January 2009

La cicatrice dans la tête

La semaine dernière, vous avez peut-être été témoin d’images éprouvantes au bulletin de nouvelle.  Le joueur américain de hockey junior Garrett Klotz, des Phantoms de Philadelphie, a livré un violent combat  face à Kevin Westgarth, des Monarchs de Manchester.  Après plusieurs coups reçus à la tête le jeune Klotz a convulsé sur la glace, une crise d’épilepsie vraisemblablement causée par les coups reçus à la tête.  Des images troublantes pour qui n’est pas familier avec ce défectuosité neurologique.  Difficile, même pour ceux qui vivent avec elle depuis longtemps.

Le combat avant la crise apparaît sur youtube ainsi que le reportage où l’on  aperçoit, pendant quelques secondes, le jeune joueur en convulsion.

Ma compagne de vie, qui a souffert d’un solide traumatisme en moto à l’adolescence, a vécu par la suite des périodes épileptiques.  Pendant qu’elle était enceinte de nos enfants, cette étrange manifestation neurologique a réapparu à quelques reprises, surtout dans de grandes surfaces, causée par l’effet stroboscopique de néons défectueux.  Ce phénomène bénin est suffisant pour déclencher une surcharge électrique du cerveau et entrainer le comportement convulsif spectaculaire associé à l’épilepsie.

Mais il y a plusieurs types d’épilepsie et plusieurs manifestations de cette affection neurologique. Celle que je connais bien est l’épilepsie tonico-clonique, ou communément appelé le “Grand mal”.

Ma fille autiste, de son côté, n’a eu aucun épisode épileptique avant l’adolescence. Du moins aucune crise dont nous avons été témoins. Il y a 3 ans, un soir où elle était dormait entre nous, elle a soudainement hurlé de douleur, s’est arqué, la contraction a coupé son souffle, ses yeux ont tourné et sa figure s’est bleutée. Comme un drapeau sur son mat, son petit corps fragile s’est mis à trembler par secousses courtes et fermes. Pendant 30 secondes, un court-circuit a traversé son corps.  Qui nous a paru 30 minutes. Ma compagne, en contrôle, l’a retourné sur le flanc et l’a laissé faire en évitant que ses secrétions buccales ne bloquent sa respiration.  Moi j’étais étourdi, incapable de me calmer.

Quinze minutes après l’événement, elle semblait morte. Blême, amorphe et sourde à nos appels. Son souffle court et rauque était gêné par les sécrétions dans ses voies respiratoires. Elle gisait comme inconsciente.

Le lendemain matin, dès les premiers rayons de soleil, elle s’est glissée dans notre lit en réclamant ses éternelles toasts “brunes”.  Elle était calme et souriante;  comme si rien ne s’était produit.

Récemment, nous avons vécu un autre incident où, somnolante sur le divan, elle a encore convulsé devant nous.  Tout aussi traumatisant.  Le neurologue qui traite notre fille, lui a finalement prescrit des anticonvulsivants, un médicament qui contrôle bien ce type de crises, sans trop d’effets secondaires. Ce médicament contrôle tout aussi efficacement l’autre type d’épilepsie le “Petit mal”, dont Gabrielle a aussi souffert, caractérisée par un court moment où son corps s’arrête, figé dans l’espace, et qui repart après quelques secondes. Le jour où cette absence s’est produite dans l’escalier, nous avons compris que sa vie était en danger et qu’il nous fallait agir rapidement.

Si vous voulez en savoir un peu plus sur l’épilepsie, il existe une excellente vidéo (en anglais) expliquant les différents types d’épilepsie, avec des images saisissantes.

Le corps est une étrange machine. Il monte les plus hautes montagnes sans oxygène, descend sur 2 planches à une centaine de km à l’heure, plonge à plusieurs dizaines de mètres sous l’eau et résiste à des froids intenses. Pendant votre vie, il vous témoigne des comportements qui vous transcendent, et d’autres qui vous dépassent.  Comme l’épilepsie d’un enfant.

Le titre réfère au livre “La cicatrice dans la tête” de Valérie Pineau-Valencienne, traitant de l’épilepsie.


Autisme

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Ma maison célèbre…ses 150 ans

J’ai eu la chance de grandir dans une majestueuse maison centenaire. Construite entre 1851 et 1859 (vraisemblablement en 1852), elle aurait été la résidence d’Antoine Manseau, le premier curé de Joliette, avant même que la ville porte ce nom. La rue à ses pieds porte d’ailleurs le nom de son illustre premier propriétaire, le boulevard Manseau. Il est difficile de déterminer l’année précise de sa construction du fait que les documents de cette époque ne retracent que les propriétaires des terrains et pas des bâtiments. Je devrai consulter les documents d’époque dans les voûtes poussiéreuses du palais de justice pour connaître son âge exact.

