Moi Me Je ?

Un ange passe

La fébrilité des derniers jours m’a passablement épuisé. Le téléphone a beaucoup sonné, entremêlé aux courriels d’encouragement et les mots remplis de gentillesse sur les réseaux sociaux. J’ai reçu une cinquantaine de courriels de collègues, amis et membres de ma famille. Il me sera impossible de tous leur répondre personnellement, c’est pourquoi j’écris ce petit (!) mot.

Le syndrome du déserteur

Au quatrième jour de mes vacances  imprévues, je suis serein.  Après quelques nuits d’insomnie créatrice, je dors maintenant du sommeil du juste.  Je me sens libéré d’un grand poids. J’ai par contre, en arrière-goût, ce sentiment viscéral d’avoir abandonné mon équipe web submergé de projets, d’échéances serrées et de nombreux livrables. Comme si pendant le combat, on m’avait extirpé de la tranchée par hélicoptère pour me rapatrier définitivement dans mon pays.  Le combat sera rude pour eux, d’autant plus que plusieurs autres collègues quitteront sans doute le navire dans les prochains jours.

Décollage du gros porteur

Dès l’annonce de ma cessation d’emploi, j’ai contacté mon conseiller financier.  Le soir même, sur le web,  j’achetais l’ordinateur portatif de mes rêves (avec lequel j’écris ce texte), reçu le lendemain par UPS. J’ai pris soin de valider mon choix avec mon frère aîné et mes 2 geeks de fils (en Suède et en Espagne) qui m’ont donné leur aval.  Je me gâterai, dans les prochains jours, avec un nouveau cellulaire qui fait la vaisselle, passe l’aspirateur et fait des sons quand tu le brasse…

Cette semaine je rencontre mon comptable et fiscaliste, en plus de la firme recommandée de services-conseils en transition de carrière. Je dois aussi valider mon choix de plan de pension, renégocier mon assurance vie, mon assurance santé, finir le site web de ma nouvelle compagnie… J’ai estimé que les préparatifs de défrichage prendront un minimum 2 à 3 semaines.

J’avais déjà lu dans un livre spécialisé sur le travail autonome, que les cadres longtemps salariés qui décident de démarrer leur propre entreprise, peuvent se comparer au décollage d’un Boeing 747 sur une petite piste de terre.  Il faut que la piste soit très longue et bien préparée pour s’assurer que votre poids lourd décollera, sans s’écraser en bout de piste.

Mon ange éternel

Un peu comme ces créatures folkloriques de Transylvanie qui ne vieillissent jamais, malgré ses 19 ans, ma fille cadette a cessé de vieillir il y a longtemps.  Elle n’a que 3 ans d’âge de développement.

Au fil des années, nous notons quand même de lents mais notables progrès sensori-moteurs et psychologiques mais elle ne deviendra jamais autonome. Bien qu’elle fréquente à temps plein une école spécialisée, elle cessera de bénéficier des services de scolarisation dans moins de 2 ans, à 21 ans.

Au cours des prochains mois, je me concentrerai sur le financement, la planification et la construction d’une résidence pour adultes autistes qui accueillera de 5 à 6 jeunes adultes, dont ma fille.  Dès 2012, elle y habitera à plein temps.  Cette maison offrira des activités structurées et proposera des programmes précis de maintiens d’habilités. On a déjà les plans en tête. Ce sera un milieu de vie gratifiant et enrichissant pour elle, tout en nous permettant de souffler un peu.

Compléter le casse-tête

Je rêve aussi d’apprendre à lire à mon petit “rayon de soleil”.  À son école, à l’âge de 19 ans, l’emphase va vers l’acquisition de règle de socialisation (comportement en groupe, respect des autres), d’hygiènes (se laver les mains, ne pas mettre ses mains dans son pantalon ou son nez) ou d’habilités domestiques (remplir et vider le lave-vaisselle, placer et enlever les couverts). Vu son âge avancé, la lecture, l’écriture ou le calcul n’est plus une priorité.  Elle connaît des centaines de mots mais ne peux pas les relier ensemble. Comme un casse-tête dans une boîte, qu’il faut monter. Mon entêtement légendaire et ma disponibilité soudaine pourra peut-être servir.

Mes autres priorités

J’ai l’intention d’offrir mon corps à la science et faire de la consultation dans mon champ d’expertise, la stratégie web.  Je planifie œuvrer principalement dans mon coin de pays pour éviter de passer 15 heures par semaine dans ma bagnole, comme je le faisais depuis 25 ans. J’ai aussi eu quelques offres pour enseigner et donner des ateliers et conférences sur les bonnes pratiques du marketing électronique.

Les conseils de Mick

Dans mon véhicule, j’écoute de vieux succès des années 60, sur un canal spécialisé de radio par satellite. Ce matin Mick Jagger m’a offert ce judicieux conseil, sur la pièce Ruby Tuesday :

There’s no time to lose, I heard her say
Cast your dreams before they slip away
Tired all the time
Lose your dreams and you will lose your mind
Ain’t life unkind

Autisme
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La symphonie inachevée

Nous rêvons souvent. En fait la majorité d’entre nous passons notre vie à se construire des châteaux en Espagne.  On s’imagine sur une île déserte, dans une lagune, avec des dauphins, nageant avec la page couverture du Sports Illustrated.  J’en connais qui rêvent de jouer au golf tous les jours, de voyager, d’écrire, de retourner aux études, de bâtir une maison, de conquérir une montagne.

D’autres se peinturent dans un chalet, dans les bois, avec une ligne à la main. Souvent on se dit qu’à la retraite on aura tout le temps d’assouvir ses fantaisies, que l’on n’aura que l’embarras du temps.

Depuis ce matin, je fais l’inventaire de mes rêves.  Je m’y mets à plein temps.  On m’a offert une généreuse prime de départ pour quitter un emploi que j’adore, pour me rendre tranquillement jusqu’à la retraite. Ce n’était pas une grande surprise puisque j’avais avisé mes supérieurs que si l’occasion se présentait, je serais volontaire pour quitter.

Tisser sa toile

Pas que je n’aimais plus ce que je faisais, loin de là.  Mais comme deux êtres qui se sont aimés pendant 30 ans, je sentais que plus rien ne serait comme avant. Pendant les 9 dernières années, mon poste dans le web était excitant.  J’ai connu des années de croissance effrénée, des projets grisants où rien n’existait et tout restait à faire.

Mais le Klondike est terminé.  Le web connaît une lente mais pénible remontée depuis que la crise lui a mis du plomb dans l’aile. Les réseaux sociaux ont changé la donne.  Disparition de la pub par courriel ou en ligne, c’est la communauté qui dorénavant décidera, peu importe ce que les annonceurs feront ou diront. Même si la publicité est partout, elle se meure. Il faut la réinventer intelligemment. Et traiter le consommateur avec respect.  L’écouter. En fait la clef du succès, c’est le web intuitif. Si tu me fais chercher, je vais ailleurs. Séduis moi et je reste.

Les centaines de personnes que je côtoyais depuis 30 ans vont me manquer.  Depuis ma première entrevue, le lundi 28 avril 1980, dont je me rappelle en détails.  Du haut de mes frêles 23 ans, pendant que j’attendais dans la salle, le journal titrait que le Canadien, après 4 coupes de suite, venait de se faire éliminer en quart de finale par les tristes «No» Stars du Minnesota.  De plus, nous sentions la fébrilité du premier référendum du 20 mai 80.

Ceux qui me connaissent savent que ma planche à dessin est remplie de croquis; que je « percole » de projets. Mais en fait je vois cette journée charnière comme étant aussi déterminante que le jour où j’ai reçu mon diplôme universitaire, mon mariage ou la naissance de mes 4 enfants.  C’est un nouveau départ pour finalement tenter de terminer toutes les symphonies inachevées qui jouent dans ma tête.

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Le cycle de la saine remise en question

On passe tous des moments où l’on se pose des questions, en se demandant si on a emprunté le bon chemin, s’il n’aurait pas mieux value tourner à gauche à cette intersection de la vie ou rebrousser chemin il y a deçà 10 km, 10 jours ou 10 ans.

Je suis de ceux là.

Un peu comme à la fin des années de collège où j’examinais toutes les avenues pour connaître ce qui allait me passionner le reste de ma vie. Pendant mes années de CEGEP, j’ai fait beaucoup de radio étudiante, souvent jusqu’à une dizaine d’heures par semaine. Je me rappelle de la mine déconfite de mon père quand, du haut de mes 17 ans, je lui annonçai que je voulais m’inscrire en Communications, à l’Université du Québec à Chicoutimi, pour ultimement faire de la radio ou de la télévision. Ou encore quelques mois plus tard, je lui fis part de mon désir de m’inscrire à une école d’électronique parce que j’adorais monter et démonter des bidules électroniques.  Étant relativement doué en mathématiques, mon père m’encouragea à poursuivre aux Hautes Études Commerciales (HEC) pour finalement graduer en Sciences économiques. Il m’avait faire comprendre qu’il ne fallait pas mélanger « hobby » et carrière, principe que j’ai tenté de transmettre à mon tour à mes enfants.

