May 2009

La dernière excentricité d’Hollywood: les vaccins, cause de l’autisme

Le débat sur la dangerosité des vaccins dérape sérieusement.  La théorie voulant que l’autisme soit causé par des vaccins est le nouveau cheval de bataille d’Oprah Winfrey, la duchesse américaine des “Talks Show” et de la botoxique figurante Jenny McCarthy, épouse du burlesque Jim Carrey.

Christiane Charrette surfe aujourd’hui sur cette vague et plonge de plein pied dans la controverse, en invitant le médecin généraliste Danielle Perreault et Martin Winckler , éthicien et médecin, pour débattre de cette polémique.  Y’a-t-il vraiment péril en la demeure ? En lisant les commentaires associés à cette diffusion, le bon peuple est persuadé qu’effectivement les vaccins sont dangereux. Alors on retourne aux épidémies de rubéole, rougeole, oreillons et poliomyélite ? Ces vedettes ont une responsabilité sociale énorme lorsqu’elles répandent dans la population des théories réfutées par les plus importants chercheurs, universités et médecins spécialisés en autisme et en vaccination.

Danielle Perreaul et Martin Winckler

Dr Danielle Perreault et Dr Martin Winckler

Le 25 mai 2009: L’entrevue de Christiane Charette, avec Danielle Perreault et Martin Winckler, “Les vaccins et l’autisme, on en discute” (16m39s)

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Comme complément radiophonique, je vous recommande les reportages suivants:

  1. 5 juillet 2006: Une entrevue de Johanne Prince avec le Dr Éric Fombonne, pédopsychiatrie à l’Hôpital de Montréal pour enfants, sur une vaste étude clinique qui démontre aucune relation entre les vaccins et l’autisme (8m14s)
  2. 11 juin 2007: Une entrevue de Michel Desautels avec le Dr Michel Lemay, pédopsychiatre à Ste-Justine, concernant la théorie voulant que le mercure dans les vaccins causerait l’autisme, “Un lien entre les vaccins et l’autisme ? (6m31s)

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Je vous soumets 3 autres reportages qui ont traité récemment du documentaire de Lina B. Moreco “ Silence, on vaccine ” de l’Office nationale du film.

  1. 24 janvier 2009: Un reportage de Stéphane Leclair de Macadam Tribus “Ne pas se faire vacciner, envers et contre tous” de Radio-Canada (16m45s)
  2. 28 janvier 2009: Une entrevue avec Dr Danielle Perreault avec Réné Homier-Roy “La vaccination” à “C’est bien meilleur le matin” (5m51s)
  3. 30 janvier 2009: Un reportage de Michel Labrecque à l’émission de Michel Desautel, Polémique autour du film “Silence, on vaccine” (9m52s)

Autisme

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Quand les vendeurs du temple vous promettent succès et guérison

L’exploitation des personnes démunies froisse résolument nos principes. Dans nos réseaux sociaux et les médias, nous sommes rapides à dénoncer les injustices faites aux plus petits. On s’insurge contre les escroqueries faites par le biais de la publicité mensongère, des sites de spam ou d’hameçonnage, des vendeurs de produits amaigrissants-miracles, des receleurs de matériels volés ou encore du petit arnaqueur-pusher qui, sans aucun revenu déclaré, nous nargue avec sa bagnole de l’année.

Les marchands de la cupidité

On connaît bien les pratiques de ventes à paliers multiples, mieux connu sous l’appellation de “ventes pyramidales“.  On y attrape le plus souvent d’honnêtes travailleurs qui désirent arrondir leurs fins de mois, en développant un réseau de vente dans leur cercle d’amis.  On abuse très souvent de leur crédulité en leur promettant “mer et monde”, en brandissant les réussites fantastiques de ceux qui trônent en haut de la pyramide.  Moins de 1% de ces “seigneurs” réussissent à en vivre, pendant que 99% des autres tentent vainement d’y faire leur marque.  Persévérance, entêtement et détermination sont les mots clefs de la réussite… Ces formules sont vides de sens  quand vous recevez quelques dollars par heure de travail, malgré l’intense harcèlement que vous avez fait subir à votre famille, vos collègues de travail et les derniers amis qu’il vous restent.

pyramid - Wikipedia

Les pharaons de la fausse pyramide

On a tous entendu parlé d’Amway et son pendant Internet Quixtar.  Qui ne s’est pas fait approcher au travail ou dans sa communauté par un revendeur “encravaté” qui nous offrait l’opportunité d’ouvrir notre propre PME.  Ma phrase fétiche pour repousser ces vendeurs entreprenants ?  “Le jour où j’accepterai de recevoir mon papier de toilette par la poste, je déménagerai dans une résidence pour personne en perte d’autonomie”.   On peut voir plusieurs reportages traitant des pratiques de Quixtar dont celui de “La facture à Radio-Canada” et un article de Cyberpresse et un du gouvernement du Québec faisant la distinction entre “vente pyramidale” et “vente à paliers multiples”.  La ligne est mince.  C’est pour cette raison que ces entreprises ont encore pignon (et pigeons) sur rue.

Un autre moins connu mais tout aussi actif sur le marché de l’arnaque pyramidale “ACN”.  Un rusé système de vente d’abonnements en télécommunication (cellulaire, connexion Internet…).  Plusieurs jeunes hommes de mon entourage sont tombés dans le panneau après s’être fait détrousser de 500$ de frais d’entrée.   Ils ont réussi à embrigader d’autres candides prospects en leur extorquant 500$ à leur tour.   Le plus triste? c’est souvent les parents, grands-parents, frères et sœurs qui font les frais de cet attrape-nigaud.

On peut lire un texte très intéressant de Stéphane Guérin, publié en 2007, et qui a généré près de 700 commentaires “Faire de l’argent avec ACN ? Non merci.

Plusieurs autres entreprise très connus utilisent ces techniques de vente en direct comme Primerica, Avon, Mary Kay (avec la cadillac rose) ou même Tupperware.

Les organismes de charité À BUT LUCRATIF

Qui n’a pas vu ces fameuses boîtes de recyclage de vêtements au coin de votre rue.   On vous attendrit en vous affirmant que les vêtements récupérés seront utilisés pour aider les gens dans le besoin.  Mais combien savent que ces dons sont administrés par une firme multi-nationale “Savers” qui conserve une (grosse) marge de profit à même les dons pour s’administrer ? Combien savent que le “Village des valeurs“, la maison des démunis par excellence,  est une filiale de cette multinationale cotée en bourse, employant plus de 10,000 personnes à travers le monde ?

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Ne trouvez vous pas indécent que cette entreprise fasse compétition à nos véritables organismes de charité bénévoles,  implantées dans la communauté depuis toujours, comme la société St-Vincent de Paul, l’Armée du Salut, les Petits Frères des Pauvres ou les organismes de quartier ?

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Lisez cet extrait, tiré de “L’aut’journal sur le web” Vendre de la guenille sur le dos des pauvres, ça paye !

Saviez-vous que deux organismes, la Fondation québécoise de la déficience intellectuelle (FQDI) et l’Entraide diabétique du Québec (EDQ), recueillent officiellement des vêtements et divers objets pour le compte de la multinationale américaine Village des Valeurs ? Les employés de la la Fondation de la déficience intellectuelle et de l’Entraide diabétique téléphonent chez vous pour solliciter des dons de vêtements usagés qu’ils viendront chercher par camion. Ensuite, ils seront vendus au Village des Valeurs. Mais où va l’argent ? Sûrement pas dans les poches des téléphonistes et des camionneurs.