Mes parents l’ont acquise en 1951, stratégiquement située en face du petit hôpital de l’époque, lieu de travail de papa. Au fil des ans, voyant leur descendance s’accroître, ils ont entrepris d’en doubler la grandeur, en préservant son cachet ancestral.

En 1964, lors du centenaire de la ville, elle a été classée parmi les plus belles résidences de ma petite ville. J’avais alors aperçu sa photo dans le livre soulignant le centenaire, arborant une mystérieuse vignette « Maison Panneton ». Bof, surement le nom du constructeur ou d’un ancien propriétaire.

Maison Manseau Joliette 1964

Maison Manseau Joliette 1964

Il y a quelques semaines, j’ai reçu un appel insolite de Jean Chevrette, journaliste photographe et collectionneur de photos historiques de la région. Il me pose des questions concernant cette photo et l’inscription « Maison Panneton ». Savez-vous d’où vient ce nom ? Connaissez-vous les anciens propriétaires ? Avez-vous les papiers des transactions passées ? Il m’explique qu’il serait possible que notre maison ait appartenu à un romancier célèbre, Philippe Panneton connu sous le nom de plume « Ringuet », du nom de sa mère. Il était médecin et aurait travaillé comme ORL à l’hôpital St-Eusèbe de 1923 à 1940, en face de chez moi. Ces romans les plus célèbres ont été écrits pendant cette période.

En consultant autour de moi des passionnés de lecture, on me confirme qu’effectivement Ringuet a publié de très bons romans classique au milieu du siècle. Je cours acheter quelques uns de ces romans, dont son plus célèbre « Trente arpents » que je dévore. Oui pas mal. Ça ressemble à un croisement entre « Pieds nus dans l’aube » de Félix et « Les raisins de la colère » de Steinbeck. L’histoire se déroule à St-Jacques, petit village pas très loin de là. Bien écrit mais pas mon genre.

Récemment, lors des fêtes de Noël, un de mes frères me confirme qu’il a déjà vu une liste notariée de tous les anciens propriétaires depuis l’existence du terrain vers 1850. Il me confirme que le nom Panneton y apparaît. Bingo ! C’était donc vrai.

Cette semaine je reçois une copie du document finalement retrouvé. Le nom de l’auteur y est cité, mais les années ne correspondent pas. Il aurait été propriétaire jusqu’en 1899. Hors le romancier est né en 1895 et décédé en 1959. Déception.

La consultation de ce document me confirme que cette maison est demeurée chère aux familles qu’ils l’ont occupée pendant ces 150 ans. Elle n’a changé de propriétaires que 4 fois pendant ce siècle et demi, soit une moyenne de 38 ans par propriétaire (vendue en 1899, 1913, 1919 et finalement en 1951). Impressionnant.

Le 4 mars 1850, quelques mois avant la mort du fondateur de la ville de l’Industrie (devenue Joliette en 1864) Barthélémy Joliette, il lègue un immense terrain à « La corporation épiscopale catholique romaine de Montréal » afin d’y construire un marché, une école, un hôpital, une résidence pour malades, une chapelle et une maison pour le curé. En 1851 le curé Manseau ouvre la rue en face de l’église qui prendra son nom. On estime que la maison fut construite dans l’année qui suit son ouverture, vers 1852.

Cette maison a été ensuite léguée au député-shérif de la petite ville en 1859 pour service rendu. Façon honorable de lui donner une belle retraite. Le nom de ce shérif: Louis Philippe Panneton!

Finalement cette petite recherche a permis d’élucider le mystère. La maison n’a pas abrité un romancier célèbre mais un shérif. Moins romantique mais tout aussi romanesque. Elle reste néanmoins une des belles maisons de mon coin de pays, que nous conservons jalousement.

Après le décès de mes parents, nous avons mis en vente ce grand moulin. Pas facile dans l’optique des petites familles, du ralentissement du marché immobilier et de son âge vénérable. Elle est toujours notre propriété et nous planifions lui redonner une seconde jeunesse dans les prochains mois. Pour un autre 150 ans de règne.

Photo Manseau 2008

Photo Manseau 2008


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L’émancipation de l’austère Toronto

Tu écris un peu comme tu voyage.  Pour le plaisir, pour ton plaisir.  Par passion, pour te détendre, pour nourrir ton âme.  Je parle rarement de mon travail même s’il m’inspire;  les voyages par contre m’excite le clavier. Je ferai ici une petite exception. Toute petite. Promesse de scout. Juré craché.

