Moi Me Je ?

Au fil de la plume et 200 chroniques plus tard

J’adore écrire. Je n’ai jamais eu de journal personnel, mais j’ai toujours écrit. Comme un acte de contrition, l’écriture permet de ventiler mon subconscient, comme une peintre sur sa toile. Pour souligner la publication de mon 200e texte, je tente de diagnostiquer cette passion pour la prose.

École primaire

Je me rappelle qu’à ma petite école de quartier, nous devions nous placer en équipe pour écrire une nouvelle. Seulement quelques chapitres d’une brève histoire que nous devions rédiger en groupe. Il fallait suivre un canevas précis pour établir et faire approuver notre plan. Ensuite venait la rédaction de l’intrigue (mise en situation, développement de l’histoire, point de chute et conclusion).

Pendant la fin de semaine suivante, mon imaginaire s’emballa. Des espions russes rencontraient des contrebandiers arabes, des diamants cachés dans des chocolats suisses serviront à financer la construction de bateaux de pêcheurs dont les cheminées cachaient des missiles balistiques longue portée. Pas facile de rentrer tout ça dans quelques pages. Et convaincre mes confrères de l’intérêt de mon histoire. Mais le professeur adora mon manuscrit. Il utilisa mon scénario comme exemple devant la classe. John le Carré n’avait qu’à bien se tenir.

Au secondaire

Au fil des années, j’ai beaucoup écrit dans le journal de l’école secondaire. Rien de bien éloquent. Surtout des critiques sur la société, un peu de politique et d’humour. J’aidai aux textes du spectacle de fin d’année en imitant des profs et des prêtres, responsables de la vie étudiante.

Nous avions un important groupe d’amis filles et garçons, prétexte pour s’échanger des flirts. Tissé très serré, notre « gang » comme nous l’appelions, se voyait presque tout le temps, dans notre propre local au collège. Nous avions même créé un regroupement bidon pour quémander un lieu de rassemblement privé à la direction. L’AME (Amélioration du Milieu Étudiant) était née. En fait nous échangions beaucoup plus de frenchs que d’opinions. Nos décisions portaient le plus souvent sur l’endroit où nous allions organiser notre prochain party du samedi soir.

Coup de théâtre

Or donc, pour financer nos activités philanthropiques, nous avions eu l’idée d’écrire une pièce de théâtre. En la jouant nous-mêmes, nous pourrions faire beaucoup de $. Elle allait être jouée à plusieurs reprises et les gens paieraient pour venir voir ce chef d’œuvre d’écriture. Facile.

Le titre ? « Joyeux hic Noël ». Une pièce à un seul acte, où la veille de Noël dans un dépanneur, la propriétaire « Alberta Saskatchewan » accueillait un a un ses clients colorés et un peu éméchés. Digne des classiques de Marcel Gamache, cette pièce inspirée du vaudeville connut un grand, mais court succès. Joué un seul soir, il avait été impossible de trouver un local assez grand pour accueillir tous nos invités. Nous avions dû nous contraindre à jouer notre création dans l’immense garage du père d’un des membres du groupe. Et les maigres profits ont justement été réinvestis au dépanneur du coin, en consommations délétères.

Quatre petits films naïfs

L’expérience du théâtre nous donna la piqûre. Quelques mois plus tard, à l’automne 1971, nous tournions notre premier court métrage trash en 8mm intitulé Jungle Beast.  L’histoire d’un yéti sorti de la forêt qui s’attaquait aux passants. Pas très original.

Notre deuxième production Momicalement vôtres était plus léchée. L’histoire niaise d’un archéologue qui rapporte d’Égypte, un tombeau dont la momie revient à la vie dans un musée. Ce petit film de 30 minutes avait été tourné en une journée, avec une caméra à ressort, dans l’ancien musée des Clercs St-Viateur à Joliette, à l’hiver 1971. Nous avions entre 14 et 15 ans.

Durant les vacances de Pâques 1972, nous organisons un troisième tournage extérieur de 3 jours sur la ferme d’une membre de notre bande, Richard Ducharme. Un film d’action avec un titre ronfleur Knock Out. Un fermier véreux décide d’éliminer des hippies qui squattent une parcelle de sa terre, près d’un ruisseau. Beaucoup de sang, de meurtres et de scènes de poursuite. Fini l’humour bon enfant du yéti ou de la momie fait de papier de toilette. Nous étions maintenant équipés d’une caméra super 8 mm à batterie. Nous avons même une bande sonore avec dialogue. Les revenus des projections serviront à financer notre prochaine réalisation.

Le 4e tournage eut lieu à l’été 72, avec encore plus de moyens. Notre prochain film, Point de mire allait se retrouver dans les festivals de films de court métrage. Pas moins de 60 minutes. Une autre histoire improbable d’espionnage international d’un citoyen au dessous de tout soupçon. Après quelques jours de tournage, nous perdions notre acteur principal qui attendait une opération majeure à l’épaule. Après plusieurs mois de convalescence, l’école reprit et le tournage tomba à plat, et ne se continua jamais, faute de moyen.  J’ai toujours les bandes dans un coffre, jamais montées.

La FLEEP

Arrivés en secondaire 4, stimulés par les changements sociaux qui s’opéraient, nous avions abandonné le 7e art pour créer un groupe secret et séditieux. Ce groupe provocateur ordonnait à la direction de notre collège privé, l’abolition du port du veston et de la cravate et le droit aux cheveux longs. La FLEEP (Front de Libération des Étudiants Écœurés des Professeurs) publia son premier journal pamphlétaire. Il colla aussi des centaines d’autocollants sur le mobilier de l’école, exigeant du changement. Un autre groupe d’agitateurs moins discrets a été appelé à notre place, dans le bureau du directeur de la discipline.  Après quelques suspensions, nous avons décidé de démanteler notre organisation, sans taches au dossier.

En secondaire 5, les pères Archambault et surtout René Pageau, toujours vivant, qui a publié plus d’une cinquantaine de livres, confirmèrent mon désir d’écrire.  Ils ont su m’encadrer, tout en nourrissant ma passion pour l’écriture.

Et depuis?

J’ai eu une période où j’écrivais beaucoup, mais je ne gardais rien. Comme une thérapie, écrire ne permettait de voir plus clair. Aujourd’hui, j’utilise mon goût pour l’écriture sur le web, pour mes clients et mes sites personnels. Avant de mourir, j’écrirai un livre. Il est déjà tout prêt dans ma tête. Mais c’est une dure besogne qui rapporte peu au Québec.

Je viens de finir ce texte et je me sens bien. C’est la raison qui m’incite à continuer.


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Femme de l’année et Les Répits de Gaby à la une

Je néglige mon blogue personnel depuis plusieurs mois.  Non pas que le cœur n’y est plus, en fait ces dernières semaines je passe 10 heures par jour devant mon portable. Ma petite PME fonctionne bien et les commandes sont nombreuses.

De plus, j’ai accepté la présidence de la ZEC Lavigne, l’un des plus importants territoires de chasse, de pêche et de plein air dans l’est du Québec. Avec ses 405 km² d’eau et de forêts, 160 lacs, 800 membres, 150 km de routes, 22 employés et 1 million en revenu, mes loisirs sont bien remplis.   Et comme disait ma mère :  “Ça chasse les mauvaises pensées”.

La femme de l’année de Châtelaine

 

Assez d’autopromotion. Un petit mot pour souligner que deux de mes amours font la une, cette semaine, dans deux publications.

Ma fille Laurence est en nomination parmi 25 chefs de file du Québec comme femme de l’année, du magazine Châtelaine. Laurence fait partie d’un groupe sélect comprenant Christiane Germain, Diane Lemieux, Marie St-Pierre et Régine Laurent. Il est important d’aller voter pour elle maintenant jusqu’au 10 octobre prochain, en cliquant seulement sur ce lien (nul besoin de s’enregistrer). Aucun prix à gagner des deux côtés. Qu’un peu de notoriété.