Selon le magazine Option consommateurs de l’automne 1999, les profits ne sont pas tous versés aux organismes de charité, soit l’Association du Québec pour l’intégration sociale (AQIS) et l’Association du diabète du Québec (ADQ), toutes deux fondatrices de l’Entraide diabétique et de la Fondation de la déficience intellectuelle. En 1997, la Fondation de la déficience intellectuelle a amassé près de 3 millions de dollars et remis 300 000 $, soit moins de 10 % de ses recettes, à des œuvres de charité. Quant à l’Entraide diabétique, elle a récolté plus de 2 millions de dollars et donné 97 000 $ à l’ADQ, moins de 5 % de ses recettes.

Voyez un autre texte sur ce subterfuge, sur le blogue du Gros Bon Sens: Vous donnez ? Mais savez-vous à qui?

L’autisme et la sorcellerie alternative

Je n’ai absolument aucun problème avec les médecines alternatives.  Il m’arrive à l’occasion d’essayer un produit de médecine douce ou un traitement alternatif pour soigner un rhume ou d’autres maux bénins.  Nous avons, dans le passé, dépensé des milliers de $ en produits de toute sorte pour tenter d’améliorer l’état de notre fille autiste. La majorité de ces produits commandés aux États-Unis, directement des sites web des traitements alternatifs.  Ceux qui me lisent, connaissent mon aversion aux sorciers qui tentent de nous convaincre que nous devons absolument acheter leurs produits afin de guérir un syndrome aussi important que l’autisme.  Parce que je suis un nigaud qui s’est déjà fait prendre par ces trucs nouvel-âge, je suis devenu très méfiant de “ces vessies qui se font passées pour des lanternes”.

Suite aux recommandations envoyées dans les commentaires de ce blog, j’ai parcouru les sites de 2 organismes qui tentent de nous convaincre d’utiliser leurs techniques et leurs produits pour la rédemption de mon enfant autiste.  Je me suis alors rendu compte que nous n’étions pas très loin de la technique de vente en direct et du produit de bonimenteur.

Sans mes produits, points de salut

Je ne souhaite pas trancher ici la vieille polémique qui prévaut entre les tenants d’une approche principalement psychiatrique de l’autisme et ceux qui prônent qu’il s’agit d’une maladie neuro-biologique, d’origine digestive.  Ce qui me surprend des tenants de cette dernière approche, c’est l’aspect hautement mercantile de leurs promoteurs.

tacadan

Un programme d'affiliation vous incitant à devenir vendeur de produits guérisseurs d'autisme

Un programme d'affiliation vous incitant à devenir vendeur de produits guérisseurs d'autisme

Allez visiter le site de TACA, Talk about curing Autism ou celui de DAN, Defeat Autism Now, des sites prônant que l’autisme est une maladie digestive,  vous y verrez plus d’une centaine de produits à vendre sur TACA et autant sur DAN, de la chambre hyperbare, au sauna sans toxine, aux repas à prix d’or sans gluten et sans caséine, aux livres, tabliers et sous-vêtement pour les mamans d’enfants autistes.  Si leur mandat est l’éducation et la diffusion de leur technique, pourquoi ces sites regorgent-ils de boutiques en ligne, de liens sponsorisés et de programme d’affiliation payant ?

Ces organismes auraient-ils finalement effectué une grande découverte ?  Que l’autisme pouvait être très lucratif ?

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Opinion

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La moitié du plaisir de l’expédition, ce sont les préliminaires

Plusieurs mois ont “coulés” depuis le dernier texte à propos de notre descente de la rivière aux feuilles.  Le groupe s’est réuni à plusieurs reprises pour achever la planification des repas, l’équipement, les commandites et la logistique du transport.  Je vous épargne les détails de nos réunions où chaque membre doit défendre ses dossiers.  Ce n’est plus un groupe de joyeux canoteurs, c’est le cabinet des ministres à l’assemblée nationale…

Un argument de poids

Pour minimiser le coût du transport aérien, il est normal de peser chaque item transporté, incluant les canots et les sacs de jour. Ce qui est plus problématique, c’est de confirmer le poids “habillé” de chaque participant (incluant le pilote). Un exercice exigeant qui demande une certaine rigueur.  Hors de question de rajouter un dernier paquet, gâteries ou bébelles inutiles.  Nous devons respecter le poids maximal permis pour notre aéronef, sinon on ne vole pas.  Par expérience, lors de nos dernières descentes, cette étape cruciale générait toujours un certain stress. Il est même recommandé que chaque gars perde quelques kilos avant le départ.  Tel un boxeur lors de la pesée officielle, il est proscrit de prendre du poids…

La saga du pistolet

Ceux qui ont lu les chroniques précédentes, pour se protéger des prédateurs entreprenants, nous avons opté pour se munir d’un arme de poing, au lieu de l’encombrant fusil de chasse. Il est extrêmement difficile d’obtenir un permis de transport d’arme de poing, même si tu es policier ou avocat depuis 30 ans.  Nos 2 représentants de la loi travaillent intensément pour obtenir les autorisations de requises.  Il ne reste que quelques semaines…  Je sens que nous retournerons à la bonne vieille pétoire, encombrante mais autorisée.

Le “Power shopping” chez Sail

Dernièrement, le groupe à dévalisé le Sail Baron de Laval.  Une session intensive de magasinage chez notre commanditaire de matériel nautique, de camping, de chasse et pêche.  Tout le groupe a été accueilli, tel la royauté, pour compléter notre équipement : Dry suit, tentes, équipement de pêche, poivre de Cayenne à ours, vêtements adaptés, bottes, articles de cuisine….

Nos hôtes, Jean-Sylvain (nautique) et Jonathan Nantel (camping) ont su satisfaire tout nos petits caprices.  Après 3 heures d’emplettes intensives, nous célébrions le “Noël du campeur” en trottant dans le stationnement avec nos sacs pleins de matériels d’expédition.  Comme des enfants.  Il n’y a pas de doute, le grand plaisir d’une expédition, c’est la planification…

Pierre-Marc, Gérald, Benoit, Mathieu et Jean-Pierre, entourant Jean-Sylvain et Jonathan de Sail Baron.  Malgré le fait qu’Étienne était absent de corps, sa carte de crédit nous accompagnait.

Notre grande “Avant-première”

Dans moins d’une semaine, se déroulera une autre étape incontournable d’une descente de ce calibre: “la fin de semaine de pratique”.  Le but est d’intégrer les nouveaux participants, Jean-Pierre et Mathieu, grâce aux rites initiatiques ancestraux.  La partie la plus exigeante de ce week-end, est sans contredit “la parade nue, à la brunante, couvert de miel” et “la corvée ininterrompue de préparation de tous les repas, la vaisselle, l’installation du camp et des tentes”, pendant que les anciens leurs attribuent des notes d’appréciation.  On pourra en même temps tester la nouvelle tente moustiquaire de Gérald, et son spa intégré.  Le clou de la fin de semaine sera sans doute l’essai du nouveau “chapeau-bécosse” permettant de se laisser aller aux besoins primaires, à l’abri des insectes suceurs.

Notre ange à Tasiujaq

Il y a quelques mois, un ange nous est apparu dans notre boîte de courriel. Une enseignante basée dans le petit village Inuit de Tasiujaq, nous offre son appartement pendant les quelques jours de transit à la sortie de la rivière.  À la fin des classes, elle et son copain auront quitté leur petit village pour des vacances bien méritées au sud, près de la ville de Québec. Nous avons abusé de sa générosité en lui demandant l’autorisation de lui expédier un colis avec des vêtements propres, de la nourriture et un peu de baume pour l’âme.  En plus elle nous mettra en contact avec un résident local qui s’occupera de transborder notre matériel dans le bateau de retour.  Plus je lui écris, plus je l’aime….

Notre fournisseur de télécommunication

Une autre surprise.  Une entreprise de télécommunication de St-Ambroise, dans Lanaudière, NJ Albert Communication, nous offre de tester un prototype portatif de communication satellite qui nous permettra de téléphoner par VOIP, de télécharger des vidéos, les textes pour notre blogue, surfer pour la météo et lire nos courriels pendant l’expédition.  Nous n’avons qu’à fournir l’énergie grâce à une pile compacte portative, chargée par capteurs solaires.