J’œuvre dans le domaine du web et du voyage.  J’ingurgite chaque jour des megaoctets d’information traitant d’Internet et de tourisme.  Les sites transactionnels de voyage sur le web sont mes mères nourricières. La table est maintenant mise.

Le train réinventé

J’écris ce texte à bord d’un train entre Montréal et Toronto. Un train offrant un service à bord « Art nouveau ». VIA a mis en service, il y a quelques jours, leurs plus récents équipements européens sur l’express de 17h00 vers la ville Reine. Roulement plus doux, atmosphère feutré, salon exclusif première classe à bord (en plus de celui à la gare), siège privé à une seule place. L’originalité de ce service est sans contredit le nouveau repas personnalisé au siège, ne ressemblant en rien au service habituel, calqué sur les compagnies aériennes. En fait on est traité comme à la maison. Une véritable assiette avec un vrai napperon. Un préposé qui décore votre assiette devant vous avec ses hors d’œuvre, votre plat principal et votre dessert. Comme maman le faisait autrefois.  Un service attentif où votre repas n’est pas confiné à un minuscule bol et un napperon synthétique.  J’aime beaucoup.

Le salon adjacent avec banquettes permet de siroter un smottie ou un digestif devant un match de hockey sur écran ACL, en haute définition (ajout bientôt disponible). Le tout agrémenté de l’internet sans fil, qui n’est pas aussi performant qu’un “geek” le désirerait, mais qui répond assez bien aux besoins de base pour les courriels, le surf et la recherche.  Mais n’essayez rien en streaming (radio, tv ou vidéo), vous serez déçu ; la bande passante supporte mal ce type d’usage qui n’existait à peu près pas lors de sa mise en service il y a 3 ans. Pour le VPN, la fragilité de la connexion est encore incompatible avec le déplacement du train.

J’assiste à la conférence Web econnect de TIAC , parainée par l’association regroupant les partenaires majeurs de l’industrie touristique au Canada .  De grosses pointures dans la salle, jumelées à des conférenciers érudits.  Une talle de qualité pour le réseautage et pour valider ton plan eMarketing.

Pour ceux qui connaissent mon tempérament bouillant, je déplore deux comportements qui m’irritent intensément lors de ces conférences :

1.    l’entreprise qui paye une petite fortune pour que son représentant puisse y assister mais qui n’écoute pas, en passant le plus clair de son temps à taper sur son laptop, ou son Blackberry sous la table, en pensant que personne ne les voit.

2.    Les firmes de communication web, ou vendeurs de technologies naissantes, qui examinent les coordonnés de ta cocarde comme s’ils recherchaient l’âme sœur dans un club Med.  Un peu de subtilité, messieurs les vendeurs, vous pouvez aussi vous présenter.

Toronto, la chaste

Ce matin j’ai marché de mon hôtel jusqu’au lieu de la conférence.  Une matinale balade de 4 km, justifiée par le tarif corporatif imbattable de mon hôtel, semblable à celui exigé au “Motel 69″ de Joliette.  Chanceux, pour la première fois depuis plusieurs semaines, il fait exceptionnellement doux ce matin.  Mais Toronto la pure est maintenant blanche, avec des bancs de neige comme à Montréal.  En fait ici on ne ramasse pas la neige.  Elle est simplement poussée sur le bord des trottoirs.  Les madames en “talons hauts” grimpent les tas de neige en sortant des taxis. Exotique.

Banc de neige à Toronto

Banc de neige à Toronto

snow

Toronto a beaucoup changé depuis ma première visite en 1981.  Fini les odeurs d’égout émergeant des bouches de ventilation.  Fini les clochards couchés dans des boîtes de carton sur les trottoirs (à moins que le froid ne les aient fait fuir?).  Ce qui faisait son exquise beauté, existe toujours.  Ses tramways rouges, silencieux et archibondés.  Ses feux de circulation qui chantent pour les aveugles.  Ses chauffeurs de taxis enturbannés.  Les vendeurs philippins de monstrueux hot-dogs odoriférants.  Les geishas dans les froids lobbies de gratte-ciels.

C’est une ville beaucoup plus cosmopolite que Montréal.  En fait vous y voyez très peu de caucasiens. Comme à Vancouver. J’imagine que c’est l’unique solution face à la baisse du taux de natalité. RBO nous avait pourtant avisés au début des années 90. “Repeuplons” qu’ils nous imploraient.

