November 2008

Les autocrates assoiffés du flot de vos rivières

Cette semaine, j’entendais Pauline Marois épiloguer sur la position de son parti concernant l’harnachement de la rivière Romaine, une des dernières grandes rivières intactes au Québec.

Visiblement mal à l’aise, elle a passé un bon moment à osciller entre la conservation et le développement. Ignorant encore où elle se dirigeait avec ses raquettes aux pieds, sa réponse est digne des grandes tergiversations des gouvernements qui se sont succédés depuis la fin des années 50. Elle nous a servit son grand laïus d’occasion pour justifier la disparition de cette grande rivière: outil de développement régional, autonomie énergétique, source de revenue, énergie propre et renouvelable, absence de gaz à effet de serre, technologie québécoise de pointe, accord avec le milieu…

La vérité c’est que les rivières du Québec sont une implacable machine à imprimer de l’argent, comme l’étaient les océans ou les forêts avant la disparition des poissons et la raréfaction du bois. La disparition d’une centaine de majestueuses rivières au cours des 40 dernières années n’attriste personne d’autre que quelques romantiques amants du bruit des chutes et du clapotis des vagues.

La carte du Québec d’avant

En voyage, j’aime bien visiter les boutiques de cartes topographiques. J’apprécie particulièrement les vieilles cartes du Québec, du Canada et de l’Amérique du début de la colonie. Un jour à Toronto, j’aperçu une immense carte du Québec des années 20, du temps où la couronne britannique venait de lui attribuer les territoires du Nord du Québec. Pour la première fois je voyais mon pays avant le saccage : aucun réservoir au sud, surtout construit pour la drave et les papetières tel le Basketong, Cabonga, Dozois, Gouin ou Taureau; aucun détournement de rivière, comme la Rupert, la Caniapiscau ou la Pékan; aucune inondation de territoire vécue sur La Grande ou Manic 5. Le Québec tel qu’il était avant sa gigantesque chirurgie plastique du dernier siècle et ses 200 centrales hydroélectriques.

Hydro-Québec est un gouvernement à l’intérieur du gouvernement qui n’a, en fait, qu’un seul objectif : faire travailler ses nombreux ingénieurs syndiqués pour construire de plus en plus de barrages, pour vendre encore plus aux Ontariens et Américains, peu importe la demande intérieur ou les économies d’énergies potentiellement réalisables. La preuve: le gouvernement a enlevé à Hydro-Québec le mandat de faire promotion de l’économie d’énergie en créant une agence gouvernementale distincte. Hydro Québec n’était pas très bien placée pour dire aux Québécois de moins consommer d’électricité. Un peu comme si Shell ou Esso avaient pour mandat de nous faire acheter moins d’essence.

Le projet archipel

Les gens de ma génération se souviennent du fameux « projet Archipel » qui projetait la construction d’un gigantesque barrage au pied du pont Champlain, pour inonder les rapides de Lachine pour, nous disaient-on, éviter les inondations au printemps… Nous sommes presque tombé dans le panneau. À la suite d’une levée de boucliers des verts de l’époque, les rapides de Lachine ont été préservés. En plus, depuis 20 ans, en brisant les glaces avant la fonte des neiges, il n’y a plus aucune inondation autour de l’île de Montréal. On ne peut aujourd’hui imaginer Montréal sans ses majestueux rapides.

Il existe des dizaines d’histoires heureuses où les « locaux » se sont battus afin d’éviter que le malin voleur de rivières s’accapare de leur patrimoine. On peut penser aux rivières sauvées in extrémis comme la Batiscan, Malbaie, Jacques Cartier ou Ashuapmouchouane (4 rivières maintenant protégées et enclavées dans des parcs). Hydro ne se repose pas et plusieurs rivières sont encore dans les cartons de l’ogre de la turbine comme la rivière aux Feuilles, probablement une des plus belles rivières au Canada.

M. Charest a signalé que les aires protégées n’empêcheront pas des entreprises de réaliser des projets ailleurs dans le Grand Nord. Hydro-Québec n’abandonne pas pour autant son projet d’ériger des barrages sur la rivière aux Feuilles, a-t-il répondu.