Notre mère nourricière et sa nutritionniste

Nous avons effectué le premier tour de reconnaissance chez notre commanditaire IGA Crevier de l’Assomption.  Nous privilégions les aliments déshydratés, pâtes, riz, semoules de blé, soupes et bouillons en poudre. Le tout agrémenté d’épices exotiques afin de briser la monotonie des repas.  Le plus souvent, le repas principal devient simplement un accompagnement, dû à la grande habilité de nos pêcheurs !

Nos amis chez Ducasse Traiteur nous ont prodigué de judicieux conseils afin de bien équilibrer nos repas.  À notre dernière expédition en 2005, nous avions noté quelques carences alimentaires en protéines, en vitamines et autres mots étranges qui finissent en “ines”.

Je vous invite à nous lire dans une dizaine de jours où nous ferons part du déroulement de notre week-end en forêt avec nos copains, les mouches noires.

Note: Ceux qui ont pris l’habitude de nous lire sous l’adresse http://nunavik2009.blogspot.com, prenez note que celui-ci sera bientôt fermé au profit de notre site officiel http://www.pagayerpourlautisme.com ou simplement http://ppa2009.ca

Rivière aux feuilles 2009

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10 vidéos tirées des flots bleus agités de l’imprudence

Les membres des forums de discussions en environnement, conservation et plein-air, généralement très engagés dans la défense de leurs droits et privilèges, sont très enclins à dénoncer les comportements déviants.

Ma petite chronique d’aujourd’hui m’a été inspirée par plusieurs faits et vidéos que j’ai vu circuler, au cours des dernières années, sur la descentes en eaux vives. Du fait de la qualité et la prodigieuse durabilité des embarcations actuelles (canots et kayak en Royalex, PVC, Cross-Link…) par rapport à ce qui existait il y a 20 ans, les amateurs d’émotions fortes sur les rivières se surpassent d’habileté, et de débilité, pour tenter de faire mieux mais souvent pires que tous les autres.  Ces esclandres amènent son lot de “débordements”, d’accidents bêtes et trop souvent la mort…

Loin de moi l’idée de faire la promotion de tels comportements.  Nous devons les dénoncer pour que ce sport retrouve ses lettres de noblesses.  Voici ma liste de 10 meilleurs (pires?) vidéos de comportement en eaux vives à proscrire…

1. Ici on peut voir un kayakiste pris dans un rappel pendant de longue minutes. La grande peur de tous les amateurs d’eau vive.  Remarquez le 2e kayak qui lui tombe dessus, pendant qu’il essaie de s’en sortir…

2. En voici un qui s’est fait prendre dans un gigantesque rappel, et ne s’en est pas tiré. Une histoire et un vidéo à vous glacer le sang.

3. Deux amateurs qui désalent dans un rapide.  Un exemple de ce que vous ne devez pas faire:  éloignez vous de votre canot pour ne pas que celui-ci ne vous écrase…

4. Des descentes infernales de chutes et de canyons en kayak.  Il faut vraiment avoir l’esprit suicidaire.

5. Deux idiots qui sautent en kayak d’un pont.  La fois où ils ont eu l’air les plus fous…

6. La mort en direct de Tim Gross, après le saut d’une chute de 100 pieds, tête première. Triste spectacle. On peut voir un reportage et vidéos de celui qui a battu son record, Crazy Ed, avec un saut de 105 pieds, des chutes Alexandria, aux Territoires du Nord-Ouest..

7. Une descente gigantesque sur le “White Nile” en Ouganda.  Le vidéo et sa suite raconte qu’un des 2 pagayeurs n’en est pas sorti vivant.

8. Un montage intense de comportements intrépides en kayak.  La musique rap derrière est un peu envahissante. On peut y saisir la culture “trash” de quelques amateurs de kayak qui entachent la réputation de ce sport.

9.  Vous aimez les descentes en raft en groupe ? Après ce vidéo vous changerez d’idée… La scène des 2 rafts en sandwich, par dessus une douzaine de personnes, est intenable.

10. Le summum de la bêtise.  Vidéo inspiré des Jackass.  Comme de raison, ça va mal finir…

Pour finir, 2 très beaux montages, dont celui-ci de la descente d’une série de rivières en Gaspésie en 2006.

Et ce montage, de qualité, d’une série de descentes intermédiaires en canot-camping.  De quoi vous réconcilier avec ce noble sport. Fallait au moins terminer ça en beauté.

Environnement
Internet et Web

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Hell’s Bell. Ou comment Bell s’entête à sonner ses abonnés (2e partie)

Récemment je vous parlais d’une expérience désagréable avec notre oligopole de la téléphonie-Internet … J’y parle des nombreux rebondissements, suite à l’annulation unilatérale  d’un contrat que je détenais depuis 15 ans.  Je souligne aussi de la mauvaise foi de Bell qui promettait de m’offrir un forfait adapté à ma consommation de bande passante, sans y donner suite.

Lire:  L’ENFER EST BELL

J’ai continué de communiquer fréquemment avec Bell pour me plaindre de la piètre performance de ma connexion Internet.  D’un préposé à l’autre, aucun d’eux n’a jamais remis en question l’équipement de base fournit par Bell, jusqu’au jour où un préposé me demanda le modèle de mon modem.  Stupéfait il m’annonça triomphalement :  “Monsieur, vous opérez avec un modem tellement vieux qu’il ne fonctionne pas avec votre “Router”  wifi.  Je pense que finalement, on a trouvé le problème !”.  “Mais pourquoi personne chez Bell ne m’a posé cette question auparavant sur mon modem ?”  Ce préposé me proposa d’expédier sur le champ un nouveau “Modem-Router-Wifi” qui devrait régler mes maux de ventre web… Il m’a promis qu’il n’y avait aucun frais de location additionnel mais une petit coût de 20$ pour les frais de poste.  Allons-y, après tout je n’ai rien à perdre.

Coucou, c’est Yolande !

Quelques jours plus tard une petite carte m’avise que mon modem est arrivé au bureau de poste.  Et on me spécifie que le paquet est au nom de “Yolande Dalpé”, domiciliée à mon adresse !  J’habite dans cette maison depuis 23 ans et je ne connais aucune Yolande Dalpé.  Ma conjointe se rend chez Poste Canada et revient bredouille.  On a refusé de lui remettre le paquet parce qu’elle n’est pas Yolande Dalpé.  Elle avait beau leur expliquer que c’était une erreur de Bell et que Yolande Dalpé est inconnue chez nous.  Rien à faire.

Je communique à nouveau chez Bell où l’on ne comprend rien.  Il voit bien que le nom de l’abonné a été modifié mais le préposé ne sait pas pourquoi.  On me promet d’effectuer la modification de nom sur le champ et que Poste Canada sera avisé pour que je puisse prendre livraison du paquet.

Yolande, mon amour

J’attends quelques jours avant de me rendre personnellement au bureau de poste.  Je prétends avoir oublié ma petite carte.  On me demande mon adresse et me questionne sur ma relation avec Yolande Dalpé.  J’étais prêt pour cette éventualité, Bell étant aussi fiable qu’un courtier en valeurs mobilières.   En désespoir de cause, je réponds que Yolande Dalpé est mon épouse mais qu’elle est grippée et au lit.  Avec détermination, j’ajoute que j’ai absolument besoin de mon modem parce que je suis travailleur autonome et que je n’ai plus d’internet depuis une semaine.  Jugeant que mon prétexte était relativement solide et que mon permis de conduire indiquait la même adresse que Yolande, le commis m’a remis mon paquet, avec une certaine réticence.  J’ai signé la carte mais avec une signature illisible.  À malin, malin et demi.

