le classique Nègres blancs d’Amérique.  Je remarque les 3 autres membres de la cellule Chénier, Jacques Rose, Francis Simard et Bernard Lortie entourés des autres têtes fortes de l’époque comme les Lanctôt et Cossette-Trudel. Là dans un nuage de fumée, je distingue Falardeau.  Je comprends qu’il s’agit de “l’avant” avant-première du film Octobre, sans tambour ni trompette. Pas de télévision ou de journalistes, qui seront invités le lendemain soir.  C’est un avant-première en famille.  Surtout que Falardeau n’est pas l’enfant chéri des médias mais plutôt un “loose canon” toujours prêt à vous vomir une vacherie devant les caméras.

Je convainc mon amour de laisser tomber notre film “de fille”, choisi préalablement, pour nous engouffrer dans la caverne avec “Ali Baba et ses 40 voleurs”.  Impressionné le petit gars.  Je suis assis tout juste à côté de Robert Lemieux, le moustachu avocat qui défendit plusieurs felquistes incarcérés dans les années 60 et 70;  qui est d’ailleurs décédé l’an dernier à Sept-Îles, à 65 ans.

Le film raconte la crise d’octobre 70, plus spécifiquement l’enlèvement du ministre Pierre Laporte, de la planification, au déroulement et l’éxécution, étalé sur 7 jours, du 10 au 17 octobre 1970.  Le scénario a été tiré du livre de Francis Simard Pour en finir avec octobre, un des 4 kidnappeurs du ministre Laporte.  Ce film fut d’ailleurs le premier grand rôle de Luc Picard au cinéma.

La soirée était parsemée de plusieurs discours de Falardeau et d’autres anciens felquistes impliqués dans la réalisation du film. On peut ne pas être d’accord avec la philosophie et la façon de fonctionner de ce groupe, mais son influence a été déterminante sur le réveil collectif et la prise en main des québécois.  Un petit mercredi, gravé dans ma mémoire.

Moi Me Je ?
Opinion

Comments (0)

Permalink

La force des écrits

Pour faire suite au texte publié le 14 septembre dernier qui traitait des problèmes de transport scolaire de ma fille handicapée, j’ai pris la liberté d’envoyer le texte par courriel à mon commissaire scolaire de quartier.  Quelques jours plus tard, n’ayant pas obtenu d’accusé de réception,  je l’ai fait suivre au président du conseil des commissaires et au directeur général de la commission scolaire.  J’ai du faire preuve de débrouillardise pour dénicher ces adresses de courriel.

Moins de 2 heures plus tard, un dirigeant de la commission scolaire logeait un appel à la maison…  que nous avons bien sur raté, nous impies, allergiques aux boîtes vocales.   Il n’en reste pas moins que la réaction a été immédiate.

J’ai donc parlé à une dame, pleine de compréhension, qui m’explique que les parents font des demandes souvent saugrenues ou exagérées, ou simplement impossibles à réaliser.  La dame m’ explique que dans certains cas, il y a effectivement des exceptions pour que la berline pénètre dans les entrées privées;   mais que je devais en faire la demande écrite, et que chaque cas devait être examiné individuellement.

Oui, chaque cas est unique, nous le savions.  Être parents d’une enfant handicapée n’est pas la norme, et notre cas est effectivement exceptionnel.

Un appel téléphonique n’a pas suffi.  Se rendre en personne n’a pas suffi.  Publier un article n’a pas suffi.  Il a fallu l’acheminer aux hauts dirigeants.  À partir de là, la réponse n’a pas tardé.

Je tiens tout spécialement à remercier notre “chauffeure” qui a démontré beaucoup de patience à notre égard, et à l’égard de notre enfant. 

Ce matin, la mini-fourgonnette s’est stationnée dans notre entrée. Notre problème est enfin résolu.

Merci à la commission scolaire d’avoir fait preuve d’ouverture d’esprit.

Autisme
Opinion

Comments (3)

Permalink

Moi plus chanter en créole – Mythes et réalités de l’affichage à Montréal (2e partie)

Il y a quelques semaines j’ai traité des accrocs souvent important à la loi sur l’affichage à Montréal.  Que nous soyons chauds, froids, ou opposés à cette loi, personne ne peut être au dessus de la loi.  Que vous soyez opposés à l’interdiction des insecticides, aux radars photographiques, ou au bannissement des cellulaires dans les bagnoles, vous n’avez pas le choix de respecter les lois ou règlements, sous peine de faire face au législateur.

J’aimerais ici vous donner des exemples de bon usage de cette loi, qui ne brime pas l’utilisation d’une autre langue. Et bien sur d’autres exemples de rebelles sans cause.

J’évite de donner d’exemples de petits commerçants qui n’utilisent qu’une seule langue pour communiquer un message manuscrit parce qu’ils connaissent mal ou pas la langue, et encore moins la loi d’affichage.  Je ne pense pas qu’en tapant sur les petits, cette loi gagnera en crédibilité.  Mais les entreprises importantes ont une obligation légale et surtout morale de respecter et d’appliquer la réglementation.

Quelques entreprises refusent de traduire leurs slogans parce qu’ils font partis de leur marque de commerce.  Pensons à “United Colors of Benetton” qui n’est même pas une entreprise anglophone mais italienne.  Et qui plus est, elle a installé son premier magasin hors-Italie à Paris.  Étonnant.

Bilinguisme dans l’affichage

Entendons-nous.  Je n’ai rien contre le bilinguisme.  En fait ça fait chaud au cœur de se balader en Colombie-Britannique ou au fin fond du Yukon et de lire des affiches et instructions en français.  Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.  Si aucun service ne peut être obtenu en français à ces endroits alors l’affichage bilingue perd de sa pertinence.  C’est comme les jeux olympiques.  La 2e langue des jeux peut très bien être le français mais si personne ne le parle alors pourquoi toujours supporter la angue “ancestrale” du fondateur M.  de Coubertin.

Affiche unilingue anglophone

Quand à l’affichage unilingue anglophone à Montréal, c’est inacceptable, même pour les églises ou institutions d’enseignement.  La nation québécoise (dixit Stephen Harper) est à 85% de langue maternelle française;  le minimum requis est que le majorité des habitants puissent comprendre ce qu’il se dit chez eux.

Unilinguisme francophone dans l’affichage

Pour ce qui est de l’unilinguisme francophone dans l’affichage, je suis en faveur puisque c’est le prix à payer pour maintenir une certaine paix social et la reconnaissance du visage français d’un peuple. D’ailleurs cet attrait est en fait un levier marketing important pour le tourisme.  Les Américains et autres Européens retrouvent la saveur des vieux pays du fait que Montréal affiche fièrement ses origines latines.

La langue française est une anomalie continentale et le demeurera pour encore quelques centaines d’années.  Après, elle aura vraisemblablement disparu, écrasée inexorablement par la puissance gigantesque de cette langue pratique, facile et universelle qu’est l’anglais.

Ce n’est pas un cauchemar, c’est la réalité.  À moins que l’on veuille vraiment la préserver….

DES EXEMPLES DE BONNES PRATIQUES

Une bonne pratique pour attirer une clientèle non-traditionelle

Une bonne pratique pour attirer une clientèle non-traditionnelle

Une façon claire et nette de communiquer en respectant la loi

Une façon claire et nette de communiquer en respectant la loi

Un affichage agréable, tout en restant lisible

Un affichage agréable, tout en restant lisible

Simple à lire en modifiant simplement la typographie des instructions

Simple à lire en modifiant simplement la typographie des instructions

AUCUNE PRÉDOMINANCE DU FRANÇAIS

Trois langues.  Assez chargé.  Sans prédominance du français.

Trois langues. Assez chargé. Sans prédominance du français.

Ces affiches à l'intérieur et extérieur ne donnent aucune prédominance au français

Ces affiches intérieures et extérieures ne donnent aucune prédominance au français

Aucune prédominance au français, simplement 2 affiches côte à côte

Aucune prédominance au français; simplement 2 affiches côte à côte

“CRÉOLISATION” DE L’AFFICHAGE BILINGUE

Un menu difficle à lire où la typo change de couleur par langue sans prédominance.

Menu difficile à lire où la typo change de couleur, sans prédominance

Prédominance de l'anglais, avec du mauvais français.

Prédominance de l'anglais, avec du mauvais français.

LE PRIX CITRON

Une affiche grand format partout à Montréal.  Du bilinguisme non permis par la loi.

Affiche grand format partout à Montréal. Du bilinguisme publicitaire?

Opinion

Comments (3)

Permalink

L’intransigeance des fonctionnaires autistes

Je vous ai souvent parlé de l’étroitesse d’esprit des gestionnaires de l’État quand il s’agit de gérer les personnes handicapées.  Voici un cas vécu de “fonctionnarisme crasse” que plusieurs parents d’enfants handicapés doivent subir.

Une commission scolaire, ça trompe; deux, ça trompe énormément

Cette semaine ma fille autiste de 18 ans, lourdement handicapée,  vit sa troisième semaine d’école.  Elle aime fréquenter l’école. Elle y est heureuse, détendue, en sécurité, adore son professeur et le milieu scolaire.  Elle fréquente l’école “Le Tournesol”, une institution spécialisée pour enfants handicapés intellectuels et autistes, dans le quartier Pointe-aux-Trembles sur l’île de Montréal.  Le problème: c’est que nous n’habitons pas l’île de Montréal.  Aucune infrastructure comparable n’existe à Repentigny;  notre enfant parcourt un petit 5 km à partir de la banlieue nord, de l’autre côté de la rivière des prairies.  Nous devons transiger avec 2 commissions scolaires, la commission scolaire des Affluents à Repentigny, pour le transport scolaire, et celle de la pointe de l’île de Montréal, pour l’école.