Les Répits de Gaby et Anne en première page de l’Action de Lanaudière

 

Pour souligner l’acquisition prochaine d’une deuxième résidence, cette fois pour nos autistes adultes, dont notre cadette de 20 ans Gabrielle, vous pouvez lire un reportage de qualité publié samedi dernier.  Cette maison d’une dizaine de chambres sur un terrain de deux hectares servira aux répits de longue durée, avec des ateliers intégrés.  Un lieu où ces enfants-adultes seront bien accueillis, aimés et encadrés dans des activités gratifiantes.  Un lieu de bonheur, pour eux et pour leurs parents

Notre Vins et fromages, le 5 novembre

 

Pour la 6e année, notre populaire Vins et fromages aura lieu le samedi 5 novembre à la magnifique salle St-Jean Bosco, de St-Charles Borromée, au nord de Joliette.  En plus des vins uniques et des fromages exotiques, vous aurez la chance de gagner plusieurs prix de qualité et participer à notre encan. Cet événement permet chaque année d’amasser plus de 20 000 $ qui aideront à l’acquisition de la résidence.  Si vous voulez participer en offrant des prix ou encore comme bénévole, communiquez avec moi ou par l’entremise de la boîte de commentaires.

Le prix du billet demeure inchangé soit 80 $ par personne et un reçu de charité est remis, pour environ la moitié de cette somme (soit la valeur du don).

Nous n’avons que 250 places et il reste quelques tables à vendre.  Alors, contactez-nous aujourd’hui à direction@repitsdegaby.com ou par téléphone au 450-754-2782.

En espérant vous croiser autour d’un bon verre de vin.


Autisme
Environnement
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Sur la terre de la liberté et la patrie des braves?

Sur ces paroles si souvent entendues en début de partie de hockey, baseball ou basketball (The land of the free and the home of the brave),  nous avons parcouru ces dernières semaines, plus de 5 000 km sur les routes de nos voisins d’en bas. La graduation de ma fille en Caroline du Nord est devenue le prétexte à une virée 400 km plus au sud, à Myrtle Beach en Caroline du Sud.  Laurence m’informe que les habitants du nord ont sarcastiquement baptisé cette ville du sobriquet de « Armpit of America », ou « l’aisselle de l’Amérique ». Ça promet.

La ville en carton-pâte

Pendant mon enfance, mes parents avaient l’habitude de planifier nos vacances familiales à la mer. Dès le début des années 60, à huit dans une roulotte, nous avons d’abord gelé au Maine (Old Orchard), pour ensuite descendre au Massachusetts (Provincetown). L’année suivante, nous essayions Wildwood-Cape May, au New Jersey, pour ensuite retraiter encore plus au sud, en Virginie (Virginia Beach) en 66.

Mais mes plus beaux étés se sont déroulés à Myrte Beach en Caroline du Sud. De 68 à 70, j’ai passé plusieurs semaines sur les plages de cette ville. Une ville presqu’irréelle, entourée de dizaines de campings et autant de terrains de golf. Si vous aimez les Wal-Mart ouverts 24 heures, les centres commerciaux à perte de vue, les « outlets » à perpétuité et les chaînes de junk food, vous serez aux anges.

Le gigantesque camping Lake Arrowhead de mon enfance, construit directement sur la mer, est disparu pour devenir un complexe hôtelier avec plusieurs centaines de condos grillagés.  Par contre, juste à coté, un autre campground (Myrtle Beach Travel Park) a survécu aux promoteurs en demeurant moderne, propre et agréable.  Des VR de plusieurs centaines de milliers de $$ côtoient des caravanes à sellettes (Fifth Wheel) de pauvres, à 80 000 $ (incluant le F-250).  Les roulottes traditionnelles d’une trentaine de pieds sont minoritaires et font figure de dinosaures. Par contre, la faune de cette période de l’année est plutôt “retraité actif” que familial.

Ce qui a changé depuis 40 ans ?

Les gratte-ciels le long de la mer, les conciergeries de condos clôturés, les autoroutes jusque dans votre cour, les gens qui se déplacent en voiturettes de golf sur les trottoirs et les obèses partout. En fait, ils sont tellement gros que Wal-Mart leur fournit des scooters électriques pour se déplacer dans les allées 2 fois plus larges que chez nous.

Ce que vous ne verrez pas

Les épiceries sont rares tout autant que les magasins de meubles (pas très utile pour les touristes). Les bacs de recyclage, si vous en trouvez, refusent les bouteilles en verre (!) .  En fait, les caissières de grandes surfaces placent nos achats dans des sacs jetables avant de les glisser dans nos sacs recyclables (québécois). Elles n’ont pas compris le principe.

Oubliez les feux pour piétons ou les traverses piétonnières.  En fait ici, personne ne marche. Tout est construit pour la bagnole. Les parcs sont rares et je n’ai vu aucune piste cyclable, ou cycliste pour les emprunter.

Il y avait pourtant ce jeune médecin de St-Jérôme, rencontré sur notre camping, qui chaque matin pédalait casqué, malgré la limite de vitesse de 10 mph sur ces chemins. Les campagnes de la SAAQ nous hantent, même au sud de la frontière. Un contraste avec la grande majorité des motocyclistes qui roulent sur l’autoroute, sans casque. J’imagine que « la terre de la liberté » s‘exprime aussi par les cheveux au vent, sans contrainte… La liberté de se péter la fiole, sans que ton voisin paye pour toi.

Myrtle Beach, un endroit pour passer du bon temps, mais pas y vivre.  Un cirque perpétuel, avec peu d’intérêt pour y écouler ses vieux jours.  Mais tant que vous avez le soleil et la mer, le reste importe peu.


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Des vagues de joie, dans un bain de mélancolie

Pools of sorrow, waves of joy
are drifting through my opened mind
Possessing and caressing me

Ces célèbres paroles lennonesque décrivent assez bien mon état d’esprit ces derniers jours.  Ouf deux mois sans rien pondre sur mon blogue.  On s’inquiète? Laissez-moi vous expliquer.

Baigner dans la mélancolie : le marteau, sans la faucille

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Après 4 mois de travaux intensifs et presque quotidiens à construire un nouveau pavillon, j’entrevoie finalement les travaux se terminer dans quelques semaines. Le revêtement extérieur est posé. Juste à temps avant les premières neiges. Je n’aurai pas eu le temps de compléter le balcon, mais ce n’est rien pour retarder son occupation.

L’isolation des plafonds et des murs est terminée.  Il reste à monter les murs entre les pièces. Finaliser la pose de l’électricité et monter le parement mural en planches de pin.  Ce type de planches est plus facile à manipuler et moins problématique que les panneaux de placoplâtre.  La plomberie attendra au printemps.

La chapelle, petit nom non officiel de cette annexe, sera prête pour la période des fêtes, pour accueillir mes enfants, mes amis, ma famille. J’ai même planifié d’y installer au sommet ma cloche de train de LRC, mais sans crucifix.

Un spleen m’inonde. J’ai bien aimé l’expérience de construire une maison pour meubler mes temps libres, entre mes contrats web. D’autres projets me trottent dans la tête comme la rénovation de la cuisine de ma résidence, en janvier.  Mais je serai alors loin de ma forêt et de ses blanches contrées. De toute beauté, mais un peu désert.

Parfois, j’avoue que je trouve les journées un peu longues à travailler seul, loin de la civilisation.  Mais en réalité, le travail manuel avec des échéanciers serrés est très gratifiant et fait oublier l’isolation et l’exil. Tu as beaucoup de temps pour réfléchir et faire la paix avec tes démons. Et quand le coeur n’y est plus, tu te vautres dans le web pour satisfaire tes clients ou pour compléter tes propres projets. Et tu écris, à la lumière du feu de bois…

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Les vagues de joie : ma colosse de Rhodes

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Nos enfants sont souvent les êtres qui nourrissent le plus votre fierté et font oublier les sacrifices de les avoir amenés à la vie adulte et les abnégations de votre propre vie.

Ma fille aînée Laurence termine son baccalauréat à l’Université de Caroline du Nord, en relations internationales avec spécialisation sur le Moyen-Orient.  Déjà récipiendaire d’une bourse d’études pour le bac, elle tentait le grand coup pour sa maîtrise, en visant la prestigieuse Université d’Oxford en Angleterre, fondée au 12e siècle.  La façon d’y arriver ? En s’inscrivant à une des plus célèbres bourses internationales, la bourse Rhodes.