Au cours de ma carrière, même si j’ai évolué en majeure partie dans la même grande entreprise, j’ai assez souvent changé de poste après, justement, une phase de doutes et de questionnements.  Après plusieurs années au même poste, souvent à la fin d’un gros projet, je fais le bilan ;  c’est alors que les démons de l’incertitude ressurgissent, et se liguent contre moi pour nourrir ma crise.

Si jeunesse savait

Pour beaucoup d’individus, les périodes de repositionnement professionnel coïncident avec des remises en question d’ordre personnel ou amoureuse.  Ce n’est heureusement pas mon cas. Je possède le même groupe d’amis depuis 40 ans, la même conjointe depuis 27 ans et la même maison depuis 22 ans,

Mais ça n’a pas toujours été le cas. Jeune adulte, je me souviens d’avoir occupé 8 différents appartements en 5 ans, d’avoir changé de copine pour un oui ou un non et de ne pas dédaigner la bagarre devant l’insolent.  Mon impulsivité était notoire. Cette fougue m’empêchait souvent de prendre des décisions réfléchies.  Mais j’ai réussi à dompter et à mieux canaliser, un tant soit peu, cette impétuosité avec l’âge.

Je me rappelle d’une rencontre dans un souper d’affaire où une femme assise à la même table que moi me dit :

Bonjour Benoit.  Te rappelles-tu de moi ?  J’étais dans ta classe au secondaire.  Pendant un cours de biologie, tu m’avais mis une grenouille vivante dans mon sac à main.  Je l’avais découverte plusieurs minutes plus tard, en fouillant dans mon sac, pendant le cours de religion.

Mais, 40 ans plus tard, j’avoue que ce n’était ma meilleure blague bien qu’elle reste inoubliable.  Mon erreur est de m’en être vanté à des copains dénonciateurs.  Sinon mon coup serait demeuré classé dans la filière des «Crimes Parfaits» de Claude Poirier.

Monsieur Destiné

Un film de série B du début des années 90 avec James Belushi Mr Destiny,  illustre bien le questionnement d’un homme à l’aube de la quarantaine. Il aimerait retourner dans le temps pour savoir comment se serait déroulé sa vie si des événements s’étaient passés autrement, à des moments clés de sa vie.  Pour se rendre compte que finalement il aurait eu d’autres problèmes et autant de questionnements….

Il est sain de se poser des questions sur son existence, sur ce que nous désirons accomplir dans la vie mais sans jamais regretter le passé.  Ce qui est fait est fait.  Vous devez élaborer des projets d’avenir et tout faire pour les accomplir.

Nourrir ses rêves

Je vous suggère un petit exercice que j’ai effectué à l’aube de mes 50 ans et que je referai avant ma retraite.  Dressez une liste d’une douzaine de rêves que vous voudriez réaliser avant de quitter cette terre, avec un âge limite.  Par exemple: Monter le Kilimandjaro à 40 ans, courir un marathon à 45 ans, apprendre l’espagnol à 60 ans…   Éviter d’y mettre des désirs matériels comme m’acheter une BMW, ou un condo en Floride.  Concentrez vous sur vous, votre esprit, votre âme, votre corps, votre bien-être intérieur.

Pour ma part, de ma liste de 50 ans j’ai réussi à en accomplir 3, avec 3 en cours de réalisation.  Ma fiche n’est pas très reluisante, et je dois la consulter plusieurs fois par année pour garder mon focus…

Encore plus passionant, demandez à votre conjoint ou conjointe d’effectuer le même exercice en privé.  Ensuite comparez vos listes et résultats.  Si des items coïncident, vous aurez alors un projet commun à réaliser dans les prochaines années.  Si aucun de vos projets ne se ressemblent, essayez alors de vous inspirer des projets de l’autre et d’en élaborer au moins un en couple.  C’est l’essence d’une vie professionnelle ou personnelle, que de bâtir des rêves et de tenter de les réaliser…

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Deux mentions pour votre humble serviteur

Click Weekly - Top Canadian Online MarketersHier, le 29 septembre, le journal Click! Weekly a dressé une liste aléatoire des TOP 40 Canadian Online Marketers of 2009.  J’ai eu l’honneur de figurer sur cette liste, avec des leaders prestigieux du monde du web au Canada de Facebook, Yahoo, Expedia, Bell, eBay et Dell . Même si ces listes sont souvent faites pour “remercier” des partenaires de l’industrie, il fait toujours plaisir d’être reconnu par ses pairs d’autant plus que ce magazine est anglophone, basé à Toronto, et que seulement une poignée de québécois y apparaissent.  Ces honneurs sont toujours le reflet du travail d’un groupe qui apporte des idées innovantes avec une vision avant-gardiste de l’internet.  Mon ami Guillaume Brunet, qui figure aussi sur cette liste, a rédigé un petit texte sur cette mention sur son blogue personnel.

Les Francs-tireurs ont “visé” mon humble site web

Francs-tireursCe soir 30 septembre, l’émission de Télé-Québec Les Francs-tireurs, animée par Patrick Lagacé et Richard Martineau, ont utilisé, avec mon autorisation, plusieurs photos de deux textes publiés ces dernières semaines traitant des accrocs à la règlementation sur l’affichage à Montréal.  Je vous invite à revoir ce reportage en rediffusion sur le web ou à l’écran, ce jeudi 1er octobre à 14h00, samedi 3 octobre à 20h00 ou mardi le 6 octobre à 23h00.  Notez que le reportage sur l’affichage à Montréal débute à la 30e minute, tout juste après l’entrevue avec Gilbert Rozon.

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Un petit mercredi soir avec le FLQ

Je connaissais Pierre Falardeau comme tout le monde.  Par ses films, documentaires, par Elvis et ses entrevues enflammées dans les médias.  Selon moi ses propos incendiaires de gauche avaient autant de pertinence que les propos d’extrême droite des polémistes médias comme Gilles Proulx, André Arthur, Benoit Filion ou Stéphane Gendron.  Ce n’est pas en blasphémant ou en injuriant les élus en place et les mieux nantis que l’on arrive à faire avancer une cause…

Falardeau, je l’ai rencontré une seule fois. En fait pendant toute une soirée. C’était un mercredi soir, presque 15 ans jour pour jour, plus exactement le 28 septembre 1994. Anne et moi se rendions au cinéma “Le Parisien” sur Sainte-Catherine pour y voir notre hebdomadaire film à la mode, en couple, loin de l’effervescence familiale.  Nous montions le grand escalier mobile pour accéder à notre écran au 3e étage.  Avant d’entrer dans la salle sombre, j’entrevois un petit attroupement dans un coin, devant une autre petite salle. Intrigué, je m’approche. J’aperçois alors dans le groupe un visage familier, poilu, étriqué et vieillissant.  C’est Paul Rose, le felquiste de la cellule Chénier. Je connaissais bien le FLQ pour avoir suivi assidûment leurs frasques des années 60-70 et ensuite lu à peu près tout ce qui existait sur leurs motivations, leurs buts et leurs façons d’y arriver.  Au Cégep, lors d’un cours en sciences politiques, j’avais effectué un travail de moine sur ce sujet.

Je m’approche de Paul Rose pour le saluer, quand j’entrevois Pierre Vallières, écrivain felquiste dont j’ai lu quelques livres, dont le classique Nègres blancs d’Amérique.  Je remarque les 3 autres membres de la cellule Chénier, Jacques Rose, Francis Simard et Bernard Lortie entourés des autres têtes fortes de l’époque comme les Lanctôt et Cossette-Trudel. Là dans un nuage de fumée, je distingue Falardeau.  Je comprends qu’il s’agit de “l’avant” avant-première du film Octobre, sans tambour ni trompette. Pas de télévision ou de journalistes, qui seront invités le lendemain soir.  C’est un avant-première en famille.  Surtout que Falardeau n’est pas l’enfant chéri des médias mais plutôt un “loose canon” toujours prêt à vous vomir une vacherie devant les caméras.

Je convainc mon amour de laisser tomber notre film “de fille”, choisi préalablement, pour nous engouffrer dans la caverne avec “Ali Baba et ses 40 voleurs”.  Impressionné le petit gars.  Je suis assis tout juste à côté de Robert Lemieux, le moustachu avocat qui défendit plusieurs felquistes incarcérés dans les années 60 et 70;  qui est d’ailleurs décédé l’an dernier à Sept-Îles, à 65 ans.