Gestion de crise

Fin août, à la veille de la rentrée, je réalise que je n’ai pas eu de nouvelles du transporteur de ma fille.  J’avais reçu quelques semaines auparavant une carte m’indiquant que le transport passerait le matin à 9h16 et que l’on me contacterait par téléphone. Quelques jours plus tard je n’avais pas encore reçu d’appel.  Nous sommes peut-être fautifs, nous, irréductibles gaulois qui refusons de s’équiper d’une boîte vocale.  Pour nous, l’afficheur suffit. Par contre, pour le transport de notre princesse, il est important de rencontrer le chauffeur pour l’informer que notre fille doit porter un harnais adapté, pour éviter qu’elle ne se détache durant le transport.  De plus, sa condition d’autiste la rend intolérante à plusieurs bruits comme les clignotants, la sonnerie et les conversations au téléphone cellulaire, la cloche qui tinte quand les portières s’ouvrent ou encore les stations de radio parlé, avec un animateur à la voix stridente…  Il faut en aviser le chauffeur pour prévenir des crises difficiles à gérer, où elle se met à frapper les autres enfants et même le chauffeur.

Bombe à retardement

J’ai communiqué avec la responsable du transport à ma “commission scolaire des Affluents” pour obtenir le numéro du trajet et les coordonnées du chauffeur.  Pour la première fois en 10 ans, la préposée ne peut me communiquer ces informations indispensables.  Qu’à cela ne tienne.  Par le biais d’un autre parent d’enfant qui voyage avec ma fille, je réussi à obtenir l’information.  Je communique alors avec ce nouveau chauffeur pour l’informer du comportement souvent imprévisible de ma fille.  Puisque ce sont les mêmes enfants que l’an dernier, je lui fais quelques suggestions sur la disposition stratégique des enfants dans sa mini-fourgonnette.  Il faut comprendre que c’est un véhicule exigüe de type “Caravan” qui transporte 5 handicapés:  deux autistes, un trisomique et deux handicapés intellectuels.  Un voyage organisé de “poqués” par la vie. Transporter un tel nombre d’handicapés dans un si petit véhicule, c’est comme circuler avec une bombe à retardement.

J’ai mentionné au chauffeur que l’école commençait à 9h15….  et qu’en partant à 09h16, il était bien évident que chaque jour, tous ces enfants seraient en retard.  Mais j’imagine que les deux commissions scolaires n’ont pas communiqué entre elles pour valider l’horaire du transport vs l’horaire de classe.  J’ai signalé ce problème à la commission scolaire, qui a aussitôt corrigé l’horaire la semaine suivante.

Détour inutile

J’en ai profité pour mentionner à la commission scolaire que le chauffeur n’emprunte pas le même trajet à l’aller et au retour.  Le chemin du retour est plus long de 1,5 km, rallongeant souvent le parcours de 25 minutes, surtout le vendredi à cause de l’affluence de circulation sur le pont.  Les autres jours, les enfants doivent demeurer dans l’autobus une dizaine de minutes de plus.  J’ai mentionné ce problème au chauffeur qui ne comprenait pas pourquoi on l’obligeait à utiliser un trajet plus long au retour.  Mais le chauffeur n’a pas l’autorité de changer le parcours prescrit.  Lors d’une autre “inoubliable conversation” avec la responsable de la commission scolaire, cette dernière m’a confirmé que sous aucune considération le trajet ne pouvait être modifié, mais qu’elle allait amener ma doléance à ses supérieurs.

Le mauvais coté de la rue

La semaine dernière, comme le trajet n’était pas modifié, je me suis présentée à la commission scolaire des Affluents.  Ils m’ont expliqué qu’il était impossible de modifier le trajet parce l’autobus doit absolument faire ce grand détour afin d’arriver du bon côté de la rue. J’ai souligné que ce n’était pas nécessaire puisque la mini-fourgonnette entrait toujours dans notre entrée.  Horreur !!!!  C’est interdit. Il y a danger qu’en reculant, le chauffeur écrase un enfant, ou que sais-je, et ainsi faire la première page du Journal de Montréal ou de la chronique nécrologique…

Ma fille emprunte le même transport scolaire depuis 10 ans et chaque jour le transporteur attend dans notre entrée. Notre entrée peut accueillir facilement 4 automobiles sur sa longueur et au moins 2 véhicules de large. J’explique à mon interlocuteur, encore sous le choc, que le véhicule doit se stationner dans notre entrée parce que notre enfant ne peut pas attendre à l’extérieur.  Elle aurait tôt fait de s’asseoir dans la plate bande, courir après les écureuils, arracher les fleurs, se rouler dans l’herbe et même s’enfuir dans la rue et risquer l’accident….  On nous explique que la règle, c’est la règle. Aucune négociation possible.

Lutter pour que notre société s’adapte

Je dois continuer à me battre pour convaincre le fonctionnaire du bien fondé de cet “accroc” administratif.  Toute mon existence j’ai eu à négocier avec un enfant différent, et lutter pour que la société s’adapte à mon enfant, plutôt que le contraire.  Les organismes gouvernementaux doivent faire preuve de compréhension, d’humanité et d’intelligence pour éviter l’épuisement des parents, et qu’à bout de force nous l’abandonnions aux instances qui, en amont, auraient du faire preuve d’un peu plus de compassion.

Autisme
Opinion

Comments (2)

Permalink

Montréal, ville française. Really?

Nous connaissons tous les luttes fratricides des dernières décennies pour l’instauration de l’affichage français à Montréal.  Le point culminant a sans doute été les manifestations de 1955 pour faire modifier le nom du futur hôtel “The Queen Elizabeth” pour une appellation française.  Le nom demeure encore inchangé aujourd’hui.

Queen Elizabeth Hotel

The Queen Elizabeth Hotel

Récemment le débat a repris concernant l’anglicisation de l’affichage à Montréal.  Depuis les changements apportés à la loi 101 il y a une quinzaine d’années, permettant l’affichage commercial bilingue, les médias ont remarqué un certain relâchement dans l’application de cette loi d’accommodement.  Pour en avoir le cœur net, au fil de quelques déplacements au centre-ville de Montréal, j’ai voulu vérifier si effectivement la loi 101 s’édentait et si le visage français de la deuxième plus grande ville francophone de la planète s’anglicisait inexorablement.

Pour m’assurer de la productivité de mon exercice, je me suis familiarisé avec la loi en visitant le site du Conseil supérieur de la langue française.  La voici:

L’affichage public et commercial

L’affichage public et commercial vise tout message affiché dans un lieu public, qu’il s’agisse d’une enseigne, d’un écriteau, d’une affiche ou d’un texte temporaire sur un panneau ou dans une vitrine. Tous ces messages doivent être en français.

Il est permis d’ajouter une ou plusieurs autres langues, mais la loi exige que le français soit nettement prédominant, c’est-à-dire qu’il ait un impact visuel beaucoup plus important.

Des exceptions

  • L’affichage public et commercial dans le métro, les autobus, les abribus et sur les grands panneaux-réclames doit être uniquement en français.
  • L’affichage public relatif à la santé et à la sécurité doit être en français, mais une autre langue peut aussi être utilisée de façon équivalente au français.
  • Les messages religieux, politiques, humanitaires, etc. qui s’adressent à un public parlant une autre langue que le français peuvent être rédigés exclusivement dans cette autre langue.
  • L’affichage public d’un musée, d’un jardin botanique ou zoologique ou d’une exposition culturelle ou scientifique peut être fait à la fois en français et dans une autre langue, pourvu que le français y figure de façon au moins aussi évidente.
  • L’affichage public et commercial relatif à un événement destiné à un public international, ou à un événement dont les participants viennent en majorité de l’extérieur du Québec, peut se faire à la fois en français et dans une autre langue, pourvu que le français y figure de façon au moins aussi évidente.

Maintenant la réalité

La prédominance du français

Effectivement la prédominance du français fait défaut dans beaucoup de cas. Le plus souvent l’anglais et le français sont entremêlés, avec la même police et grandeur de caractère.  En voici quelques exemples:

Buffet Daily

Restaurant Tous les jours BUFFET DAILY

China Art - Aucune prédominance pour le français, plus qu'approximatif

China Art - Aucune prédominance pour le français, plus qu'approximatif

L'exemple d'une publicité de Halls avec l'anglais prioritaire

L'exemple d'une publicité de Halls avec l'anglais prioritaire. Prise au coin de Jeanne-Mance et Ste-Catherine.

L’unilinguisme anglais

Aussi surprenant que cela puisse paraître, j’ai trouvé beaucoup d’affichages unilingues anglophones.  Et je n’y inclus pas les marques de commerce anglophones comme PAYLESS SHOES, URBAN OUTFITTER, SCREAMING EAGLE ou NEW LOOK qui agresse l’œil mais qui sont exclus de la législation. Même les Foufounes électriques imprime une grande affiche à 90% en anglais.

Une affiche du bar Les Foufounes électriques où le français est presqu'absent.

Une affiche du bar "Les Foufounes électriques" où le français est presqu'absent.

Hamburger House - Avec un peu d'imagination, on pourrait faire mieux

Buns Hamburger House - Avec un peu d'imagination, on pourrait faire mieux.

Sunglasse Hut - Déjà que la marque de commerce n'attirait pas, la vitrine en fait tout autant

Sunglasse Hut - Déjà que la marque de commerce n'attirait pas, la vitrine en fait tout autant

Andrew's Ties - En anglais et en italien ?

Andrew's Ties - En anglais et en italien la cravate?

Appartement pour anglophones

Appartement pour anglophones seulement?

Les trucs du marchand

J’ai remarqué quelques marchands qui à défaut de se conformer, utilisent des dénominations bilingues qui ne trompent personne. Les mots “SPORTS-BAR-COCKTAIL-SOUVENIR-T-SHIRT-MAGAZINE” sont utilisés à outrance pour contourner la difficulté d’afficher en français.  Un marchand de vêtements à l’est de la rue St-Laurent, près de l’UQAM, affiche dans son immense vitrine une bonne centaine de phrases à imprimer sur des chandails, mais aucune en français. J’imagine qu’il ignore que son principal marché,  les milliers d’étudiants de l’UQAM, sont tous francophones.