Elle hésitait à s’y inscrire parce qu’elle ne croyait vraiment pas être à la hauteur.  Pour elle, ne pas être sélectionnée aurait été vécue comme un échec. L’été dernier, après avoir visité le campus et rencontré quelques professeurs de cette honorable institution, située à 100 km au nord-ouest de Londres, elle est revenue convaincue de s’inscrire au concours de sélection.

La semaine dernière, elle nous annonça qu’elle avait été choisie dans la courte liste de 16 candidats québécois pour l’attribution de 2 bourses.  Elle sauta dans un avion pour passer l’entrevue devant le jury, samedi dernier.  Elle en est revenue déçue et triste, prétextant avoir raté quelques questions faciles.  Mais le sort s’est révélé tout autre.  Elle a finalement été sélectionnée pour cette bourse de deux ans, à la plus vieille université au monde.

Le journal La Gazette en a fait sa une, dans l’édition du dimanche 21 novembre:

The Gazette – Quebec’s latest Rhodes Scolarship

Ses faits d’armes sont aussi mentionnés dans le journal de l’Université de la Caroline du Nord et le Charlotte Observer, un quotidien de la Caroline du Nord.

La bourse “Rhodes Scholarship” pour les nuls

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Wikipédia anglais nous dit de la Rhodes Scholarship :

It  was the first large-scale programme of international scholarships (1903) and is widely considered the “world’s most prestigious scholarship” by many public sources (such as Time Magazine, Yale University Press, The McGill Report and Associated Press).

De plus on traite de la liste de critères à rencontrer:

Rhodes’ legacy specified four standards by which applicants were to be judged:

* literary and scholastic attainments;
* energy to use one’s talents to the full, as exemplified by fondness for and success in sports;
* truth, courage, devotion to duty, sympathy for and protection of the weak, kindliness, unselfishness and fellowship;
* moral force of character and instincts to lead, and to take an interest in one’s fellow beings.

Lors de sa création en 1903,  suite au décès du milliardaire britannique célibataire d’Afrique du Sud Cecil Rhodes,  fondateur de la Rhodésie et propriétaire des mines de diamants De Beers,  52 bourses d’études à Oxford ont été allouées, dont seulement 2 au Canada.  En 2010, 83 bourses sont maintenant décernées, dont 11 au Canada et 2 au Québec.

Je prépare mes valises.  Elle aura sûrement besoin de conseils paternels pour choisir la couleur des murs de son appartement… Et je pourrais visiter avec elle le Liverpool de John, qui n’est qu’à 3 heures en train.

Jai Guru Diva (Gloire au maître divin)

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Que la montagne est belle

La musique meuble ma vie, depuis aussi longtemps que je me souvienne. En fait, il m’a toujours été difficile de vivre avec un moment de silence, me réfugiant aussitôt dans la musique. Je me rappelle qu’au décès accidentel de ma sœur ainée en janvier 1962, qui n’était alors âgée que de sept ans, pendant plusieurs mois j’ai demeuré chez une sœur de ma mère à Montréal. En fait tous mes frères et sœur ont été accueillis par des membres de notre grande famille, le temps des funérailles et de la convalescence de ma mère. D’autant plus que mon plus jeune frère venait de naître deux semaines à peine avant le décès de Suzanne.

J’avais alors 4 ans et jamais je n’étais parti de chez moi. Ma tante Isabelle savait qu’en me procurant de la musique, elle pouvait espérer un moment de calme. J’ai souvenir qu’à mon cinquième anniversaire, quelques semaines plus tard, en février 62, elle m’avait acheté le disque des Jérolas « Toujours plus vite », contenant entre autres les succès Méo penché, Jones s’est montré, Charlie Brown et Toujours plus vite.

Obsessif, je jouais ce disque sans arrêt, mémorisant chaque note et chaque mot. Comme pour chasser mon ennui, loin des mes parents et de mes 6 frères et sœurs. D’autant plus que ma tante et mon oncle, plutôt anglophone, parlaient le plus souvent anglais entre eux, langue qui m’était étrangère.  Leur seul enfant était un grand adolescent un peu nerd, qui me nourrissait de bandes dessinées Marvel anglophones (Fantastic Four, Spiderman…). Il est aujourd’hui pasteur et avocat.

Nostalgie sylvestre


Après avoir dévoré du rock toute ma jeunesse, aujourd’hui je passe mes moments de travail ou de repos à consommer des tonnes de blues, jazz, succès des années 40 et 50 et chansonniers français. J’ai découvert entre autres une chanson de Jean Ferrat que je ne connaissais pas, interpellé par les paroles de Que la montagne est belle.  J’imagine que je m’attendris avec les années.

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?

Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu’au sommet de la colline
Qu’importent les jours les années
Ils avaient tous l’âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Les vignes elles courent dans la forêt…

Construire ou la liste de mes rêves



Lors de mon 50e anniversaire de naissance, j’avais dressé une courte liste des choses que j’aimerais accomplir, avant de passer l’arme à gauche.  Je rêvais entre autres de construire une maison de mes mains.  J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour les menuisiers, charpentiers et autres métiers de la construction. Quelques grands-oncles et amis de mon père en étaient.

L’été est fabuleux alors allons-y.  Après avoir déniché d’excellents conseillers, j’ai commencé les travaux fin juillet.  Dans mon coin reculé de la Matawinie, j’ai entrepris de construire une maison d’invités d’approximativement 300 pieds carrés (12 x 24),  en y aménageant deux chambres, une salle de bain, cuisinette et rangement.  Elle servira pour accueillir les amis et ma grande famille, lorsque les trois chambres du bâtiment principal seront toutes occupées.

Mon échéancier est serré. Une semaine pour creuser à la petite pelle la plateforme (200 voyages de brouette), construction des formes et de l’armature la deuxième semaine, la plomberie et le ciment, tout brasser de main d’homme, la troisième semaine et monter les murs et poser l’isolant, la semaine dernière.

Cette semaine je monte les chevrons de pignon, pose la fourrure (forenze) et la toile protectrice (Tyvek), pour terminer le toit la semaine prochaine. Il me restera la pose de la porte, des cinq fenêtres et de la dernière couche d’isolant (laine).

Je pourrais alors fermer le bâtiment pour commencer les murs intérieurs, l’électricité, la plomberie et tutti quanti.

L’automne au chaud


J’estime pouvoir terminer les travaux vers le début octobre, prêt pour les premières neiges qui nous surprennent dans ce coin de pays, aussi hâtivement qu’à la fin octobre.

Je suis assez fier de la progression des travaux, bien que mon intense passion pour ce projet entraîne une certaine négligence de ma famille et amis.  Je me garde toujours plusieurs heures par jour pour mes contrats en Web et répondre aux courriels.

Mais je vous avoue que les discussions avec une cloueuse, une scie à onglet, ou une pile de 2 x 4 sont assez sommaires.  Mais il m’arrive parfois d’avoir la visite impromptue d’un voisin, s’inquiétant de ne plus m’entendre blasphémer après un coup de marteau.

J’ai la chance unique d’être entouré d’amis et de voisins qui sont nés dans un coffre à outils. Je les consulte fréquemment pour éviter d’avoir à défaire ce que je viens de bâtir. Il va sans dire que j’ai dû acheter plusieurs nouveaux outils, ceux que je possédais déjà faisaient le propos de sarcasmes dans la communauté.

Les constats de ma nouvelle vie


En fait construire une maison ressemble beaucoup à ce que je faisais dans mon ancienne vie.  La planification, construction et mise en ligne d’un site web transactionnel nécessite beaucoup de réflexion et de collaboration d’experts, pour éviter à avoir à recommencer, en plein milieu des travaux.  Si ta base est d’équerre, le reste suivra.

Pendant mes longs moments de réflexion, j’ai dressé une liste des avantages et désavantages de mes six premiers mois de rentier (j’aime bien ce mot).

