July 2008

Mes 65 petites misères

Au fil du temps j’ai pris note de gestes, comportements, attitudes ou façons d’être, souvent imperceptibles, qui me tapent sur les nerfs. Selon mon humeur du moment, je m’efforce de les oublier et d’en sourire. En les parcourant, vous vous reconnaîtrez un peu… Comme notre Plume national nous le disait : « On a chacun nos petites misères mais faut pas s’en faire un calvaire avec ça »

Le corps

1. Le chauve qui refuse de s’assumer et qui s’étend le restant de repousse sur le coco. Un travail intense de duperie. Les solutions : le rasoir, la casquette ou le foulard de pirate.

2. Les tatous dans la craque de fesses, l’épaule, la cheville, la poitrine, le cou. Bref tous les tatous quétaines, et les autres aussi. Comme un graffiti sur son corps ; incompréhensible pour les autres et avec les années, il deviendra encore plus flou et flasque.

3. Le piercing de la lèvre. Pas facile avec la « barbe à papa » ou la « pomme de tire ».

4. Le piercing du nez. C’est d’entretien pendant la saison du rhume de cerveau

5. Le « frappé» qui porte ses lunettes fumées à l’intérieur. J’ai le goût de le prendre par le coude et de l’accompagner en lui chuchotant : « N’ayez pas peur, je vais vous aider à traverser la rue »

6. Le tic suprême et torture ultime : les craquements de doigts. Vachement grossier. Et tout a fait inutile : au moins après une flatulence, tu te sens moins gonflé…

7. Les faux seins à $5000. Pensez-vous vraiment que l’on a pas démasqué la supercherie ? C’est aussi discret qu’un gars qui porte un toupet.

8. Un barbu dans une épluchette. C’est encore pire s’il n’est pas accompagné.

9. Une femme avec un profond décolleté où l’on peut voir l’étiquette du fabricant. Elle s’offusque que le regard des hommes ne se posent que sur sa poitrine. C’est parce qu’ils veulent prendre en note la marque de son soutien-gorge pour l’offrir à leur bien-aimée.

10. La poignée de main de poisson. Probablement l’expérience tactile la plus désagréable qui soit.

11. Les cheveux transplantés qui deviennent, avec la progression de la calvitie, un champ de carottes abandonnés sur le dessus de la tête. Pourquoi pas vous les étendre sur le reste du crâne ?

La technologie

12. Les sonneries de téléphone de pièces classiques. Mozart et Beethoven n’apprécieraient sûrement pas ce que l’on a fait de leurs œuvres.

13. L’illuminé qui se balade sur la rue avec son écouteur « bluetooth » dans l’oreille. Le summum: le même appareil avec clignotant bleu. Une cible parfaite pour un tireur embusqué ?

14. Le message courriel de spam traduit par l’outil de traduction de Google. Bien oui que je vais cliquer dessus. Je ne sais même pas ce qu’il raconte.

15. Le fou d’email et de SMS qui lit ses messages sur son appareil pendant que tu lui parle. Allez hop, on s’en va…

16. L’utilisateur de téléphone cellulaire qui beugle dans son appareil. SVP va faire enlever ton bouchon de cérumen.

La publicité

17. La SAQ qui nous implore de « boire avec modération ». C’est aussi crédible que McDonald qui nous recommanderait de ne pas trop manger de Big Mac ou Shell, de ne pas faire trop de route.

18. Les publicités des plus grands pollueurs (Alcan, les grandes papetières ou pétrolières), qui se gargarisent d’environnement, de petits oiseaux et de grand espace. Pour mieux nous faire oublier qu’ils ont détruit l’écosystème de notre planète.

19. Les camions-annonces dans la circulation au centre ville. Avons-nous le droit de dégonfler leurs pneus ?

20. Dans les journaux, les publicités d’automobile avec le prix des paiements mensuels ou hebdomadaires mais sans aucun prix total. À quand les prix quotidiens ?

21. Les pubs télés que l’on nous répète 2 fois de suite. Et il se demande pourquoi les jeunes délaissent la télévision.

22. Les publicités télés traduites à Toronto. Le nouveau concept : on ne voit plus les lèvres bouger. Mais on peut quand même voir leurs faces de mauvais comédiens anglais avec leur français teinté d’accent British. Le 1er prix : les commerciaux de MarineLand ou de BrandPower « qui vous aide à mieux acheter ».