En face de l'UQAM, un choix d'imprimés pour une clientèle de qualité

Près de l'UQAM, un choix d'imprimés pour une clientèle de qualité

En général j’estime que 75% des commerçants n’affichent qu’en français et que la grande majorité des autres commerces, affichant dans une autre langue, respectent la loi de l’affichage.  Mais un petit groupe résiste encore, pour une raison que j’ignore.  Pourtant il est tout naturel pour une entreprise qui désire augmenter ses ventes que de s’afficher dans la langue de la majorité de ses clients. Et ici on ne parle du respect d’une loi.  Because Money Talks…

Opinion

Comments (5)

Permalink

Le syndrome du porc épic

Pendant près de 10 ans, j’ai animé des groupes de pionniers scouts de mon coin de pays, âgés entre 15 et 18 ans.  J’ai rencontré beaucoup de courageux adolescents, solides, déterminés, avec un goût pour l’aventure et l’envie de faire autre chose que de “chatter” sur le web ou de “vêger” devant VRAK TV.  J’ai par contre croisé d’autres jeunes avec l’âme en lambeau et l’estime de soi en mille morceaux, déchirés par les dissensions familiales .

Une vendredi soir, lors d’une levée de fonds dans un grand magasin,  des parents m’ont abordés cherchant de l’information sur le mouvement scout, pour leurs 2 jeunes garçons.  Le plus jeune de 13 ans et l’ainé de 16 ans.  Ils me demandaient si les scouts s’occupaient d’enfants difficiles.  Sans broncher, je leur indiquai que ce mouvement n’était pas parfait et que, par émulation, le groupe de jeunes faisaient tout le travail, pas les animateurs.  Il fallait seulement que le jeune désire s’impliquer.  Un vrai pasteur rassembleur, ce petit Benoit.

Les parents ne payaient pas de mine.  Lui, couvert de tatouages, baraqué comme un frigidaire “2 portes”, parlait comme un curé.  J’appris plus tard qu’il avait été membre d’une bande de motards criminalisés et qu’il avait quitté le milieu, après qu’un de ses frères ait été sévèrement battu par une bande rivale.  Depuis il était prédicateur dans une secte, et finissait toujours ses conversations par “Que Dieu vous bénisse”. La mère (en fait la belle mère) était petite, ravagée par les abus et le temps;  elle me demande si les scouts pouvaient réchappés celui de 16 ans, qui glissait subrepticement sur la pente glissante de la délinquance.  Je lui proposai de nous l’envoyer à la prochaine réunion.

Relativement docile, il s’est rapidement plié aux consignes et a vite assimilé la dynamique de groupe.  Assez vif et souriant, on pouvait facilement percevoir son mal de vivre.  Ses intérêts tournaient autour du “Heavy Metal”, la drogue, l’alcool et la petite délinquance (graffiti, vandalisme, recel…).  Il demeura dans le groupe jusqu’au camp d’été et porta sans rechigner l’antique mais traditionnelle uniforme scoute.  Il avait hâte au camp d’été, une descente en canot-camping de 8 jours, sur la sauvage rivière Bazin, en Haute Mauricie.  Une rivière assez difficile, pour une bande d’adolescent urbain.

J’avais la difficile mission de passer ces 8 jours en compagnie de ma pomme poquée.  Je me devais de discuter toute la journée de nature, pêche, météo, faune, flore et de rivière avec un ado qui ne connaissait que les ruelles, la toxicomanie, la violence et la criminalité. Pendant que dans les autres canots on chantait des chansons scouts, lui me chantait du Metallica, Megadeth, Voïvod et autre succès sombres de “Speed-Trash Metal” …  Il me revélait que sa BIO (mère biologique), qui résidait dans une petite ferme délabrée du nord de Lanaudière, fabriquait le meilleur PCP et Ecstasy de la région.  Il me racontait ses frasques, la première fois où il a sniffé de la colle, pris de l’acide ou les délits célèbres de son père et de son oncle… Après 4 jours, je demandai à un autre animateur, Gérald,  de faire un échange de partenaire, histoire de me ventiler un peu l’esprit.

Aujourd’hui, 6 ans plus tard, en marchant sur Ste-Catherine, coin Berri, j’ai rencontré mon ancien scout.  Il se tenait devant moi, avec son petit sourire gêné, en guenille et studs “punk”, devant la sortie de métro.  Il quêtait, intoxiqué, tatoué et maigre.   Il me disait qu’il vivait dans la rue depuis 4 ans. Il m’affirma qu’il était heureux, que c’était une vie qu’il aimait.  Je lui ai demandé comment il survivait.  Il me révéla, penaud, qu’en fait il ne mendiait pas mais vendait de la dope.  La tête basse, comme s’il était toujours mon pionnier.

Il mène sa vie tel un porc-épic, se croyant indestructible, persuadé d’être équipé d’un système de défense à tout épreuve.  Jusqu’au moment où surgira une automobile, au détour d’une petite route de campagne, qui sans crier gare, emportera notre invincible hérisson…

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Vacances au froid


À partir de lundi le 6 juillet, vous pourrez me lire presque quotidiennement sur http://www.pagayerpourlautisme.com pendant notre long périple de 4 semaines sur une des rivières mythiques du Québec, la rivière aux feuilles.

Avec 5 autres mordus, nous allons pagayer 350 km de la Baie d’Hudson jusqu’à la Baie d’Ungava, histoire de faire connaître les services des Répits de Gaby et d’amasser des fonds pour aider les familles confrontées au syndrome de l’autisme. Accompagnez nous dans notre quête et venez vous abonner par courriel, par RSS ou par Twitter à notre site web.  Nous vous réservons des surprises comme des vidéos des milliers de caribous que nous croiserons sur la rivière, et si la chance nous accompagne, des phoques d’eau douce et des bœufs musqués…

Merci de nous appuyer…

Benoit Laporte

Moi Me Je ?
Opinion

Comments (3)

Permalink

Voulez-vous vivre vieux et heureux ?

J’ai trébuché dernièrement sur un article de la revue “The Atlantic“, traitant d’une étude d’envergure qui s’est échelonnée sur plus de 72 ans, The Grant Study.  Ce texte tiré de l’édition de juin 2009 de ce magazine, et repris dans le New York Times, traite de ce travail de moine démarré dans les années 1930, où un groupe de scientifiques ont suivi la vie de 268 hommes, de l’université jusqu’à aujourd’hui.

Le but de cette étude était de déterminer quels éléments de la vie pouvaient être les plus déterminants sur l’existence et sur le bonheur. Cet article intitulé “What makes us Happy” (Qu’est-ce qui nous rend heureux) analyse la vie de certains de ces hommes, triés sur le volet à l’Université Harvard, dans l’étude longitudinale la plus importante de l’histoire de la recherche.

Quel est la recette du bonheur et de la vie heureuse ? Quel est l’importance de votre enfance sur votre vie en général ? Est-ce que la richesse, l’éducation, l’instruction, le mariage, les enfants, le divorce, le célibat influe sur votre vie ? Les conclusions sont étonnantes.

Ces hommes ont eu à remplir, tout au long de leur vie, des centaines de tests, questionnaires médicaux et psychiatriques, et évaluations de toutes sortes.  Plusieurs noms connus ont participé à cette étude dont Ben Bradley, éditeur du Washington Post et John F Kennedy.  Après la mort de ce dernier, ses documents ont été retirés et mis sous scellé, jusqu’en 2040.

La recette

Cette étude était sous la responsabilité du psychologue George Vaillant pendant 42 ans, qui a récemment pris sa retraite.  En héritage, il nous livre quelques bribes des conclusions de son étude.  Selon lui, voici la formule qui peut vous aider à être heureux.

  • La stabilité, l’intelligence, le bon jugement, la santé et beaucoup d’idéaux nourrissent le bonheur.
  • Vous pouvez quand même demeurer heureux même si, à la fin de votre vie, votre santé est chancelante.
  • Le surplus d’argent n’est pas nécessaire pour assurer le bonheur.
  • L’exercice est très important quant vous êtes jeune mais celle-ci a peu d’influence sur nos vieux jours.
  • Chez les hommes qui sont dépressifs à 50 ans, 70% mourront en moyenne à 63 ans.
  • Les hommes pessimistes ne vivent pas très vieux, et souvent avec une vieillesse difficile.
  • Les aptitudes sociales ont plus d’importance que l’intelligence, l’enfance doré ou les revenus.
  • Ce qui a le plus d’influence sur le bonheur, ce sont les liens sociaux, les amis, les collègues, la famille et la conjoint(e).

Voici une citation frappante sur ce vidéo impressionnant de 6m51sec :
Vaillant’s overall conclusion is familiar and profound. Relationships are the key to happiness. “Happiness is love. Full Stop”

Le tissu familial

Mon beau-père m’a souvent répété : “Un voisin, c’est comme un frère, tu ne l’a pas choisi et si tu veux vivre en harmonie, il faut entretenir de bons rapports “.

Depuis la mort de notre mère, il y a 4 ans, notre grande famille est restée très unie.  Les enfants, quittant le nid les uns après les autres, nous a permis subrepticement de resserrer nos liens.  Je pense que la longue maladie de notre mère nous a uni autour d’elle et nous a permis de nous redécouvrir.  Sa souffrance n’aura pas été vaine.

Malgré la disparition de notre père et mère, nous nous fréquentons plusieurs fois par année, autour d’un tournoi de golf, d’un BBQ, d’un voyage ou d’une bonne table.  Nous nous rencontrons encore à Noël et aux anniversaires de naissance, bien que les nombreux enfants et leurs conjoints représentent un défi de “taille”.