Ce qui me manque

  • Mes collègues de travail
  • La rue Ste-Catherine, à l’heure du lunch
  • Les boutiques de livres et de disques
  • Les longues discussions et débats d’opinions
  • Les 5 à 7

Ce qui ne me manque pas

  • Le stress malsain
  • La circulation automobile
  • Me lever à 6h00
  • Les migraines
  • La désorganisation bureaucratique
  • Mes sautes d’humeur
  • Le transport en commun

Ce que j’aime

  • Respirer
  • Réfléchir
  • Sourire
  • La forêt
  • Jouer avec Gabrielle
  • Marcher dans les bois avec Gabrielle
  • Être mon propre patron
  • Écrire
  • Vivre

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Mes grands prés verts

Il y a plusieurs années, j’ai eu la chance de travailler avec la vedette de la chanson des années 70, Nicole Cloutier. Dès l’âge de 17 ans, elle connu une carrière fulgurante de 1971 à 1977, sous l’aile de René Angélil et de Guy Cloutier.  Nicole Cloutier possédait une très belle voix et un talent indéniable.  Elle a fait paraitre deux disques 33 tours et une dizaine de 45 tours (simples).

En 1976, elle a même été vedette de cinéma dans le film culte Parlez nous d’amour de Jean-Claude Lord et Michel Tremblay, où elle tenait le rôle d’une jeune vedette populaire, abusée et alcoolique.  Un film cru, intense, à la limite de la vulgarité, qui caricaturait le comportement des vedettes et des agents d’artistes au Québec.  Des dizaines de vedettes de l’époque font partir de la distribution. Ce film est rarement vu à la télévision à cause de son caractère scabreux.

Remise en question

L’année suivante, suite à un changement de cap, à seulement 23 ans, elle abandonne le show business et entre dans les rangs des « 9 à 5 ».  Nicole était une femme affable, souriante et séduisante.   Ses yeux rieurs et son rire illuminait le bureau. Je me souviens d’une soirée karaoké pendant un congrès où elle avait volé la vedette, malgré sa grande discrétion sur son ancienne vie.

Pour ceux qui sont nés après Jeunesse d’aujourd’hui, elle a interprété plusieurs succès léger comme Fleurs de papier et « Dans mes grands prés verts » (écoutez un extrait de la chanson au 5e item). Cette dernière chanson m’a toujours beaucoup plus. Il s’agissait d’une adaptation de la chanson I’m Gonna Be A Country Girl Again de la chanteuse Folk saskatchewanaise Buffy Sainte-Marie. Malgré des paroles très granola et son rythme country, elle traduisait l’essentiel du mouvement « Retour à la terre » des années 70. Écoutez aussi la chanson Tu m’as eu sur youtube.com, une traduction “You’re So Vain” de Carly Simon.

Retrouver ses racines

Je discute avec des copains qui, comme moi, sont à la veille de la retraite.  Ils sont littéralement terrorisés par l’idée de ne plus avoir de raison de se lever le matin.  Leur travail, c’est toute leur vie. Pour eux, hors du travail, point de salut, point de statut. Un peu comme la cigale qui n’a pensé qu’à l’été, ils se trouveront fort dépourvus quand la bise viendra.  Pas un seul petit morceau de passion et de passe-temps pour meubler leurs journées.  Un peu comme celui qui n’a pas contribué à son fond de pension intellectuel, quand la retraite arrive, il se retrouve devant le vide pour nourrir corps, esprit et âme.

Planifier et assumer

Planifier financièrement sa retraite est sage. Mais il faut plus que ça.  Il faut se demander ce que l’on aimerait faire et le planifier plusieurs années d’avance.  N’attendez pas que la vie vous rattrape.  Comme Nicole, avec sa chanson annonciatrice, après une vie trépidante où le carrousel tournait trop vite, elle a retrouvé ses grand prés verts. Quand votre décision est bien planifiée et assumée, vous dormirez profondément sans toujours vous demander si vous avez pris la bonne décision.

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Un ange passe

La fébrilité des derniers jours m’a passablement épuisé. Le téléphone a beaucoup sonné, entremêlé aux courriels d’encouragement et les mots remplis de gentillesse sur les réseaux sociaux. J’ai reçu une cinquantaine de courriels de collègues, amis et membres de ma famille. Il me sera impossible de tous leur répondre personnellement, c’est pourquoi j’écris ce petit (!) mot.

Le syndrome du déserteur

Au quatrième jour de mes vacances  imprévues, je suis serein.  Après quelques nuits d’insomnie créatrice, je dors maintenant du sommeil du juste.  Je me sens libéré d’un grand poids. J’ai par contre, en arrière-goût, ce sentiment viscéral d’avoir abandonné mon équipe web submergé de projets, d’échéances serrées et de nombreux livrables. Comme si pendant le combat, on m’avait extirpé de la tranchée par hélicoptère pour me rapatrier définitivement dans mon pays.  Le combat sera rude pour eux, d’autant plus que plusieurs autres collègues quitteront sans doute le navire dans les prochains jours.

Décollage du gros porteur

Dès l’annonce de ma cessation d’emploi, j’ai contacté mon conseiller financier.  Le soir même, sur le web,  j’achetais l’ordinateur portatif de mes rêves (avec lequel j’écris ce texte), reçu le lendemain par UPS. J’ai pris soin de valider mon choix avec mon frère aîné et mes 2 geeks de fils (en Suède et en Espagne) qui m’ont donné leur aval.  Je me gâterai, dans les prochains jours, avec un nouveau cellulaire qui fait la vaisselle, passe l’aspirateur et fait des sons quand tu le brasse…

Cette semaine je rencontre mon comptable et fiscaliste, en plus de la firme recommandée de services-conseils en transition de carrière. Je dois aussi valider mon choix de plan de pension, renégocier mon assurance vie, mon assurance santé, finir le site web de ma nouvelle compagnie… J’ai estimé que les préparatifs de défrichage prendront un minimum 2 à 3 semaines.

J’avais déjà lu dans un livre spécialisé sur le travail autonome, que les cadres longtemps salariés qui décident de démarrer leur propre entreprise, peuvent se comparer au décollage d’un Boeing 747 sur une petite piste de terre.  Il faut que la piste soit très longue et bien préparée pour s’assurer que votre poids lourd décollera, sans s’écraser en bout de piste.

Mon ange éternel

Un peu comme ces créatures folkloriques de Transylvanie qui ne vieillissent jamais, malgré ses 19 ans, ma fille cadette a cessé de vieillir il y a longtemps.  Elle n’a que 3 ans d’âge de développement.

Au fil des années, nous notons quand même de lents mais notables progrès sensori-moteurs et psychologiques mais elle ne deviendra jamais autonome. Bien qu’elle fréquente à temps plein une école spécialisée, elle cessera de bénéficier des services de scolarisation dans moins de 2 ans, à 21 ans.

Au cours des prochains mois, je me concentrerai sur le financement, la planification et la construction d’une résidence pour adultes autistes qui accueillera de 5 à 6 jeunes adultes, dont ma fille.  Dès 2012, elle y habitera à plein temps.  Cette maison offrira des activités structurées et proposera des programmes précis de maintiens d’habilités. On a déjà les plans en tête. Ce sera un milieu de vie gratifiant et enrichissant pour elle, tout en nous permettant de souffler un peu.

Compléter le casse-tête

Je rêve aussi d’apprendre à lire à mon petit “rayon de soleil”.  À son école, à l’âge de 19 ans, l’emphase va vers l’acquisition de règle de socialisation (comportement en groupe, respect des autres), d’hygiènes (se laver les mains, ne pas mettre ses mains dans son pantalon ou son nez) ou d’habilités domestiques (remplir et vider le lave-vaisselle, placer et enlever les couverts). Vu son âge avancé, la lecture, l’écriture ou le calcul n’est plus une priorité.  Elle connaît des centaines de mots mais ne peux pas les relier ensemble. Comme un casse-tête dans une boîte, qu’il faut monter. Mon entêtement légendaire et ma disponibilité soudaine pourra peut-être servir.

Mes autres priorités

J’ai l’intention d’offrir mon corps à la science et faire de la consultation dans mon champ d’expertise, la stratégie web.  Je planifie œuvrer principalement dans mon coin de pays pour éviter de passer 15 heures par semaine dans ma bagnole, comme je le faisais depuis 25 ans. J’ai aussi eu quelques offres pour enseigner et donner des ateliers et conférences sur les bonnes pratiques du marketing électronique.