Le côté triste de la mégapole ? Les sympathiques petits commerces sur Younge ou King qui disparaissent comme peau de chagrin, pour faire place à des immenses Future Shop et “Food Fair”, comme à New-York. Comme si on bulldozait la rue St-Denis ou Crescent.  Je sais, on l’a déjà fait sur St-Laurent et Bishop.  Mais au moins nous avons maintenant de beaux grands stationnements…

Allez lire ce court article sur Toronto la neuve, tiré de L’Express

“On ne voyage pas pour changer de lieu, mais d’idées”    Hyppolite Taine


Internet et Web
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Le policier sonne toujours 2 fois

J’ai négligé la mise à jour du blog depuis notre réunion du 4 septembre à la Maison des Répits de Gaby. Je m’en confesse et me suis flagellé à plusieurs reprises avec une corde de bosse et me suis couché toute une nuit dans mon canot à -35 pour expier mes pêchés. J’avais quand même eu un ballon de pointe comme oreiller.

La réunion du 7 octobre, en campagne, chez Gérald et celle du 27 novembre, en diect du Plateau, chez Étienne, ont été des plus animées. Nous y avons d’ailleurs accueilli notre nouveau né, le représentant des forces de l’ordre du Nouveau Québec, le constable Jean-Pierre « Polycarpe » Simard. Comme disait Mathieu, “finalement quelqu’un mettra un peu de discipline dans ce groupe”.

La réunion chez Gérald était en fait une soirée Tupperware d’équipement d’expédition. Dans les moindres détails nous avons revu au complet la liste d’équipement nécessaire à la bonne marche de ces 4 semaines d’expéditions: équipements de sécurité, de canots, de survie, de camping, de bouffe, de portage, de télécommunication… Le clou de la soirée : le nouveau prototype de tente moustiquaire développé par l’équipe d’ingénieurs de Gérald. En plus il travaille intensément à la conception d’un chapeau bécosse qu’il présentera prochainement au salon de l’innovation de St-Gérald de Magella (Étienne n’oublie pas les cerceaux pour Gérald).

Jean-Pierre tente d’obtenir l’autorisation d’apporter son arme de service, ce qui nous évitera de trimbaler un immense fusil de chasse dans le canot, comme lors de notre descente de la rivière George en 2005. Fallait chaque soir sortir la carabine, la charger et la placer dans le vestibule d’une tente, prête à servir en cas de visite inopportune de Yogi ou d’une autre bête entreprenante. Le seul désavantage d’apporter avec nous le pistolet de Jean-Pierre, c’est que nous devrons en tout temps le vouvoyer, l’appeler monsieur et lui éviter toute contrariété comme les portages ou la vaisselle.

Gérald continue ses démarches pour la commandite de nourriture, d’équipement de plein-air et de bars protéinées. Ce n’est pas facile en ces temps de réduction budgétaire mais Gérald a toujours l’argument pour convaincre le plus récalcitrant des jurés.

La réunion du 27 novembre était bien arrosée; nous sentions un air de Noël flotter sur le Plateau. Cette soirée était celle de Pierre-Marc et son menu. Impressionnant de détails, il a fait réviser notre menu par une diététicienne professionnel afin de corriger les lacunes alimentaires, afin de bien équilibrer nos repas. On aurait dit Ricardo barbu. Manger du poisson, du riz et des pâtes pendant 4 semaines ça manque de légumes, de fruits et de protéines. Alors fini Gérald les M&M et les bars “Mars” pour déjeuner; va falloir que tu ajoute du Quinoa, du couscous pis des tomates séchés à ton gruau.

Il a été convenu que Benoit contacterait le seul pourvoyeur sur la rivière qui pourrait nous dépanner en y transportant à mi-parcours un peu de nourriture, de l’essence pour l’âme et autres condiments d’appoints. Gérald et Benoit doivent tester la batterie et les capteurs solaires pour s’assurer que nos petits gadgets (laptop, caméra, Gps, téléphone satellitaire…) puissent se charger sans problème pendant le séjour. Benoit doit aussi contacter le transporteur maritime pour le retour du matériel. Finalement il a la charge d’obtenir un 2e téléphone satellitaire pour le transfert de data et des minutes de temps d’antenne.

Étienne et Benoit doivent s’occuper de transformer le blog pour commencer à y ajouter des commanditaires et du contenu.

Étienne commence à valider les vols, tarifs et itinéraire avec les différents transporteurs. Les prix ont assurément baissé depuis que le prix du pétrole a dégringolé de moitié depuis l’été dernier. Il faut aussi examiner la possibilité de s’associer à une compagnie privé qui fait de l’exploration de ressources naturelles dans le coin. Il contactera aussi un fabricant de matériel de canot pour commander un nouveau canot à prix fort compétitif pour Pierre-Marc et Jean-Pierre.