J’installe aussitôt la quincaillerie et bingo ! Ça fonctionne.  Rapide, stable et fiable.  Pour la première fois.  Mais je ne me réjouis pas trop rapidement, la déception est un plat qui se mange en pleurant.

Je décide de visiter “Canada411.ca” pour savoir qui est cette mystérieuse Yolande Dalpé. J’en trouve une inscrite, située à quelques rues de chez moi, qui possède un numéro de téléphone semblable au mien, sauf 2 chiffres.  Probablement qu’un préposé de Bell endormi, un vendredi en fin d’après-midi, s’est gouré dans nos 2 profils et a finalement attribué ma connexion Internet à Yolande…Je recontacte le centre d’appel pour leur signaler ma découverte pour qu’il règle mon problème de changement de nom;  on me fait poiroter 30 minutes, pour me dire que tout était maintenant corrigé.

On efface tout !

Plusieurs jours s’écoule lorsque je décide de vérifier mon profil sur Bell.ca.  Une autre surprise m’attend.  Je n’ai plus d’abonnement Internet !  Plus de trace dans mon profil Internet, ni de mon B1, ni de frais d’envoi de mon nouveau modem.  Bell s’est encore foutu de moi.

Je décide d’écrire (encore) pour me plaindre de la disparition de mon forfait de mon profil.

Voici le contenu de mon courriel:

bell_question

Et la réponse évasive de Bell:


bell_reponse

Bell désire me parler par clavardage et m’invite à télécharger un logiciel !!!  On devrait plutôt corriger mon profil et me remettre ma connexion Internet.

La facture arrive !

Ma facture arrive la semaine dernière dans ma boîte de courriel.  Devinez quoi ?  Aucun frais d’internet ce mois-ci.  En fait je n’ai plus de connexion Internet sur ma facture.  Parti, Bye Bye, Tourlou…

Je suis déterminé et têtu.  La majorité des consommateurs auraient abandonné et annulé leur contrat bien avant ça.  Cette situation est symptomatique d’une entreprise où les différents départements-silos (téléphonie-Internet-Cellulaire et Télé-satellite) ne communiquent pas entre eux, au dépend des abonnés.

Je suis certain que je ne suis pas au bout de mes peines.  Dans quelques mois, Yolande contestera les frais Internet qu’elle n’a jamais demandé.  Bell fera une enquête pour finalement se rendre compte que l’abonné (moi) demeure bel et bien à l’adresse sur la facture, mais pas Yolande.  Je vais alors recevoir une facture couvrant plusieurs mois avec un avis de retard, et des intérêts, me menaçant de couper mon internet dans les prochains jours.  En fait, ça c’est la situation idéale.  Le pire scénario ? C’est Bell voyant que personne ne paye la facture, décide de couper ma connexion Internet, effacer mon B1 et m’enlever l’accès à ma boîte et mon adresse de courriel.

Et après des dizaines heures investies en appels téléphoniques, en courriels et en tracasserie, je peux sans conteste crier haut et fort que “la vie est Bell” particulièrement si tu fais affaire avec une autre compagnie que Bell.

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Stériliser ou non sa fille lourdement handicapée ?

Parents d’une jeune adulte lourdement handicapé par le syndrome de l’autisme, j’ai longtemps hésité avant de discuter du sujet de la stérilisation avec mon médecin de famille.  Notre fille communique peu et mal.  Comme la majorité des autistes, elle a très peu d’inhibition.  Fréquemment elle sort de sa chambre complètement nue, parce qu’elle a une tache sur sa chemise et qu’elle veut se changer.  Même si la maison est remplie d’étrangers, elle se comporte comme si elle était seule, avec souvent des comportements associables.

Dans les classes d’autistes de son école, le ratio garçon/fille est de 5 pour 1.  Elle est très jolie.  Une petite fille de 3 ans, prisonnière d’un corps de femme.  Bien que notre fille soit continuellement dans un milieu ultra protégé, les attouchements intimes nous hantent, le danger de grossesse nous terrifie.

S’occuper des soins personnels d’une adulte lourdement handicapé est un exploit.  La douche ou le bain, la toilette, les selles et les changements de couches sont des activités qui peuvent s’avérer fort exigeantes.  Mais les soins personnels pendant les menstruations sont franchement difficiles pour les frères ou le papa.  Mais depuis que nous donnons des anovulants en continue, ceci a pour effet d’arrêter les menstruations.

La stérilisation, hors de question

Dès la puberté, notre médecin de famille nous a avisé qu’ici, on Québec, on ne stérilise pas, mais qu’il est possible d’opter pour la contraception.  Nous avons donc choisi les anovulants, bien que les injections de depo provera soient plus faciles d’utilisation, elles ont souvent des effets secondaires importants sur l’humeur, ce qui n’est pas particulièrement bienvenu à l’adolescence…

La stérilisation est bien certainement l’option idéale. Fini les anovulants, les menstruations, et la crainte de la grossesse. Bien qu’aucune loi n’interdise la stérilisation, la jurisprudence au Canada prend toujours la part de la personne handicapée, jamais celle des parents.  Si aucune condition médicale ne l’exige, il est hors de question d’autoriser la ligature des trompes ou l’hystérectomie d’une personne handicapée.

Les parents d’un enfant handicapé, léger ou lourd, désirent avant tout protéger son enfant de tout ce qui pourrait lui faire du mal.  Ils refusent même de considérer que leur enfant pourrait avoir des désirs sexuels ou le désir d’avoir un enfant.  Une étude publiée dans la “Revue européenne du Handicap Mental“, démontre que les parents ont tendance a fortement ignorer les besoins sexuels de leur enfant handicapé.  Ils ont comparé la perception des parents en général et celle des éducateurs, à celle des parents de personnes handicapés.  Les résultats sont étonnants :

sondage1

Parce que la stérilisation a été pratiquée pendant plusieurs décennies en occident pour nettoyer la race “d’esprits faibles”, elle est aujourd’hui strictement interdite.  Elle était souvent pratiquée chez les alcooliques, les tsiganes, les handicapés mentaux lourd ou léger, sans jamais demander de consentement.  Ce nettoyage génétique par la stérilisation est considéré comme un type d’eugénisme.

Le curateur publique du Québec publie un texte intéressant à ce propos:

“Avec l’eugénisme en toile de fond, il s’avère que la stérilisation contre la volonté de l’intéressé ou sans son consentement (stérilisation non volontaire) est d’emblée entachée d’un grief éthique sérieux, celui de la discrimination d’un groupe social supposé “inférieur” et de la prévention autoritaire d’anomalies héréditaires ou de maladies. De nos jours, la stérilisation eugénique passe à juste titre pour une violation des droits de la personne et une grave atteinte à la dignité humaine.”

Un excellent texte (en anglais) à lire, publié par Wikipedia sur l’histoire de la “Compulsory Sterilization” (stérilisation obligatoire).

Plusieurs cas célèbres ont étayé la jurisprudence

Prenons 2 cas de demande de stérilisation qui ont défrayé les manchettes, il y a une vingtaine d’année.

Jeannette en Grande-Bretagne, en 1987 :  une cause britannique où la Chambre des Lords (équivalent de notre Cour Suprême) avait autorisé la stérilisation de Jeannette, 17 ans, pour cause de déficience mentale.  Cette décision avait scandalisé beaucoup de parents de l’époque.