Le film raconte la crise d’octobre 70, plus spécifiquement l’enlèvement du ministre Pierre Laporte, de la planification, au déroulement et l’éxécution, étalé sur 7 jours, du 10 au 17 octobre 1970.  Le scénario a été tiré du livre de Francis Simard Pour en finir avec octobre, un des 4 kidnappeurs du ministre Laporte.  Ce film fut d’ailleurs le premier grand rôle de Luc Picard au cinéma.

La soirée était parsemée de plusieurs discours de Falardeau et d’autres anciens felquistes impliqués dans la réalisation du film. On peut ne pas être d’accord avec la philosophie et la façon de fonctionner de ce groupe, mais son influence a été déterminante sur le réveil collectif et la prise en main des québécois.  Un petit mercredi, gravé dans ma mémoire.

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Un nouveau-né vous est offert

Depuis quelques semaines j’œuvre intensément sur un nouveau site web, enfanté par l’être chère. Cette dernière, douée en acrobatie domestique, excellente en voltiges culinaires, en chimie des chaudrons, nourrira le web de ses tours les plus futés. Nous cherchions une façon de rendre disponible à notre communauté les nombreux écrits ramassés pendant des décennies.  Jusqu’au jour où le livre d’or de ma partenaire a mystérieusement disparu, probablement kidnappé par notre bébé, fascinée par les livres. Panique dans la demeure.  Elle n’avait aucune copie de secours de sa caverne d’Ali-Baba. Après avoir finalement retrouvé le document sacré, l’idée d’en faire une copie web a finalement fait son bout de chemin.

dansnotremaison

Pour le moment j’ai conçu ce site à la manière d’un blogue où chaque texte s’affiche par ordre chronologique, à partir du plus récent.  Aussitôt que le site aura accumulé une masse critique de contenus pertinents, ce dernier se transformera lentement en un site plus traditionnel avec onglets, menus détaillés,  offrant de grandes sections thématiques.

Pour le moment nous n’y proposons qu’une dizaine de textes avec des thèmes assez généraux comme des recettes de dessert (sa spécialité), des plats principaux, des trucs culinaires, idées maison ou pour l’extérieur… Bientôt nous offrirons des sujets plus spécifiques comme des recettes rapides pour le plein-air, des entrées, recettes de boulangerie, trucs de décoration…

Je me permets à l’occasion d’y contribuer, non pas dans la cuisine (où je suis une nuisance), mais beaucoup plus dans l’atelier, le garage, la rénovation ou l’extérieur.  D’ailleurs c’est le seul endroit où je peux régner sans trop de contestation.

Nous invitons les internautes à proposer leurs idées maison, recettes chéries et secrets de familles (pas trop intimes)…

Le site porte le nom dansnotremaison.com. Venez nous visiter, interagir et nourrir à votre tour notre site, nos esprits et nos ventres…

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Le syndrome du porc épic

Pendant près de 10 ans, j’ai animé des groupes de pionniers scouts de mon coin de pays, âgés entre 15 et 18 ans.  J’ai rencontré beaucoup de courageux adolescents, solides, déterminés, avec un goût pour l’aventure et l’envie de faire autre chose que de “chatter” sur le web ou de “vêger” devant VRAK TV.  J’ai par contre croisé d’autres jeunes avec l’âme en lambeau et l’estime de soi en mille morceaux, déchirés par les dissensions familiales .

Une vendredi soir, lors d’une levée de fonds dans un grand magasin,  des parents m’ont abordés cherchant de l’information sur le mouvement scout, pour leurs 2 jeunes garçons.  Le plus jeune de 13 ans et l’ainé de 16 ans.  Ils me demandaient si les scouts s’occupaient d’enfants difficiles.  Sans broncher, je leur indiquai que ce mouvement n’était pas parfait et que, par émulation, le groupe de jeunes faisaient tout le travail, pas les animateurs.  Il fallait seulement que le jeune désire s’impliquer.  Un vrai pasteur rassembleur, ce petit Benoit.

Les parents ne payaient pas de mine.  Lui, couvert de tatouages, baraqué comme un frigidaire “2 portes”, parlait comme un curé.  J’appris plus tard qu’il avait été membre d’une bande de motards criminalisés et qu’il avait quitté le milieu, après qu’un de ses frères ait été sévèrement battu par une bande rivale.  Depuis il était prédicateur dans une secte, et finissait toujours ses conversations par “Que Dieu vous bénisse”. La mère (en fait la belle mère) était petite, ravagée par les abus et le temps;  elle me demande si les scouts pouvaient réchappés celui de 16 ans, qui glissait subrepticement sur la pente glissante de la délinquance.  Je lui proposai de nous l’envoyer à la prochaine réunion.

Relativement docile, il s’est rapidement plié aux consignes et a vite assimilé la dynamique de groupe.  Assez vif et souriant, on pouvait facilement percevoir son mal de vivre.  Ses intérêts tournaient autour du “Heavy Metal”, la drogue, l’alcool et la petite délinquance (graffiti, vandalisme, recel…).  Il demeura dans le groupe jusqu’au camp d’été et porta sans rechigner l’antique mais traditionnelle uniforme scoute.  Il avait hâte au camp d’été, une descente en canot-camping de 8 jours, sur la sauvage rivière Bazin, en Haute Mauricie.  Une rivière assez difficile, pour une bande d’adolescent urbain.

J’avais la difficile mission de passer ces 8 jours en compagnie de ma pomme poquée.  Je me devais de discuter toute la journée de nature, pêche, météo, faune, flore et de rivière avec un ado qui ne connaissait que les ruelles, la toxicomanie, la violence et la criminalité. Pendant que dans les autres canots on chantait des chansons scouts, lui me chantait du Metallica, Megadeth, Voïvod et autre succès sombres de “Speed-Trash Metal” …  Il me revélait que sa BIO (mère biologique), qui résidait dans une petite ferme délabrée du nord de Lanaudière, fabriquait le meilleur PCP et Ecstasy de la région.  Il me racontait ses frasques, la première fois où il a sniffé de la colle, pris de l’acide ou les délits célèbres de son père et de son oncle… Après 4 jours, je demandai à un autre animateur, Gérald,  de faire un échange de partenaire, histoire de me ventiler un peu l’esprit.

Aujourd’hui, 6 ans plus tard, en marchant sur Ste-Catherine, coin Berri, j’ai rencontré mon ancien scout.  Il se tenait devant moi, avec son petit sourire gêné, en guenille et studs “punk”, devant la sortie de métro.  Il quêtait, intoxiqué, tatoué et maigre.   Il me disait qu’il vivait dans la rue depuis 4 ans. Il m’affirma qu’il était heureux, que c’était une vie qu’il aimait.  Je lui ai demandé comment il survivait.  Il me révéla, penaud, qu’en fait il ne mendiait pas mais vendait de la dope.  La tête basse, comme s’il était toujours mon pionnier.

Il mène sa vie tel un porc-épic, se croyant indestructible, persuadé d’être équipé d’un système de défense à tout épreuve.  Jusqu’au moment où surgira une automobile, au détour d’une petite route de campagne, qui sans crier gare, emportera notre invincible hérisson…

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Vacances au froid


À partir de lundi le 6 juillet, vous pourrez me lire presque quotidiennement sur http://www.pagayerpourlautisme.com pendant notre long périple de 4 semaines sur une des rivières mythiques du Québec, la rivière aux feuilles.

Avec 5 autres mordus, nous allons pagayer 350 km de la Baie d’Hudson jusqu’à la Baie d’Ungava, histoire de faire connaître les services des Répits de Gaby et d’amasser des fonds pour aider les familles confrontées au syndrome de l’autisme. Accompagnez nous dans notre quête et venez vous abonner par courriel, par RSS ou par Twitter à notre site web.  Nous vous réservons des surprises comme des vidéos des milliers de caribous que nous croiserons sur la rivière, et si la chance nous accompagne, des phoques d’eau douce et des bœufs musqués…

Merci de nous appuyer…

Benoit Laporte

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Le courage d’un survivant, dans nos bagages

Quand j’étais petit j’avais demandé à ma mère de tapisser les murs de ma chambre avec du papier peint, arborant la photo d’une forêt.  Mon frère aîné, qui habitait l’autre moitié de notre chambre, avait lui décidé de tapisser son mur avec une plage et un couché de soleil.  Quand je m’endormais, j’avais le choix de me réveiller sur une plage ou dans la forêt.  Je préférais de beaucoup le bois, même si les bruits et les odeurs étaient exclus du forfait.