Les conseils de Mick

Dans mon véhicule, j’écoute de vieux succès des années 60, sur un canal spécialisé de radio par satellite. Ce matin Mick Jagger m’a offert ce judicieux conseil, sur la pièce Ruby Tuesday :

There’s no time to lose, I heard her say
Cast your dreams before they slip away
Tired all the time
Lose your dreams and you will lose your mind
Ain’t life unkind

Autisme
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La symphonie inachevée

Nous rêvons souvent. En fait la majorité d’entre nous passons notre vie à se construire des châteaux en Espagne.  On s’imagine sur une île déserte, dans une lagune, avec des dauphins, nageant avec la page couverture du Sports Illustrated.  J’en connais qui rêvent de jouer au golf tous les jours, de voyager, d’écrire, de retourner aux études, de bâtir une maison, de conquérir une montagne.

D’autres se peinturent dans un chalet, dans les bois, avec une ligne à la main. Souvent on se dit qu’à la retraite on aura tout le temps d’assouvir ses fantaisies, que l’on n’aura que l’embarras du temps.

Depuis ce matin, je fais l’inventaire de mes rêves.  Je m’y mets à plein temps.  On m’a offert une généreuse prime de départ pour quitter un emploi que j’adore, pour me rendre tranquillement jusqu’à la retraite. Ce n’était pas une grande surprise puisque j’avais avisé mes supérieurs que si l’occasion se présentait, je serais volontaire pour quitter.

Tisser sa toile

Pas que je n’aimais plus ce que je faisais, loin de là.  Mais comme deux êtres qui se sont aimés pendant 30 ans, je sentais que plus rien ne serait comme avant. Pendant les 9 dernières années, mon poste dans le web était excitant.  J’ai connu des années de croissance effrénée, des projets grisants où rien n’existait et tout restait à faire.

Mais le Klondike est terminé.  Le web connaît une lente mais pénible remontée depuis que la crise lui a mis du plomb dans l’aile. Les réseaux sociaux ont changé la donne.  Disparition de la pub par courriel ou en ligne, c’est la communauté qui dorénavant décidera, peu importe ce que les annonceurs feront ou diront. Même si la publicité est partout, elle se meure. Il faut la réinventer intelligemment. Et traiter le consommateur avec respect.  L’écouter. En fait la clef du succès, c’est le web intuitif. Si tu me fais chercher, je vais ailleurs. Séduis moi et je reste.

Les centaines de personnes que je côtoyais depuis 30 ans vont me manquer.  Depuis ma première entrevue, le lundi 28 avril 1980, dont je me rappelle en détails.  Du haut de mes frêles 23 ans, pendant que j’attendais dans la salle, le journal titrait que le Canadien, après 4 coupes de suite, venait de se faire éliminer en quart de finale par les tristes «No» Stars du Minnesota.  De plus, nous sentions la fébrilité du premier référendum du 20 mai 80.

Ceux qui me connaissent savent que ma planche à dessin est remplie de croquis; que je « percole » de projets. Mais en fait je vois cette journée charnière comme étant aussi déterminante que le jour où j’ai reçu mon diplôme universitaire, mon mariage ou la naissance de mes 4 enfants.  C’est un nouveau départ pour finalement tenter de terminer toutes les symphonies inachevées qui jouent dans ma tête.

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Le cycle de la saine remise en question

On passe tous des moments où l’on se pose des questions, en se demandant si on a emprunté le bon chemin, s’il n’aurait pas mieux value tourner à gauche à cette intersection de la vie ou rebrousser chemin il y a deçà 10 km, 10 jours ou 10 ans.

Je suis de ceux là.

Un peu comme à la fin des années de collège où j’examinais toutes les avenues pour connaître ce qui allait me passionner le reste de ma vie. Pendant mes années de CEGEP, j’ai fait beaucoup de radio étudiante, souvent jusqu’à une dizaine d’heures par semaine. Je me rappelle de la mine déconfite de mon père quand, du haut de mes 17 ans, je lui annonçai que je voulais m’inscrire en Communications, à l’Université du Québec à Chicoutimi, pour ultimement faire de la radio ou de la télévision. Ou encore quelques mois plus tard, je lui fis part de mon désir de m’inscrire à une école d’électronique parce que j’adorais monter et démonter des bidules électroniques.  Étant relativement doué en mathématiques, mon père m’encouragea à poursuivre aux Hautes Études Commerciales (HEC) pour finalement graduer en Sciences économiques. Il m’avait faire comprendre qu’il ne fallait pas mélanger « hobby » et carrière, principe que j’ai tenté de transmettre à mon tour à mes enfants.

Au cours de ma carrière, même si j’ai évolué en majeure partie dans la même grande entreprise, j’ai assez souvent changé de poste après, justement, une phase de doutes et de questionnements.  Après plusieurs années au même poste, souvent à la fin d’un gros projet, je fais le bilan ;  c’est alors que les démons de l’incertitude ressurgissent, et se liguent contre moi pour nourrir ma crise.

Si jeunesse savait

Pour beaucoup d’individus, les périodes de repositionnement professionnel coïncident avec des remises en question d’ordre personnel ou amoureuse.  Ce n’est heureusement pas mon cas. Je possède le même groupe d’amis depuis 40 ans, la même conjointe depuis 27 ans et la même maison depuis 22 ans,

Mais ça n’a pas toujours été le cas. Jeune adulte, je me souviens d’avoir occupé 8 différents appartements en 5 ans, d’avoir changé de copine pour un oui ou un non et de ne pas dédaigner la bagarre devant l’insolent.  Mon impulsivité était notoire. Cette fougue m’empêchait souvent de prendre des décisions réfléchies.  Mais j’ai réussi à dompter et à mieux canaliser, un tant soit peu, cette impétuosité avec l’âge.

Je me rappelle d’une rencontre dans un souper d’affaire où une femme assise à la même table que moi me dit :

Bonjour Benoit.  Te rappelles-tu de moi ?  J’étais dans ta classe au secondaire.  Pendant un cours de biologie, tu m’avais mis une grenouille vivante dans mon sac à main.  Je l’avais découverte plusieurs minutes plus tard, en fouillant dans mon sac, pendant le cours de religion.

Mais, 40 ans plus tard, j’avoue que ce n’était ma meilleure blague bien qu’elle reste inoubliable.  Mon erreur est de m’en être vanté à des copains dénonciateurs.  Sinon mon coup serait demeuré classé dans la filière des «Crimes Parfaits» de Claude Poirier.

Monsieur Destiné

Un film de série B du début des années 90 avec James Belushi Mr Destiny,  illustre bien le questionnement d’un homme à l’aube de la quarantaine. Il aimerait retourner dans le temps pour savoir comment se serait déroulé sa vie si des événements s’étaient passés autrement, à des moments clés de sa vie.  Pour se rendre compte que finalement il aurait eu d’autres problèmes et autant de questionnements….

Il est sain de se poser des questions sur son existence, sur ce que nous désirons accomplir dans la vie mais sans jamais regretter le passé.  Ce qui est fait est fait.  Vous devez élaborer des projets d’avenir et tout faire pour les accomplir.

Nourrir ses rêves

Je vous suggère un petit exercice que j’ai effectué à l’aube de mes 50 ans et que je referai avant ma retraite.  Dressez une liste d’une douzaine de rêves que vous voudriez réaliser avant de quitter cette terre, avec un âge limite.  Par exemple: Monter le Kilimandjaro à 40 ans, courir un marathon à 45 ans, apprendre l’espagnol à 60 ans…   Éviter d’y mettre des désirs matériels comme m’acheter une BMW, ou un condo en Floride.  Concentrez vous sur vous, votre esprit, votre âme, votre corps, votre bien-être intérieur.