Les liens d’amitié

Souvent le destin, à des moments précis de notre vie,  dépose sur notre chemin des êtres avec qui nous partageons des intérêts communs.  Lorsque nous les perdons de vue, nos souvenirs nous rappellent combien ces êtres ont meublé notre vie.  Lorsque nos routes se recroisent, plusieurs années plus tard, la chimie qui nous unissait s’est souvent dissipée et l’attirance n’est plus aussi intense.  Plusieurs conservent ces amitiés sans se questionner, par fidélité aveugle ou parce qu’en vieillissant, il est plus facile de conserver nos vieux amis que de tisser de nouvelles amitiés.  Souvent le conjoint/conjointe qui n’existait pas à l’époque, est un élément qui perturbe la renaissance de nos vieilles amitiés.

Pour ma part j’ai conservé beaucoup de vieux amis d’enfance et d’adolescence.  Je les fréquente plusieurs fois par année, avec ou sans leurs conjointes.  Il est normal que nos intérêts aient changé mais nous nous attachons “au bon vieux temps” qui dans mon cas, et celui de mes amis, avait été très intense.

Golf, pêche, poker, spectacle, voyage et grande bouffe servent de prétextes pour se revoir.  Très peu pour nous les fêtes commandées comme Noël ou Pâques.

Tous dans la cinquantaine, nous entrevoyons la pré-retraite avec beaucoup d’optimisme.  Ces liens d’amitié, conservés au fil des décennies, y sont pour beaucoup. Comme disait Antoine de St-Exupéry, dans “Le petit prince” : Tu es responsable pour toujours, de ce que tu as apprivoisé.


Moi Me Je ?
Opinion

Comments (0)

Permalink

Quand les vendeurs du temple vous promettent succès et guérison

L’exploitation des personnes démunies froisse résolument nos principes. Dans nos réseaux sociaux et les médias, nous sommes rapides à dénoncer les injustices faites aux plus petits. On s’insurge contre les escroqueries faites par le biais de la publicité mensongère, des sites de spam ou d’hameçonnage, des vendeurs de produits amaigrissants-miracles, des receleurs de matériels volés ou encore du petit arnaqueur-pusher qui, sans aucun revenu déclaré, nous nargue avec sa bagnole de l’année.

Les marchands de la cupidité

On connaît bien les pratiques de ventes à paliers multiples, mieux connu sous l’appellation de “ventes pyramidales“.  On y attrape le plus souvent d’honnêtes travailleurs qui désirent arrondir leurs fins de mois, en développant un réseau de vente dans leur cercle d’amis.  On abuse très souvent de leur crédulité en leur promettant “mer et monde”, en brandissant les réussites fantastiques de ceux qui trônent en haut de la pyramide.  Moins de 1% de ces “seigneurs” réussissent à en vivre, pendant que 99% des autres tentent vainement d’y faire leur marque.  Persévérance, entêtement et détermination sont les mots clefs de la réussite… Ces formules sont vides de sens  quand vous recevez quelques dollars par heure de travail, malgré l’intense harcèlement que vous avez fait subir à votre famille, vos collègues de travail et les derniers amis qu’il vous restent.

pyramid - Wikipedia

Les pharaons de la fausse pyramide

On a tous entendu parlé d’Amway et son pendant Internet Quixtar.  Qui ne s’est pas fait approcher au travail ou dans sa communauté par un revendeur “encravaté” qui nous offrait l’opportunité d’ouvrir notre propre PME.  Ma phrase fétiche pour repousser ces vendeurs entreprenants ?  “Le jour où j’accepterai de recevoir mon papier de toilette par la poste, je déménagerai dans une résidence pour personne en perte d’autonomie”.   On peut voir plusieurs reportages traitant des pratiques de Quixtar dont celui de “La facture à Radio-Canada” et un article de Cyberpresse et un du gouvernement du Québec faisant la distinction entre “vente pyramidale” et “vente à paliers multiples”.  La ligne est mince.  C’est pour cette raison que ces entreprises ont encore pignon (et pigeons) sur rue.

Un autre moins connu mais tout aussi actif sur le marché de l’arnaque pyramidale “ACN”.  Un rusé système de vente d’abonnements en télécommunication (cellulaire, connexion Internet…).  Plusieurs jeunes hommes de mon entourage sont tombés dans le panneau après s’être fait détrousser de 500$ de frais d’entrée.   Ils ont réussi à embrigader d’autres candides prospects en leur extorquant 500$ à leur tour.   Le plus triste? c’est souvent les parents, grands-parents, frères et sœurs qui font les frais de cet attrape-nigaud.

On peut lire un texte très intéressant de Stéphane Guérin, publié en 2007, et qui a généré près de 700 commentaires “Faire de l’argent avec ACN ? Non merci.

Plusieurs autres entreprise très connus utilisent ces techniques de vente en direct comme Primerica, Avon, Mary Kay (avec la cadillac rose) ou même Tupperware.

Les organismes de charité À BUT LUCRATIF

Qui n’a pas vu ces fameuses boîtes de recyclage de vêtements au coin de votre rue.   On vous attendrit en vous affirmant que les vêtements récupérés seront utilisés pour aider les gens dans le besoin.  Mais combien savent que ces dons sont administrés par une firme multi-nationale “Savers” qui conserve une (grosse) marge de profit à même les dons pour s’administrer ? Combien savent que le “Village des valeurs“, la maison des démunis par excellence,  est une filiale de cette multinationale cotée en bourse, employant plus de 10,000 personnes à travers le monde ?

vv

Ne trouvez vous pas indécent que cette entreprise fasse compétition à nos véritables organismes de charité bénévoles,  implantées dans la communauté depuis toujours, comme la société St-Vincent de Paul, l’Armée du Salut, les Petits Frères des Pauvres ou les organismes de quartier ?

recup

Lisez cet extrait, tiré de “L’aut’journal sur le web” Vendre de la guenille sur le dos des pauvres, ça paye !

Saviez-vous que deux organismes, la Fondation québécoise de la déficience intellectuelle (FQDI) et l’Entraide diabétique du Québec (EDQ), recueillent officiellement des vêtements et divers objets pour le compte de la multinationale américaine Village des Valeurs ? Les employés de la la Fondation de la déficience intellectuelle et de l’Entraide diabétique téléphonent chez vous pour solliciter des dons de vêtements usagés qu’ils viendront chercher par camion. Ensuite, ils seront vendus au Village des Valeurs. Mais où va l’argent ? Sûrement pas dans les poches des téléphonistes et des camionneurs.

Selon le magazine Option consommateurs de l’automne 1999, les profits ne sont pas tous versés aux organismes de charité, soit l’Association du Québec pour l’intégration sociale (AQIS) et l’Association du diabète du Québec (ADQ), toutes deux fondatrices de l’Entraide diabétique et de la Fondation de la déficience intellectuelle. En 1997, la Fondation de la déficience intellectuelle a amassé près de 3 millions de dollars et remis 300 000 $, soit moins de 10 % de ses recettes, à des œuvres de charité. Quant à l’Entraide diabétique, elle a récolté plus de 2 millions de dollars et donné 97 000 $ à l’ADQ, moins de 5 % de ses recettes.

Voyez un autre texte sur ce subterfuge, sur le blogue du Gros Bon Sens: Vous donnez ? Mais savez-vous à qui?

L’autisme et la sorcellerie alternative

Je n’ai absolument aucun problème avec les médecines alternatives.  Il m’arrive à l’occasion d’essayer un produit de médecine douce ou un traitement alternatif pour soigner un rhume ou d’autres maux bénins.  Nous avons, dans le passé, dépensé des milliers de $ en produits de toute sorte pour tenter d’améliorer l’état de notre fille autiste. La majorité de ces produits commandés aux États-Unis, directement des sites web des traitements alternatifs.  Ceux qui me lisent, connaissent mon aversion aux sorciers qui tentent de nous convaincre que nous devons absolument acheter leurs produits afin de guérir un syndrome aussi important que l’autisme.  Parce que je suis un nigaud qui s’est déjà fait prendre par ces trucs nouvel-âge, je suis devenu très méfiant de “ces vessies qui se font passées pour des lanternes”.

Suite aux recommandations envoyées dans les commentaires de ce blog, j’ai parcouru les sites de 2 organismes qui tentent de nous convaincre d’utiliser leurs techniques et leurs produits pour la rédemption de mon enfant autiste.  Je me suis alors rendu compte que nous n’étions pas très loin de la technique de vente en direct et du produit de bonimenteur.

Sans mes produits, points de salut

Je ne souhaite pas trancher ici la vieille polémique qui prévaut entre les tenants d’une approche principalement psychiatrique de l’autisme et ceux qui prônent qu’il s’agit d’une maladie neuro-biologique, d’origine digestive.  Ce qui me surprend des tenants de cette dernière approche, c’est l’aspect hautement mercantile de leurs promoteurs.

tacadan

Un programme d'affiliation vous incitant à devenir vendeur de produits guérisseurs d'autisme

Un programme d'affiliation vous incitant à devenir vendeur de produits guérisseurs d'autisme

Allez visiter le site de TACA, Talk about curing Autism ou celui de DAN, Defeat Autism Now, des sites prônant que l’autisme est une maladie digestive,  vous y verrez plus d’une centaine de produits à vendre sur TACA et autant sur DAN, de la chambre hyperbare, au sauna sans toxine, aux repas à prix d’or sans gluten et sans caséine, aux livres, tabliers et sous-vêtement pour les mamans d’enfants autistes.  Si leur mandat est l’éducation et la diffusion de leur technique, pourquoi ces sites regorgent-ils de boutiques en ligne, de liens sponsorisés et de programme d’affiliation payant ?

Ces organismes auraient-ils finalement effectué une grande découverte ?  Que l’autisme pouvait être très lucratif ?