La descente d’une vie

Dans quelques jours, je  réaliserais un rêve longtemps caressé.  J’aime passionnément le canot d’eaux vives, la pêche, la photographie et les grands espaces.  La culture inuit et les rivières sauvages ont toujours peuplé mon imaginaire.  Il y a plusieurs années, ce périple de 24 jours sur la rivière aux feuilles a commencé à germer dans mon esprit.  Je savais que peu de gens la fréquentait et qu’il n’y avait à peu près pas de pourvoyeurs et d’habitants, si ce n’est des phoques d’eau douce, des bœufs musqués et des caribous.  La première fois que j’avais vu une rivière du grand nord à la télé, c’était lors de l’écrasement de l’avion de Jean-Claude Lauzon et Marie-Soleil Tougas en 1997, sur la rivière aux mélèzes, au sud de Kuujjuaq.  J’avais été séduit.  Mais les vrais raisons ?  Sans doute pour combler un défi physique, psychologique et touristique.

Un défi physique ?

Pagayer 350 km, avec quelques jours de repos, et plusieurs jours de vents, de transports et d’attentes,  le froid, les millions de mouches qui vrombissent le matin sur le toit de la tente, l’hygiène sommaire, les vêtements humides au fumet de bacon, les bouffes déshydratées-réhydratées, les nuits en plein soleil, les ampoules, les maux de dos, de genoux, irritations intimes, piqûres et ronflement de ton partenaire exténué… En fait c’est beaucoup plus un défi pour endurcir ma patience, qu’autres choses.

Un défi psychologique ?

L’éloignement de mes amours, 24 nuits dans une tente exiguë avec le même (et nouveau) partenaire, 6 dans une tente moustiquaire de 10 x 10 à préparer les repas, écrire les chroniques et faire la vaisselle.  Devoir négocier chaque décision pour le bon fonctionnement du groupe, manger à l’heure du groupe, me lever à l’heure du groupe, à genoux dans le canot, 6 heures par jour, trouver des sujets de conversation avec le même partenaire ou se la fermer pendant des heures, un tour de force pour ceux qui me connaissent…

Touristique

La plupart des voyageurs choisissent d’abord un voyage pour meubler leurs souvenirs et remplir leur carte mémoire d’images indélébiles.  Indéniablement, ce pays est unique au monde.  Ses paysages lunaires, sans arbre, ses montagnes taillées au rabot et ces rivières qui déboulent à la vitesse d’un cheval qui coure.  Et ces centaines de milliers de caribous, en file indienne, que l’on croise humblement à chaque détour de rivière. En fait on s’imagine plus sur une planète de “Star Trek” où rien n’est comme chez nous.

Un absent de taille

Mon ami de longue date, et partenaire de tente et de canot lors de notre dernière longue expédition sur la rivière George en 2005, ne sera pas des nôtres cette année.  Raymond ne peux plus pagayer.  Il est partiellement paralysé.  En septembre 2006, lors d’un long trekking au Tibet, au mont Cho Oyu, la 6e plus haute montagne du monde (8 200 m), mon ami Raymond, à 6 000 mètres d’altitude, a été terrassé par un ACV (ou AVC selon…).

Un caillot, logé au cerveau, l’a foudroyé pendant sa montée vers le sommet.  Paralysé et inconscient, plus d’une cinquantaine de personnes ont participé à son évacuation vers l’hôpital militaire américain de Katmandou, au Népal.  Un trajet de seulement 200 km, mais épique quant il est effectué à dos de yack, de sherpa et d’hélicoptère, à cause de nombreux glissements de terrain.

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Quelques sherpas, et un médecin rencontré sur la montagne, sont demeurés à son chevet pendant plusieurs jours, pour le nourrir et l’épauler.  Dans cet hôpital, les proches doivent nourrir les malades en se procurant eux mêmes la nourriture au marché.  Raymond à son réveil avait perdu la parole, ne pouvait plus lire, écrire ou compter.

Lisez le compte rendu de son évacuation, en date du 18 septembre 2006,  sur le blogue de “L’échappée Belle“, l’agence qui guida ce voyage.

Le rapatriement à Montréal a été laborieux. La compagnie d’assurance refusait de le ramener à la maison, à cause des frais élevés d’un avion-ambulance privé.  La compagnie argumentait que les soins offert à Katmandou était de qualité et que le retour à la maison ne se ferait que par un vol commercial, aussitôt sur pied ou dans une chaise roulante.  Le problème est que Raymond est paralysé et cloué au lit… Mais les médecins d’ici ne l’entendaient pas ainsi.  La réhabilitation rapide d’une personne paralysée, suite à un accident cérébrale, est primordiale.  Plus vous attendez et plus les dommages seront irréversibles.  “Time is the essence”.

Sa conjointe n’hésita pas un instant.  Elle fouilla dans ses économies, ses REER et allongea la somme nécessaire, soit plus de 120 000$ pour que Raymond revienne le plus rapidement possible. Trois ans plus tard, France et Raymond attendent toujours le règlement de ce dossier.  Leur plus grand combat n’a pas été celui qu’ils croyaient.

Aujourd’hui Raymond a perdu l’usage du bras droit et l’usage partiel de sa jambe droite.  Il marche à l’aide d’une canne mais malgré son handicap, il se déplace avec une étonnante agilité.  Il pêche encore avec Alain et moi, et hormis l’entrée et la sortie de la chaloupe, il nous fait encore la barbe avec ses belles pêches.  Nous avons installé des supports de lignes à pêche et il réussi assez facilement à mouliner son poisson et à remplir le bateau de belles truites.

Raymond marche plusieurs heures par jour et il suit présentement un traitement exploratoire à l’hôpital Royal Victoria, pour tenter de réanimer ses mains et ses doigts, par de la stimulation magnétique.

Je vous invite à visionner ce court reportage diffusé par la CBC où l’on peut découvrir le programme de réhabilitation de Raymond.

Notre vieux copain nous manquera pendant ces 4 semaines dans le grand nord.  À chaque coup de pagaie nous penserons à lui,  qui aurait tant aimé se joindre à nous.  Un jour, on ira ensemble sur cette rivière, remplir la chaloupe de gigantesques mouchetés, grises et ombles chevaliers.  Et tu n’auras pas besoin de pagayer 350 km, avec des ampoules, des maux de dos et de la bouffe en poudre…

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Rivière aux feuilles 2009

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Voulez-vous vivre vieux et heureux ?

J’ai trébuché dernièrement sur un article de la revue “The Atlantic“, traitant d’une étude d’envergure qui s’est échelonnée sur plus de 72 ans, The Grant Study.  Ce texte tiré de l’édition de juin 2009 de ce magazine, et repris dans le New York Times, traite de ce travail de moine démarré dans les années 1930, où un groupe de scientifiques ont suivi la vie de 268 hommes, de l’université jusqu’à aujourd’hui.

Le but de cette étude était de déterminer quels éléments de la vie pouvaient être les plus déterminants sur l’existence et sur le bonheur. Cet article intitulé “What makes us Happy” (Qu’est-ce qui nous rend heureux) analyse la vie de certains de ces hommes, triés sur le volet à l’Université Harvard, dans l’étude longitudinale la plus importante de l’histoire de la recherche.

Quel est la recette du bonheur et de la vie heureuse ? Quel est l’importance de votre enfance sur votre vie en général ? Est-ce que la richesse, l’éducation, l’instruction, le mariage, les enfants, le divorce, le célibat influe sur votre vie ? Les conclusions sont étonnantes.

Ces hommes ont eu à remplir, tout au long de leur vie, des centaines de tests, questionnaires médicaux et psychiatriques, et évaluations de toutes sortes.  Plusieurs noms connus ont participé à cette étude dont Ben Bradley, éditeur du Washington Post et John F Kennedy.  Après la mort de ce dernier, ses documents ont été retirés et mis sous scellé, jusqu’en 2040.

La recette

Cette étude était sous la responsabilité du psychologue George Vaillant pendant 42 ans, qui a récemment pris sa retraite.  En héritage, il nous livre quelques bribes des conclusions de son étude.  Selon lui, voici la formule qui peut vous aider à être heureux.

  • La stabilité, l’intelligence, le bon jugement, la santé et beaucoup d’idéaux nourrissent le bonheur.
  • Vous pouvez quand même demeurer heureux même si, à la fin de votre vie, votre santé est chancelante.
  • Le surplus d’argent n’est pas nécessaire pour assurer le bonheur.
  • L’exercice est très important quant vous êtes jeune mais celle-ci a peu d’influence sur nos vieux jours.
  • Chez les hommes qui sont dépressifs à 50 ans, 70% mourront en moyenne à 63 ans.
  • Les hommes pessimistes ne vivent pas très vieux, et souvent avec une vieillesse difficile.
  • Les aptitudes sociales ont plus d’importance que l’intelligence, l’enfance doré ou les revenus.
  • Ce qui a le plus d’influence sur le bonheur, ce sont les liens sociaux, les amis, les collègues, la famille et la conjoint(e).