Pour ma part, de ma liste de 50 ans j’ai réussi à en accomplir 3, avec 3 en cours de réalisation.  Ma fiche n’est pas très reluisante, et je dois la consulter plusieurs fois par année pour garder mon focus…

Encore plus passionant, demandez à votre conjoint ou conjointe d’effectuer le même exercice en privé.  Ensuite comparez vos listes et résultats.  Si des items coïncident, vous aurez alors un projet commun à réaliser dans les prochaines années.  Si aucun de vos projets ne se ressemblent, essayez alors de vous inspirer des projets de l’autre et d’en élaborer au moins un en couple.  C’est l’essence d’une vie professionnelle ou personnelle, que de bâtir des rêves et de tenter de les réaliser…

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Deux mentions pour votre humble serviteur

Click Weekly - Top Canadian Online MarketersHier, le 29 septembre, le journal Click! Weekly a dressé une liste aléatoire des TOP 40 Canadian Online Marketers of 2009.  J’ai eu l’honneur de figurer sur cette liste, avec des leaders prestigieux du monde du web au Canada de Facebook, Yahoo, Expedia, Bell, eBay et Dell . Même si ces listes sont souvent faites pour “remercier” des partenaires de l’industrie, il fait toujours plaisir d’être reconnu par ses pairs d’autant plus que ce magazine est anglophone, basé à Toronto, et que seulement une poignée de québécois y apparaissent.  Ces honneurs sont toujours le reflet du travail d’un groupe qui apporte des idées innovantes avec une vision avant-gardiste de l’internet.  Mon ami Guillaume Brunet, qui figure aussi sur cette liste, a rédigé un petit texte sur cette mention sur son blogue personnel.

Les Francs-tireurs ont “visé” mon humble site web

Francs-tireursCe soir 30 septembre, l’émission de Télé-Québec Les Francs-tireurs, animée par Patrick Lagacé et Richard Martineau, ont utilisé, avec mon autorisation, plusieurs photos de deux textes publiés ces dernières semaines traitant des accrocs à la règlementation sur l’affichage à Montréal.  Je vous invite à revoir ce reportage en rediffusion sur le web ou à l’écran, ce jeudi 1er octobre à 14h00, samedi 3 octobre à 20h00 ou mardi le 6 octobre à 23h00.  Notez que le reportage sur l’affichage à Montréal débute à la 30e minute, tout juste après l’entrevue avec Gilbert Rozon.

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Un petit mercredi soir avec le FLQ

Je connaissais Pierre Falardeau comme tout le monde.  Par ses films, documentaires, par Elvis et ses entrevues enflammées dans les médias.  Selon moi ses propos incendiaires de gauche avaient autant de pertinence que les propos d’extrême droite des polémistes médias comme Gilles Proulx, André Arthur, Benoit Filion ou Stéphane Gendron.  Ce n’est pas en blasphémant ou en injuriant les élus en place et les mieux nantis que l’on arrive à faire avancer une cause…

Falardeau, je l’ai rencontré une seule fois. En fait pendant toute une soirée. C’était un mercredi soir, presque 15 ans jour pour jour, plus exactement le 28 septembre 1994. Anne et moi se rendions au cinéma “Le Parisien” sur Sainte-Catherine pour y voir notre hebdomadaire film à la mode, en couple, loin de l’effervescence familiale.  Nous montions le grand escalier mobile pour accéder à notre écran au 3e étage.  Avant d’entrer dans la salle sombre, j’entrevois un petit attroupement dans un coin, devant une autre petite salle. Intrigué, je m’approche. J’aperçois alors dans le groupe un visage familier, poilu, étriqué et vieillissant.  C’est Paul Rose, le felquiste de la cellule Chénier. Je connaissais bien le FLQ pour avoir suivi assidûment leurs frasques des années 60-70 et ensuite lu à peu près tout ce qui existait sur leurs motivations, leurs buts et leurs façons d’y arriver.  Au Cégep, lors d’un cours en sciences politiques, j’avais effectué un travail de moine sur ce sujet.

Je m’approche de Paul Rose pour le saluer, quand j’entrevois Pierre Vallières, écrivain felquiste dont j’ai lu quelques livres, dont le classique Nègres blancs d’Amérique.  Je remarque les 3 autres membres de la cellule Chénier, Jacques Rose, Francis Simard et Bernard Lortie entourés des autres têtes fortes de l’époque comme les Lanctôt et Cossette-Trudel. Là dans un nuage de fumée, je distingue Falardeau.  Je comprends qu’il s’agit de “l’avant” avant-première du film Octobre, sans tambour ni trompette. Pas de télévision ou de journalistes, qui seront invités le lendemain soir.  C’est un avant-première en famille.  Surtout que Falardeau n’est pas l’enfant chéri des médias mais plutôt un “loose canon” toujours prêt à vous vomir une vacherie devant les caméras.

Je convainc mon amour de laisser tomber notre film “de fille”, choisi préalablement, pour nous engouffrer dans la caverne avec “Ali Baba et ses 40 voleurs”.  Impressionné le petit gars.  Je suis assis tout juste à côté de Robert Lemieux, le moustachu avocat qui défendit plusieurs felquistes incarcérés dans les années 60 et 70;  qui est d’ailleurs décédé l’an dernier à Sept-Îles, à 65 ans.

Le film raconte la crise d’octobre 70, plus spécifiquement l’enlèvement du ministre Pierre Laporte, de la planification, au déroulement et l’éxécution, étalé sur 7 jours, du 10 au 17 octobre 1970.  Le scénario a été tiré du livre de Francis Simard Pour en finir avec octobre, un des 4 kidnappeurs du ministre Laporte.  Ce film fut d’ailleurs le premier grand rôle de Luc Picard au cinéma.

La soirée était parsemée de plusieurs discours de Falardeau et d’autres anciens felquistes impliqués dans la réalisation du film. On peut ne pas être d’accord avec la philosophie et la façon de fonctionner de ce groupe, mais son influence a été déterminante sur le réveil collectif et la prise en main des québécois.  Un petit mercredi, gravé dans ma mémoire.

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Un nouveau-né vous est offert

Depuis quelques semaines j’œuvre intensément sur un nouveau site web, enfanté par l’être chère. Cette dernière, douée en acrobatie domestique, excellente en voltiges culinaires, en chimie des chaudrons, nourrira le web de ses tours les plus futés. Nous cherchions une façon de rendre disponible à notre communauté les nombreux écrits ramassés pendant des décennies.  Jusqu’au jour où le livre d’or de ma partenaire a mystérieusement disparu, probablement kidnappé par notre bébé, fascinée par les livres. Panique dans la demeure.  Elle n’avait aucune copie de secours de sa caverne d’Ali-Baba. Après avoir finalement retrouvé le document sacré, l’idée d’en faire une copie web a finalement fait son bout de chemin.

dansnotremaison

Pour le moment j’ai conçu ce site à la manière d’un blogue où chaque texte s’affiche par ordre chronologique, à partir du plus récent.  Aussitôt que le site aura accumulé une masse critique de contenus pertinents, ce dernier se transformera lentement en un site plus traditionnel avec onglets, menus détaillés,  offrant de grandes sections thématiques.

Pour le moment nous n’y proposons qu’une dizaine de textes avec des thèmes assez généraux comme des recettes de dessert (sa spécialité), des plats principaux, des trucs culinaires, idées maison ou pour l’extérieur… Bientôt nous offrirons des sujets plus spécifiques comme des recettes rapides pour le plein-air, des entrées, recettes de boulangerie, trucs de décoration…

Je me permets à l’occasion d’y contribuer, non pas dans la cuisine (où je suis une nuisance), mais beaucoup plus dans l’atelier, le garage, la rénovation ou l’extérieur.  D’ailleurs c’est le seul endroit où je peux régner sans trop de contestation.

Nous invitons les internautes à proposer leurs idées maison, recettes chéries et secrets de familles (pas trop intimes)…

Le site porte le nom dansnotremaison.com. Venez nous visiter, interagir et nourrir à votre tour notre site, nos esprits et nos ventres…

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Le syndrome du porc épic

Pendant près de 10 ans, j’ai animé des groupes de pionniers scouts de mon coin de pays, âgés entre 15 et 18 ans.  J’ai rencontré beaucoup de courageux adolescents, solides, déterminés, avec un goût pour l’aventure et l’envie de faire autre chose que de “chatter” sur le web ou de “vêger” devant VRAK TV.  J’ai par contre croisé d’autres jeunes avec l’âme en lambeau et l’estime de soi en mille morceaux, déchirés par les dissensions familiales .

Une vendredi soir, lors d’une levée de fonds dans un grand magasin,  des parents m’ont abordés cherchant de l’information sur le mouvement scout, pour leurs 2 jeunes garçons.  Le plus jeune de 13 ans et l’ainé de 16 ans.  Ils me demandaient si les scouts s’occupaient d’enfants difficiles.  Sans broncher, je leur indiquai que ce mouvement n’était pas parfait et que, par émulation, le groupe de jeunes faisaient tout le travail, pas les animateurs.  Il fallait seulement que le jeune désire s’impliquer.  Un vrai pasteur rassembleur, ce petit Benoit.