Autisme
Opinion

Comments (0)

Permalink

Quand Shell et Air Miles trouvent une nouvelle façon de fouiller dans nos poches

Dernièrement, en faisant mon plein d’essence chez Shell Canada, j’ai aperçu un tout petit papier à la caisse. Shell annonce Airmiles 23 mars 2009 Écrit dans une police de caractère digne des contrats d’assurance, Shell nous annonce, sur un ton laconique, que le niveau de points Air Miles offerts lors d’achat chez Shell a été modifié.  Bizarre.  Aucune mention publicitaire, ni sur mon compte de carte de crédit Air Miles, ni sur mon relevé de point Air Miles et non plus sur les nombreux courriels promotionnelles de Shell/Air Miles dans ma débordante poubelle à courriel.

Je m’amuse à calculer le nombre de points offerts et la valeur en $ de ce que Shell m’offre. Ce que très peu de gens ont le courage (et le temps) de faire. Tout d’abord combien vaut un de ces foutus points Air Miles ?  Facile.  On calcule le prix d’un point en examinant combien coûte quelques uns des certificats-cadeaux qu’Air Miles nous offre si gracieusement.

En voici le tableau du coût en points de chaque certificat-cadeau:

valeur-points1

On peut voir qu’un point Air Miles vaut entre 0,11$ (chez Bureau en gros ou chez Itunes) et 0,15$ (chez Metro).

Allons maintenant voir combien Shell m’offre de points pour mon plein.  Prenons l’exemple d’une automobile de grandeur moyenne, avec un réservoir de 60 litres.  Disons un prix de 0,90$ le litre, pour un plein d’une valeur d’un peu plus de 50$.  Examinons maintenant ce que Shell nous offrait en récompense dans les années 90, après les modifications dans les années 2000 et la valeur du rabais offert depuis avril 2009.

Tableau comparatif de l’évolution de la valeur de la récompense offert pour un plein de 50$

valeur-point-airmiles

Étonnant!  Shell a fait diminuer, en catimini depuis 15 ans, le pourcentage de rabais offert,  le faisant passer de 1,4%, à 1,1% à 0,6%.  Donc pour chaque 100$ dépensés chez Shell, nous recevions 1,40$, ensuite 1,10$ et maintenant 0,60$;  soit une première diminution au début des années 2000 de 20% et, en avril 2009, de 50%.

Les propriétaires de station-service tentent de nous convaincre qu’ils n’avaient pas le choix de diminuer le nombre de points offerts parce que ce sont eux qui doivent payer ces points avec leur marge bénéficiaire.  Mais désolé, au bout de la chaîne alimentaire, ce sont les automobilistes qui payent, pas les pétrolières, ni les franchisés.

Dorénavant, je ne ferais plus aucun détour pour me rendre chez Shell.  Et si je me fie à toute la frustration notée sur le web, je ne serai pas tout seul.

SmartCanucks

Red Flag Deals

Note: Amusez-vous à lire le “Fake Blog” (flog) d’Air Miles où des gens (probablement fictifs) écrivent des petits commentaires pour te motiver à te procurer la carte Air Miles et à accumuler des points-récompenses.  Tordant de naïveté, qui reflète un profond manque d’éthique.

Opinion

Comments (0)

Permalink

Dénonciations par le web

Ces derniers jours, l’actualité a fait resurgir un vieux principe éculé, l’honnêteté.  On parle d’éthique, de moralité, de déontologie, principes ou droiture mais il se résume simplement à traiter avec intégrité ton employeur, ainsi que les sommes et les biens qui te sont confiés.

Le clergé nous enseignait autrefois : “Si tu as un doute quant à l’honnêteté d’un geste, il y a de forte chance qu’il ne le soit pas”.  Dans notre culture judéo-chrétienne, l’honnêteté avait une place de choix. On n’avait pas à dénoncer son prochain, parce qu’une conscience de bon chrétien ne pourrait pas, de toute façon, vivre avec un mensonge, un acte malveillant ou un crime.  À la longue, le remord te rongerait, t’empêcherait de dormir et et la confession serait ton seul exutoire…

Les péchés véniels et mortels nous hantaient.  On ne parlait même pas des péchés capitaux, qui nous valaient un aller-simple au fin fond des ténèbres.

La délation était tabou.  Je me rappelle qu’adolescent celui qui s’adonnait au “commérage”, au “bavassage” portait l’étiquette peu flatteuse de “stoole”. L’insulte suprême. La honte absolue.

A l’université, je me souviens d’avoir signalé à un prof qu’un étudiant avait copié mon travail.  Au lieu de prendre à parti cet étudiant, mon prof m’a traité de délateur.  Pourtant je n’avais rien à me reprocher.  Je trouvais injuste qu’un imposteur pouvait réussir un cours quand c’était un autre qui s’était tapé tout le travail. J’avais mal évalué l’impact de mon accusation et l’infamie du “stoole”.

Que ce soit Ken Peirera de la FTQ construction ou “Ma chouette” du scandale des commandites ou encore “Deep Throat” du Watergate , il n’est pas simple d’être un délateur, surtout à visage découvert.  La plupart des individus refusent de dénoncer un geste criminelle de peur de représailles, ou d’être à son tour accusé de diffamation de la part du dénoncé.  On hésite souvent à dénoncer à cause des effets pervers incontrôlés comme le renvoi d’un collègue, ou la mise à l’écart du délateur par le groupe.  De plus, on associe souvent la délation à la vengeance.

Franc Maçonnerie
Autrefois on s’assurait de la loyauté d’un collègue en l’embrigadant dans une loge de Franc Maçons. Dans beaucoup de bureau, les fameuses soirées bien arrosés initiatrices, dans des endroits louches,  assuraient la fidélité des troupes.  Un peu à la manière des groupes criminalisés, à la Hells Angels, ont évite les délateurs et “vires-capots” en les impliquant au maximum dans des pratiques où on s’assure de la loyauté du partenaire.

La souris de David contre Goliath

Quant il s’agit de dénoncer une injustice ou le traitement abusif d’une organisation, aujourd’hui, les internautes privilégient le web.  On affiche notre insatisfaction sur un blogue, sur un forum spécialisé ou dans les réseaux sociaux.  On espère que notre dénonciation fera boule de neige pour que l’entreprise en question réagisse devant le tollé des internautes.

Il existe de nombreux sites de délateurs sur le web dont un des plus célèbres est dénonciation.com, un site français vieillot mais truffés de propos à la limite de la légalité.

Où je veux mettre de l’emphase c’est le pouvoir des internautes à s’approprier une marque de commerce et à la dénoncer, souvent de manière intelligente.

Il y a la publicité “Nike Sweatshop”, créée dans le cadre d’un concours internet

La parodie d’un commercial de GMC Tahoe

Le site IHATEDEL.NET

i hate dell.net

i hate dell.net

La dénonciation hilarante d’un employé de Comcast qui s’endort au téléphone pendant qu’il travaille chez un client

La dénonciation d’un propriétaire de pile d’IPOD qui a fait reculer la géante APPLE en créant le site IPOD’S DIRTY SECRET.COM

ipod Nasty Secret

ipod Nasty Secret

Et le site puissant RUN FROM THE BORDER.COM dénoncant la nourriture de la chaîne de restaurant TACO BEL. Remarquez leur site parallèle WE HIRES ALLIENS.COM dénonçant l’emploi illégale .

runfrontheborder.com

runfrontheborder.com

Internet et Web
Opinion

Comments (0)

Permalink

Tuer le registre des armes à feu? Duel entre bureaucrates et cowboys de l’ouest

L’actualité nous annonce régulièrement la mort du registre des armes à feu, mis en place en 1995 par les libéraux. Hérésie pour quelques propriétaires d’armes à feu mais nécessité incontournable pour les policiers, cette loi n’a jamais fait l’affaire des conservateurs (“Reformiste” et “Allianciste“).  Le puissant lobby des armes à feu, surtout de l’ouest et des régions rurales du Dominion profond, s’est toujours opposé à l’enregistrement obligatoire des armes de chasse.  Mais pourquoi cette obsession de nos rouges gorges (Red Necks)?

Fusil, carabine, pistolet et autre pétoire 101

Il faut tout d’abord faire une distinction. Il y a les armes de poing (pistolet, révolver…), qui sont interdites depuis 1934 au Canada, sinon fortement contrôlées pour le tir sportif.  Il y a aussi les armes automatiques, avec chargeurs contenant plusieurs cartouches, utilisées lors de conflits armés, aussi interdites (ou sévèrement contrôlés pour les collectionneurs).  Mais ces 2 types d’armes ne sont pas le cœur du problème, puisqu’elles sont interdites, sinon déjà encadrées dans un registre obligatoire.

Le vieux 303 sur la cheminée

Le problème, ce sont les armes de chasse.  Les canadiens possèdent 8 millions d’armes de chasse (fusils et carabines) pour une population de 34 millions d’habitants, soit une arme de chasse pour 4 canadiens.  Présentement plus de 85% des armes de chasse sont enregistrés (7 millions d’armes). En 2006, les conservateurs ont décidé de ne plus rendre obligatoire l’enregistrement des armes de chasse, amnistiant par le fait même le million de propriétaires contrevenants à l’ancienne loi.

Je suis un chasseur sanguinaire

Je suis un chasseur depuis mon adolescence.  Je fais parti du 10% de la population québécoise qui sont des chasseurs actifs  (750 000 détenteurs de certificat du chasseur, pour une population de 7 774 000).  Mon grand-père, mon père et plusieurs de mes oncles, cousins, cousines et amis sont des chasseurs.  Je suis propriétaire de plusieurs armes de chasse, enregistrées en bonne et due forme.  Je possède encore ma première 22 que j’utilisais pour la chasse au petit gibier.  Et un vieux 410 italien de mon grand-père (arrière grand-père?), pour le lièvre et la perdrix.  Deux calibres 12, pour le canard et l’oie.  Un calibre 308 pour le gros gibier.