Le transport

23. Le chauffeur d’autobus qui vous oblige à écouter sa ligne ouverte pendant une heure. Si un passager s’avisait de faire jouer sa radio aussi bruyamment, il se ferait expulser manu-militari…

24. Les ailerons sur le coffre des voitures qui font 0-100 en 1 minute, le pied dans le fond.

25. Les stations d’essence qui n’affichent pas leur prix. La loi devrait exiger qu’ils donnent un rabais de $10 à chaque plein.

26. Les chauffeurs de taxi qui se font un devoir de conduire en débile pour nous plaire. Je leur dis toujours « Avez-vous un rendez-vous urgent ? »

27. Les V.U.S. avec de gigantesques tubulures d’acier sur la calandre. C’est quand la dernière fois que tu as poussé un arbre pour accéder à ton entrée ?

28. Le pressé dans l’autobus qui se lève 1 kilomètre avant l’arrêt, pour se mettre en rang dans l’allée. Reste assis mon pit, tu débarque dans 5 minutes.

Dans la rue

29. Les « vendeurs » d’Amnistie International ou de Green Peace qui nous harcèlent au coin des rues. Libérez-vous et arrêtez de polluer, et retournez chez vous.

30. Les anorexiques et les obèses en short. Ils devraient éviter à tout prix de se présenter devant les cardiaques.

31. Le livreur de poulet qui te dépasse à droite, comme s’il travaillait pour Urgence-Santé.

32. Une maison en bordure d’une autoroute. Probablement l’endroit le plus déprimant sur terre; surtout la nuit.

33. Le cycliste du dimanche, bedonnant, déguisé en clown et tapissé de centaines de logos européens. Accroche une citrouille à ton guidon, tu ramasseras des bonbons en route.

34. Les arbres émondés par les bucherons de banlieue, laissant quelques moignons aux végétaux décharnés.

35. Les schtroumpfs évadés de champignonville qui marchent en ville avec leurs sandales « Croc » .

36. Le quêteux agressif. Il se met en travers du trottoir, me regarde dans les yeux et me parle comme si nous avions élevé les cochons ensemble. Si je l’ignore, il me remercie exagérément, avec du fiel dans la voix.

Dans les médias

37. Le faux prophète de service qui nous explique que les chutes de neige record et les froids sibériens de l’hiver dernier, jumelés à l’été pluvieux et maussade de cette année sont causés par le réchauffement planétaire. L’an passé, c’était le manque de neige, combiné au dégel d’hiver et les chaleurs record d’été qui était causé par le réchauffement planétaire. Paraît-il que la hausse du prix du pétrole, l’obésité et l’incompétence des chroniqueurs météo seraient aussi causés par le réchauffement planétaire.…

38. L’animateur de radio qui vocifère par-dessus les chansons. Silence ! On veut l’entendre la chanson…

39. L’oiseau de malheur qui nous annonce une épidémie éminante de fièvre aphteuse, de grippe aviaire, du virus du Nil occidental ou d’encéphalites spongiformes. Il ne fait généralement aucune distinction entre les termes « endémie, pandémie, épizootie et épidémie ». Et pis, mon épi ?

40. Les homosexuels, quétaines, chanteurs de charme de « matante » à la Michel Louvain ou Evan Joannes. Ils devraient être poursuivis pour faux et usage de faux.

41. Les ministres fédéraux qui parlent aux informations dans un français incompréhensible. Une autre raison de voter oui ?

42. L’artiste québécois qui fait un séjour en France et revient avec un accent.

43. Le météorologue qui ne parle plus de température traditionnelle mais l’hiver de facteur éolien, et l’été de facteur Humidex. Des concepts inventés pour faire peur au peuple. Et ça marche.

44. Les « Buzz words » à la mode : gouvernance, structurant, faisabilité, logistique, synergie, réingénierie… Très branché dans les salons. Mais celui qui me vire à l’envers c’est « résilience » que l’on entend constamment depuis la parution d’un livre en 2004. SVP on se calme. Ce mot est calqué de l’anglais. Il existe un vrai « vieux » mot en français la « résistance ».

Au travail

45. Le fumeur qui se balade dans l’ascenseur avec une cigarette éteinte dans la bouche. SVP garde-la dans ton paquet et fais nous pas honte.