Les parents ne payaient pas de mine.  Lui, couvert de tatouages, baraqué comme un frigidaire “2 portes”, parlait comme un curé.  J’appris plus tard qu’il avait été membre d’une bande de motards criminalisés et qu’il avait quitté le milieu, après qu’un de ses frères ait été sévèrement battu par une bande rivale.  Depuis il était prédicateur dans une secte, et finissait toujours ses conversations par “Que Dieu vous bénisse”. La mère (en fait la belle mère) était petite, ravagée par les abus et le temps;  elle me demande si les scouts pouvaient réchappés celui de 16 ans, qui glissait subrepticement sur la pente glissante de la délinquance.  Je lui proposai de nous l’envoyer à la prochaine réunion.

Relativement docile, il s’est rapidement plié aux consignes et a vite assimilé la dynamique de groupe.  Assez vif et souriant, on pouvait facilement percevoir son mal de vivre.  Ses intérêts tournaient autour du “Heavy Metal”, la drogue, l’alcool et la petite délinquance (graffiti, vandalisme, recel…).  Il demeura dans le groupe jusqu’au camp d’été et porta sans rechigner l’antique mais traditionnelle uniforme scoute.  Il avait hâte au camp d’été, une descente en canot-camping de 8 jours, sur la sauvage rivière Bazin, en Haute Mauricie.  Une rivière assez difficile, pour une bande d’adolescent urbain.

J’avais la difficile mission de passer ces 8 jours en compagnie de ma pomme poquée.  Je me devais de discuter toute la journée de nature, pêche, météo, faune, flore et de rivière avec un ado qui ne connaissait que les ruelles, la toxicomanie, la violence et la criminalité. Pendant que dans les autres canots on chantait des chansons scouts, lui me chantait du Metallica, Megadeth, Voïvod et autre succès sombres de “Speed-Trash Metal” …  Il me revélait que sa BIO (mère biologique), qui résidait dans une petite ferme délabrée du nord de Lanaudière, fabriquait le meilleur PCP et Ecstasy de la région.  Il me racontait ses frasques, la première fois où il a sniffé de la colle, pris de l’acide ou les délits célèbres de son père et de son oncle… Après 4 jours, je demandai à un autre animateur, Gérald,  de faire un échange de partenaire, histoire de me ventiler un peu l’esprit.

Aujourd’hui, 6 ans plus tard, en marchant sur Ste-Catherine, coin Berri, j’ai rencontré mon ancien scout.  Il se tenait devant moi, avec son petit sourire gêné, en guenille et studs “punk”, devant la sortie de métro.  Il quêtait, intoxiqué, tatoué et maigre.   Il me disait qu’il vivait dans la rue depuis 4 ans. Il m’affirma qu’il était heureux, que c’était une vie qu’il aimait.  Je lui ai demandé comment il survivait.  Il me révéla, penaud, qu’en fait il ne mendiait pas mais vendait de la dope.  La tête basse, comme s’il était toujours mon pionnier.

Il mène sa vie tel un porc-épic, se croyant indestructible, persuadé d’être équipé d’un système de défense à tout épreuve.  Jusqu’au moment où surgira une automobile, au détour d’une petite route de campagne, qui sans crier gare, emportera notre invincible hérisson…

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Vacances au froid


À partir de lundi le 6 juillet, vous pourrez me lire presque quotidiennement sur http://www.pagayerpourlautisme.com pendant notre long périple de 4 semaines sur une des rivières mythiques du Québec, la rivière aux feuilles.

Avec 5 autres mordus, nous allons pagayer 350 km de la Baie d’Hudson jusqu’à la Baie d’Ungava, histoire de faire connaître les services des Répits de Gaby et d’amasser des fonds pour aider les familles confrontées au syndrome de l’autisme. Accompagnez nous dans notre quête et venez vous abonner par courriel, par RSS ou par Twitter à notre site web.  Nous vous réservons des surprises comme des vidéos des milliers de caribous que nous croiserons sur la rivière, et si la chance nous accompagne, des phoques d’eau douce et des bœufs musqués…

Merci de nous appuyer…

Benoit Laporte

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Le courage d’un survivant, dans nos bagages

Quand j’étais petit j’avais demandé à ma mère de tapisser les murs de ma chambre avec du papier peint, arborant la photo d’une forêt.  Mon frère aîné, qui habitait l’autre moitié de notre chambre, avait lui décidé de tapisser son mur avec une plage et un couché de soleil.  Quand je m’endormais, j’avais le choix de me réveiller sur une plage ou dans la forêt.  Je préférais de beaucoup le bois, même si les bruits et les odeurs étaient exclus du forfait.

La descente d’une vie

Dans quelques jours, je  réaliserais un rêve longtemps caressé.  J’aime passionnément le canot d’eaux vives, la pêche, la photographie et les grands espaces.  La culture inuit et les rivières sauvages ont toujours peuplé mon imaginaire.  Il y a plusieurs années, ce périple de 24 jours sur la rivière aux feuilles a commencé à germer dans mon esprit.  Je savais que peu de gens la fréquentait et qu’il n’y avait à peu près pas de pourvoyeurs et d’habitants, si ce n’est des phoques d’eau douce, des bœufs musqués et des caribous.  La première fois que j’avais vu une rivière du grand nord à la télé, c’était lors de l’écrasement de l’avion de Jean-Claude Lauzon et Marie-Soleil Tougas en 1997, sur la rivière aux mélèzes, au sud de Kuujjuaq.  J’avais été séduit.  Mais les vrais raisons ?  Sans doute pour combler un défi physique, psychologique et touristique.

Un défi physique ?

Pagayer 350 km, avec quelques jours de repos, et plusieurs jours de vents, de transports et d’attentes,  le froid, les millions de mouches qui vrombissent le matin sur le toit de la tente, l’hygiène sommaire, les vêtements humides au fumet de bacon, les bouffes déshydratées-réhydratées, les nuits en plein soleil, les ampoules, les maux de dos, de genoux, irritations intimes, piqûres et ronflement de ton partenaire exténué… En fait c’est beaucoup plus un défi pour endurcir ma patience, qu’autres choses.

Un défi psychologique ?

L’éloignement de mes amours, 24 nuits dans une tente exiguë avec le même (et nouveau) partenaire, 6 dans une tente moustiquaire de 10 x 10 à préparer les repas, écrire les chroniques et faire la vaisselle.  Devoir négocier chaque décision pour le bon fonctionnement du groupe, manger à l’heure du groupe, me lever à l’heure du groupe, à genoux dans le canot, 6 heures par jour, trouver des sujets de conversation avec le même partenaire ou se la fermer pendant des heures, un tour de force pour ceux qui me connaissent…

Touristique

La plupart des voyageurs choisissent d’abord un voyage pour meubler leurs souvenirs et remplir leur carte mémoire d’images indélébiles.  Indéniablement, ce pays est unique au monde.  Ses paysages lunaires, sans arbre, ses montagnes taillées au rabot et ces rivières qui déboulent à la vitesse d’un cheval qui coure.  Et ces centaines de milliers de caribous, en file indienne, que l’on croise humblement à chaque détour de rivière. En fait on s’imagine plus sur une planète de “Star Trek” où rien n’est comme chez nous.

Un absent de taille

Mon ami de longue date, et partenaire de tente et de canot lors de notre dernière longue expédition sur la rivière George en 2005, ne sera pas des nôtres cette année.  Raymond ne peux plus pagayer.  Il est partiellement paralysé.  En septembre 2006, lors d’un long trekking au Tibet, au mont Cho Oyu, la 6e plus haute montagne du monde (8 200 m), mon ami Raymond, à 6 000 mètres d’altitude, a été terrassé par un ACV (ou AVC selon…).

Un caillot, logé au cerveau, l’a foudroyé pendant sa montée vers le sommet.  Paralysé et inconscient, plus d’une cinquantaine de personnes ont participé à son évacuation vers l’hôpital militaire américain de Katmandou, au Népal.  Un trajet de seulement 200 km, mais épique quant il est effectué à dos de yack, de sherpa et d’hélicoptère, à cause de nombreux glissements de terrain.