Je ne comprends pas pourquoi il y avait une telle levée de boucliers contre l’enregistrement des armes , de la part des disciples de Nimrod.  Le gouvernement ne conteste pas le droit de posséder une arme de chasse, il désire seulement s’assurer que ces armes soient entre les mains de personnes mentalement stables et qui sont toujours en utilisation.

Il est étonnant de constater que 80% des décès par arme à feu au Canada découlent d’un suicide, 15% d’un homicide et 4% sont classés comme accidents.  Les conservateurs essayent de discréditer le registre en publiant de la publicité négative sur le site officiel du gouvernement .  Un paragraphe a attiré mon attention:

Statistiques sur la criminalité : Il y a près de 7 millions d’armes d’épaule enregistrées au Canada. Néanmoins, des 549 meurtres commis au Canada en 2003, seulement deux de ceux-ci ont été commis avec des armes d’épaule enregistrées (Centre canadien de la statistique juridique).   De plus, à Vancouver, 97% des armes utilisées pour la commission d’un crime provenaient de la contrebande.

Est-ce dû au registre que si peu de meurtres sont commis avec des armes enregistrées?  L’obligation d’enregistrement a-t-il enlevé des armes à ceux qui ne devaient pas en posséder?  Le gouvernement veut plutôt nous faire croire le contraire i.e. l’enregistrement obligatoire est inutile, puisque tous les meurtres sont causés par des armes illégales.

La Loi sur les armes à feu de 1995

La Loi sur les armes à feu a six objectifs principaux, forts louables :

  1. décourager l’utilisation des armes à feu dans la commission des infractions criminelles
  2. s’assurer que des personnes non compétentes ou dangereuses ne puissent obtenir d’armes à feu
  3. permettre aux autorités de confisquer aux personnes dangereuses leurs armes à feu
  4. permettre aux autorités de retirer à leurs propriétaires leurs armes à feu dangereuses
  5. permettre la réglementation du commerce, de l’utilisation, de l’entreposage et du transport des armes à feu
  6. aider la police à enquêter sur les crimes comportant l’utilisation des armes à feu et à prévenir la commission de ces crimes.

Pourquoi refuser d’enregistrer son arme ?   Une seule raison:  la bureaucratie crasse

Afin de pouvoir me servir de mon arme à feu pour la chasse, je dois posséder au moins 5 permis et cartes de certifications fédérales et provinciales.  Je dois les porter sur moi, en tout temps, lorsque je transporte mon arme, ou pendant que je chasse.  Si une seule de ces attestations est manquante, je suis passible d’une accusation criminelle grave et on peut me confisquer mes armes sur le champ.

Louis-Gilles Francoeur du Devoir, dans son article “Touche pas à mon gun…enregistré” du 27 mars 2009, se demande:

Or, toute infraction à ces trois obligations de nature administrative peut déboucher sur des accusations au criminel, avec toutes les conséquences qu’on imagine pour obtenir un passeport ou même renouveler ses permis de chasse en attendant un procès, pour ses voyages aux États-Unis, etc. En comparaison, celui qui a omis d’enregistrer un projectile de trois tonnes, comme un gros VUS, paiera simplement une amende et c’est logique, tout comme celui qui a oublié d’emporter avec lui la preuve d’immatriculation d’un véhicule.

Par contre, si un parti politique, quel qu’il soit, voulait enlever de la loi actuelle certains irritants inacceptables sans nuire à la sécurité publique, il maintiendrait l’enregistrement des armes de chasse actuel, mais annulerait ces dispositions qui font de simples infractions administratives de véritables actes criminels, d’où l’opposition d’un grand nombre de chasseurs à l’enregistrement lui-même, qui entraîne tout le reste.

Imbroglio “rond-de-cuiresque”

Voyons un peu le dédale administratif dans lequel doivent naviguer les chasseurs.  Voici les 5 niveaux que doivent compléter ces tenaces sportifs:

  1. Obtention du permis de possession et d’acquisition d’un arme à feu (PPA) (fédéral).  Pour avoir le droit de détenir, acheter, vendre ou transporter une arme de chasse, tu dois remplir des conditions strictes.  Entre autre ne pas être sous le coup de condamnation criminelle ou souffrir de maladie mentale avec violence.  Tu dois aussi obtenir l’autorisation écrite de tous tes conjoints-es depuis les 5 dernières années.  Ton permis est temporaire, valable pour 5 ans seulement. Tu dois le redemander, il ne t’es pas renvoyé automatiquement.
  2. Obtention d’un certificat du cours canadien de sécurité dans le maniement des armes à feu (fédéral):  tu dois suivre un cours sur le maniement des armes à feu, qui dure approximativement une vingtaine d’heure, offert le soir et la fin de semaine. Ta certification est permanente.
  3. Obtention du certificat d’enregistrement d’arme à feu (fédéral – GRC ou SQ):  toutes les armes (armes à autorisation restreinte et armes de chasse) doivent être enregistrées et le sont de façon permanente. La réglementation est sévère pour l’entreposage de ton arme dans un cabinet verrouillé, loin des cartouches. La gâchette de ton arme doit de plus être verrouillée avec un loquet spéciale.
  4. Certificat du chasseur (provincial):  pour obtenir ton permis de chasse ou avoir le droit d’acheter des munitions, tu dois obligatoirement posséder les 3 permis précédents, et en plus, ce certificat du chasseur délivré par le gouvernement du Québec.  Ce certificat est permanent.
  5. Permis de chasse (provincial):  une taxe indirecte pour chasser le petit ou le gros gibier.  Ce permis est renouvelable chaque année.

Pas facile de s’y retrouver.  Il est maintenant plus difficile de se qualifier pour la chasse, que de trouver du gibier.  On se demande pourquoi depuis quelques années, les chevreuils se promènent allègrement sur nos autoroutes, et qu’il se produit, chaque année au Québec, plus de 6 000 collisions impliquant un chevreuil ou un orignal (plus de 16 accidents par jour).  La récolte totale de gibiers, en 2008, était de 19 000 orignaux et 58 000 chevreuils.  Ce qui veut dire que 8% de ces animaux sont tués par des véhicules routiers.

Les policiers et le registre

Les policiers sont de grands promoteurs de ce registre.  Ils le consultent avant d’effectuer une arrestation ou une perquisition, pour savoir si l’intimé possède une arme à feu enregistrée.  Ce registre permet aussi de contrôler la revente légale ou non des armes de chasse.

Anecdote pour une histoire qui fini bien

Il y a quelques temps, dans mes montagnes du nord de Lanaudière, le chalet voisin a eu la visite de vilains cambrioleurs.  Ils se sont en”volés” avec des appareils électroniques, quelques bouteilles d’alcool et un vieux fusil de chasse, qui n’avait malheureusement pas été entreposé sous clef.  Quelques jours plus tard, les policiers ont mis le grappin sur les cambrioleurs qui tentaient de receler le fusil en question, à un brocanteur de la rive-sud de Montréal.  L’arme à feu avait heureusement été enregistrée par son propriétaire.

LG Francoeur conclut dans son article du Devoir du 27 mars dernier:

Mais cela étant dit, maintenant qu’on y a investi une fortune indécente de plus de deux milliards, la question n’est plus aujourd’hui «Faut-il enregistrer?» mais bien «Faut-il continuer d’enregistrer les armes de chasse?».  À mon avis, il faut maintenir l’enregistrement des armes de chasse, mais en limiter les effets pervers et inutiles dans l’intérêt même des chasseurs. Les tenants du «Touche pas à mon gun!» doivent accepter l’idée qu’il doit exister un équilibre entre le privilège d’utiliser une arme et les impératifs de la sécurité publique. Mais, à l’opposé, le discours des «anti-chasse» qui voudraient interdire toute utilisation d’armes, y compris les armes de chasse, constitue un intégrisme tout aussi inacceptable. Mais pas facile d’y voir clair, je l’admets.

Pour plus d’information, aller lire l’éditorial (en pdf) de L’association médicale canadienne : “Un contrôle raisonnable : l’enregistrement des armes à feu au Canada” et le document de la GRC concernant les mythes au sujet du contrôle des armes à feu

Environnement
Opinion

Comments (1)

Permalink

L’enfer est Bell

Les témoignages truculents de Jean-Francois Mercier, sur le service à la clientèle déficient de Bell Mobilité, sont désormais célèbres.  Allez voir sur youtube Bell Mobilité – La saga et Bell Mobilité 2 – La saga, la suite… et Services à la clientèle .  Sans effort, j’ai trouvé des dizaines de vidéos, dans nos 2 langues officielles, traitant de leur piètre service à la clientèle. Même de jeunes adolescents s’y mettent (voyer plus bas « I Hate Bell »). En voici quelques exemples :

Francophone

  1. Support Technique Bell Sympatico
  2. Support Technique Bell Sympatico 2
  3. Saga Bell Sympatico continue
  4. Bell. De la marde

Anglophone

  1. Bell Sympatico sucks
  2. Bell Sympatico sucks 2
  3. Bell Sympatico sucks 3
  4. I Hate Bell (jeune garcon)

Francois Massicotte faisait rire le peuple, en spectacle, dans son sketch d’abonnement au service Internet Sympatico de Bell.   À chaque spectacle, devant son auditoire, il téléphonait “live” au service à la clientèle;  après souvent 15-20 minutes d’attente où il improvisait, il rejoignait finalement un préposé.  Il lui répétait le triste et célèbre leitmotiv de Bell : “Votre appel est important pour nous.   S.V.P demeurez en ligne pour conserver votre priorité d’appel”, pour aussitôt raccrocher.