Voyez un court compte-rendu:

jeannette

Ève, au Canada, en 1986

Ce cas relativement important où une mère veuve, âgée de 60 ans, a demandé à la cour de l’Île du Prince-Édouard la permission de stériliser sa fille, lourdement handicapée, qui avait noué une relation avec un autre handicapé.  Après plusieurs refus des cours, la cour suprême du Canada lui refusa le droit de stériliser Ève pour 2 raisons (lire extrait):

La compétence parens patriae ne devrait donc jamais autoriser la stérilisation à des fins non thérapeutiques, “puisqu’en l’absence du consentement de la personne visée, on ne peut jamais déterminer d’une manière certaine que l’opération est à l’avantage de cette personne”. La Cour conclut également que “bien que les avantages puissent paraître intéressants (si les tribunaux canadiens permettaient la stérilisation pour des fins non médicales en vertu de leur pouvoir), ils sont contrebalancés par une infraction grave aux droits de la personne et à son intégrité physique”.  L’on constate que dans cette affaire, qui est une première en la matière puisqu’il n’y a aucun précédent, la Cour suprême opta pour donner préséance à la liberté de choix ainsi qu’aux droits de la personne.

J’ai même pu dénicher dans les archives de la CBC l’extrait du bulletin de nouvelles de l’époque annonçant le jugement de la Cour Suprême. De nombreuses références existent sur ce cas, sur le site des Droits de la personne, ou les sites de compte-rendu légaux.

Un projet de loi présenté en 2000

Le 12 mai 2000, un projet de loi traitant de la stérilisation des personnes handicapées a été adopté en première lecture.  Le projet est mort au feuilleton, faute d’appui et d’intérêt. Voici un bref résumé de ce projet de loi:

“Il prévoit que la ligature des trompes ou des canaux déférents à visée contraceptive ” (…) ne peut être pratiquée sur une personne handicapée mentale, majeure sous tutelle, que lorsqu’il existe une contre-indication médicale absolue aux méthodes de contraception ou une impossibilité avérée de les mettre en œuvre efficacement. Si la personne concernée est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision, son consentement doit être systématiquement recherché”.

Comme citoyen, nous comprenons le danger de donner, à tous et chacun, le droit de stériliser un être humain, quel qu’il soit.  Comme parent, le législateur nous refuse le droit de stériliser notre fille parce qu’il existe d’autre mode de contraception et que sa dignité est plus importante que notre peur de devenir grand-parents sans le vouloir.  Mais ce législateur doit aussi se mettre à la place des parents qui, en plus d’assumer le fardeau d’une adulte handicapée, se retrouvent, du jour au lendemain, avec un bébé alors qu’ils sont retraités.  Et toutes les études démontrent que ce bébé sera probalement autiste à son tour, autant sinon plus lourdement atteint que sa mère.

Autisme

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La lente privatisation d’un fleuron québécois de la conservation: les zones d’exploitation contrôlées (ZEC)

Je lisais un sondage de Léger et Léger (pdf – 10 mo – page 10) qui révélait qu’en 2007 plus de 58% des québécois ont pratiqué des activités en forêt (plein air, chasse ou pêche).  Impressionnant.  Presque 2 québécois sur 3.  On y découvre que 26% de ces amateurs de plein-air ont pratiqué leurs activités dans une zone d’exploitation contrôlée (ZEC),  i.e. 15% de la population (1 québécois sur 6), soit 1,2 millions d’adeptes.  On peut y lire que les réserves fauniques et parcs (Québec et Canada), fortement subventionnés par nos taxes,  attirent près de 45% de ces adeptes (25% de la population) et 10% pour les pourvoiries (les autres fréquentant les terres publiques ou privées).

Étonnamment, ce même sondage soulignait que 60% des québécois connaissait l’existence des Zecs. Pourtant ces Zecs ne font peu ou pas de publicités et sont rarement dans l’actualité, comparativement aux organismes fauniques gouvernementaux ou la centaine de pouvoiries, à but lucratif,  détenant un énorme pouvoir d’influence, grâce à leurs tarifs élevés.

Les zecs, créations québécoises, uniques au monde

Mais qu’est-ce qu’une Zec au juste ? Les Zecs sont nés du démantèlement des clubs privés de chasse et de pêche le 22 décembre 1977. Le “déclubage” des territoires avait débuté doucement sous le gouvernement de l’Union Nationale dans les années 60 et a discrètement continué sous le premier gouvernement de Robert Bourassa dans les années 70. Jusqu’à son apogée au milieu des années 60, on comptait au Québec environ 2 200 clubs privés, couvrant 78 000 km2, soit près de 5% du territoire du Québec.  On y comptait alors près de 33 000 membres, soit moins de 0,05% de la population.

Il faut comprendre que les Zecs ont été créées pour démocratiser l’accès au territoire jusque là accessible qu’à un petit groupe de membres privilégiés. À partir de 1885, le gouvernement québécois offrait en baux exclusif une partie du territoire à des groupes qui désiraient en gérer la faune.  Le gouvernement, en collaboration avec les compagnies forestières, omnipotentes sur ces grand territoires de coupe, ont voulu préservé ces territoires des braconniers, des squateurs et rodeurs qui pourraient y mettre le feu et endommager le potentiel de coupe.  Sans argent à y investir, ils ont alors donné en baux exclusifs ces immenses territoires à des groupes d’individus qui possédaient les ressources et l’intérêt de les gérer.  Généralement des amateurs de chasse et pêche relativement à l’aise qui, regroupés en organismes, établissaient une charte avec des règlements sévères pour préserver la ressource et empêcher les non-membres d’y entrer.  Ces clubs étaient souvent formés par des membres de syndicats, d’associations professionnels, de familles, clubs sociaux ou compagnies.  Ces baux étaient aussi offerts à des américains influents, souvent propriétaires de grandes entreprises installés au Québec. La plupart des rivières à saumon étaient la propriété de grandes familles et entreprises américaines. On percevait alors ces clubs privés d’anglophones comme une invasion clandestine du territoire québécois, déjà colonisé plusieurs siècles auparavant.

La raison du plus fort est toujours la meilleure

On recommandait généralement 1 membre par mille carré (1,6 km2) de territoire exclusif.  Si votre territoire était de 30 milles2, alors seulement 30 membres étaient autorisés à y pêcher ou chasser. Chaque club possédait son gardien, qui entretenait les infrastructures et faisait office de garde pêche et de chasse.  On pouvait y construire un chalet et y offrir des services autogérés (rebuts, eau, électricité, déneigement…).  Il était possible d’y amener des invités mais la réglementation était sévère.  Par exemple les épouses ne pouvaient s’y rendre seul, comportement qui pouvait inciter à l’adultère.  Il était aussi interdit aux enfants adultes du membre de s’y rendre, sans la présence du membre mâle. Pour calmer la grogne dans les années 70, les clubs privés ont commencé à autoriser aux habitants autour de ces territoires à pêcher et à chasser.

Des milliers de clubs privés alors présents au Québec, sont nés 85 Zecs au printemps 1978.  Ces Zecs couvrent un territoire de 48 356 km2 soit la grandeur des états du Vermont et du New-Hampshire réunis.  Les 21 rivières à saumon protégés dans des Zecs, représentent une longueur 1 678 km, situés aux Iles de la Madeleine, Gaspésie, Cote Nord, Saguenay et Bas St-Laurent).  On y compte aussi une Zec de sauvagine. Près de 9,000 baux de villégiatures (chalets) sont présentement autorisés sur ces territoires, 99% de ces chalets datant de l’époque des clubs privés. Des nouveaux terrains “à chalet” sont maintenant offerts par le gouvernement Charest, après 30 ans de moratoire.

Un “miracle permanent” géré par ses utilisateurs

Ces Zecs sont autogérés par les membres.  N’importe qui peut en devenir membre (pour environ 20$), s’y faire élire et devenir gestionnaire de ce territoire. On y compte 40 000 membres et un peu moins d’un million d’utilisateurs. Les Zecs génèrent 500 emplois directs, administrés par 600 membres bénévoles.