Voici une citation frappante sur ce vidéo impressionnant de 6m51sec :
Vaillant’s overall conclusion is familiar and profound. Relationships are the key to happiness. “Happiness is love. Full Stop”

Le tissu familial

Mon beau-père m’a souvent répété : “Un voisin, c’est comme un frère, tu ne l’a pas choisi et si tu veux vivre en harmonie, il faut entretenir de bons rapports “.

Depuis la mort de notre mère, il y a 4 ans, notre grande famille est restée très unie.  Les enfants, quittant le nid les uns après les autres, nous a permis subrepticement de resserrer nos liens.  Je pense que la longue maladie de notre mère nous a uni autour d’elle et nous a permis de nous redécouvrir.  Sa souffrance n’aura pas été vaine.

Malgré la disparition de notre père et mère, nous nous fréquentons plusieurs fois par année, autour d’un tournoi de golf, d’un BBQ, d’un voyage ou d’une bonne table.  Nous nous rencontrons encore à Noël et aux anniversaires de naissance, bien que les nombreux enfants et leurs conjoints représentent un défi de “taille”.

Les liens d’amitié

Souvent le destin, à des moments précis de notre vie,  dépose sur notre chemin des êtres avec qui nous partageons des intérêts communs.  Lorsque nous les perdons de vue, nos souvenirs nous rappellent combien ces êtres ont meublé notre vie.  Lorsque nos routes se recroisent, plusieurs années plus tard, la chimie qui nous unissait s’est souvent dissipée et l’attirance n’est plus aussi intense.  Plusieurs conservent ces amitiés sans se questionner, par fidélité aveugle ou parce qu’en vieillissant, il est plus facile de conserver nos vieux amis que de tisser de nouvelles amitiés.  Souvent le conjoint/conjointe qui n’existait pas à l’époque, est un élément qui perturbe la renaissance de nos vieilles amitiés.

Pour ma part j’ai conservé beaucoup de vieux amis d’enfance et d’adolescence.  Je les fréquente plusieurs fois par année, avec ou sans leurs conjointes.  Il est normal que nos intérêts aient changé mais nous nous attachons “au bon vieux temps” qui dans mon cas, et celui de mes amis, avait été très intense.

Golf, pêche, poker, spectacle, voyage et grande bouffe servent de prétextes pour se revoir.  Très peu pour nous les fêtes commandées comme Noël ou Pâques.

Tous dans la cinquantaine, nous entrevoyons la pré-retraite avec beaucoup d’optimisme.  Ces liens d’amitié, conservés au fil des décennies, y sont pour beaucoup. Comme disait Antoine de St-Exupéry, dans “Le petit prince” : Tu es responsable pour toujours, de ce que tu as apprivoisé.


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Les aires protégées du Québec et la protection des rivières

Prologue:  mon affection pour les rivières

Au CEGEP, devant la grille des choix de cours, je cherchais un petit “45 heures” d’éducation physique pas trop pénible.  Je n’aimais pas beaucoup l’athlétisme (surtout la course en rond), ni les sports de piscine, encore moins les sports de balles et ballons.  Il me restait très peu d’alternatives.  J’avais déjà complété la plupart des sports “relax” dont le tir à l’arc, le badmington et le curling.  Pour boucler mon 4e choix, j’opte pour le canot-camping, en compagnie de mes copains d’infortune, François et Richard.  Assis dans un canot, nous allions nous la couler douce.  Plein de filles en bikini, du soleil, la plage, la baignade, la dolce vita sur les flots bleus de la fainéantise.

Comment organiser un voyage de misère

Erreur.  Le cours nous impose des pratiques en piscine pour effectuer des récupérations en “T”, du bouche à bouche avec un prof poilu, et d’interminables pratiques en rivière, devant le collège, où la couleur et l’odeur de l’eau s’apparentait plus à celui des égouts qu’à une plage de Tahiti.  En bonus:  moustiques, ampoules, bouffe brûlée, portages, vêtement mouillés à 5 degrés et sac à dos dans un sac à poubelle…Mais l’examen final allait être coooool.  Pas de livres ou d’étude.  Le test s’effectue en forêt, sur la rivière l’Assomption, section du Parc Mont-Tremblant (à l’époque “Parc Joliette”).

Malgré la pluie, l’équipement déficient, le froid et les canots chavirés, cette fin de semaine a été déterminante pour moi.  En ce printemps de 1975, du haut de mes 18 ans, le canot-camping fut une véritable révélation. J’étais quand même génétiquement prédisposé : mon père, mes oncles et mon grand-père étaient des fanatiques de pêche et de chasse. Au grand dam de ma mère, père, oncles et grand-père passaient plusieurs semaines par année dans les bois.  Ils étaient membres de plusieurs clubs de pêche (truite et saumon) et de chasse (outarde, oie blanche, chevreuil et orignal, à Godbout, entre autre).  Mes oncles possédaient un chalet isolé en Haute-Mauricie sur un gigantesque lac vierge, où nous nous rendions plusieurs fois par été.

Quatre années déterminantes

L’année suivante, en 1976, François et moi réussissons à convaincre 4 autres courageux poissons d’effectuer une autre descente. Sans connaître réellement le niveau de difficulté du cours d’eau, nous décidons de descendre la même rivière l’Assomption mais la section plus au sud de St-Côme, jusqu’au Domaine des Rentiers.  Sans encadrement et formation, notre expédition était fort risquée. En effet, elle se révéla être un fiasco de désallages et d’erreurs de débutants.   L’autre section plus au sud a aussi été tenté, l’année suivante en 1977, et le résultat fut tout aussi catastrophique dû à notre inexpérience. Canots défoncés, équipement noyés ou perdus, participants qui quittent en plein milieu de la rivière ou en pleine nuit…

La quatrième année, en 1978, nous décidons de donner le grand coup.  On s’attaque à la rivière Ouareau, au sud de Rawdon, sans vraiment consulter la carte puisque nous avions “marché” les rapides.  Une section gigantesque avec des rapides de niveau 3 (experts). Dans les 100 premiers mètres de la rivière, au pied des chutes Dorwin, les 3 canots loués se sont fracassés sur les rochers.  Nous avons perdu plusieurs bagages et quitté la rivière en milieu de journée, à la hauteur de  St-Liguori, n’ayant plus aucune nourriture et plusieurs éclopés….  L’entreprise de location nous a obligé à racheter de nouveaux canots.  Nous n’avions d’autres choix que de faire réparer les canots endommagés, et d’essayer de les revendre.  Une petite journée très dispendieuse….  Mais le mal était fait.  J’avais la piqure…

Le club “Les portageurs” et la découverte des grandes rivières

Déménagé pour mes études à Montréal, j’ai par la suite suivi des cours de perfectionnement avec le club de canots Les Portageurs.  Groupe social de haut-calibre, j’ai, avec eux, parcouru les plus belles rivières du Québec.  Plusieurs dizaines des plus beaux cours d’eau au Québec, autour du Lac St-Jean, en Mauricie, en Abitibi, en Gaspésie, en Outaouais et dans le Grand Nord du Québec.  Depuis 30 ans, à raison de 2-3 rivières par année, j’estime avoir parcouru plus d’une soixantaine de plus intéressantes rivières du Québec.   J’ai aussi tenté quelques infidelités en Ontario et au Nouveau-Brunswick, qui sont fort avancés en conservation de rivières.

Le pillage de nos rivières

Mais plusieurs de ces joyaux ont disparus ou sur le point de l’être. En se réfugiant derrière le faux discours de “l’Énergie Verte“, le gouvernement harnache à qui mieux mieux les dernières rivières vierges du Québec. Comme le disait Louis Gilles Francoeur dans son article du Devoir du  13 mars 2009 :  “Rivières vierges: une espèce menacée“.

Pour nos voisins du sud, c’est là que réside le problème que nous occultons au Québec: les rivières vierges sont de moins en moins nombreuses, au point de devenir assimilables à une espèce menacée. Voilà pourquoi plusieurs États entendent préserver au moins le tiers des cours d’eau, quitte à en restaurer.

La valeur que les États-Uniens attribuent à ce patrimoine témoigne d’une prise de conscience que notre indécrottable sentiment d’abondance mythique nous empêche de faire à notre tour. On en voit les résultats avec la morue, avec la forêt et bientôt avec nos dernières grandes rivières sauvages. C’est pourquoi le gouvernement fédéral des États-Unis et la plupart des États voient dans la construction des grands barrages et de leurs indispensables réservoirs un enjeu majeur de conservation.