Alex et ma connexion Internet

J’étais un des courageux qui s’est abonné aux premiers services Internet de Bell,  “ALEX”, en 1988.  Une réplique du minitel de France, où à partir d’un minuscule écran, tu pouvais trouver des numéros de téléphone, des services de restaurant ou des horaires de cinéma.

En 1988, Bell Canada lance le projet ALEX, un service électronique d’information et de transactions fortement influencé par le système français Minitel. Au plus fort de sa popularité, en 1991, le service comptait 32 000 abonnés à Montréal et à Toronto. ALEX s’éteint en décembre 1994.

En effet, ALEX mourut de sa belle mort, dès l’émergence du web.  À ce moment, j’opte donc pour une connexion Internet avec Bell.  Avant, je me souviens de ma première connexion UUnet et de l’adresse de courriel chiffrée de Compuserve (73942774@compuserve.com).   Au départ, Bell Canada n’offrait que des accès “dial-up” (commuté). Mais dans le cadre d’un projet spécial, on avait installé de la fibre optique dans quelques quartiers de Repentigny et Jonquière.  C’était la très haute vitesse avant tout le monde.  Mon forfait, depuis toujours, m’offre le téléchargement illimité, à une vitesse de 7mb/sec, pour 47,95$ par mois.

Le maelström de la fermeture d’une ligne téléphonique

Jusqu’à tout récemment, je possédais 2 lignes téléphoniques: la première, réservée aux parents et la 2e, à mes 4 enfants.  Notre progéniture ayant quitté le nid familial, je décide donc d’annuler cette 2e ligne.  On m’avise que ma connexion internet est branchée sur cette 2e ligne, ce que j’ignorais.  Bell me confirme que l’on procédera au déménagement de ma connexion Internet sur ma première ligne.  Sans aucun frais.  Pas de problème.  Aussitôt dit, aussitôt fait.

Cadeau de Pâques

Aujourd’hui, je reçois ma facture. Il y avait, comme vous vous en doutez, un gros lapin de Pâques dans l’enveloppe. Sans m’aviser, Bell a modifié mon forfait actuel à 49,95$ (Sympatico Haute Vitesse – forfait Internet illimité, incluant 120 minutes d’interurbain mondial pour 5$) pour celui à 36,95$  (Bell Internet “Essentiel Plus”), en m’imposant un frais de transfert de 25$.  Mais… je n’ai jamais demandé ce transfert?  De plus la facture n’indique pas les détails de ce nouveau forfait.

facture

En visitant leur site web (Full Flash), j’apprends que je suis maintenant plafonné à 20 Go de consommation… Ce nouveau plafond imposé, sans mon accord, est nettement insuffisant pour le type d’utilisation que je fais de ma connexion (télé-travail, VPN, téléchargement et transferts de fichiers lourds des serveurs web de mon entreprise…).  Ma consommation moyenne est d’au moins 25 Go, avec des pointes de plus de 35 Go (voir image plus bas).  On m’avise qu’en plus, on m’impute, pour le mois de mars, une surcharge de 30$ pour avoir excédé mon nouveau plafond de 20 Go de consommation mensuelle.  Pourtant Bell connaissait très bien ma consommation moyenne et ma consommation de pointe, lors de ce transfert secret.  Pourquoi m’inscrire à un forfait si ridicule ? Brun est le lapin que l’on m’a posé…

cons_bell_fev

cons_moyJadis

Ma connexion Internet, plus ma ligne téléphonique additionnelle, me coûtaient auparavant 90$ par mois.  Ce mois-ci, ma connexion internet (sans ligne téléphonique), me coûte maintenant 110$.  Le chocolat fond et coule lentement le long de mes tempes…

Visite aux enfers

Quand la “grosse cloche bleue” essaie de te sonner, tu ne rigoles plus et tu n’as pas le choix de sortir l’artillerie lourde.

Je fulmine.  Je prends la ligne et courageusement, je descends dans les profondeurs abyssales de l’enfer.  Le mot de passe: “310-BELL”.  Après avoir passé la torture du robot maléfique, je traverse l’épreuve des 14 touches et le labyrinthe des 10 transferts de service.  Me voici donc en face du cerbère, le gardien des portes de l’enfer.  Son nom est Danny.  Il est gentil.  Mais sa voix attendrissante ne m’émeut pas.  Je dois rester fort.  Je sais que d’un regard, il peut me transformer en statue de sel.  Il m’explique que malheureusement j’ai changé de forfait et, c’est ça qui est ça, mon “ti-n’homme”…

Je lui explique aimablement que je ne savais même pas que Bell avait transféré ma connexion Internet, puisque j’ai seulement demandé d’annuler ma 2e ligne.  Après 5 minutes d’attente, il me revient et change sa version.  Il me dit que malheureusement le forfait que je possédais depuis 15 ans (LD BUNDLE avec consommation illimitée) n’est plus offert dans ma région.  Et que je ne me qualifie malheureusement pas pour le forfait “TOTAL PERFORMANCE” (vitesse de 7 mb/sec et 60 Go de consommation).  Dorénavant, je n’aurai droit qu’au forfait “TOTAL ESSENTIEL PLUS” (vitesse de 2mb/sec avec un plafond de 20 Go de consommation mensuelle).  Sans doute une hallucination du carême, après avoir passé 40 jours dans le désert?  “Vous voulez dire que le forfait que j’utilise depuis 15 ans, a disparu le jour où j’ai annulé ma 2e ligne ?”  Ça parle au diable!

L’enfer est pavé de bonne intention

Voici comment Bell me remercie d’avoir investi, en 15 ans,  plus de 18 000$.  On modifie ma convention et résilie mon contrat, sans m’aviser, à des conditions moindres et à un prix plus élevé.  Entendez-vous, au loin, la plainte du phoque…?

Ma décision est prise.  J’annule.  Le sbire de Lucifer bégaie.  Troisième mise en attente.   Retour.  Re-bégaiement.  Nouvel offre à 10$ de plus, pour un 30 Go de consommation additionnelle.  Il me confirme que pour 46,95$, j’obtiendrais un total de 50 Go de bande passante par mois.  Et qu’en plus, je me qualifie pour un 5$ de rabais supplémentaire, du fait que je possède en plus une ligne téléphonique.  Donc 50 Go pour 41,95$, mais toujours une vitesse “tortuesque” de 2mb/sec.  Un verre d’eau.  Deux cachets de calmants.  Je le place à mon tour en attente…

Je suis un peu moins furieux, mais toujours outré.  Je lui demande de m’envoyer par courriel son offre, pour que je puisse comparer ailleurs. Vous savez, les paroles s’envolent… Il refuse.  “Monsieur, Bell n’envoie pas de courriel à ses clients”. Un fax ? Un télex ? Un télégramme ? Un pigeon ?  Non, hors de question.  Parfait, j’annule tout de suite.  Re-re-remise en attente. Il revient.  OK, mais seulement à l’adresse Sympatico de ma conjointe.  Pas à mon adresse au travail. Parfait.  J’attends votre courriel

Le voici.

courriel_bell

On peut voir que l’offre à 50 Go n’y est pas.  Bell m’a encore floué.  J’ai passé 38 minutes à me faire “bourrer” la valise par le porte-parole de Bell..zébuth

Tirons le diable par la queue

Je consulte alors la page de Bell sur le forfait “Essentiel Plus” (2 mb/sec – 20 Go).  On y voit le prix de 24,95$ pour la première année, et 29,95$ l’année suivante.  Pas 36,95$ ?

essentiel_plus

Pour le forfait “Performance” (7 mb/sec – 60 Go), auquel je n’ai pas droit, on y voit un prix de départ de 34,95$ avec une majoration à 39,95$, après 12 mois.

performance_prix

Comment peut-on m’offrir un forfait à 41,95$, pour 2mb/sec – 30 Go, quand il existe un forfait à 39,95$ à 7mb/sec – 60 Go de consommation ?

C’en est trop.  Lundi, j’annule.  Vade Retro, Satana.

Internet et Web
Opinion

Comments (2)

Permalink

Engagez-vous, qu’il disait!

Je ne suis pas un grand sentimental.  Je vis heureux avec “la” même ange depuis 26 ans.  Ce qui me désole autour de moi, dans les blogues et les séries télévisées (comme C.A., Tout sur moi ou Les invincibles…) c’est cette peur qu’on les plus jeunes de s’établir, de s’enraciner, de s’engager.

Je suis libre

Aujourd’hui l’engagement est probablement la plus grande crainte des adultes en âge de se reproduire.  S’engager veut souvent dire “perdre sa liberté” ou du moins la limiter.  Les boomers se sont battus “becs et ongles” pour réclamer cette liberté:  religion, sexe, divorce, union libre, avortement, dope, amour libre… Les manifestations des années 60 et 70 réclamaient que tous soient libres et égaux.

Les nouvelles générations X et Y, prennent cette liberté pour acquise et ne veulent absolument pas en laisser tomber une miette. Alors l’engagement devient maintenant une des grandes peurs de cette cohorte.

Les trentenaires

Une femme dans la trentaine sent les années se rétrécir comme “peau de chagrin”. Elle ne veut pas plus s’engager que les hommes, mais elle sait qu’elle devra le faire pour éviter de vieillir seule et sans enfants.  Les gars eux ont tout leur temps et cultivent leur calvitie, bedaine, brasserie et chums colons.

Pourquoi m’engager ?

On les entend souvent dire:  “pourquoi m’engager dans un travail stable et contraignant, m’engager dans ma propre résidence stable avec une hypothèque contraignante, m’engager dans un couple stable et très souvent contraignant, m’engager à avoir un enfant instable et contraignant, à vie, quand je peux me payer une poule (un coq) en lui faisant croire que je vais bientôt m’engager. Et cette illusion d’engagement dure souvent des années, sans aucun résultat probant.

Comme mes parents ?