Le mandat des Zecs se limitait à l’origine à la gestion de la faune (chasse et pêche) mais s’est ajouté à leur mandat l’hébergement et l’offre d’activité de plein-air (randonnée pédestre, camping, canotage…).  Les Zecs ont récemment demandé au gouvernement d’élargir leur responsabilité en leur permettant de gérer leurs routes, d’appliquer la réglementation en matière de camping et de gérer les territoires de chasses à l’orignal.

Un cancer qui ronge ce paradis:  la “chaletisation”

Ces territoires vierges subissent une forte pression des municipalités et des MRCs qui désirent s’approprier des morceaux de ce gâteau des anges.  Tous et chacun veulent “déZECquer” ces forêts et lacs protégés pour y bâtir des condos, des “monster-house” et des chalets de boomers retraités.   On motive cette décision par le sempiternel “moteur de développement régional” et autres “retombées économiques”.  Dans l’optique de la crise économique qui frappe fort les régions ressources, les fermetures de scieries, la stagnation de la coupe de bois et la fermeture de la pêche commerciale, on voit les Zecs comme un trésor non réclamé à défricher…

L’héritage de nos enfants

Il faut protéger ces territoires à tout prix.  Il faut empêcher le gouvernement et ses organismes délégués de s’emparer de ce patrimoine unique au monde pour l’asphalter, le “motomariner” et d’en faire des banlieues de riches, en forêt.  C’est le seul territoire vierge qui demeure encore accessible, à un coût abordable au Québec. Il faut qu’il demeure intact pour nos enfants, et les enfants de nos enfants.

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Compléments médiatiques

Je vous propose 2 reportages radio, un reportage télé, de Radio-Canada, qui vous éclaireront sur la problématique des Zecs.  J’ai ajouté, en bonus, un article de Louis Gilles Francoeur, tiré du journal Le Devoir.

RADIO:  Louis-Gilles Francoeur et les Zecs – par Marie-France Bazo – Indicatif Présent, le 8 juin 2005 (16m40s)
Les enjeux environnementaux des ZECS

Les zones d’exploitation contrôlées sont un véritable miracle permanent. Elles ont remis sur pied tous les territoires exploités par le secteur privé jusqu’en 1975. Le mouvement de nationalisation s’est amorcé sous le règne de l’Union nationale, pour se terminer sous Robert Bourassa. Au plan social, la nationalisation a ouvert l’accès des forêts aux Québécois.

RADIO:  Entrevue avec le ministre des Ressource naturelles et Faune, Pierre Corbeil, par Pierre Maisonneuve, le 20 mars 2006 (19m52s)
L’avenir des ZECS

Les Zones d’exploitation contrôlée (ZECS) sont des territoires administrés par des organismes sans but lucratif sur lesquels sont pratiquées diverses activités de plein air.  En 1978, les Zones d’exploitation contrôlée (ZECS) ont été créées pour remplacer les clubs privés, afin de rendre ces territoires accessibles pour tous.  Les ZECS sont des organismes à but non lucratif, gérés par des administrateurs élus par ses membres. Ces organismes voient à la gestion et à la conservation de la faune sur les territoires. On y pratique principalement la chasse et la pêche, mais aussi des activités récréatives comme la randonnée pédestre, le canot, l’escalade et le camping.

Certains craignent que dans le cadre d’un nouveau plan d’affectation du territoire public, la vocation récréotouristique de ces territoires soit encouragée en confiant la gestion d’activités au secteur privé. Pierre Corbeil, ministre des Ressources naturelles et de la Faune, ne nie pas que cela pourrait se produire, mais que le tout serait fait en concertation avec le milieu, et non de façon anarchique. Pierre Maisonneuve en discute avec Pierre Corbeil, ministre des Ressources naturelles et de la Faune et député d’Abitibi-Est, Stéphane Bergeron, député péquiste de Verchères, porte-parole de l’opposition officielle en matière de faune et de parcs, et Jean-Claude D’Amours, directeur général de la Fédération québécoise des gestionnaires de ZECS (Zones d’exploitation contrôlée).

TÉLÉVISION:  Reportage de La semaine verte – 27 mai 2007 – 10m37s : Bilan des Zecs

Créées il y a 30 ans dans le but de démocratiser l’accès aux plus beaux sites de chasse et de pêche, les ZEC doivent aujourd’hui relever un défi de taille; celui de préserver le milieu naturel tout en restant ouvert au plus grand nombre.

Elles ne sont plus la chasse gardée des pêcheurs et des chasseurs. Tous ceux qui rêvent d’un coin de paradis pour se construire un chalet, faire de la motoneige ou du véhicule tout terrain sont également séduits.  Par ailleurs, les ZEC doivent composer avec les forestières, depuis longtemps activent sur leur territoire et les promoteurs de parcs éoliens qui lorgnent ces grands espaces. Leurs gestionnaires, des bénévoles, doivent désormais concilier ces multiples intérêts. Claude Fortin, Michel Poirier et Raynald Daoust dressent un bilan des ZECs après trois décennies d’existence.

JOURNAL: Un article percutant de Louis Gilles Francoeur, Le Devoir,  18 mars 2005 – La dépossession tranquille de l’héritage des Zecs

Environnement

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6 excellents reportages radio sur l’autisme

Les familles confrontées à l’autisme ont désespérément besoin d’information.  De l’information, il y en a beaucoup et souvent contradictoire.  Des sommités, en passant par les modes et les faux prophètes, il n’est pas facile de s’y retrouver. À l’intérieur du spectre autistique, vous notez de nombreuses variations sur un même thème.  Vous  avez un monde de différences entre l’autisme lourd, avec retard mental, par rapport à l’autisme de haut-niveau.  Je vous avais déjà donné des liens vers quelques entrevues et reportages radios.  En voici 6 autres dont le dernier, mon préféré, où l’on traite de l’école “Le Tournesol”, que ma fille autiste fréquente maintenant depuis plus de 10 ans.  Merci à Radio-Canada, à qui j’ai emprunté tous ces reportages de qualité.

Une grande entrevue avec Michel Lemay, pédopsychiatre de Ste-Justine et spécialiste de l’autisme

Date : 14 novembre 2004
Émission : Les années lumières
Animateur : Yanick Villedieu
Durée : 51 min 26 sec

Sujet : Yanick Villedieu a rencontré Michel Lemay, pédopsychiatre à l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal. Il y dirige depuis 25 ans la clinique de l’autisme et des troubles envahissants du développement. Michel Lemay est aussi professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Il a suivi et soigné près de 600 enfants autistes.

Michel Lemay est un des spécialistes mondiaux dans le domaine. Il a écrit un livre “L’autisme aujourd’hui”, aux Éditions Odile Jacob. Il dresse le bilan de l’autisme. Que sait-on aujourd’hui sur cette maladie encore très mystérieuse? Comment soigner l’autisme? D’où vient cet étrange handicap?  “Nous sommes confronté à ce défi hors de proportion: Il faut accepter, écouter, essayer de rejoindre et dialoguer avec les enfants. ” – Michel Lemay

Yanick Villedieu nous parle de deux livres sur l’autisme: ” L’autisme aujourd’hui” de Michel Lemay, des Éditions Odile Jacob et “Le bizarre incident du chien pendant la nuit” de Mark Haddon, en français aux Éditions Nil (un roman policier avec un héros, et narrateur, autiste)

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Les gènes de l’autisme

Date : 25 février 2007
Émission : Les années lumières
Animateur : Yanick Villedieu
Durée : 9 min 47 sec

Sujet : Lorsque nous analysons les échantillons d’ADN de 1,200 familles avec au moins 2 enfants autistes, 135 chercheurs de 9 pays ont réalisé une des plus vaste étude jamais réalisé sur les fondements génétiques de ce syndrome. Ils évaluent que leur découverte fait naître l’espoir de la mise en place d’un test de dépistage prénatal, éventualité ne soulement pas l’unanimité dans cette communauté scientifique.  Il reste beaucoup de chemin à parcourir pour comprendre et cerner l’autisme.