Mathieu de son coté organisera un veille médiatique pour connaitre l’intérêt des médias à nous offrir de la visibilité.

Finalement nous planifions une descente expérimentale, fin mai, dans le but de tester notre équipement, nos canots et l’esprit d’équipe en pleine période d’éclosion des insectes suceurs, en haut de St-Michel des Saints. Ce n’est que dans 4 mois. Après la rencontre de février, il ne nous restera que 2 ou 3 rencontres pour tout ficeler. Le dernier droit avant la grande virée.


Jean-Pierre, Étienne, Pierre-Marc Mathieu, Gérald et Benoit. Remarquez l’effet de brouillard tout aussi imaginatif qu’imprévu

Rivière aux feuilles 2009

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Rêvez-vous d’être bénéficiaire de l’aide sociale ?

Je vous ai parlé à 2 reprises de mon bébé qui a célébré ses 18 ans. On peut sentir que cet événement m’a un peu, beaucoup, remué. Ce jalon évoque généralement un moment mémorable pour tous les adolescents de l’univers qui rêvent d’accéder au statut de grande personne, au droit de visiter sans stress les débits de boisson, d’acheter des plaisirs éphémères au dépanneur ou de sauter dans le vide, sans filet parental.

Pour notre fille autiste, Anne et moi, cet anniversaire sera tout aussi inoubliable, dans sa tourmente. Nous apprenions, il y a quelques mois, que même une jeune fille lourdement handicapée n’a pas le choix de devenir majeure. Peu importe si elle possède un âge mental de 3 ou 4 ans, elle ne peut plus demeurer un enfant aux yeux de la loi.  Plus aucune allocation familiale, plus de prestation pour enfant handicapé, plus de déduction fiscale. “Effifi Enne Nini, Fini”. Aussi bizarre que cela puisse paraître, l’état oblige notre enfant à recevoir des prestations d’aide sociale; à devenir une BS, en bonne et due forme !

Vraiment. Ma fille recevra une allocation d’aide sociale ?  Mais elle vit avec nous, ne travaillera probablement jamais et ne participera pas à la croissance du produit intérieur brut de mon pays.  Alors monsieur le pommier ministre et son verger, pourquoi l’obliger à devenir une prestataire de ce service de dernier recours ? Une de plus.

Attention, cœur sensible s’abstenir.  Les prochains paragraphes peuvent entraîner de graves hauts le cœur. Éviter de conduire de la machinerie agricole en le lisant.

Pour obtenir cette allocation d’aide sociale, comme dans un jeu vidéo, vous devez franchir 4 épreuves, parsemées de pièges bureaucratiques et de mines anti-personnelles “ronds-de-cuiresques” :

1.    Effectuer une demande de prestation d’aide sociale au nom de votre enfant au bureau du ministère de l’emploi et de la solidarité sociale du Québec  (bizarre comme nom).  Probablement l’étape la plus facile. Les parents d’enfants handicapés sont généralement moins traités en « Bougon » que la moyenne des demandeurs d’aide sociale.

2.    Obtenir une demande de numéro d’assurance social
à Services Canada. Pour effectuer une demande pour une tierce personne, tu dois posséder 3 items dont 2 pièces d’identité.  Si l’enfant est encore mineure, hourra, ce sera rapide, tu peux encore agir en son nom.

a)    une copie valide de l’acte de naissance émis par le directeur de l’État civil du Québec.

b)    une copie de la prestation pour enfant handicapé que nous recevions auparavant (un impressionant 1200$ par année). Ils ne me l’ont pas demandé, seulement l’acte de naissance puisqu’elle était encore mineure.

c)    un passeport avec photo (les handicapés n’ont pas toujours de photos sur leur carte RAMQ et ne possède heureusement pas de permis de conduire).

Après une seule visite, le NAS a été obtenu rapidement surtout grâce au passeport récemment émis lors d’un voyage aux USA, en octobre, avec notre fille. Nous sommes chanceux. Très peu d’enfants handicapés possèdent un passeport ou une pièce d’identité avec photo.  Et je ne vous parle pas de la difficulté d’obtenir un passeport pour une personne qui ne peut pas signer son nom (et d’obtenir une photo légale avec les 2 oreilles visibles, pas de dents, la tête droite…).  Ouf !

3.    Compléter le formulaire médical (celui du BS) attestant que ma fille possède une contrainte sévère à l’emploi, i.e. handicap lourd et permanent.