Centre hydrique, BAP et Environnement durable

Pour endormir la population, notre gouvernement des rivières a créé des instances pour contrôler, régir et écouter les doléances des chialeurs, rétrogrades et empêcheurs du progrès. Ces organismes n’ont pas beaucoup de pouvoir, étant menotté par ceux qui les ont créés. Des instances sans recours, pour se donner bonne conscience devant la contestation. Le détournement de la Pékan dans la Moisie, la dérivation de la Rupert et finalement la Romaine en sont de belles exemples.

Les parcs de rivières en Ontario

L’Ontario a protégé la majorité de ses grandes rivières en parcs linéaires, empêchant la construction de barrages, de quais ou la vente de terrains le long des rives. En plus 50% de son territoire nordique est protégé de l’exploitation minière ou forestière. Mais il y a un prix à cette protection. L’Ontario produit son énergie principalement grâce à des centrales thermiques (au charbon) et nucléaires C’est leur choix de société.

Carte des parcs de l'Ontario

Parcs de l'Ontario

Les barrages comme outil de développement des régions

À la fin des années 90, j’ai fait la descente de la rivière Portneuf au nord de Forestville. Dix ans auparavant, j’avais découvert ce bijou bordé de plages, blotti au coeur de montagnes magnifiques. Mais depuis, avec l’aide d’une entreprise privée, Hydro y a construit plusieurs mini-centrales au dessus des 3 plus beaux rapides de la rivière. Vous devez maintenant portager ces rapides le long d’un étroit trottoir de béton, en plein milieu de la forêt boréale. Pas de gardien, pas d’employé. Simplement une rivière qui entre dans un immense ponceau de 15 pieds de haut et qui ressort 500 mètres plus loin, accompagnée du grésillement de transformateurs et de câbles de 750kw. Ces centrales sont vraiment de grands moteurs de développement régional.

La rivière St-Maurice, que j’ai dévalé à plusieurs reprises, est agrémentée de 13 barrages soit le nombre le plus élevé de barrages sur une seule rivière. Assez paradoxalement, la communauté Atikamekw de Weymontachie, avec une population de 1 500 âmes enclavée entre 2 barrages, n’a même pas accès à l’électricité d’Hydro ! Elle produit son courant grâce à des génératrices et de l’essence… On repassera pour le développement des communautés locales.

Projets d’envergure

Afin de calmer notre castor nationale, je suggère 2 projets qui devraient occuper nos fourmis étatiques pour les 10 prochaines années. Je propose de construire un immense barrage en face de la ville de Québec et un autre à Tadoussac, à l’embouchure du Saguenay. De plus ces 2 barrages pourraient servir à remplacer les 2 traversiers de Québec-Lévis et Tadoussac-Charlevoix, générateurs de tonnes de gaz à effet de serre. Nous pourrons alors constater de visu les avantages des constructions hydroélectriques comme le développement des régions, l’énergie propre et renouvelable et l’expertise technologique unique de leurs ingénieurs et ce, à deux pas de nos élus…

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Les coupes forestières peuvent-elles réellement être compatibles avec le respect de l’environnement?

Nous lisons chaque semaine des commentaires dans les médias sur les coupes abusives des compagnies forestières, le manque de diversité du reboisement de la forêt boréale et l’éloignement grandissant de la matière première pour les papetières. Tous ces maux naissent du besoin des régions-ressources d’assurer des emplois à leurs habitants afin d’empêcher l’exode des forces vives de ces coins de pays.

Dans les années 60, mon père et mon grand-père m’amenaient à la pêche et je me souviens très bien des coupes à blanc sur les flancs des montagnes avec les immenses cicatrices de la machinerie dans le paysage. Dans les années 90, les coupes ont repris sur ce même territoire. Malgré qu’aujourd’hui les bordures des lacs et les paysages autour des habitations de villégiature sont préservés, les coupes à blanc étaient la norme jusqu’à tout dernièrement. Sans être un expert, je pense que le fait de laisser des amoncellements de branches sur le sol jusqu’à 10 pieds de haut, sur plusieurs kilomètre est encore plus dommageable que cette coupe rase drastique. Sur plusieurs routes de bois, 20 ans après les coupes, rien n’a encore repoussé du fait que ces immenses tas de branches ne se sont pas encore décomposés. Dans les années 2000 les coupes ont continués mais en privilégiant les rasages en rangés, technique probablement supérieure, surtout pour les animaux et la regénération mais avec un résultat tout aussi disgracieux pour la forêt.