Invités : Guy Rouleau, neurogénéticien, Centre d’étude sur les maladies du cerveau, Université de Montréal et Laurent Mottron, psychiatre, clinique des troubles envahissants du développement, Hôpital Rivière-des-Pariries, Montréal

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Le psychiatre Laurent Mottron nous parle des mythes de l’autisme

Date : 16 mars 2009
Émission : Christiane Charette
Animateur : Christiane Charette
Durée : 11 min 30 sec (de 1h 14m 30s jusqu’à 1h 26m 00s)

Sujet : Entrevue avec Dr Laurent Mottron, psychiatre à l’hôpital Rivières de Prairies, auteur du livre “l’Autisme, une autre intelligence“.  Il nous parle de l’explosion du nombre d’enfants diagnostiqués d’autisme aujourd’hui par rapport à autrefois.  Il explique ce mythe par le fait qu’aujourd’hui le spectre de l’autisme est beaucoup plus large qu’autrefois.  Il parle d’un autre mythe concernant l’anomalie digestive des protéines du lait et du gluten chez les enfants atteints d’autisme.

Ballado diffusion (Fichier mp3 de 60 mo) (reportage disponible à partir de 1h 14m 30s jusqu’à 1h 26m 00s, environ à 75% du cours de l’émission).

Elle s’appelait Sabine : regard d’une sœur

Date : 17 octobre 2007
Émission : C’est bien meilleur le matin
Animateur : René Homier-Roy
Durée : 7 min 19 sec

Sujet : Une entrevue avec Sandrine Bonnaire qui discute du film sur sa soeur autiste “Elle s’appelle Sabine“.  De son évolution à sa déchéance, elle parle du parcours difficile de sa sœur, à travers des dizaines de films qu’elle a fait sur elle au cours de sa vie.

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Johanne Prince discute des résultats de l’étude avec le Dr Éric Fombonne sur les vaccins et l’autisme

Date : 5 juillet 2006
Émission : Desautels
Animatrice : Johanne Prince
Durée : 8 min 14 sec

Sujet : Une entrevue avec le Dr Eric Fombonne, directeur de la pédopsychiatrie à l’Hôpital de Montréal pour enfants et directeur de l’impressionnate enquête sur 28 000 autistes du Québec.  Les résultats sont que contrairement à l’hypothèse échaffaudée dans les années 1990, la vaccination RRO (rubéole, oreillons et rougeole) n’est pas aucunement responsable de l’explosion des cas d’autisme. Cet étude publiée dans la revue Pediatrics, conclut que ce vaccin, avec du thimérosal, agent de conservation à base de mercure, n’est absolument pas un facteur de risque.

Les troubles envahissants du développement (TED), dont fait partie l’autisme, ont une prévalence plus grande chez les enfants non-vaccinés entre 96 et 98 que les enfants vaccinés entre 87 et 95.  Dans les années 1990, des chercheurs des Étas-Unis avaient soulignés la quantité de mercure que contenait les vaccins.  Beaucoup de  parents ont refusé de faire traiter leurs enfants depuis cet annonce, entraînant une explosion des cas de rougeole dans le monde.

Le Dr Éric Fombonne, directeur de la pédopsychiatrie à l’Hôpital de Montréal pour enfants et directeur de l’enquête, enjoint les parents à continuer de vacciner les enfants et ignorer ces craintes inutiles.  Johanne Prince discute de cet étude avec le médecin.

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Une école spécialisée pour les enfants autistes à Montréal

Date : 27 juin 2007
Émission : L’été du monde
Reporter : Christine Limoges
Durée : 10 min 11 sec

Sujet : Reportage touchant sur l’école Le Tournesol“, dans Pointe-aux-Trembles, à Montréal, où 60 enfants autistes, avec retards mentaux, de 4 à 21 ans, se voit offrir la scolarisation du primaire et du secondaire.

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Je prépare un prochain texte sur les meilleurs reportages télé sur ce même sujet.  Si vous avez des suggestions de reportages ou d’entrevues (radio ou télévision), n’hésitez pas à me les communiquer.

Autisme

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Quand Shell et Air Miles trouvent une nouvelle façon de fouiller dans nos poches

Dernièrement, en faisant mon plein d’essence chez Shell Canada, j’ai aperçu un tout petit papier à la caisse. Shell annonce Airmiles 23 mars 2009 Écrit dans une police de caractère digne des contrats d’assurance, Shell nous annonce, sur un ton laconique, que le niveau de points Air Miles offerts lors d’achat chez Shell a été modifié.  Bizarre.  Aucune mention publicitaire, ni sur mon compte de carte de crédit Air Miles, ni sur mon relevé de point Air Miles et non plus sur les nombreux courriels promotionnelles de Shell/Air Miles dans ma débordante poubelle à courriel.

Je m’amuse à calculer le nombre de points offerts et la valeur en $ de ce que Shell m’offre. Ce que très peu de gens ont le courage (et le temps) de faire. Tout d’abord combien vaut un de ces foutus points Air Miles ?  Facile.  On calcule le prix d’un point en examinant combien coûte quelques uns des certificats-cadeaux qu’Air Miles nous offre si gracieusement.

En voici le tableau du coût en points de chaque certificat-cadeau:

valeur-points1

On peut voir qu’un point Air Miles vaut entre 0,11$ (chez Bureau en gros ou chez Itunes) et 0,15$ (chez Metro).

Allons maintenant voir combien Shell m’offre de points pour mon plein.  Prenons l’exemple d’une automobile de grandeur moyenne, avec un réservoir de 60 litres.  Disons un prix de 0,90$ le litre, pour un plein d’une valeur d’un peu plus de 50$.  Examinons maintenant ce que Shell nous offrait en récompense dans les années 90, après les modifications dans les années 2000 et la valeur du rabais offert depuis avril 2009.

Tableau comparatif de l’évolution de la valeur de la récompense offert pour un plein de 50$

valeur-point-airmiles

Étonnant!  Shell a fait diminuer, en catimini depuis 15 ans, le pourcentage de rabais offert,  le faisant passer de 1,4%, à 1,1% à 0,6%.  Donc pour chaque 100$ dépensés chez Shell, nous recevions 1,40$, ensuite 1,10$ et maintenant 0,60$;  soit une première diminution au début des années 2000 de 20% et, en avril 2009, de 50%.

Les propriétaires de station-service tentent de nous convaincre qu’ils n’avaient pas le choix de diminuer le nombre de points offerts parce que ce sont eux qui doivent payer ces points avec leur marge bénéficiaire.  Mais désolé, au bout de la chaîne alimentaire, ce sont les automobilistes qui payent, pas les pétrolières, ni les franchisés.

Dorénavant, je ne ferais plus aucun détour pour me rendre chez Shell.  Et si je me fie à toute la frustration notée sur le web, je ne serai pas tout seul.

SmartCanucks

Red Flag Deals

Note: Amusez-vous à lire le “Fake Blog” (flog) d’Air Miles où des gens (probablement fictifs) écrivent des petits commentaires pour te motiver à te procurer la carte Air Miles et à accumuler des points-récompenses.  Tordant de naïveté, qui reflète un profond manque d’éthique.

Opinion

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Les aires protégées du Québec et la protection des rivières

Prologue:  mon affection pour les rivières

Au CEGEP, devant la grille des choix de cours, je cherchais un petit “45 heures” d’éducation physique pas trop pénible.  Je n’aimais pas beaucoup l’athlétisme (surtout la course en rond), ni les sports de piscine, encore moins les sports de balles et ballons.  Il me restait très peu d’alternatives.  J’avais déjà complété la plupart des sports “relax” dont le tir à l’arc, le badmington et le curling.  Pour boucler mon 4e choix, j’opte pour le canot-camping, en compagnie de mes copains d’infortune, François et Richard.  Assis dans un canot, nous allions nous la couler douce.  Plein de filles en bikini, du soleil, la plage, la baignade, la dolce vita sur les flots bleus de la fainéantise.