Ils en tirent des conclusions concrètes. Ainsi, ils accordent aux barrages des autorisations limitées dans le temps — de 25 à 50 ans en général — afin de ne pas lier les mains aux générations futures. Ici, les permis sont éternels. À l’échéance des permis, nos voisins débattent de la pertinence de maintenir ces ouvrages, ce qui explique qu’ils vont en démolir 27 en 2009, dont plusieurs importants…. [...]

Il établit que le nombre de rivières bétonnées par des barrages et des centrales hydroélectriques est en croissance fulgurante. En 1996, il existait 106 centrales sur 30 rivières. Quatre ans plus tard, leur nombre était passé à 145, et le nombre de rivières touchées, de 30 à 50. L’an dernier, 162 centrales artificialisaient 115 rivières. Avec les projets en préparation, on aura bientôt 174 centrales installées sur 121 rivières! En clair, en 15 ans, le nombre de centrales aura augmenté de 64 % et celui des rivières harnachées, de 400 %.

Disparition des rivières et simulacre de protection

Le gouvernement Charest avait pourtant promis de protéger 12% du territoire en 2012.  Avec les dernières annonces de mars 2009, on atteint à peine 8%, objectif que nous devions atteindre en 2005.  Le gouvernement a surtout protégé des territoires non-menacés, principalement situés dans le Grand Nord. Quelques rivières seront protégées (comme le nord de la rivière Rouge en Outaouais) mais les efforts sont trop faibles, trop tard…  L’annonce du 29 mars dernier protège pour toujours des troncons de rivières de qualité, mais en territoire inoccupée comme la rivière Delay, la rivière George, la rivière Vachon…

Voyez la carte mise-à-jour des aires protégées et la politique des aires protégées du gouvernement du Québec

Scott MacKay, le député “vert” du Bloc Québécois de Repentigny, faisait remarquer dans un récent article intitulé “Aires protégées : pas de quoi pavoiser” dans l’Hebdo Rive-Nord

Quand on sait que la Californie protège 16 % de son territoire alors qu’elle dispose d’une superficie qui ne fait même pas 40 % de celle du Québec et que sa densité de population est d’environ 20 fois supérieure, j’ai envie de dire que  “quand on se regarde, on se console, mais quand on se compare, on se désole!”

Je vous invite aussi à lire l’article de Martin Croteau de La Presse : Québec met 8% du territoire à l’abri de l’exploitation

Environnement
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L’exorcisme de Méo (suite et fin)

Je vais un peu mieux.  La toux de Méo me laisse un peu de répit.  Je ne souviens pas d’avoir été aussi tranquille de ma courte existence.  Pour la première fois, mon invincibilité est mise à rude épreuve.  Un peu comme si Lex Luthor avais mis de la kryptonite dans mon “suit” de Clark Kent.

Je traînais la toux de Méo depuis le début de février.  Sinusite olympique, maux de tête, érable nasale qui coule, fatigue général et souffle court.  Mi-mars, après 6 jours de fièvres, j’ai finalement décidé de consulter.  Mon médecin de famille (qui est aussi ma petite sœur) était absente pour cause de “mers du sud”. Je me suis alors rabattu sur la clinique la plus proche qui, en 2 temps 3 mouvements, me diagnostiqua une broncho-pneumonie de nature bactérienne.  Dix jours de traitement avec inhalateur et antibiotiques de joual. La dernière fois que j’ai pris des antibiotiques, Céclor c’était le top du top.  Mais aujourd’hui, c’est pour les matantes à comparer au Drano que l’on m’a prescrit.  Parfait.  Dans 48 heures ma fièvre aura disparu, et je serai sur pied, me dis-je…

Hier, après 10 jours de sommeil dans ma tanière, j’ai finalement vu ma frangine de médecin.  J’étais inquiet.  J’ai toujours un déficit respiratoire et la laryngite de Méo qui m’assaille encore. Après analyse a posteriori, elle m’a finalement diagnostiqué une influenza carabinée avec détresse respiratoire.  L’origine de l’infection n’était donc pas bactérienne mais bien virale. Bien que non recommandé dans ce cas, les antibiotiques ont quand même aidé à me débarrasser de ma sinusite (maux de tête, écoulement nasale, expectorations) mais n’a pas aidé ma laryngite de gros fumeur, avec retour de la toux après 30 minutes de parlotte. Ce qui explique que tous mes collègues de travail tombaient un à un en maladie : je contaminais mes semblables, comme un pestiféré ;-(( . Pourtant, en novembre, je m’étais fait vacciner au bureau contre l’influenza !  Mais sœurette m’expliqua que c’était la souche de l’an passé, pas celle de cette année. Méchante patente, ces vaccins périmés..

Je l’ai probablement attrapé de ma famille Gabrielle.  Normand, le père de Kim, la meilleure amie de Gabrielle, avait les mêmes problèmes que moi (souffle court, fatigue extrême, toux tenace, maux de tête, sinusite) depuis 4 à 6 semaines.  J’imagine qu’il a hérité de la même souche que moi, gracieuseté du yogourt de l’école de nos filles.

Là je suis en retraite fermé, en cure de silence.  Je dors encore 15 heures par jour. J’aime bien dormir mais je commence à avoir des plaies de lit. Si je veux que ma laryngite et ma toux disparaisse, je dois me la fermer.  Ceux qui me connaissent, savent que c’est un grand sacrifice devant notre Seigneur. Hier j’ai terminé les antibiotiques et mes maux de cœur ont disparu et je peux reprendre du café et du vin…  Depuis le début de mon traitement, j’avais des hauts le cœur et des problèmes de tuyauterie, probablement causés par cette eau de javel en capsule.

Je suis comme un ours en cage. Je planifie retourner à mon boulot la semaine prochaine. J’ai réalisé que même si je pourrais prendre ma retraite dans quelques années, je vais bien trop m’ennuyer du stress du travail. Bien trop ?  disons un peu m’ennuyer…

La bonne nouvelle TVA ? je vois la lumière au bout du tunnel.  En espérant que ce n’est pas un  train qui arrive…

Voici une vidéo hilarante de Méo, mon expectorant préféré.  Suivi d’une vidéo de train assez extraordinaire, tirée d’un film de Bollywood, Dil Se . Une vidéo un peu longue (6:39) mais elle en vaut la peine.  La toune vous “contaminera” pour le restant de la journée. La ballade en train est hallucinante, bien que j’ai toujours peur qu’il se cogne la tête.

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Engagez-vous, qu’il disait!

Je ne suis pas un grand sentimental.  Je vis heureux avec “la” même ange depuis 26 ans.  Ce qui me désole autour de moi, dans les blogues et les séries télévisées (comme C.A., Tout sur moi ou Les invincibles…) c’est cette peur qu’on les plus jeunes de s’établir, de s’enraciner, de s’engager.

Je suis libre

Aujourd’hui l’engagement est probablement la plus grande crainte des adultes en âge de se reproduire.  S’engager veut souvent dire “perdre sa liberté” ou du moins la limiter.  Les boomers se sont battus “becs et ongles” pour réclamer cette liberté:  religion, sexe, divorce, union libre, avortement, dope, amour libre… Les manifestations des années 60 et 70 réclamaient que tous soient libres et égaux.

Les nouvelles générations X et Y, prennent cette liberté pour acquise et ne veulent absolument pas en laisser tomber une miette. Alors l’engagement devient maintenant une des grandes peurs de cette cohorte.

Les trentenaires

Une femme dans la trentaine sent les années se rétrécir comme “peau de chagrin”. Elle ne veut pas plus s’engager que les hommes, mais elle sait qu’elle devra le faire pour éviter de vieillir seule et sans enfants.  Les gars eux ont tout leur temps et cultivent leur calvitie, bedaine, brasserie et chums colons.

Pourquoi m’engager ?

On les entend souvent dire:  “pourquoi m’engager dans un travail stable et contraignant, m’engager dans ma propre résidence stable avec une hypothèque contraignante, m’engager dans un couple stable et très souvent contraignant, m’engager à avoir un enfant instable et contraignant, à vie, quand je peux me payer une poule (un coq) en lui faisant croire que je vais bientôt m’engager. Et cette illusion d’engagement dure souvent des années, sans aucun résultat probant.

Comme mes parents ?