Le certificat médical, habituellement obtenu après plusieurs mois d’attente, l’a été après seulement quelques jours du fait que la Sainte Providence m’a donné une petite sœur médecin.  Merci St-Jude.

4.    Ouvrir un compte de banque exclusivement à son nom. C’est dans cette épreuve que tu perds beaucoup de vies dans ce jeu. Si tu déposes son chèque dans ton propre compte et que celui-ci montre un solde positif, le montant de la prestation sera réduit de la valeur de cette somme.

Pour ouvrir ce compte, tu dois posséder un document signifiant que tu es l’administrateur des biens de cette personne sous un des 3 régimes de protection existant au Québec.   Pour l’obtenir tu dois présenter :

a)    une évaluation psychosociale généralement faite par un travailleur social, démontrant le handicap sévère et permanent de ma fille (en souhaitant qu’il y en ait déjà une au dossier, sinon,  il y a un an d’attente avec le CLSC). Tu peux aller au privé, mais ça coûte entre 500$ et 750$.
b)    obtenir un certificat médical rédigé par un médecin (voir épreuve 3).

Une fois ces 2 documents en main, il y a ouverture d’un régime de protection, avec 3 issues possible, selon les évaluations et la volonté du conseil de famille:

•    la tutelle : Si l’incapacité est partielle ou temporaire, du fait qu’il y a espoir de guérison, comme suite à un ACV par ex.
•    la curatelle : Si l’incapacité est totale et permanente. Si la famille ne peut plus s’occuper de l’handicapé, il y aura alors nomination d’un curateur public, ou dans notre cas, un curateur privé.
•    le conseiller au majeur : Pour une personne légèrement inapte, qui a besoin d’assistance.

Tout ça pour obtenir les papiers, en sachant très bien que ce sera une curatelle privée, du fait de son état lourd et permanent et qu’elle demeurera avec nous.

Mais revenons à notre fameux compte de banque. Nous avions été prévenus que son ouverture serait truffée d’embuche.  Effectivement la Banque Royale, notre banque de tous les jours, a été intransigeante : les conditions détaillées plus haut sont inflexibles. Comme le disait la madame de la RBC: « C’est pas nous qui demandons ça, c’est le “consciencieux” (lire contentieux) de la banque, c’est une loi ». De lui répondre: ” SVP, dites à votre “consciencieux” d’aller se faire royalement …”.

Après vérification, notre petite Caisse Pop de quartier ne posait aucune question pour l’ouverture d’un compte de ce type, pour une personne handicapée, même si nous n’avions pas encore complété toutes les étapes de la curatelle.  Alors que le diable emporte la Banque Royale et son consciencieux.

Note : Après vérification, ce n’est pas une loi, mais un règlement qui peut être appliqué ou non. En principe, ils ne peuvent pas le faire, mais vu les pièces en main, c’était possible, avec un peu de discernement.  Mais le discernement ce n’est pas l’apanage des banques.

Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines. Nous étions les tuteurs légaux de cet enfant avant 18 ans, mais après, ça se complique. Ce n’est pas automatique, il faut en faire la demande auprès d’un conseil de famille de 5 personnes.  C’aurait été beaucoup plus facile de « donner » notre enfant à l’État pour qu’il la prenne en charge. Tout un paradoxe…

Lisez les autres chroniques sur ce propos: [cref il-y-a-18-ans-le-11-01-91 IL Y A 18 ANS, LE 11-01-91] et [cref l%e2%80%99autisme-ou-l%e2%80%99origine-de-la-raison L'AUTISME OU L'ORIGINE DE LA RAISON]

Autisme

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A fed animal is a dead animal

Cet avertissement apparaît partout dans les campings des Rocheuses. Si vous nourrissez un animal sauvage il s’habituera à l’homme, ne le craindra plus et deviendra une nuisance.  Si c’est un chevreuil, il s’approchera des habitations, se nourrira de vos arbres et arbustes et finira sur l’autoroute où il causera des accidents souvent graves. Si c’est un ours, alors les dommages seront souvent plus à la propriété de l’homme et finalement à l’intégrité de l’animal.

Dernièrement j’ai acheté une poche de pommes et de carottes en pensant naïvement attirer les chevreuils derrière mon havre forestier. En lisant cet article du Devoir, du toujours pertinent Louis Gilles Francoeur, j’ai finalement réalisé que mon idée était mauvaise.  En fait l’affiche vue dans les Rocheuses s’applique aussi chez nous.