Aujourd’hui, suite aux pressions populaires, les entreprises forestières qui veulent vendre leur bois à grande échelle se doivent de respecter des règles précises afin d’obtenir leur certification « écolabel». Dans le cas de l’entreprise qui buche dans mon coin de pays, il s’agit de l’accréditation FSC (Forest Stewardship Council). Pour l’obtenir ils doivent se plier à plusieurs normes précises pendant la planification du territoire, la construction des routes et des ponts, la récolte, le transport et la régénération de la matière ligneuse. Il existe d’autres certifications écolabel, en Europe entre autre, comme la PEFC (Program for the Endorsement of Forest Certification schemes) qui insiste plus sur la conservation de la diversité biologique des plus petites forêts d’Europe.

J’ai voulu savoir si effectivement les résultats de ces nouvelles techniques de coupes étaient à la hauteur des promesses. Cette fin de semaine je me suis baladé en moto sur un chantier de coupe qui vient tout juste de fermer. J’ai pris plusieurs photos et même réalisé un court vidéo en roulant sur ma monture (52sec).

J’ai constaté des progrès notables sur les anciennes techniques. Même si les dégâts à la forêt sont quand même importants, du fait que le couvert forestier est demeuré relativement présent, la régénération se fera plus rapidement et pas seulement dans une seule essence de bois (épinette!) comme auparavant.

Malgré le coût supplémentaire que ce type de coupe entraîne, ces entreprises ont tout intérêt à collaborer avec les habitants locaux, les membres des Zecs, les pourvoiries, les villégiateurs, les premières nations et même les groupes de pression afin de redorer leur blason. D’ailleurs, tous ces gens là sont les véritables propriétaires de cette forêt parce qu’ils en ont l’usufruit. Des années d’abus de ces entreprises, jumelées au laxisme du gouvernement ont emmené le saccage de l’héritage de nos enfants. Je suis persuadé qu’il est possible de récolter une forêt mature sans hypothéquer son utilisation par ceux qui veulent en profiter. Les compagnies forestières ont enfin compris le message, grâce aux consommateurs qui ont exigé un minimum de respect de leur patrimoine.

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Une soirée tout à votre bénéfice!

Depuis 10 ans, je seconde ma compagne de vie pour assurer le bien-être immédiat et l’avenir de notre fille cadette. Notre fille, tout comme des dizaines d’autres familles d’enfants autistes de notre région, sont incapables de se défendre seule contre l’autisme. Aujourd’hui ces familles sont maintenant solidement épaulées par des dizaines d’intervenants, bénévoles, donateurs, supporteurs et commanditaires.

Tous ces bienfaiteurs se sont regroupés hier soir lors de notre 4e soirée bénéfice et 3e dégustation “vins et fromage” au profit de l’organisme les Répits de Gaby. Cette année, afin d’assurer plus de confort à nos invités, l’événement avait lieu pour la première fois à Joliette, plutôt qu’à Repentigny. Une salle plus grande, équipée des dernières technologies, avec des espaces de travail mieux adaptées, entourée d’un décor champêtre, à deux pas de la rivière l’Assomption.

Ma partenaire, Anne Deschamps, présidente et co-fondatrice de l’organisme nous a informé des dernières réalisations de l’organisme et du défi de l’autisme. Vous pouvez lire son texte ou regarder la vidéo de son allocution (7m30s).

Mon humble rôle se limitait à trouver quelques prix pour l’encan, préparer des présentations multimédias pour la soirée (vins et fromages en vedette, et travaux effectués à la maison des Répits de Gaby), et seconder François, notre encanteur vedette. J’ai dû par contre me plier aux fantasmes de François en me déguisant en Skippy le temps de la présentation de l’assiette de viande de kangourou et du vin australien. J’en saute encore de plaisir.

Plusieurs bénévoles ont travaillé d’arrache pieds pour, entre autres, vendre les billets, solliciter les commanditaires, choisir les accompagnements, les vins et fromages, préparer les plats de service, placer la salle, servir les invités pour ensuite tout ramasser aux petites heures du matin. Sans toute cette armée d’âmes dévouées, il va sans dire que jamais cette soirée n’aurait eu lieu.