“Pourquoi j’essaierai de m’engager puisse que ça n’a pas fonctionné avec mes parents ?”  Il ne faut pas oublier que la plupart des boomers sont passés d’une société de soumission à une société libertaire. Beaucoup de couples n’ont pu s’adapter. Une femme de cette époque était programmée pour être enceinte, au poêle, sans poser de question. Leur homme pouvait avoir une aventure passagère mais elle n’avait rien à dire;  elle était heureuse puisqu’elle avait de l’argent et plein d’enfants. Lorsque ces dernières ont voulu faire d’autres choses que de grossir, beaucoup d’hommes ne l’ont pas accepté, et les femmes ont quitté le nid douillet de l’inconfort.

Alors comment faire ?

Est-ce peine perdue ? Non, il y a de l’espoir.  Il faut utiliser philosophie et ruse pour harponner le bon candidat.   On doit le séduire tout en lui montrant qu’il a toujours le contrôle.  Mais en fait, après s’être fait planter le harpon, il s’est fait grimpé sur le bateau, et vidé.  Il ne se rend compte de rien parce qu’il est heureux.  Et pour rendre heureux un gars c’est assez simple.  Ma recette est secrète mais j’en dévoile quelques bribes plus loin dans le texte.

La couple est une rivière agitée

Tu descends une rivière en canot. Tu sais que le rapide sera difficile et que tu va avaler beaucoup d’eau.  Mais à la fin, c’est gratifiant parce que tu l’as fait.  Tu oublie la douleur, pour te rappeler que du plaisir.  Un canot se conduit à deux. Si un des 2 oublie de pagayer, vous chavirez et brisez votre embarcation. Alors ton rôle est de supporter et d’encourager ton coéquipier-e avec fermeté. Et tu le fais après l’avoir convaincu de descendre le rapide, c’est la partie la plus exigeante, pas descendre le R3.  Si tu veux faire une fin de semaine de canot, c’est un bon début. Mais une descente à vie de la plus belle rivière, ça se fait aussi. Mais il faut être vigilant et être sur que ton partenaire est au courant qu’il va pagayer pendant 30-40 ans.  Mais ça peut être une assez belle expédition…

Maintenant le copier-coller

J’adore Languirand qui dit:

Pour être heureux dans la vie, il faut composer avec les circonstances de notre existence, avec son lot de joies et de peines. L’engagement est peut-être une façon d’accepter qu’il faut parfois souffrir pour être heureux. En offrant la possibilité d’exprimer nos valeurs personnelles, de donner un sens à nos souffrances, I’engagement permettrait donc le bonheur.
Je retiens de ces études qu’il y a un lien important entre la capacité d’engagement et le niveau de bonheur. Plus une personne est capable d’engagement, plus grand est son niveau de bien-être personnel et plus elle se considère heureuse. Autrement dit, la capacité à s’engager est un facteur plus important que l’âge ou la génération pour prédire le niveau de bonheur. Lire au complet

Les fesses !

Beaucoup de couples basent leur relation sur le sexe. Quand le sexe s’émousse, le couple s’émousse.  Le sexe est un moyen, pas une fin pour être heureux.  Le cul c’est bien, même très bien.  Mais c’est un privilège, pas un droit.  Comme l’amour, il se mérite.  Comme l’engagement, c’est grisant.  Il faut baser son couple dès le début sur d’autre chose que le sexe.  Aller au zoo, à la pêche à la perchaude et aux quilles ensemble est beaucoup plus important que de baiser comme des chauds lapins. N’importe qui peut fourrer comme une bête. Il est par contre très difficile de faire les 3 activités précitées dans la même journée, avec son amoureux-se, sans avoir envie de le/la crisser là. Le bonheur c’est d’aller au zoo, pas de baiser tout le temps.  S’il ne veut pas aller au zoo avec toi, change d’amant tout de suite.

Conseil du jour au “Control Freakesse”

Il faut garder le contrôle de ton couple. Ne lui laisse pas beaucoup de corde sans qu’il ne s’en aperçoive. Il ne doit pas penser que tu “run” le show. Utilise beaucoup d’humour et feint la faiblesse. Les hommes adorent les femmes faibles qui ont besoin d’eux. Ne montre pas trop que tu es forte et dominante, il va sacrer son camp “big time”. Le travail en vaut la chandelle. Donne-lui du cul, quand il le mérite. C’est toi le VP Finance, Marketing et Opération… Lui il est le VP des vidanges, du garage et du sous-sol. Je te jure, ça marche. Il va te durer 50 ans et te faire des tonnes de marmots. Ha oui, donne lui l’utilisation illimitée du garage… Et une semaine par année, lâche le “lousse” avec ses chums-colons pour qu’il s’imagine qu’il est encore libre.

Mot de la fin

Dans une relation, il faut s’investir et s’abandonner. C’est exactement comme investir en bourse. Ton action peut monter à 25$ et descendre à 2,50$ mais si tu as confiance que ton action vaut encore 25$, garde la et elle va remonter.

Janette Bertrand

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Méo et Twitter

Aujourd’hui je suis confiné au lit.  Non pas pour faire la grâce matinée avec ma copine “Farniente” mais pour sortir Méo de mes entrailles.  Vous connaissez sans doute Méo, le mafieux repenti des Boys.  La marque de commerce de notre ineffable Méo est sa voix caverneuse et surtout sa fameuse toux, probablement causé par des années de “Craven A Menthol”.  Mais votre humble serviteur ne fume pas et évite de fréquenter des lieux enfumés (s’il en existe encore).

Après plusieurs semaines d’un combat épique avec une grippe de chien, entremêlée de sinusites, de quintes de toux Méoesque, la fièvre s’est finalement emparée de mon pauvre corps diplomatique.  J’ai réalisé que j’allais perdre ce combat et que je devais finalement me résigner à consulter le docteur Ballard, pour guérir ma grippe de chien.

Après avoir passé à la photocopieuse de la clinique, le médecin brandit les incontournables “rayons x” :  le diagnostique fut bref et implacable.  “Monsieur, vous auriez dû consulter depuis longtemps, vous avez une bronchite et une pneumonie dans 2 lobes de vos poumons”.  Je ne savais même pas que j’avais des lobes dans mes poumons, ce n’est pas aux oreilles ça?  J’avais remarqué que depuis quelques jours j’avais le souffle court, probablement essoufflé par le printemps, me disais-je. Effectivement, j’ai peut-être un peu négligé ma carcasse, étourdi par un projet professionnel intense et grisant.

Ma fièvre du printemps aura coûté 200$ de médicaments (pompe à poumons et antibiotique de cheval) et quelques jours de repos forcés.  Morale de ce conte : “Si vous rencontrez Méo, dites lui donc de passer à la clinique le plus vite possible”.

J’ai quand même un petite récompense pour tout ceux qui m’ont lu jusqu’à la fin et qui sont attristés par mon état de santé.  Une courte vidéo de Koreus.com, trouvée sur le site de Vincent Abry,  “Twitter à des soucis”.  Une critique délirante des utilisateurs de Twitter et des status insignifiants de Facebook.  Je retourne me coucher…

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La lente disparition du scoutisme

Récemment je lisais un sondage qui révélait que plus de 20% de la population du Québec avait déjà porté la chemise scout. Vraiment? 1,5 millions de québécois ont déjà été scouts ?  Pour paraphraser le sketch archi-connu de Ding et Dong du début des années 80 : “Ça fait beaucoup de têteux, qui attrape le vent et écoute les écureuils !”

Un peu d’histoire

Le scoutisme est une création d’inspiration paramilitaire d’un haut gradé britannique pendant la guerre des Boers, au début des années 1900.  Lord Baden Powell a récupéré plusieurs traditions acquises pendant ses campagnes en Afrique du Sud, pour structurer son mouvement.  À l’origine, on visait l’embrigadement des jeunes pour la vocation militaire en utilisant l’axe du plein-air, camping et survie en forêt.  D’ailleurs le mot “scout” signifie “éclaireur” : celui qui ouvre le sentier pour dénicher l’ennemi avant l’attaque.  Les insignes, le foulard, les badges, le salut, l’uniforme, la promesse, les nœuds… tout est plus ou moins inspiré du protocole militaire.  On y a aussi greffé des codes de chevalerie du Moyen-âge et des traditions amérindiennes, comme le Totem ou les clans.

Son adaptation au Québec a été plus difficile. Du fait de l’omnipotence de l’église, un mouvement inspiré de l’armée britannique était suspect.  On a intégré le scoutisme au Québec dans les années 30-40 mais inexorablement, sa philosophie se devait de baigner dans l’eau bénite.