La semaine dernière, accompagné de ma fille, je suis arrêté près du village de St-Côme où l’on nourrit les chevreuils en déposant des tonnes de carottes dans un champ.  Il n’y avait plus de carottes. Une douzaine de chevreuils hagards s’y tenaient, immobiles, ne reculant même pas à l’arrivée des automobiles.  Cette nourriture avait dénaturé leur instinct.  Ils étaient devenus dépendants de cette manne qui faisait maintenant défaut. On aurait dit des chevreuils de plâtre.

Lisez cet article qui vous fera réfléchir (en pdf)  vous_ne_les_aimez_pas1

Environnement
Opinion

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Il y a 18 ans, le 11-01-91

Hier c’était les 18 ans de ma petite poule. Une fête heureuse et avec plein d’amis et d’amour. Elle était coquine et n’attendait que les cadeaux. Habituellement lorsque nous recevons à la maison, elle répète inlassablement “C’est la fête”. Hier c’était différent.  Elle fredonnait “c’est la grande fête”.  Pas une fête ordinaire; une fête où elle est devenue grande.

Lisez les autres chroniques sur ce propos: [cref revez-vous-d%e2%80%99etre-beneficiaire-de-l%e2%80%99aide-sociale RÊVEZ-VOUS D'ÊTRE BÉNÉFICIAIRE DE L'AIDE SOCIALE?] et [cref l%e2%80%99autisme-ou-l%e2%80%99origine-de-la-raison L'AUTISME OU L'ORIGINE DE LA RAISON]

Ma caméra

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Leur plus grand handicap, c’est notre regard

Un commercial télé que j’avais vu en 2006 et qui m’avait profondément ému.  Je l’ai retrouvé sur youtube. Beaucoup de gens pensent que les personnes possédant un handicap sont malheureux et souffrent profondément de leur état.  Ce n’est pas nécessairement le cas.  La grande majorité des gens enfermés dans un corps qui ne fonctionnent pas comme il devrait sont aussi heureux que la moyenne des ours, qui se tapent des heures de transport en commun et 30-40 ans d’un travail souvent frustrant.

Regardez attentivement ce vidéo de 30 secondes, préférablement en version pleine écran (cliquez sur le rectangle en bas à droite).

Je ne suis pas un grand fan du titre  “Disability means possibility”.  C’est un peu vide comme phrase.  Ce n’est pas tous les handicapés qui gagnent des médailles à Pékin et passent à “Tout le monde en parle”.  Par contre le premier énoncé me touche beaucoup plus  “Voyez la personne, pas son handicap”.  Cette perle a été produite par l’organisation britannique Scope, qui prone l’égalité pour les handicapés.  La musique de Radiohead vous jette par terre.

Autisme

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I Spam, You spam, Wee wee spam

L’internet envahi notre vie, souvent à notre corps défendant. On s’y amuse, s’informe, travaille et communique.  Peu de gens, surtout les jeunes, ne peuvent vivre sans consulter inlassablement leur boîte de courriel. Cette domination crasse du web et de l’internet a inévitablement engendré plusieurs mutants.  La plus déplorable et affligeante créature est sans conteste le pourriel, baptisé « Spam » en l’honneur d’un sketch des ancestraux «Monty Python», responsables de la naissance des «Saturday Night Live» et RBO des années 70-80-90.

Mais saviez-vous que le spam a évolué et qu’il peut être maintenant amusant ? Depuis les sempiternelles «Enlarge your penis», le spam porno-médico-dildo a évolué et donne maintenant de l’emploi aux poètes lubriques.

J’ai glané au fil des dernières semaines les meilleurs «poèmes» de ma boîte de courriel qui tente de me vendre des bidules et autres succédanés permettant à mon attribut mâle de séduire ces damoiselles.

Je suis désolé si j’enfreins les droits d’auteurs sur ces bijous mais l’expéditeur type de ces courriels s’identifie généralement à une adresse de typeygvct58rwk@gfda9x32.com.

Voici mon top 14:

1.    Your male instrument will be the best of the best
2.    Going on and on with a bunny
3.    Nobody believed how much gains I had
4.    Forget about defeat with a Submariner SS watch.
5.    Women will be eating your watch with their eyes.
6.    Take her from behind with steel
7.    Just looking at my tool, she nearly came
8.    Wet and ready for my 9 inch steel
9.    The power in your pants will be very noticeable.
10.    Don’t be jealous of well-hung blacks – be like them.
11.    Your wife always mentions your little dimensions?
12.    Pink, young and ready
13.    With that huge friend of yours you can change women like socks.
14.    Unwind your massive python

Possédez-vous des pépites de spams que vous aimeriez ajouter à cette liste ? Allez-y, c’est le temps de vous défouler and « Launch your rocket to enlight your bedroom ».