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Quelques sherpas, et un médecin rencontré sur la montagne, sont demeurés à son chevet pendant plusieurs jours, pour le nourrir et l’épauler.  Dans cet hôpital, les proches doivent nourrir les malades en se procurant eux mêmes la nourriture au marché.  Raymond à son réveil avait perdu la parole, ne pouvait plus lire, écrire ou compter.

Lisez le compte rendu de son évacuation, en date du 18 septembre 2006,  sur le blogue de “L’échappée Belle“, l’agence qui guida ce voyage.

Le rapatriement à Montréal a été laborieux. La compagnie d’assurance refusait de le ramener à la maison, à cause des frais élevés d’un avion-ambulance privé.  La compagnie argumentait que les soins offert à Katmandou était de qualité et que le retour à la maison ne se ferait que par un vol commercial, aussitôt sur pied ou dans une chaise roulante.  Le problème est que Raymond est paralysé et cloué au lit… Mais les médecins d’ici ne l’entendaient pas ainsi.  La réhabilitation rapide d’une personne paralysée, suite à un accident cérébrale, est primordiale.  Plus vous attendez et plus les dommages seront irréversibles.  “Time is the essence”.

Sa conjointe n’hésita pas un instant.  Elle fouilla dans ses économies, ses REER et allongea la somme nécessaire, soit plus de 120 000$ pour que Raymond revienne le plus rapidement possible. Trois ans plus tard, France et Raymond attendent toujours le règlement de ce dossier.  Leur plus grand combat n’a pas été celui qu’ils croyaient.

Aujourd’hui Raymond a perdu l’usage du bras droit et l’usage partiel de sa jambe droite.  Il marche à l’aide d’une canne mais malgré son handicap, il se déplace avec une étonnante agilité.  Il pêche encore avec Alain et moi, et hormis l’entrée et la sortie de la chaloupe, il nous fait encore la barbe avec ses belles pêches.  Nous avons installé des supports de lignes à pêche et il réussi assez facilement à mouliner son poisson et à remplir le bateau de belles truites.

Raymond marche plusieurs heures par jour et il suit présentement un traitement exploratoire à l’hôpital Royal Victoria, pour tenter de réanimer ses mains et ses doigts, par de la stimulation magnétique.

Je vous invite à visionner ce court reportage diffusé par la CBC où l’on peut découvrir le programme de réhabilitation de Raymond.

Notre vieux copain nous manquera pendant ces 4 semaines dans le grand nord.  À chaque coup de pagaie nous penserons à lui,  qui aurait tant aimé se joindre à nous.  Un jour, on ira ensemble sur cette rivière, remplir la chaloupe de gigantesques mouchetés, grises et ombles chevaliers.  Et tu n’auras pas besoin de pagayer 350 km, avec des ampoules, des maux de dos et de la bouffe en poudre…

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Rivière aux feuilles 2009

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Voulez-vous vivre vieux et heureux ?

J’ai trébuché dernièrement sur un article de la revue “The Atlantic“, traitant d’une étude d’envergure qui s’est échelonnée sur plus de 72 ans, The Grant Study.  Ce texte tiré de l’édition de juin 2009 de ce magazine, et repris dans le New York Times, traite de ce travail de moine démarré dans les années 1930, où un groupe de scientifiques ont suivi la vie de 268 hommes, de l’université jusqu’à aujourd’hui.

Le but de cette étude était de déterminer quels éléments de la vie pouvaient être les plus déterminants sur l’existence et sur le bonheur. Cet article intitulé “What makes us Happy” (Qu’est-ce qui nous rend heureux) analyse la vie de certains de ces hommes, triés sur le volet à l’Université Harvard, dans l’étude longitudinale la plus importante de l’histoire de la recherche.

Quel est la recette du bonheur et de la vie heureuse ? Quel est l’importance de votre enfance sur votre vie en général ? Est-ce que la richesse, l’éducation, l’instruction, le mariage, les enfants, le divorce, le célibat influe sur votre vie ? Les conclusions sont étonnantes.

Ces hommes ont eu à remplir, tout au long de leur vie, des centaines de tests, questionnaires médicaux et psychiatriques, et évaluations de toutes sortes.  Plusieurs noms connus ont participé à cette étude dont Ben Bradley, éditeur du Washington Post et John F Kennedy.  Après la mort de ce dernier, ses documents ont été retirés et mis sous scellé, jusqu’en 2040.

La recette

Cette étude était sous la responsabilité du psychologue George Vaillant pendant 42 ans, qui a récemment pris sa retraite.  En héritage, il nous livre quelques bribes des conclusions de son étude.  Selon lui, voici la formule qui peut vous aider à être heureux.

  • La stabilité, l’intelligence, le bon jugement, la santé et beaucoup d’idéaux nourrissent le bonheur.
  • Vous pouvez quand même demeurer heureux même si, à la fin de votre vie, votre santé est chancelante.
  • Le surplus d’argent n’est pas nécessaire pour assurer le bonheur.
  • L’exercice est très important quant vous êtes jeune mais celle-ci a peu d’influence sur nos vieux jours.
  • Chez les hommes qui sont dépressifs à 50 ans, 70% mourront en moyenne à 63 ans.
  • Les hommes pessimistes ne vivent pas très vieux, et souvent avec une vieillesse difficile.
  • Les aptitudes sociales ont plus d’importance que l’intelligence, l’enfance doré ou les revenus.
  • Ce qui a le plus d’influence sur le bonheur, ce sont les liens sociaux, les amis, les collègues, la famille et la conjoint(e).

Voici une citation frappante sur ce vidéo impressionnant de 6m51sec :
Vaillant’s overall conclusion is familiar and profound. Relationships are the key to happiness. “Happiness is love. Full Stop”

Le tissu familial

Mon beau-père m’a souvent répété : “Un voisin, c’est comme un frère, tu ne l’a pas choisi et si tu veux vivre en harmonie, il faut entretenir de bons rapports “.

Depuis la mort de notre mère, il y a 4 ans, notre grande famille est restée très unie.  Les enfants, quittant le nid les uns après les autres, nous a permis subrepticement de resserrer nos liens.  Je pense que la longue maladie de notre mère nous a uni autour d’elle et nous a permis de nous redécouvrir.  Sa souffrance n’aura pas été vaine.

Malgré la disparition de notre père et mère, nous nous fréquentons plusieurs fois par année, autour d’un tournoi de golf, d’un BBQ, d’un voyage ou d’une bonne table.  Nous nous rencontrons encore à Noël et aux anniversaires de naissance, bien que les nombreux enfants et leurs conjoints représentent un défi de “taille”.

Les liens d’amitié

Souvent le destin, à des moments précis de notre vie,  dépose sur notre chemin des êtres avec qui nous partageons des intérêts communs.  Lorsque nous les perdons de vue, nos souvenirs nous rappellent combien ces êtres ont meublé notre vie.  Lorsque nos routes se recroisent, plusieurs années plus tard, la chimie qui nous unissait s’est souvent dissipée et l’attirance n’est plus aussi intense.  Plusieurs conservent ces amitiés sans se questionner, par fidélité aveugle ou parce qu’en vieillissant, il est plus facile de conserver nos vieux amis que de tisser de nouvelles amitiés.  Souvent le conjoint/conjointe qui n’existait pas à l’époque, est un élément qui perturbe la renaissance de nos vieilles amitiés.

Pour ma part j’ai conservé beaucoup de vieux amis d’enfance et d’adolescence.  Je les fréquente plusieurs fois par année, avec ou sans leurs conjointes.  Il est normal que nos intérêts aient changé mais nous nous attachons “au bon vieux temps” qui dans mon cas, et celui de mes amis, avait été très intense.

Golf, pêche, poker, spectacle, voyage et grande bouffe servent de prétextes pour se revoir.  Très peu pour nous les fêtes commandées comme Noël ou Pâques.

Tous dans la cinquantaine, nous entrevoyons la pré-retraite avec beaucoup d’optimisme.  Ces liens d’amitié, conservés au fil des décennies, y sont pour beaucoup. Comme disait Antoine de St-Exupéry, dans “Le petit prince” : Tu es responsable pour toujours, de ce que tu as apprivoisé.


Moi Me Je ?
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