Comment organiser un voyage de misère

Erreur.  Le cours nous impose des pratiques en piscine pour effectuer des récupérations en “T”, du bouche à bouche avec un prof poilu, et d’interminables pratiques en rivière, devant le collège, où la couleur et l’odeur de l’eau s’apparentait plus à celui des égouts qu’à une plage de Tahiti.  En bonus:  moustiques, ampoules, bouffe brûlée, portages, vêtement mouillés à 5 degrés et sac à dos dans un sac à poubelle…Mais l’examen final allait être coooool.  Pas de livres ou d’étude.  Le test s’effectue en forêt, sur la rivière l’Assomption, section du Parc Mont-Tremblant (à l’époque “Parc Joliette”).

Malgré la pluie, l’équipement déficient, le froid et les canots chavirés, cette fin de semaine a été déterminante pour moi.  En ce printemps de 1975, du haut de mes 18 ans, le canot-camping fut une véritable révélation. J’étais quand même génétiquement prédisposé : mon père, mes oncles et mon grand-père étaient des fanatiques de pêche et de chasse. Au grand dam de ma mère, père, oncles et grand-père passaient plusieurs semaines par année dans les bois.  Ils étaient membres de plusieurs clubs de pêche (truite et saumon) et de chasse (outarde, oie blanche, chevreuil et orignal, à Godbout, entre autre).  Mes oncles possédaient un chalet isolé en Haute-Mauricie sur un gigantesque lac vierge, où nous nous rendions plusieurs fois par été.

Quatre années déterminantes

L’année suivante, en 1976, François et moi réussissons à convaincre 4 autres courageux poissons d’effectuer une autre descente. Sans connaître réellement le niveau de difficulté du cours d’eau, nous décidons de descendre la même rivière l’Assomption mais la section plus au sud de St-Côme, jusqu’au Domaine des Rentiers.  Sans encadrement et formation, notre expédition était fort risquée. En effet, elle se révéla être un fiasco de désallages et d’erreurs de débutants.   L’autre section plus au sud a aussi été tenté, l’année suivante en 1977, et le résultat fut tout aussi catastrophique dû à notre inexpérience. Canots défoncés, équipement noyés ou perdus, participants qui quittent en plein milieu de la rivière ou en pleine nuit…

La quatrième année, en 1978, nous décidons de donner le grand coup.  On s’attaque à la rivière Ouareau, au sud de Rawdon, sans vraiment consulter la carte puisque nous avions “marché” les rapides.  Une section gigantesque avec des rapides de niveau 3 (experts). Dans les 100 premiers mètres de la rivière, au pied des chutes Dorwin, les 3 canots loués se sont fracassés sur les rochers.  Nous avons perdu plusieurs bagages et quitté la rivière en milieu de journée, à la hauteur de  St-Liguori, n’ayant plus aucune nourriture et plusieurs éclopés….  L’entreprise de location nous a obligé à racheter de nouveaux canots.  Nous n’avions d’autres choix que de faire réparer les canots endommagés, et d’essayer de les revendre.  Une petite journée très dispendieuse….  Mais le mal était fait.  J’avais la piqure…

Le club “Les portageurs” et la découverte des grandes rivières

Déménagé pour mes études à Montréal, j’ai par la suite suivi des cours de perfectionnement avec le club de canots Les Portageurs.  Groupe social de haut-calibre, j’ai, avec eux, parcouru les plus belles rivières du Québec.  Plusieurs dizaines des plus beaux cours d’eau au Québec, autour du Lac St-Jean, en Mauricie, en Abitibi, en Gaspésie, en Outaouais et dans le Grand Nord du Québec.  Depuis 30 ans, à raison de 2-3 rivières par année, j’estime avoir parcouru plus d’une soixantaine de plus intéressantes rivières du Québec.   J’ai aussi tenté quelques infidelités en Ontario et au Nouveau-Brunswick, qui sont fort avancés en conservation de rivières.

Le pillage de nos rivières

Mais plusieurs de ces joyaux ont disparus ou sur le point de l’être. En se réfugiant derrière le faux discours de “l’Énergie Verte“, le gouvernement harnache à qui mieux mieux les dernières rivières vierges du Québec. Comme le disait Louis Gilles Francoeur dans son article du Devoir du  13 mars 2009 :  “Rivières vierges: une espèce menacée“.

Pour nos voisins du sud, c’est là que réside le problème que nous occultons au Québec: les rivières vierges sont de moins en moins nombreuses, au point de devenir assimilables à une espèce menacée. Voilà pourquoi plusieurs États entendent préserver au moins le tiers des cours d’eau, quitte à en restaurer.

La valeur que les États-Uniens attribuent à ce patrimoine témoigne d’une prise de conscience que notre indécrottable sentiment d’abondance mythique nous empêche de faire à notre tour. On en voit les résultats avec la morue, avec la forêt et bientôt avec nos dernières grandes rivières sauvages. C’est pourquoi le gouvernement fédéral des États-Unis et la plupart des États voient dans la construction des grands barrages et de leurs indispensables réservoirs un enjeu majeur de conservation.

Ils en tirent des conclusions concrètes. Ainsi, ils accordent aux barrages des autorisations limitées dans le temps — de 25 à 50 ans en général — afin de ne pas lier les mains aux générations futures. Ici, les permis sont éternels. À l’échéance des permis, nos voisins débattent de la pertinence de maintenir ces ouvrages, ce qui explique qu’ils vont en démolir 27 en 2009, dont plusieurs importants…. [...]

Il établit que le nombre de rivières bétonnées par des barrages et des centrales hydroélectriques est en croissance fulgurante. En 1996, il existait 106 centrales sur 30 rivières. Quatre ans plus tard, leur nombre était passé à 145, et le nombre de rivières touchées, de 30 à 50. L’an dernier, 162 centrales artificialisaient 115 rivières. Avec les projets en préparation, on aura bientôt 174 centrales installées sur 121 rivières! En clair, en 15 ans, le nombre de centrales aura augmenté de 64 % et celui des rivières harnachées, de 400 %.

Disparition des rivières et simulacre de protection

Le gouvernement Charest avait pourtant promis de protéger 12% du territoire en 2012.  Avec les dernières annonces de mars 2009, on atteint à peine 8%, objectif que nous devions atteindre en 2005.  Le gouvernement a surtout protégé des territoires non-menacés, principalement situés dans le Grand Nord. Quelques rivières seront protégées (comme le nord de la rivière Rouge en Outaouais) mais les efforts sont trop faibles, trop tard…  L’annonce du 29 mars dernier protège pour toujours des troncons de rivières de qualité, mais en territoire inoccupée comme la rivière Delay, la rivière George, la rivière Vachon…

Voyez la carte mise-à-jour des aires protégées et la politique des aires protégées du gouvernement du Québec

Scott MacKay, le député “vert” du Bloc Québécois de Repentigny, faisait remarquer dans un récent article intitulé “Aires protégées : pas de quoi pavoiser” dans l’Hebdo Rive-Nord

Quand on sait que la Californie protège 16 % de son territoire alors qu’elle dispose d’une superficie qui ne fait même pas 40 % de celle du Québec et que sa densité de population est d’environ 20 fois supérieure, j’ai envie de dire que  “quand on se regarde, on se console, mais quand on se compare, on se désole!”

Je vous invite aussi à lire l’article de Martin Croteau de La Presse : Québec met 8% du territoire à l’abri de l’exploitation

Environnement
Moi Me Je ?

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