46. Au bureau, celui qui pense qu’il est le seul à utiliser l’évier de l’aire commune, en y faisant mariner son plat de la veille ou sa vaisselle de la semaine.

Sports

47. Le frais-chié qui joue au golf parce que ça fait frais-chié. Je ne m’étendrai pas plus longtemps sur les autres prétendus-sports pour épagner les amateurs de bowling, pétanque, balle-molle, vtt ou dart de plage.

Dans les magasins

48. Le panier d’épicerie, chez Canadian Tire, que l’on ne peut pas rouler jusqu’à l’auto. Avez-vous peur que je rapporte votre panier chez moi ?

49. La boîte de pourboire écrit en gros crayon feutre, à côté de la caisse au dépanneur. Tu veux vraiment un pourboire pour avoir “scanné” mon paquet de gomme?

50. Quand on me demande à la caisse : « Avez-vous trouvé tout ce que vous cherchiez? » Je me retiens de répondre « Je n’ai trouvé personne pour me faire une fellation»

Au restaurant

51. Le café dans un verre de styromousse. Aussi agréable que de manger dans une assiette de styromousse avec une fourchette en plastique.

52. La bière à 10$ dans un verre de plastique, tellement mou, qu’il faut le tenir par en dessous.

53. Les petits contenants de lait pour le café, sans languette, qu’il faut ouvrir avec une perceuse.

54. Le végétarien qui critique le mangeur de viande. Oui mais sais-tu qu’un céleri c’est aussi vivant ?

55. Les fausses micro-brasseries. Style Rickards Red (Molson) et St-Urbain (Labatt). Ils n’ont même pas le courage d’inscrire leur nom, même en petit, sur l’étiquette.

56. Le concept de restaurants de côtes levées à la « Scores ». Des os entourés de gras, avec de la peinture brune, à saveur de fumée qui te beurrent la face. Mium.

57. Ceux qui surveillent leur alimentation et qui chaque matin mangent un muffin parce que c’est brun. En réalité c’est du gâteau (vrai nom: cake muffin) rebaptisé par l’industrie de la restauration rapide. Un muffin moyen au bleuet, préparé commercialement, contient entre 350 et 500 calories, soit l’équivalent d’un repas. Tu te demandais pourquoi tu ne rentrais plus dans ta belle robe ?

Les gens

58. Les parents qui donnent des prénoms anglais et qui ne parlent pas un mot d’anglais. Pire: les prénoms anglais prononcés à la française : Christofeur ou Sindsi.

59. Le « linguiste de salon » qui tente de te convaincre que tu prononce mal un nom de famille ou un nom de ville « St-Didâce ou St-Didasse » « Ducâsse ou Ducasse » « Mâsse ou Masse » “Mâlo ou Malo” ? . Bâtard, on s’en câl…

60. Un poilu qui a obtenu, de peine et de misère, son doctorat en sciences politiques en 10 ans et qui se fait appeler « Docteur ». En plus il a décidé qui n’était plus un politicologue mais un politologue.

61. Les propriétaires d’infernal chien minuscule qu’ils traitent comme un enfant. Psychiatre en zoothérapie demandé.

62. Le touriste français qui essaie de parler joual pour nous impressionner. Ils réussissent toujours à nous impressionner.

63. Les rabais postaux. L’inventeur de ce concept mérite la lapidation et son cadavre exposé en permanence sur toutes les pages d’accueil des sites web de magasins d’électronique du monde.

64. Le suremballage (overpackaging). J’ai acheté un ordinateur portatif minuscule et la boîte mesurait au moins 10 fois sa grandeur. Je suspecte que les sites d’enfouissement financent cette pratique.

65. Les listes personnelles. Ceux qui ont du temps à perdre à dresser des listes de tout et de rien. Il devrait plutôt arrêter de tout critiquer et se rendre utile.

Mes petites misères – 2e partie.  Vous pouvez lire la 2e partie de cette chronique, publié le 20 décembre 2008.


Plaisantin

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Pique-nique des castors

En pleine été, il est bon de se retrouver en “famille” autour d’un bon gueleton. Alors pourquoi pas une pause santé de groupe au lac des castors? Même le temps incertain a fait preuve de générosité. Merci aux organisateurs et surtout à ceux et celles qui ont préparé ce merveilleux repas. Amen.