Je ne me trompe pas en affirmant que les 225 personnes présentes ont apprécié leur soirée. De plus les 26 prix encantés ont trouvé preneur à très bon prix. Des œuvres d’art, forfaits voyages, alcools fins, équipements électroniques et billets de hockey se sont généreusement envolés au profit de nos fragiles anges. Pour l’encan 2006 nous avions offert 8 prix, l’an dernier 13 prix et cette année 26 prix, pour une valeur de 12 000$. Avec la contribution du billet d’entrée et les dons, la soirée a permis d’amasser 24 300$ en profit, somme qui ira en totalité en service direct aux familles et à leurs enfants souffrant d’autisme.

Nous remercions le comité organisateur, les bénévoles, les donateurs, participants et commanditaires pour le succès éclatant de cet événement. Venez vous inscrire sur le site des Répits de Gaby si vous désirez être contacté lors du prochain événement. En vous amusant vous découvrirez de nouvelles saveurs, et permettrez à plusieurs familles accablées de reprendre son souffle.

Allez lire un article du journal L’action sur cette soirée

Autisme

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Terre-plein de la bêtise

Vous roulez tranquillement sur une route de campagne. Vous traversez des villages pittoresques. Vos êtres chers naviguent avec vous et exceptionnellement vous respectez les limites de vitesse. Vous trouvez même amusante cette vieille barque qui s’éternise devant vous, conduite par un chapeau. Pas de conducteur en vue, seulement un chapeau de feutre brun.

Pour ralentir les « étranges » pressés, ces petits maires de villages font preuve d’acrobaties et d’ingéniosité pour contenter leurs contribuables: dos d’âne, ventres de bœuf, immense affiche électronique avec radar vous rappelant votre vitesse et même voiture de police inoccupée stationnée pendant des heures à l’entrée du village. Mais la municipalité de Sainte-Marcelline de Kildare, qui étrangement s’appelait Ste-Marcelline de Radstock il y a quelques années, se mérite la palme de la plus mauvaise cochonnerie pour ralentir la circulation. Tout juste après une courbe à 90km, bien avant l’entrée du village, l’érection d’un terre plein mal éclairé de 10 pieds de large, qui vous oblige à bifurquer de façon dangereuse à la dernière minute. Voyez le synopsis complet.

L’hiver dernier mon fils revient de ski avec sa copine et un ami. À la brunante, fatigué et distrait, il ne remarque pas cet improbable terre-plein de ciment à l’entrée du village et il le chevauche. Aucun dommage à la voiture. Le poteau de la balise de signalisation est à peine plié. Il ne peut dégager sa voiture qui est soulevé par la neige. Pendant qu’il appelle le CAA pour obtenir de l’aide, un représentant de la force constabulaire se présente sur les lieux. Ce dernier, après une dure journée à lutter contre les bandes criminalisées du village, recherche un autre truand à coffrer. Après avoir douté des facultés de mon fils, il se met à douter de ses talents de conducteur. Je vous épargne les insipidités d’usage que nous avons tous eu à subir, à un moment donné de notre vie, de la part d’un blasé représentant de l’ordre. Les jeunes réussissent finalement à dégager leur voiture, sans l’aide du policier, et mon fils quitte sans autre cérémonie.

La suite, 6 mois plus tard : il reçoit une facture de la voirie du village, de plus de 200$, pour le remplacement du poteau. Probablement qu’avec la hausse du prix de l’acier, ces poteaux sont maintenant hors de prix, et impossible à déplier. Il paye sans broncher puisqu’il reconnaît qu’il est responsable du dommage causé à cet innocent poteau.

10 mois plus tard, cette semaine : Surprise. Une autre lettre enregistrée. Une contravention de $250 pour avoir « probablement » traversé une ligne double. C’est le libellé exact du billet. Comment peut-on recevoir une contravention 10 mois après un événement quand le policier ne nous en a jamais remis pendant l’événement? Comment peut-il avoir traversé une ligne double en glissant sur un terre-plein tout neuf et sans éclairage, installé en plein milieu d’une route de campagne. Est-ce que l’automobiliste qui quitte la route pour s’échouer dans un fossé reçoit une contravention pour avoir traversé une ligne continue ? J’imagine le même policier en train d’invectiver le conducteur mal en point au lieu de lui porter secours. Où est-il le policier qui a le devoir de nous protéger et de servir ?

Opinion

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