Internet et Web
Plaisantin

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Chevreuils en vacances

Mes blanches vacances des derniers jours m’ont permis de me familiariser avec notre nouvelle caméra, en filmant un “meeting” avec une famille de chevreuils, suivi de 3 courtes ballades en motoneige. Pour Bambi et ses amis, ce sont de courts vidéos de quelques secondes. Les 3 vidéos en motoneige donnent un peu le mal de coeur mais les paysages en valent la peine. Tous ces vidéos sont disponibles en haute résolution (cliquez le lien en bleu “WATCH IN HIGH QUALITY” sous la fenêtre de visonnement dans youtube.com)…






Environnement
Ma caméra

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Cent fois sur le métier…

En ce début d’année, je célèbre une 100e chronique. Ce n’est pas rien.

L’appel du clavier s’est fait il y a près de 4 ans, au printemps 2005, pour mousser une descente de canot dans le nord québécois, doublée d’une campagne de financement. Un passe-temps somme toute assez stimulant, plus que le Sudoku.

J’ai toujours aimé «jouer» à écrire. Dès que j’ai commencé à partager mes pensées sur les pupitres, mes professeurs ont tenté de circonscrire cette passion naissante… Ma première pulsion écrivaine s’est manifestée au primaire, en 6e année; une sombre affaire de contrebande de diamants cachés dans des chocolats. Œuvre qui demeure inédite, dû aux trop nombreuses ressemblances avec les cigares du Pharaon…

Prose naissante

Au début du secondaire, avec des copains, nous avons pondu plusieurs scénarios de films, réalisés en 8mm et Super 8mm. Des court-métrages étonnants de naïveté avec des titres évocateurs : «Jungle Beast» «Momicalement vôtre» et «Knock-out». Ces œuvres uniques dorment dans une boîte à souvenir au sous-sol. «Momicalement vôtre», un horrible film d’horreur où une momie égyptienne assassinent tous les employés d’un musée. Ce film a été réalisé dans les voûtes du musée de Joliette, grâce à l’aimable collaboration des Clercs St-Viateur, nos professeurs de l’époque et aussi gestionnaires du musée. Nous financions ces courts-métrages d’environ 45 minutes, en les projetant devant nos familles subjuguées.

En secondaire 3, une pièce de théâtre festive «Joyeux Hic Noël» a été écrite et présentée une seule fois devant une salle comble, dans le garage d’un ami. Une histoire déjantée de clients défilant dans un dépanneur, le soir de Noël. Inspirée par les « Monthy Pythons », la pièce baignait dans l’absurde et la dérision.

Après avoir écrit quelques articles dans le journal propret du collège, je propose aux copains de sortir notre propre journal de gang, truffé de propos rebelles et contestataires. Dans notre local prêté par la pastorale, nous avons même fondé un groupe séditieux qui apposait des autocollants sur les casiers et dans les toilettes (des hommes) : La «FLEEP» connu sous le vocable provocateur du «Fonds de libération des étudiants écœurés des profs». Nous avons «hara-kirisé» notre organisation souterraine après que d’autres étudiants se soient fait apostropher à cause de nos candides méfaits.

Le père Archambault, un professeur de français à la fin du secondaire, a stimulé mon goût pour la lecture mais surtout pour l’écriture. Il m’encourageait à écrire mais autrement. « Critiquez avec humilité et esprit ».

Et depuis

Entre mes humbles chroniques web, j’ai pondu quelques oraisons funèbres (celui de mon père et ma mère) des «biens cuits» d’amis, et autres célébrations d’anniversaires de naissance ou mariage.

J’ai toujours voulu travailler en communication mais la vie (et mon père) m’amena aux HEC à la fin des années 70. Dès l’apparition du web au milieu des années 90, j’ai été séduit. En aujourd’hui, je suis encore sous le charme de ce medium qui m’impressionne comme au tout début.

Mais zencore

Je me plaît à suivre au quotidien une cinquantaine de blogs grâce au fil RSS, une puissante et implacable machine qui me fait sentir coupable quand j’ai 150 articles en retard. Surtout des chroniques personnelles, humoristiques, d’opinions, de professionnels du Web ou d’agences Internet, de partout sur la grande boule.

Ce que j’aime du Web? C’est l’esprit communautaire qui y règne. Et son caractère immédiat et en direct. Ce qui me répugne? Surtout les trolls, ces pyromanes du web qui aiment foutre la merde en déstabilisant les blogueurs, dans la glauque humidité de leur demi-sous-sol. Leurs propos sentent d’ailleurs le moisi.

Moi Me Je ?

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