Ma caméra
Moi Me Je ?

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La 19e épluchette de Toney

En cette chaude fin de semaine de juillet, Antoine et ses alcoolytes ont célébré à leur façon le 19e anniversaire de notre fils cadet. Beaucoup de mousse, peu de maïs, et plusieurs mots de tête. Le lendemain, ils ont rincé leur odeur de houblon dans le lac en se fumant des roteux sur le grill…


Ma caméra
Moi Me Je ?

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Eddy ou le sourire dans les yeux

Beaucoup de gens autour de nous se trouvent exceptionnels et nous le font sentir. Ils nous parlent de leur dernier voyage au « dispendieukistan », de leur dernière bébelle I-phony, de leur silhouette de purgatoire gossée au gym, ou encore de leur nombre d’amis « virtuels » dans les zéros sociaux.

Mais des gens exceptionnels et qui ne le savent pas, il y en a très peu.

Moi j’en connaissais un et il a eu la mauvaise idée de prendre sa retraite terrestre cette semaine. À 60 ans, ce gentleman espiègle nous a finalement joué son plus grand tour.

Je l’ai connu, il y a 2 ans, à la faveur d’un voyage de pêche sur le réservoir Gouin. Une semaine dans un bateau-maison pendant une « croisière » de 250 km sur cette incroyable mer intérieure. On a vécu collés-collés pendant les 16 heures de train, toute la semaine dans une petite péniche et une chaloupe de 16 pieds. Il avait tout intérêt à être un chic type parce que moi, le matin, je bougonne…

Tout de suite il m’a séduit. Derrière ces yeux rieurs se cachait un grand pêcheur, philosophe et blagueur. Il m’a aussi impressionné par sa débrouillardise et ses connaissances en tout. Électricité, plomberie, structure, moteur, rénovation… Poses ta question, Eddy va y répondre.

J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour les patenteux-bricoleurs-rafistoleurs. Il y a en avait beaucoup dans ma famille de cultivateurs/garagistes lorsque j’étais petit. Mon grand-père paternel en était un. Au grand dam de l’être aimé, j’ai d’ailleurs conservé plusieurs de ses réalisations dans mon sous-sol et garage. Mon trophée : un escabeau de peintre fait en tuyaux d’acier vissés les uns dans les autres. Un héritage bancal qui doit avoisiner la centaine de livres.

Plombier d’expérience, Eddy, en fin de carrière s’est recyclé en commis de la plomberie dans une quincaillerie à grande surface. Malgré le fait qu’il adorait le contact avec le public, il me semblait plus ou moins heureux de son sort : pas à cause de son travail, mais de soucis personnels. Il ne parlait pas beaucoup de ses tracas. On dit que c’est le propre des hommes…

J’ai gardé contact avec Eddy après ce voyage de pêche. Quand j’avais besoin de conseils, je visitais Eddy dans son allée. Je pouvais même l’appeler chez lui. J’ai connu sa belle Margaret. Lorsque nous avons acheté la maison pour nos enfants autistes l’an dernier, il s’est investi comme un missionnaire dans notre œuvre. Il a obtenu des dons de son employeur, il est venu rénover les salles de bain et amené ses amis avec lui.

Quand j’ai retapé mon vieux chalet, il m’a donné des centaines de conseil. Sa phrase fétiche : « Occupe toi pas de ça, je vais passer chez toi en fin de semaine pis on va l’installer ensemble ». Un petit détour de 250km ! Je l’ai regardé faire et il m’a enseigné tous les rudiments de la plomberie. Il a trouvé des solutions ingénieuses à mes nombreux problèmes « insolubles » de plomberie.

Je l’ai invité à de nombreuses reprises à la pêche. Mais il investissait beaucoup de son temps à des projets personnels. Il y a quelques semaines, je l’ai de nouveau invité à la pêche : il m’a dit que ça allait beaucoup mieux et qu’il pouvait enfin dormir sur ses deux oreilles. Il ne croyait pas si bien dire…

Bonne pêche en haut, mon Eddy. Il paraît que ça mord pas mal. Tu nous donneras tes meilleurs “spots” quand on ira tous te rejoindre.

Eddy a bord du train en direction du réservoir Gouin en août 2006

Moi Me Je ?

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