“Pourquoi j’essaierai de m’engager puisse que ça n’a pas fonctionné avec mes parents ?”  Il ne faut pas oublier que la plupart des boomers sont passés d’une société de soumission à une société libertaire. Beaucoup de couples n’ont pu s’adapter. Une femme de cette époque était programmée pour être enceinte, au poêle, sans poser de question. Leur homme pouvait avoir une aventure passagère mais elle n’avait rien à dire;  elle était heureuse puisqu’elle avait de l’argent et plein d’enfants. Lorsque ces dernières ont voulu faire d’autres choses que de grossir, beaucoup d’hommes ne l’ont pas accepté, et les femmes ont quitté le nid douillet de l’inconfort.

Alors comment faire ?

Est-ce peine perdue ? Non, il y a de l’espoir.  Il faut utiliser philosophie et ruse pour harponner le bon candidat.   On doit le séduire tout en lui montrant qu’il a toujours le contrôle.  Mais en fait, après s’être fait planter le harpon, il s’est fait grimpé sur le bateau, et vidé.  Il ne se rend compte de rien parce qu’il est heureux.  Et pour rendre heureux un gars c’est assez simple.  Ma recette est secrète mais j’en dévoile quelques bribes plus loin dans le texte.

La couple est une rivière agitée

Tu descends une rivière en canot. Tu sais que le rapide sera difficile et que tu va avaler beaucoup d’eau.  Mais à la fin, c’est gratifiant parce que tu l’as fait.  Tu oublie la douleur, pour te rappeler que du plaisir.  Un canot se conduit à deux. Si un des 2 oublie de pagayer, vous chavirez et brisez votre embarcation. Alors ton rôle est de supporter et d’encourager ton coéquipier-e avec fermeté. Et tu le fais après l’avoir convaincu de descendre le rapide, c’est la partie la plus exigeante, pas descendre le R3.  Si tu veux faire une fin de semaine de canot, c’est un bon début. Mais une descente à vie de la plus belle rivière, ça se fait aussi. Mais il faut être vigilant et être sur que ton partenaire est au courant qu’il va pagayer pendant 30-40 ans.  Mais ça peut être une assez belle expédition…

Maintenant le copier-coller

J’adore Languirand qui dit:

Pour être heureux dans la vie, il faut composer avec les circonstances de notre existence, avec son lot de joies et de peines. L’engagement est peut-être une façon d’accepter qu’il faut parfois souffrir pour être heureux. En offrant la possibilité d’exprimer nos valeurs personnelles, de donner un sens à nos souffrances, I’engagement permettrait donc le bonheur.
Je retiens de ces études qu’il y a un lien important entre la capacité d’engagement et le niveau de bonheur. Plus une personne est capable d’engagement, plus grand est son niveau de bien-être personnel et plus elle se considère heureuse. Autrement dit, la capacité à s’engager est un facteur plus important que l’âge ou la génération pour prédire le niveau de bonheur. Lire au complet

Les fesses !

Beaucoup de couples basent leur relation sur le sexe. Quand le sexe s’émousse, le couple s’émousse.  Le sexe est un moyen, pas une fin pour être heureux.  Le cul c’est bien, même très bien.  Mais c’est un privilège, pas un droit.  Comme l’amour, il se mérite.  Comme l’engagement, c’est grisant.  Il faut baser son couple dès le début sur d’autre chose que le sexe.  Aller au zoo, à la pêche à la perchaude et aux quilles ensemble est beaucoup plus important que de baiser comme des chauds lapins. N’importe qui peut fourrer comme une bête. Il est par contre très difficile de faire les 3 activités précitées dans la même journée, avec son amoureux-se, sans avoir envie de le/la crisser là. Le bonheur c’est d’aller au zoo, pas de baiser tout le temps.  S’il ne veut pas aller au zoo avec toi, change d’amant tout de suite.

Conseil du jour au “Control Freakesse”

Il faut garder le contrôle de ton couple. Ne lui laisse pas beaucoup de corde sans qu’il ne s’en aperçoive. Il ne doit pas penser que tu “run” le show. Utilise beaucoup d’humour et feint la faiblesse. Les hommes adorent les femmes faibles qui ont besoin d’eux. Ne montre pas trop que tu es forte et dominante, il va sacrer son camp “big time”. Le travail en vaut la chandelle. Donne-lui du cul, quand il le mérite. C’est toi le VP Finance, Marketing et Opération… Lui il est le VP des vidanges, du garage et du sous-sol. Je te jure, ça marche. Il va te durer 50 ans et te faire des tonnes de marmots. Ha oui, donne lui l’utilisation illimitée du garage… Et une semaine par année, lâche le “lousse” avec ses chums-colons pour qu’il s’imagine qu’il est encore libre.

Mot de la fin

Dans une relation, il faut s’investir et s’abandonner. C’est exactement comme investir en bourse. Ton action peut monter à 25$ et descendre à 2,50$ mais si tu as confiance que ton action vaut encore 25$, garde la et elle va remonter.

Janette Bertrand

Moi Me Je ?
Opinion

Comments (1)

Permalink

La libération par l’avortement

Dans ma tendre jeunesse, je me rappelle d’une bien-aimée qui vivait avec sa sœur trisomique.  Pendant la partie de hockey du samedi soir, quand mon amie s’absentait pour quelques minutes, sa sœur étrange s’approchait de moi pour me demander d’être son amoureuse.  J’étais terrifié.  Ma flamme de l’époque m’a gentiment fait comprendre que malgré sa corpulence, ses traits asiatiques et ses problèmes d’élocutions, elle avait la naïveté et la spontanéité d’une fillette de 4 ans.  Même après plusieurs mois, j’étais toujours aussi inconfortable en sa présence.

Aujourd’hui, je vis avec ma fille autiste de 18 ans, qui possède le développement d’un enfant préscolaire. Dépendante de ses parents, elle ne pourra jamais vivre une vie autonome, sans supervision.

Test de dépistage systématique

Cette semaine, notre bienveillant premier ministre annonçait que son gouvernement offrira à toutes les femmes enceintes un test de dépistage de la trisomie 21.  Si ce premier test indique un risque, il défrayera le coût de l’amniocentèse, une test plus invasif et risqué, qui permettra de valider le premier test.

Nous proposons que toutes les femmes puissent se voir offrir un test de dépistage prénatal pour la trisomie 21 accompagné de l’information nécessaire à une prise de décision libre et éclairée, et ce, lors du suivi de grossesse. Si le test de dépistage indique un risque élevé de trisomie 21, une amniocentèse devra être menée pour le confirmer. Quels choix s’offrent alors aux parents? En présence de trisomie 21, ils doivent pouvoir décider, en toute connaissance de cause, s’ils choisissent ou non de poursuivre la grossesse.
Les parents doivent également être libres de faire ce choix et être soutenus, peu importe l’option retenue. La nature de l’information transmise aux parents et la manière de la transmettre seront primordiales.

Dans les jours suivants cette annonce, la droite religieuse et les activistes pro-vie ont rapidement récupéré la nouvelle pour vomir leur fiel réactionnaire contre le gouvernement honni.  Et Richard Martineau, de “varger” dans le tas avec des accusations d’eugénisme, de sélection génétique délibérée.

La plupart des auteurs de ces chroniques s’insurgent contre l’avortement, peu importe les raisons.  Viol, inceste, enfant non-viable ou lourdement handicapé.  Rien ne les ferait changer d’idée : “L’avortement est un meurtre”.

Amusez vous et tapez dans Google “avortement, trisomie et eugénisme” et revivez le retour à la grande noirceur.

Pour ma part, j’adore ma fille handicapée, tout autant que mes autres enfants.  Elle est toute ma vie.  Il est difficile pour un parent d’imaginer sa vie sans son enfant, même handicapé.  Un peu à l’image de celui qui vit avec un handicap:  il arrive à développer une certaine résistance, il s’en accommode et, étrangement,  il devient difficile de s’imaginer vivre sans son handicap, qu’il tente toujours d’oublier.

Ta grossesse en question

Vous osez quand même me posez LA question:  “Pendant la grossesse, si vous aviez su que votre fille allait être handicapée, auriez-vous opté pour l’avortement ?”

À mon tour de vous posez 4 questions :.

  • Est-ce que le handicap que vous me prévoyez sera léger ou lourd ?
  • Est-ce que mon enfant aura eu un certain degré d’autonomie ?
  • Est-ce que mon enfant connaîtra un certain degré de bien-être ou vivra-t-il avec de la douleur nécessitant une médication toute sa vie ?
  • Est-ce que mon enfant sera conscient de son handicap ?  Lorsqu’ils en sont conscients, ils nourrissent souvent des pulsions suicidaires.

Vos réponses dicteront ma décision d’opter ou non pour l’avortement.

Il est facile d’accuser les parents qui décident d’avorter suite à un dépistage. Vous n’aurez jamais à vivre avec cet enfant;  eux auront à le faire.

Je me souviens du jour où le diagnostic est tombé.  Un membre  de notre entourage, plein d’attention, nous a donné une carte “quétaine à souhait” avec la fameuse phrase: “Dieu vous a choisi comme parents pour avoir un enfant handicapé parce que vous êtes fort”.   Boulechite, matante.  Expliquez-moi pourquoi 90% des couples avec un enfant handicapé sont séparés ?  Est-ce aussi Dieu qui en a décidé ainsi ?  Faudrait peut-être qu’il se fasse une idée, votre Dieu…

La santé des parents et du couple sera fragilisée.  Lorsque les parents n’auront plus la force de combattre, l’enfant finira probablement “parké” en famille d’accueil ou en institution.  Le coût social est énorme.  Le choix est lourd. Laissons les choisir, sans remords.

En souhaitant que notre bon gouvernement investisse autant en avortement qu’en support aux familles naturelles qui décident de garder leur petit “mal parti”.

Autisme
Opinion

Comments (2)

Permalink