Les années 60

C’est dans ce scoutisme catholique que j’ai grandi au milieu des années 60.  Nos chefs scouts étaient prêtres;  les frères nous accompagnaient dans les camps et assuraient notre sécurité et bonne conduite.  Je me souviens de mon premier camp “de survie” où les pères nous reconduisaient dans un boisé et relâchaient une douzaine de lapins frêles et effrayés.  Le but de l’opération avec ces lapins?  Les capturer, les tuer, les peler, les vider, les faire cuire sur un feu de bois et manger notre gibier.  Pour nous apprendre la survie en forêt.  Et nous avions seulement 10 ans.  Je me rappelle le petit lapin retrouvé au tournant d’un sentier, qui au lieu de se sauver, courait en notre direction pour que l’on s’occupe de lui.  Et fallait le bastonner avec un bout de branche pour obtenir notre badge.  Aujourd’hui ce camp aurait fait la première page du “Journal de Montréal”.  Je n’ai plus jamais remangé du lapin depuis.

Aspirateur de parents

Ma conjointe a aussi été “Guide” et par la suite, elle a été impliquée dans le comité de gestion des “Jeannettes” de sa paroisse.  Parce que 3 de mes enfants étaient impliqués dans le mouvement, et que j’étais qualifié en canot d’eau-vive, on m’a gentiment demandé d’accompagner un groupe de jeunes pour une descente de rivière.  Au printemps 1999, je me suis retrouvé animateur d’une douzaine de jeunes pionniers de 15 à 18 ans (11 filles et 1 garçon).  L’année suivante, on m’approcha pour devenir, en plus, chef d’unité de 10 éclaireurs (11 à 14 ans).   Sans trop me poser de questions, en quelques mois, ma vie ne tournait plus qu’autour du scoutisme. Pendant 9 ans.  Suite à des pressions de ma “dure” moitié, j’ai démissionné l’année où mon dernier enfant a atteint sa majorité et a quitté le mouvement.

Regrets ?

Loin de moi l’idée de me plaindre.  Effectivement les premières années d’apprentissage ont été frustrantes.  Après, j’ai mieux compris la philosophie du mouvement, l’utilité des formations, les jeunes, les parents, les méthodes de financement et la paperasserie.  J’ai eu des camps inoubliables en France (Picardie, Loire, Normandie, Bretagne, Paris).  J’ai visité les plus beaux parcs nationaux du Canada, dans les Rocheuses, en Gaspésie, au Saguenay, en Abitibi…  Nous avons résidé dans une communauté autochtone du nord du Québec, appris la plongée sous-marine, visité la Minganie et les Monts Groulx, descendu plusieurs rivières en canot… Mon camp le plus marquant ? probablement notre semaine avec une équipe de l’émission “Enjeux” de Radio-Canada avec 9 jeunes autistes en camp scout en forêt, en 2004 . D’ailleurs le reportage est toujours en ligne, même après 5 ans…

Jeunes de cœur

J’ai surtout côtoyé une centaine de jeunes courageux, souvent “poqués” par la vie, qui ne demandaient que de devenir de meilleurs citoyens, dans un mouvement rempli de grandes valeurs et d’intégrité.  Il faut beaucoup de détermination, en ces temps d’égoïsme, pour s’impliquer dans un mouvement aussi exigeant.

Je sais pertinemment que le mouvement scout est en forte décroissance.  En fait il est même en danger de disparition, hors des grands centres. Pas seulement à cause de la dénatalité mais par sa lenteur à s’adapter aux nouvelles réalités des jeunes de ce siècle.  Les adolescents ne veulent plus porter l’uniforme scout.  Beaucoup refusent aussi cette approche d’inspiration militaire dépassée.  Ils désirent s’impliquer à un groupe organisé mais dans l’anonymat.  Je rappelais souvent aux jeunes que leur uniforme était la première raison qui motivait la générosité des donateurs et de nos supporteurs (magasins, groupes sociaux, élus, etc). Je donnais l’exemple des travailleurs qui portent l’uniforme, comme les chauffeurs d’autobus, les infirmières, les avocats… Sans vraiment les convaincre.

Les animateurs en voie d’extinction

Il devient aussi difficile de trouver des parents qui veulent s’impliquer. Familles éclatés, vie professionnelle stressante, plusieurs heures de transport chaque jour et un certain sentiment de “chacun pour soi”.  Ce n’est pas facile de se taper des fins de semaine de formation, les camps, les assurances, la bureaucratie, les activités de financement, les enquêtes de la police sur ton passé ou les regards suspicieux des parents qui te voient partir avec leurs jeunes pendant 2 semaines.  Pas facile.

J’ai quitté le mouvement il y a maintenant 18 mois.  Lors de mon départ, nous avions encore 19 jeunes dans notre unité.  Ils ont essayé de me faire changer d’idée mais ma décision (et celle de l’être aimée) était prise.  De temps en temps, je croise un de mes jeunes chez Rona, à la station service ou au centre commercial.  Ils sont maintenant des adultes accomplis et heureux de me revoir.  Si j’ai pu mettre un peu de bonheur dans leur vie, tous ces efforts en auront valu la peine…

Pour vous réconcilier avec vos années de scoutisme, regardez le vidéo de 1m41sec de “Rock et Belles Oreilles”  sur youtube.  Attention, vous allez mouiller vos culottes courtes scoutes…

Moi Me Je ?
Opinion

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Mon Dieu! Mon professeur de ballet-jazz…

Mon père est décédé voilà plus de 10 ans. Trop jeune, à 74 ans.  Il était médecin de campagne.  Même si sa clinique était localisée en ville, beaucoup de ses patients étaient des fidèles des petits villages de la région.

Il a grandi sur une ferme. Tout comme la terre que sa famille cultivait, ils étaient pauvres.  Je me rappelle du poêle à bois Bélanger pour cuisiner, qui chauffait aussi la maison.  La pompe à eau manuelle.  Le moulin à coudre à pédale. Le poulailler bancal. Le tracteur des “Arpents verts”.

Formé à la fin de la 2e grande guerre, il possédait une approche traditionnelle de la médecine.  Il adorait effectuer des visites à domicile.  Lorsque j’étais jeune, j’attendais le moment où il allait me demander de l’accompagner pour sa tournée des rangs de campagne.  Souvent je devais rester dans l’automobile, à lire mon Tintin, parce que “la madame allait montrer ses fesses malades au docteur”.  Sa tournée se terminait souvent chez une vieille tante de la famille où je me bourrais de “marlots” et autre sucreries banies à la maison.

À la fin de sa vie, atteint d’un cancer, il a été hospitalisé pour une opération délicate auquel il n’a pas survécu.  Il connaissait la gravité de son état et ses minces chances d’en sortir.  Comme beaucoup de médecins qui s’auto-diagnostiquent, il se savait condamné et ne voulait pas consulter. Mais il n’avait plus le choix…

Le soir avant son intervention chirurgical, il avait réuni ses 6 enfants dans sa grande chambre d’hôpital. Volubile et rieur, il s’était confié toute la soirée comme rarement il l’avait fait. Il enfilait les anecdotes sur sa jeunesse sur la terre, son cours de médecine à Montréal, ses longues années de fréquentations avec notre mère, ses rêves, ses déceptions, ses patients…  J’avais l’impression de redécouvrir mon père.

Il aimait beaucoup les enfants. Et adorait “suivre” les femmes enceintes et les accoucher.  Avec la même ardeur, il détestait la bureaucratie gouvernementale, la RAMQ et la DPJ.  Souvent il contournait la paperasserie des ronds-de-cuir pour se faire justice lui-même afin de relocaliser un enfant non-désiré. D’ailleurs la grande majorité des bonnes d’enfants de l’époque étaient des filles-mères qui venaient accoucher en ville;  les médecins, comme mon père, s’occupaient eux- même de replacer ces enfants du péché.

Je me rappelle d’une anecdote en particulier.  Papa suivait une jeune femme enceinte, mariée au seul policier d’un petit village éloigné.  Première grossesse, jolie femme et gros constable fier. À l’époque, les maris ne peuvent pas assister à l’accouchement.  Heureusement.  Le rejeton est noir. La nouvelle maman de s’écrier : “Mon Dieu! mon professeur de ballet-jazz…”. Flairant l’imbroglio familial, son médecin lui fit une offre “qu’elle ne pouvait pas refuser”.  En retour de la signature du certificat de décès de l’enfant, il s’engageait à replacer lui-même l’enfant dans une famille de la région désirant adopter un enfant.  Pour sauvegarder son couple, elle signa.

Fier de son coup, il nous raconta que le même jour il repartit avec l’enfant dans ses langes et alla cogner chez un jeune couple en campagne. Bouche bée, les nouveaux parents accueillis aussitôt cette nouvelle progéniture aussi belle qu’inattendue.

Papa mourut quelques jours plus tard d’une embolie pulmonaire, suite à l’opération pour lui enlever son cancer. La légende raconte que beaucoup d’enfants de la région porte son prénom…

Moi Me Je ?
Plaisantin

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